Le marketing des lieux de transit : le cas de l’aéroport

Welté, J.-B., & Ochs, L. (2015). Le marketing des lieux de transit : le cas de l’aéroport. Décisions Marketing, 77, 101-114.

Mots-clés : Lieux de transit, aéroport, ethnomarketing, consommation, expérience client, contrôle, stress.

L’article explore la double facette des aéroports : à la fois espaces de passage normés et lieux de consommation. À travers une étude ethnographique menée à l’aéroport de Roissy Charles de Gaulle, les auteurs montrent comment les passagers perçoivent et interagissent avec leur environnement. Loin d’être de simples infrastructures fonctionnelles, les aéroports sont pensés pour gérer les flux de voyageurs tout en maximisant l’attractivité commerciale.

L’étude met en avant trois grandes stratégies marketing adaptées aux lieux de transit :

  • L’offre de transition, qui vise à réduire le stress du passage rapide en aéroport.
  • L’offre d’expédition, qui transforme l’expérience du parcours en un enchaînement d’étapes valorisantes.
  • L’offre d’installation, qui cherche à rendre l’attente plus agréable et propice à la consommation.

Même dans ces lieux souvent perçus comme anonymes, le marketing peut améliorer l’expérience client et favoriser une consommation plus engageante.

Développement

L’article s’appuie sur le concept de non-lieu développé par Marc Augé (1992). Les aéroports sont pensés pour standardiser et fluidifier les flux de passagers, mais cela les rend parfois impersonnels. En effet, les contrôles de sécurité, la signalétique standardisée et l’architecture uniforme contribuent à un sentiment d’anonymat et de déshumanisation (Pütz, 2012).

Cependant, les auteurs rappellent que l’expérience en aéroport n’est pas neutre :

  • Le contrôle sécuritaire et la logistique peuvent être vécus comme anxiogènes par les passagers (Amirou, 2008).
  • L’aménagement des espaces influe sur la perception du lieu et la satisfaction des voyageurs. Un espace trop contraignant génère du stress, tandis qu’un agencement plus fluide améliore l’expérience client (Virilio, 2012).

On pourrait croire que l’aéroport est un espace purement fonctionnel. Pourtant, il est aussi un espace de consommation stratégique (Rowley & Slack, 1999) :

  • L’attente avant l’embarquement crée des opportunités commerciales (duty-free, restauration, services premium).
  • Les passagers réguliers développent des habitudes de consommation spécifiques, et certains intègrent même ces temps d’attente dans leur routine (Tillous et al., 2008).
  • La perception du temps d’attente joue un rôle clé : pour certains, il s’agit d’une perte de temps, tandis que d’autres en profitent pour se détendre ou faire du shopping (Bergadaà, 2009).

Trois stratégies marketing pour améliorer l’expérience en lieu de transit

Welté et Ochs (2015) identifient trois types d’offres marketing pour mieux répondre aux attentes des voyageurs :

  1. L’offre de transition,Cette approche est conçue pour répondre aux attentes des passagers qui souhaitent minimiser leur temps en aéroport et éviter toute source de stress (Rowley & Slack, 1999).
    • Mise en place de files prioritaires et de technologies pour fluidifier les contrôles (Rowley & Slack, 1999).
    • Signalétique et repérages améliorés : un agencement intuitif des espaces, des indications claires et des outils numériques permettent aux passagers de naviguer plus facilement (Pütz, 2012).
    • Services de pré-enregistrement et de bagagerie rapide : ces solutions permettent aux passagers de gagner du temps et d’éviter les files d’attente aux comptoirs d’enregistrement (Bissell, 2009).
  2. L’offre d’expédition,Cette approche s’adresse aux passagers qui acceptent le passage en aéroport comme une étape obligatoire du voyage mais qui recherchent des éléments valorisants pour rendre cette expérience plus agréable (Bissell, 2009).
    • Valorisation du parcours client : l’aéroport est segmenté en zones où chaque passage (sécurité, embarquement, boutique) est perçu comme une étape à franchir avec succès (Bissell, 2009).
    • Récompenses après les contrôles : l’introduction de bons d’achat, d’offres spéciales ou d’accès à des services premium permet d’associer une satisfaction immédiate au passage des contraintes administratives. (Bergadaà, 2009).
    • Parcours adaptés selon le type de voyageur : segmentation des offres pour répondre aux besoins spécifiques des voyageurs d’affaires, des familles ou des touristes (Bissell, 2009).
    • Animations et expériences interactives : certains aéroports développent des expériences immersives comme des expositions temporaires ou des animations culturelles (Virilio, 2012)

3. L’offre d’installation,

Cette approche est pensée pour les voyageurs qui ont un temps d’attente prolongé et qui souhaitent profiter de leur présence à l’aéroport plutôt que de simplement patienter jusqu’à l’embarquement (Amirou, 2008).

  • Création de zones de confort et de détente : mise en place de salons, espaces de relaxation, hôtels et spas pour améliorer l’expérience des passagers (Amirou, 2008).
  • Diversification des espaces commerciaux et de divertissement : au-delà des traditionnels duty-free, l’aéroport propose des galeries d’art, des concept stores et des espaces culturels (Arnould et al., 1998).
  • Services premium personnalisés : certaines infrastructures offrent des conciergeries, des expériences culinaires haut de gamme ou des espaces de travail optimisés pour les voyageurs d’affaires (Arnould et al., 1998).

Conclusion

L’étude de Welté et Ochs (2015) nous rappelle que les lieux de transit ne sont pas que de simples infrastructures anonymes. Grâce à une approche marketing bien pensée, il est possible de rendre ces espaces plus humains et plus attractifs. L’aéroport, qui est souvent perçu comme une contrainte, peut ainsi devenir un lieu où les passagers se sentent bien et consomment plus volontiers.

Références bibliographiques :

  • Amirou, R. (2008). Les communautés de consommateurs comme espace transitionnel. Décisions Marketing, 52(4), 31-40.
  • Arnould, E. J., Price, L. L., & Tierney, P. (1998). Communicative staging of the wilderness servicescape. Service Industries Marketing: New Approaches, Frank Cass Publishers, London.
  • Augé, M. (1992). Non-lieux. Introduction à une anthropologie de la surmodernité. Paris, Éditions du Seuil.
  • Bergadaà, M. (2009). Le temps économique et le temps psychologique du voyageur dans un aéroport international. La Revue des Sciences de Gestion, 236(2), 13-23.
  • Bissell, D. (2009). Conceptualising differently-mobile passengers. Social & Cultural Geography, 10(2), 173-195.
  • Pütz, O. (2012). From non-places to non-events. Journal of Contemporary Ethnography, 41(2), 154-188.
  • Rowley, J., & Slack, F. (1999). The retail experience in airport departure lounges. International Marketing Review, 16(4/5), 363-376.
  • Virilio, P. (2012). Vitesse et politique. Éditions Galilée.
  • Welté, J.-B., & Ochs, L. (2015). Le marketing des lieux de transit : le cas de l’aéroport. Décisions Marketing, 77, 101-114.

 

Réussite commerciale et satisfaction des vendeurs face aux comportements négatifs des clients : effet médiateur de la maîtrise des émotions.

Klein, M. (2020). Réussite commerciale et satisfaction des vendeurs face aux comportements négatifs des clients : effet médiateur de la maîtrise des émotions. Décisions Marketing, 99, 77-96.

Mots-clés :Travail émotionnel, régulation des émotions, authenticité émotionnelle, interactions vendeur-client, satisfaction au travail, performance commerciale.

Cet article explore l’impact des comportements négatifs des clients sur la réussite commerciale et la satisfaction des vendeurs. Il met en évidence le rôle médiateur de la maîtrise des émotions dans cette relation. L’auteur s’appuie sur la littérature du travail émotionnel (Hochschild, 1983), en distinguant trois stratégies de régulation des émotions :

  • Surface acting : contrôle des émotions exprimées, sans modification interne.
  • Deep acting : modification intérieure des émotions ressenties pour paraître plus authentique.
  • Authenticité émotionnelle : expression sincère des émotions vécues.

L’étude montre que les vendeurs confrontés à des clients agressifs, impolis ou irrespectueux doivent réguler leurs émotions pour préserver leur satisfaction et leur performance commerciale. Cependant, l’authenticité émotionnelle se révèle être la stratégie la plus bénéfique à long terme pour influencer positivement l’expérience client.

 

Développement

Les interactions vendeur-client sont parfois marquées par des comportements négatifs tels que l’agressivité, l’irrespect ou l’impatience des clients (Koopmann et al., 2015). Ces attitudes ont des conséquences importantes sur la charge émotionnelle des vendeurs et peuvent affecter leur motivation et leur bien-être au travail (Grandey & Gabriel, 2015).

La littérature montre que ces comportements négatifs entraînent deux effets principaux :

  1. Une augmentation du stress et de l’épuisement émotionnel (Wang et al., 2011).
  2. Une baisse de la satisfaction des vendeurs vis-à-vis de leurs interactions avec les clients (Van Dolen et al., 2002).

Face à ces comportements, les vendeurs doivent adapter leur régulation émotionnelle pour maintenir des interactions professionnelles efficaces.

L’auteur Klein (2020) souligne que les agents en gare sont régulièrement confrontés à des clients mécontents en raison de retards ou d’annulations de train. Ces situations augmentent la charge émotionnelle des agents, qui doivent gérer des situations de tension intense tout en conservant une attitude professionnelle (Grandey & Gabriel, 2015). L’auteur met en évidence que l’adoption de stratégies de deep acting ou d’authenticité émotionnelle peut améliorer la qualité des interactions et réduire l’épuisement émotionnel.

Les stratégies de régulation émotionnelle des vendeurs

Trois stratégies de régulation des émotions sont couramment utilisées par les vendeurs (Hochschild, 1983 ; Grandey & Gabriel, 2015) :

  • Le “surface acting” : consiste à masquer ses émotions réelles pour afficher une expression conforme aux attentes de l’entreprise (Groth, Hennig-Thurau & Walsh, 2009). Ce mécanisme permet de maintenir une relation client cordiale mais augmente l’épuisement émotionnel à long terme (Hülsheger & Schewe, 2011).
  • Le “deep acting” : repose sur un travail interne visant à modifier réellement les émotions ressenties pour aligner l’état intérieur avec les attentes professionnelles (Hennig-Thurau et al., 2006). Cette approche est plus efficace pour influencer la satisfaction des clients et réduire le stress des vendeurs (Tang et al., 2013).
  • L’authenticité émotionnelle : consiste à exprimer des émotions sincères et spontanées (Walsh, 2019). Elle est perçue positivement par les clients (Hennig-Thurau et al., 2006) et favorise une relation de confiance.

Dans le contexte de la SNCF, Klein (2020) note que le deep acting est particulièrement pertinent pour les agents en contact avec les voyageurs. L’adoption de cette stratégie permet d’atténuer les conflits et d’améliorer la perception du service par les clients, qui évaluent mieux l’interaction lorsqu’ils perçoivent une implication émotionnelle sincère de la part du personnel (Hennig-Thurau et al., 2006).

 

La capacité des vendeurs à influencer la décision d’achat des clients est un facteur clé de leur performance (Kidwell, McFarland & Avila, 2007). L’article met en évidence plusieurs relations :

  • Le surface acting a un effet négatif sur l’influence du vendeur car les clients perçoivent le manque de sincérité (Groth, Hennig-Thurau & Walsh, 2009).
  • Le deep acting favorise la satisfaction client et les ventes, en créant une interaction plus engageante (Hennig-Thurau et al., 2006).
  • L’authenticité émotionnelle a un impact positif sur la satisfaction et la performance commerciale (Hülsheger & Schewe, 2011).

Klein (2020) explique que la gestion des émotions par les agents de la SNCF peut influencer la satisfaction des voyageurs et leur fidélité au service ferroviaire. Une interaction positive et authentique avec un agent peut compenser l’effet négatif d’un retard ou d’un problème technique et améliorer l’image perçue de la SNCF (Grandey & Gabriel, 2015).

Conclusion

L’étude de Klein (2020) souligne l’importance de la maîtrise des émotions dans les interactions vendeur-client. Elle met en évidence que les vendeurs confrontés aux comportements négatifs des clients doivent adopter une stratégie de régulation émotionnelle efficace pour préserver leur satisfaction et leur performance.

Les résultats montrent que l’authenticité émotionnelle est la stratégie la plus bénéfique. Elle favorise la satisfaction des clients, améliore la performance commerciale et réduit le stress des vendeurs.

Références bibliographiques :

  • Grandey, A. A., & Gabriel, A. S. (2015). Emotional labor at a crossroads: Where do we go from here? Annual Review of Organizational Psychology and Organizational Behavior, 2(1), 323-349.
  • Groth, M., Hennig-Thurau, T., & Walsh, G. (2009). Customer reactions to emotional labor: The roles of employee acting strategies and customer detection accuracy. Academy of Management Journal, 52(5), 958-974.
  • Klein, M. (2020). Réussite commerciale et satisfaction des vendeurs face aux comportements négatifs des clients : effet médiateur de la maîtrise des émotions. Décisions Marketing, 99, 77-96.
  • Walsh, G. (2019). Rethinking emotional labor in service encounters. Journal of Service Research, 22(4), 409-424.

 

AI advertising: An overview and guidelines

Ford, J., Jain, V., Wadhwani, K., & Gupta, D. G. (2023). AI advertising: An overview and guidelines. Journal of Business Research, 166, 114124.

Mots-clés :

Intelligence artificielle, publicité, publicité programmatique, personnalisation, automatisation, bibliométrie, efficacité publicitaire, IA générative.

Résumé :

L’article propose une analyse approfondie de l’évolution de la publicité basée sur l’intelligence artificielle (IA). Il cartographie l’évolution du domaine en s’appuyant sur une analyse bibliométrique de 75 articles publiés entre 1990 et 2022. Quatre axes de recherche majeurs émergent : la publicité programmatique et l’automatisation, la planification et l’engagement publicitaire, l’efficacité des publicités et la confiance dans l’IA. L’article fournit également des recommandations pratiques et des orientations pour les recherches futures.

Développement :

L’évolution de la publicité avec l’intelligence artificielle

L’essor des technologies d’IA a transformé la publicité, rendant les campagnes plus personnalisées et optimisées. L’article souligne que l’IA permet d’automatiser des fonctions essentielles telles que l’analyse des consommateurs, la planification des médias, la création d’annonces et l’évaluation des performances. Des technologies comme le traitement du langage naturel (NLP), la reconnaissance d’images et l’apprentissage automatique (ML) sont désormais utilisées pour optimiser la diffusion et l’impact des publicités.

Analyse bibliométrique et classification TCCM

L’étude a analysé 75 articles en utilisant une approche bibliométrique pour identifier les tendances et thèmes dominants dans la recherche sur la publicité IA. Les chercheurs ont classé les contributions académiques selon le cadre TCCM (Théorie, Contexte, Caractéristiques, Méthodologie) :

  • Théorie : Peu d’études ont proposé des cadres théoriques robustes, bien que certaines aient utilisé la théorie de l’échange social et la théorie de la confiance pour expliquer les comportements des consommateurs face à l’IA publicitaire.
  • Contexte : La recherche sur l’IA publicitaire s’est concentrée sur des contextes variés, notamment la publicité programmatique, l’optimisation des campagnes, et l’impact des chatbots et assistants vocaux (Alexa, Siri).
  • Caractéristiques : Les études ont exploré des variables telles que la confiance des consommateurs, la personnalisation et l’efficacité des publicités générées par l’IA.
  • Méthodologie : La majorité des études utilisent des approches quantitatives, mais l’article recommande davantage de recherches empiriques et de méthodes mixtes.

Les principaux domaines de recherche en publicité IA

L’étude identifie quatre thèmes clés :

  • Publicité programmatique et automatisation : L’IA améliore la diffusion des annonces via des enchères en temps réel et des systèmes d’achat automatisé.
  • Engagement et planification publicitaire : L’IA est utilisée pour ajuster les messages publicitaires et maximiser l’interaction avec les consommateurs.
  • Efficacité publicitaire : Les outils d’IA permettent une meilleure évaluation des campagnes et une personnalisation plus fine du contenu.
  • Confiance dans l’IA publicitaire : Les consommateurs restent sceptiques quant aux publicités générées par IA, en raison des préoccupations liées à la transparence et à la protection des données personnelles.

Conclusion :

L’IA transforme la publicité en la rendant plus efficace et ciblée, mais son adoption soulève des défis éthiques et pratiques. Cet article met en évidence les opportunités offertes par l’IA pour la publicité, tout en soulignant la nécessité d’approfondir les recherches sur la perception des consommateurs et l’optimisation des outils d’IA. Les futures recherches devraient notamment explorer les implications de l’IA générative et des nouvelles technologies comme la blockchain et le métavers dans le domaine de la publicité.

Marketing d’influence sur Instagram : Impact du nombre d’abonnés et du type de produit sur l’attitude des consommateurs

De Veirman, M., Cauberghe, V., & Hudders, L. (2017). Marketing through Instagram influencers: The impact of number of followers and product divergence on brand attitude. International Journal of Advertising, 36(5), 798-828.


Mots-clés :

Marketing d’influence, Instagram, nombre d’abonnés, perception de la marque, publicité numérique, engagement des consommateurs, exclusivité du produit, stratégie marketing.

Résumé

L’essor des médias sociaux a transformé les stratégies publicitaires des marques, avec Instagram en tête des plateformes les plus utilisées pour le marketing d’influence. L’étude de De Veirman, Cauberghe et Hudders (2017), publiée dans l’International Journal of Advertising, examine comment le nombre d’abonnés d’un influenceur et la divergence des produits promus affectent l’attitude des consommateurs envers une marque. Les résultats montrent que si un influenceur très suivi est perçu comme plus populaire, cela ne garantit pas une influence accrue sur les décisions d’achat. De plus, les produits perçus comme uniques bénéficient davantage d’une promotion par des influenceurs de taille moyenne, alors que les produits plus génériques profitent d’une plus grande visibilité auprès des macro-influenceurs.

Développement

L’importance du nombre d’abonnés : popularité vs crédibilité

Dans le monde du marketing d’influence, un grand nombre d’abonnés est souvent perçu comme un indicateur de succès. L’étude révèle que les influenceurs ayant un grand nombre d’abonnés sont considérés comme plus populaires et attirent davantage l’attention. Cependant, cette popularité ne se traduit pas nécessairement par une crédibilité accrue. Les consommateurs ont tendance à voir ces figures très suivies comme des célébrités accessibles, mais leur influence réelle sur les comportements d’achat reste limitée.

Un autre facteur clé analysé est le ratio abonnés/suivis. Lorsqu’un influenceur suit très peu de comptes, il projette une image plus exclusive et plus influente. À l’inverse, un influenceur qui suit un grand nombre de comptes peut être perçu comme moins sélectif, ce qui pourrait nuire à son autorité dans un domaine spécifique.

L’impact du type de produit promu

L’étude met également en lumière l’interaction entre le type de produit et le profil de l’influenceur. Les produits perçus comme innovants ou exclusifs, tels que les articles de mode de luxe ou les gadgets technologiques rares, bénéficient davantage de collaborations avec des influenceurs ayant un nombre d’abonnés modéré. Cette approche maintient une perception de rareté et d’exclusivité, des éléments cruciaux pour des segments premium.

À l’inverse, les produits de grande consommation, tels que les cosmétiques ou les boissons, profitent mieux d’une exposition massive via des influenceurs ayant des millions d’abonnés. Toutefois, la personnalisation du message peut être diluée, rendant l’engagement des consommateurs moins authentique.

Implications pour les stratégies marketing

Les résultats de cette étude offrent des pistes stratégiques importantes pour les marques souhaitant optimiser leurs campagnes de marketing d’influence :

  • Choisir l’influenceur adapté au produit : Pour un produit haut de gamme, privilégier des influenceurs spécialisés avec une communauté engagée plutôt que de viser la notoriété pure.
  • Miser sur l’engagement plutôt que sur la popularité : Un influenceur avec un taux d’engagement élevé (likes, commentaires, partages) peut avoir un impact plus significatif qu’un influenceur simplement très suivi.
  • Éviter la dilution du message : Trop de collaborations avec de grands influenceurs peuvent nuire à la perception d’authenticité, un critère essentiel dans l’adhésion des consommateurs aux recommandations d’influenceurs.

Conclusion

Cette étude démontre que dans le marketing d’influence, le choix de l’influenceur ne doit pas être basé uniquement sur son nombre d’abonnés. La nature du produit promu et l’engagement généré par l’influenceur sont des facteurs déterminants pour assurer l’efficacité d’une campagne publicitaire. Les marques doivent ainsi privilégier une approche qualitative, en sélectionnant des influenceurs dont l’image et la relation avec leur audience correspondent aux valeurs du produit promu. En adaptant leur stratégie en fonction de ces critères, elles pourront maximiser leur impact sur Instagram et améliorer leur retour sur investissement en marketing digital.

Connecting to place, people, and past: How products make us feel grounded

Eichinger, I., Kocher, B., & Warlop, L. (2021). Connecting to place, people, and past: How products make us feel grounded. Journal of Consumer Research, 48(3), 472-495.

Mots-clés : Ancrage émotionnel, connexion au lieu, expérience de consommation, identité locale, interactions sociales, attachement aux marques, patrimoine culturel.

Cet article examine comment les produits et services peuvent aider les consommateurs à se sentir ancrés émotionnellement en renforçant leur connexion au lieu, aux personnes et au passé. Les auteurs montrent que certaines expériences de consommation, en particulier celles qui intègrent une dimension culturelle et sociale, contribuent à un sentiment de stabilité et d’appartenance.

L’étude identifie trois formes principales d’ancrage :

  • Ancrage au lieu : Le sentiment d’attachement à un environnement physique, renforcé par l’identité locale et l’immersion sensorielle.
  • Ancrage aux personnes : Le rôle des interactions sociales et de la proximité avec des producteurs, artisans ou employés.
  • Ancrage au passé : La connexion aux traditions, à l’histoire et aux références patrimoniales qui créent une continuité identitaire.

Les auteurs expliquent que ces différents types d’ancrage permettent de transformer une expérience de consommation en une expérience engageante et émotionnellement enrichissante, favorisant la satisfaction et la fidélité des consommateurs.

Développement :

L’article s’inscrit dans une approche du marketing expérientiel (Schmitt, 1999) et de l’attachement aux lieux (Debenedetti, Oppewal & Arsel, 2014), en analysant comment les produits et services influencent la manière dont les consommateurs se sentent reliés à leur environnement.

L’ancrage au lieu et son impact sur l’expérience client:

Les auteurs montrent que la connexion au lieu repose sur plusieurs dimensions :

  • L’identité du lieu : Les consommateurs se sentent plus engagés dans une expérience lorsque le lieu possède une forte identité visuelle et symbolique (Brown, Kozinets & Sherry, 2003). Un espace standardisé ou impersonnel réduit l’impact de l’ancrage émotionnel.
  • L’authenticité du lieu : Un espace qui reflète l’histoire et la culture locale crée un attachement plus fort. L’article cite des exemples de magasins et restaurants qui mettent en avant l’artisanat et les traditions locales pour renforcer cette connexion (Fournier, 1998).
  • Les repères sensoriels : Les éléments sonores, olfactifs et tactiles renforcent l’ancrage émotionnel. Les consommateurs associent certains sons ou odeurs à une expérience spécifique, favorisant un attachement durable (Belk, 1988).

Les expériences de consommation les plus engageantes sont celles qui permettent une interaction immersive avec le lieu. L’article cite plusieurs études montrant que les consommateurs préfèrent des environnements qui :

  • Possèdent des éléments de design distinctifs (matériaux naturels, éléments de décoration évoquant l’histoire du lieu).
  • Proposent des expériences participatives (ex. ateliers artisanaux, interactions avec les employés).
  • Intègrent des éléments narratifs qui racontent une histoire et donnent du sens à l’expérience (Miller, 2019)

 L’ancrage et l’attachement émotionnel:

L’ancrage au lieu influence également la perception de la marque et du produit. Lorsqu’un produit est associé à un lieu spécifique et qu’il en incarne l’essence, il génère un attachement plus fort (Thomson, MacInnis & Park, 2005). Cette relation est particulièrement forte lorsque le consommateur associe l’achat du produit à une expérience mémorable.

De plus, les auteurs montrent que les lieux chargés émotionnellement suscitent une nostalgie positive (Holbrook, 1993). Cet effet peut être amplifié par la mise en scène de l’environnement ou par des références explicites au passé du lieu (Belk, 1990).

Les stratégies pour renforcer la connexion au lieu:

Les auteurs identifient plusieurs stratégies pour aider les entreprises à créer des expériences d’ancrage au lieu :

  • Thématisation des espaces : L’architecture et la décoration doivent évoquer l’histoire du lieu (Gopnik, 2017).
  • Mise en valeur du patrimoine : Utiliser des objets anciens ou des références culturelles qui rappellent l’évolution du lieu.
  • Personnalisation de l’expérience : Permettre aux visiteurs d’interagir avec leur environnement de manière unique (Holt, 2004).
  • Intégration des communautés locales : Inclure des acteurs locaux (artisans, producteurs) renforce la dimension sociale et immersive de l’expérience.

Les résultats de l’étude montrent que les consommateurs sont davantage attachés à un espace lorsqu’il offre une expérience immersive et engageante, où l’environnement physique, l’histoire et l’interaction sociale se combinent pour renforcer le sentiment d’ancrage.

Conclusion :

L’article de Eichinger, Kocher & Warlop (2021) met en avant le rôle de l’ancrage émotionnel dans l’expérience de consommation. Il montre que la connexion à un lieu, à une communauté et à l’histoire renforce l’engagement des consommateurs et leur satisfaction. Ces enseignements soulignent l’importance pour les entreprises et les marques de concevoir des espaces et des expériences qui créent un sentiment de continuité et d’appartenance chez les consommateurs.

Références bibliographiques :

  • Belk, R. W. (1988). Possessions and the extended self. Journal of Consumer Research, 15(2), 139-168.
  • Belk, R. W. (1990). The role of possessions in constructing and maintaining a sense of past. Advances in Consumer Research, 17(1), 669-676.
  • Brown, S., Kozinets, R. V., & Sherry, J. F. (2003). Teaching old brands new tricks: Retro branding and the revival of brand meaning. Journal of Marketing, 67(3), 19-33.
  • Debenedetti, A., Oppewal, H., & Arsel, Z. (2014). Place attachment in commercial settings: A gift economy perspective. Journal of Consumer Research, 40(5), 904-923.
  • Eichinger, I., Kocher, B., & Warlop, L. (2021). Connecting to place, people, and past: How products make us feel grounded. Journal of Consumer Research, 48(3), 472-495.
  • Fournier, S. (1998). Consumers and their brands: Developing relationship theory in consumer research. Journal of Consumer Research, 24(4), 343-373.
  • Gopnik, A. (2017). The real work: Modern magic and the meaning of life. Penguin Press.
  • Holt, D. B. (2004). How brands become icons: The principles of cultural branding. Harvard Business Press.
  • Holbrook, M. B. (1993). Nostalgia and consumption preferences: Some emerging patterns of consumer tastes. Journal of Consumer Research, 20(2), 245-256.
  • Miller, D. (2019). Material culture and mass consumption. John Wiley & Sons.
  • Schmitt, B. (1999). Experiential marketing. Journal of Marketing Management, 15(1-3), 53-67.
  • Thomson, M., MacInnis, D. J., & Park, C. W. (2005). The ties that bind: Measuring the strength of consumers’ emotional attachments to brands. Journal of Consumer Psychology, 15(1), 77-91.

 

Effets des émotions et de la personnalité de la marque sur l’engagement du consommateur via les effets médiateurs de la confiance et de l’attachement à la marque.

Valette-Florence, R. (2019). Effets des émotions et de la personnalité de la marque sur l’engagement du consommateur via les effets médiateurs de la confiance et de l’attachement à la marque. Recherche et Applications en Marketing, 34(2), 28-52.

Mots-clés : Émotions, personnalité de la marque, engagement du consommateur, confiance, attachement à la marque, médiation.

Cet article examine comment les émotions et la personnalité de la marque influencent l’engagement du consommateur à travers les effets médiateurs de la confiance et de l’attachement à la marque. Basé sur un modèle intégrateur, l’étude teste différentes routes relationnelles qui permettent de comprendre l’impact des émotions et des traits de personnalité d’une marque sur la fidélisation des consommateurs. Les résultats mettent en évidence deux types de routes principales :

  • Une route évaluative, qui passe par la confiance, et où la personnalité de la marque joue un rôle déterminant.
  • Une route affective, qui repose sur l’attachement émotionnel, renforcé par les émotions vécues en lien avec la marque.

L’étude démontre que la confiance médiatise totalement l’effet de la personnalité de la marque sur l’engagement, tandis que l’attachement médiatise partiellement l’influence des émotions. Ces résultats fournissent des implications managériales importantes en matière de stratégies de branding et de fidélisation client.

Développement

L’étude s’inscrit dans une approche du marketing relationnel et expérientiel, s’appuyant sur les théories de la personnalité de la marque (Aaker & Fournier, 1995) et du rôle des émotions dans la consommation (Richins, 1997). Elle cherche à comprendre comment les consommateurs développent des liens avec les marques et quels mécanismes favorisent leur engagement durable.

L’article distingue deux types de marques en fonction de leur impact sur l’engagement du consommateur :

  • Les marques évaluatives, qui sont choisies sur des critères rationnels comme la performance et la fiabilité (Delgado-Ballester & Munuera-Alemán, 2001). Pour ces marques, la confiance est le principal levier d’engagement (Morgan & Hunt, 1994).
  • Les marques hédoniques, qui reposent davantage sur l’expérience sensorielle et émotionnelle qu’elles procurent (Holbrook & Hirschman, 1982). Pour ces marques, les émotions et l’attachement affectif sont les moteurs de l’engagement (Thomson, MacInnis & Park, 2005).

L’étude empirique menée sur 917 consommateurs et six marques révèle que la route de l’engagement varie selon la nature de la marque. Pour les marques évaluatives, la confiance joue un rôle fondamental, car les consommateurs recherchent avant tout une relation stable et sécurisante. Pour les marques hédoniques, ce sont les émotions et l’attachement qui prédominent, car l’expérience vécue avec la marque a un impact direct sur l’engagement.

L’article analyse également les facteurs modérateurs qui influencent la relation entre émotions, confiance et engagement. Il apparaît que le niveau d’implication du consommateur joue un rôle essentiel (Zaichkowsky, 1985) :

  • Faible implication : Les consommateurs recherchent avant tout une marque fiable, et leur engagement repose davantage sur des critères objectifs (Sweeney & Soutar, 2001).
  • Forte implication : L’engagement découle en grande partie d’expériences émotionnelles marquantes, renforçant ainsi la relation affective avec la marque (Carroll & Ahuvia, 2006).

Par ailleurs, les différences interindividuelles influencent la manière dont les consommateurs réagissent aux émotions et à la personnalité de la marque (Pham, 2009). L’article met en évidence que certains consommateurs ont une plus grande sensibilité aux émotions positives et négatives, ce qui modifie leur attachement à la marque et leur propension à s’engager.

L’impact de la cohérence de la marque est également étudié : une marque qui véhicule un message clair et cohérent dans sa communication renforce la confiance des consommateurs et favorise leur engagement à long terme (Keller, 1993). En revanche, une incohérence perçue (ex. : changement radical d’image, contradictions dans les messages publicitaires) peut altérer la relation et réduire la fidélité du client.

D’un point de vue managérial, les implications sont nombreuses :

  • Les marques évaluatives doivent capitaliser sur la confiance, en mettant en avant des éléments tangibles de qualité, de fiabilité et de sécurité (Chaudhuri & Holbrook, 2001).
  • Les marques hédoniques doivent susciter des émotions positives, en proposant des expériences immersives et engageantes (Schmitt, 1999).
  • Les stratégies mixtes peuvent être efficaces : certaines marques (ex. : l’automobile haut de gamme, le transport premium) doivent combiner la fiabilité du service et la valeur expérientielle pour fidéliser leur clientèle.

Conclusion

L’étude de Valette-Florence & Valette-Florence (2020) confirme le rôle central des émotions et de la personnalité de la marque dans l’engagement client. Elle apporte une modélisation intégrée des relations à la marque en démontrant que confiance et attachement agissent comme des médiateurs essentiels. Les marques doivent adapter leur stratégie en fonction de leur positionnement, en misant davantage sur la confiance pour les marques évaluatives et sur l’attachement émotionnel pour les marques hédoniques.

Références bibliographiques

  • Aaker, J. (1997). Dimensions of Brand Personality. Journal of Marketing Research, 34(3), 347-356.
  • Batra, R., Ahuvia, A., & Bagozzi, R. P. (2012). Brand Love. Journal of Marketing, 76(2), 1-16.
  • Chaudhuri, A., & Holbrook, M. B. (2001). The Chain of Effects from Brand Trust and Brand Affect to Brand Performance. Journal of Marketing, 65(2), 81-93.
  • Keller, K. L. (1993). Conceptualizing, measuring, and managing customer-based brand equity. Journal of Marketing, 57(1), 1-22.
  • Pham, M. T. (2009). The logic of feeling: Some thoughts on the role of affect in consumer decision making. Journal of Consumer Psychology, 19(3), 225-229.
  • Thomson, M., MacInnis, D. J., & Park, C. W. (2005). The ties that bind: Measuring the strength of consumers’ emotional attachments to brands. Journal of Consumer Psychology, 15(1), 77-91.

 

L’interaction lieu-objet comme conceptualisation de l’expérience vécue : test d’un modèle intégrateur

Mencarelli, R. (2008). L’interaction lieu-objet comme conceptualisation de l’expérience vécue : test d’un modèle intégrateur. Recherche et Applications en Marketing, 23(3), 51-75.

Mots-clés : Expérience de consommation, valeur perçue, interaction lieu-objet, environnement physique, modèle intégrateur.

Développement

L’approche de Mencarelli (2008) repose sur une critique des modèles existants du marketing expérientiel (Holbrook & Hirschman, 1982 ; Pine & Gilmore, 1998 ; Schmitt, 1999), qu’il juge trop normatifs et réducteurs. L’auteur défend une approche plus holistique, prenant en compte l’ensemble des interactions qu’un individu vit lors d’une expérience de consommation.

L’article introduit la notion d’interaction lieu-objet, affirmant que la valeur perçue d’un produit ou service ne dépend pas seulement de ses attributs intrinsèques mais aussi du contexte environnemental dans lequel il est consommé (Bitner, 1992 ; Cova & Cova, 2004). Cette vision rejoint les travaux de Bonnin (2000) et Ladwein (2002), qui insistent sur le rôle du lieu dans la construction de l’expérience.

Mencarelli mobilise le concept de valeur (Holbrook, 1999) pour structurer son analyse. Il distingue plusieurs dimensions de la valeur perçue :

  • Valeur intrinsèque vs. extrinsèque : la satisfaction tirée directement de l’objet ou obtenue à travers un objectif externe.
  • Valeur sociale : importance du partage et de l’interaction avec autrui (Aurier, Evrard & N’Goala, 2000).
  • Valeur fonctionnelle : commodité et utilité de l’expérience.

L’étude empirique repose sur une analyse de l’expérience des spectateurs de concerts dans deux salles (Zénith de Paris et Krakatoa de Bordeaux). Les résultats montrent que le lieu de consommation influence indirectement la valeur globale perçue de l’expérience. L’ambiance, la qualité des infrastructures et la proximité avec l’artiste sont des facteurs déterminants dans l’évaluation de l’expérience vécue.

Le modèle de Mencarelli met en évidence trois types de relations :

  1. Modèle direct : la valeur de l’objet et du lieu influencent directement la valeur perçue.
  2. Modèle indirect : le lieu influence la valeur de l’objet, qui à son tour détermine la valeur perçue.
  3. Modèle saturé : une interaction complexe entre ces éléments.

L’auteur valide empiriquement le modèle indirect, où la perception du lieu modifie celle du produit ou service, ce qui impacte la satisfaction globale (Wakefield & Blodgett, 1994, 1999). Ces résultats soulignent l’importance de l’environnement physique dans la création d’expériences client enrichissantes, ce qui rejoint les travaux sur le servicescape de Bitner (1992).

L’article souligne également le rôle des émotions dans l’expérience de consommation. L’environnement physique agit comme un médiateur entre l’objet et l’individu, en influençant son état émotionnel et cognitif. Une ambiance immersive et engageante peut renforcer l’attachement émotionnel au produit ou service, augmentant ainsi la satisfaction et la fidélisation (Baker, Grewal & Parasuraman, 1994).

D’un point de vue managérial, Mencarelli recommande aux entreprises de concevoir des environnements immersifs qui renforcent la valeur perçue de leur offre. Cela peut passer par :

  • La mise en scène des produits pour optimiser l’expérience sensorielle (Carù & Cova, 2006).
  • L’amélioration de l’ergonomie des lieux pour favoriser le confort et la fluidité de l’expérience.
  • La personnalisation de l’expérience client en fonction du contexte et des attentes individuelles (Grove & Fisk, 1992).

Enfin, l’article met en avant les implications stratégiques de l’interaction lieu-objet. Les marques doivent considérer l’expérience globale du client plutôt que de se focaliser uniquement sur le produit ou le service. Cette approche est particulièrement pertinente dans les secteurs du retail, de l’hôtellerie et des transports, où l’environnement joue un rôle clé dans la perception de la qualité et dans l’engagement du consommateur.

Conclusion:

L’article contribue à une meilleure compréhension de l’expérience de consommation en proposant un modèle qui intègre l’interaction entre l’objet et son environnement. Cette approche ouvre des perspectives managériales intéressantes pour les entreprises souhaitant optimiser l’expérience client en réaménageant l’espace de consommation et en adaptant leur offre au contexte physique.

Dans une perspective plus large, ces résultats peuvent être appliqués à divers secteurs où l’environnement joue un rôle crucial dans l’expérience client, comme le retail, l’hospitality, ou encore les transports.

Références bibliographiques :

  • Aurier, P., Evrard, Y., & N’Goala, G. (2000). Comprendre et mesurer la valeur du point de vue du consommateur. Recherche et Applications en Marketing, 15(3), 1-20.
  • Bitner, M. J. (1992). Servicescapes: The impact of physical surroundings on customers and employees. Journal of Marketing, 56(2), 57-71.
  • Cova, B., & Cova, V. (2004). Expérience de consommation et marketing tribal. Revue Française du Marketing, 201(5), 19-34.
  • Grove, S. J., & Fisk, R. P. (1992). The service experience as theater. Advances in Consumer Research, 19, 455-461.
  • Holbrook, M. B. (1999). Consumer value: A framework for analysis and research.
  • Holbrook, M. B., & Hirschman, E. C. (1982). The experiential aspects of consumption: Consumer fantasies, feelings, and fun. Journal of Consumer Research, 9(2), 132-140.
  • Wakefield, K. L., & Blodgett, J. G. (1994). The importance of servicescapes in leisure service settings. Journal of Services Marketing, 8(3), 66-76.
  • Wakefield, K. L., & Blodgett, J. G. (1999). Customer response to intangible and tangible service factors. Journal of Services Marketing, 13(2), 112-129.

 

Moving the Customer Experience Field Forward: Introducing the Touchpoints, Context, Qualities (TCQ) Nomenclature.

De Keyser, A., Verleye, K., Lemon, K. N., Keiningham, T. L., & Klaus, P. (2020). Moving the Customer Experience Field Forward: Introducing the Touchpoints, Context, Qualities (TCQ) Nomenclature. Journal of Service Research, 23(4), 433-455.

Mots-clés : Expérience client, gestion de l’expérience client (CXM), points de contact, contexte de consommation, attributs d’expérience, parcours client.

L’article introduit un cadre conceptuel structurant pour l’étude de l’expérience client (CX), permettant d’analyser de manière plus précise les interactions entre les clients et les marques ainsi que leur impact sur la perception et la satisfaction. En examinant 143 articles du domaine, les auteurs identifient trois éléments fondamentaux de l’expérience client : les points de contact (T – Touchpoints), le contexte (C – Context) et les qualités de l’expérience (Q – Qualities), formant ainsi la nomenclature TCQ. Cette approche permet de clarifier la complexité de l’expérience client et offre un cadre d’analyse pour améliorer sa gestion par les entreprises.

Développement

L’expérience client est une notion clé en marketing, influençant directement la satisfaction et la fidélisation des consommateurs (Lemon & Verhoef, 2016). Pourtant, la littérature académique peine à formaliser un cadre structurant pour en assurer une gestion efficace. De Keyser et al. (2020) répondent à ce besoin en proposant la nomenclature TCQ, qui décompose l’expérience client en trois dimensions essentielles :

  1. Les points de contact (Touchpoints – T)
    Les points de contact sont les interactions entre le client et la marque à différentes étapes du parcours client. Ils peuvent être contrôlés par l’entreprise (ex : publicité, site web, personnel) ou hors de son contrôle (ex : avis clients, influenceurs). Les auteurs insistent sur l’importance de prendre en compte les points de contact indirects, car ils influencent fortement la perception de l’expérience client (Kranzbühler et al., 2019).

De plus, ils distinguent plusieurs catégories de points de contact :

  • Physiques : interactions en magasin, PLV (publicité sur le lieu de vente).
  • Digitaux : sites internet, applications mobiles, réseaux sociaux.
  • Humains : interactions avec les employés ou d’autres clients.

L’enjeu pour les entreprises est de garantir une expérience fluide et cohérente entre ces différents points de contact afin d’assurer une expérience omnicanale réussie (Verhoef et al., 2009).

  1. Le contexte de l’expérience (Context – C)
    Le contexte regroupe l’ensemble des variables externes et internes qui influencent la perception de l’expérience client. Il est structuré en plusieurs niveaux :

    • Individuel : L’état émotionnel et cognitif du consommateur au moment de l’interaction. Par exemple, une personne stressée ou pressée ne percevra pas l’expérience de la même manière qu’une personne détendue (Puccinelli et al., 2009).
    • Social : L’influence des interactions avec d’autres individus (famille, amis, influenceurs). Une expérience partagée sur les réseaux sociaux peut amplifier la perception d’un événement ou d’un service (Arnould & Price, 1993).
    • Marché : La concurrence, le positionnement des marques et les offres complémentaires impactent également la manière dont une expérience est évaluée (McColl-Kennedy et al., 2019).
    • Environnemental : Des éléments tels que la météo, la situation économique ou les réglementations peuvent aussi affecter l’expérience client (Lemon & Verhoef, 2016).

L’étude souligne que les entreprises doivent adapter leurs stratégies en fonction du contexte dans lequel évolue le consommateur afin d’optimiser l’expérience vécue.

  1. Les qualités de l’expérience (Qualities – Q)
    Ces attributs définissent la manière dont un client vit et interprète une expérience. Les auteurs identifient plusieurs dimensions :

    • Participation active ou passive : L’implication du client dans l’expérience varie selon le type de service ou produit. Par exemple, dans un escape game, l’interaction est plus active que dans un cinéma (Pine & Gilmore, 1998).
    • Dimensionnalité : L’expérience peut être sensorielle, cognitive, émotionnelle, relationnelle ou comportementale (Schmitt, 1999).
    • Temporalité : Le temps perçu par le client influence son ressenti. Une attente trop longue peut transformer une expérience positive en frustration (Kranzbühler et al., 2018).
    • Nature émotionnelle : L’expérience peut être positive (agréable, satisfaisante) ou négative (déceptive, frustrante) (Brakus, Schmitt, & Zarantonello, 2009).
    • Ordinarité ou extra-ordinarité : Certaines expériences sont routinières (ex : faire ses courses) tandis que d’autres sont marquantes et mémorables (ex : séjour dans un hôtel de luxe) (Arnould & Price, 1993).

En comprenant ces différentes dimensions, les entreprises peuvent mieux concevoir des expériences engageantes et différenciantes.

Conclusion
L’article apporte une contribution importante en structurant la compréhension de l’expérience client à travers la nomenclature TCQ. Cette approche permet aux chercheurs et aux entreprises d’identifier avec précision les éléments qui influencent l’expérience client et de développer des stratégies d’optimisation plus ciblées. En intégrant à la fois les points de contact, le contexte et les qualités de l’expérience, la nomenclature TCQ offre un cadre d’analyse robuste et actionnable. Toutefois, les auteurs soulignent la nécessité d’approfondir les recherches sur les interactions entre ces éléments et d’étudier davantage les expériences clients dans des contextes non occidentaux.

Références bibliographiques

  • Arnould, E. J., & Price, L. L. (1993). River magic: Extraordinary experience and the extended service encounter. Journal of Consumer Research, 20(1), 24-45.
  • Brakus, J. J., Schmitt, B. H., & Zarantonello, L. (2009). Brand experience: What is it? How is it measured? Does it affect loyalty? Journal of Marketing, 73(3), 52-68.
  • Kranzbühler, A. M., Kleijnen, M. H., & Verlegh, P. W. (2019). The role of customer experience in online environments: A meta-analysis. Journal of Retailing, 95(3), 111-128.
  • Lemon, K. N., & Verhoef, P. C. (2016). Understanding customer experience throughout the customer journey. Journal of Marketing, 80(6), 69-96.
  • McColl-Kennedy, J. R., Zaki, M., Lemon, K. N., Urmetzer, F., & Neely, A. (2019). Gaining customer experience insights that matter. Journal of Service Research, 22(1), 8-26.
  • Pine, B. J., & Gilmore, J. H. (1998). The experience economy: Work is theatre & every business a stage. Harvard Business Press.
  • Puccinelli, N. M., Goodstein, R. C., Grewal, D., Price, R., Raghubir, P., & Stewart, D. (2009). Customer experience management in retailing: Understanding the buying process. Journal of Retailing, 85(1), 15-30.
  • Schmitt, B. H. (1999). Experiential marketing. Journal of Marketing Management, 15(1-3), 53-67.
  • Verhoef, P. C., Lemon, K. N., Parasuraman, A., Roggeveen, A., Tsiros, M., & Schlesinger, L. A. (2009). Customer experience creation: Determinants, dynamics and management strategies. Journal of Retailing, 85(1), 31-41.

 

Modélisation et tests des effets d’une stratégie d’enrichissement expérientiel : application au contexte touristique.

Bonnefoy-Claudet, L., Mencarelli, R., & Lombart, C. (2015). Modélisation et tests des effets d’une stratégie d’enrichissement expérientiel : application au contexte touristique. Recherche et Applications en Marketing, 30(4), 69-94.

Mots-clés : Expérience immersive, émotions, satisfaction client, engagement.

Bonnefoy-Claudet, Mencarelli et Lombart (2015) étudient l’impact de l’enrichissement expérientiel sur la satisfaction et la fidélité du consommateur dans le secteur touristique. L’article s’intéresse aux dispositifs immersifs visant à créer des expériences plus engageantes et émotionnelles, notamment à travers la théâtralisation des environnements.

Les auteurs formulent l’hypothèse que l’enrichissement expérientiel renforce l’enchantement du consommateur, ce dernier jouant un rôle médiateur entre les émotions ressenties, la valeur perçue et la satisfaction. L’étude vise à tester empiriquement ces relations à travers un modèle conceptuel appliqué au contexte des stations de ski.

Développement

L’expérience immersive est définie par les auteurs comme une interaction totale entre le consommateur et son environnement, qui mobilise ses sens et son attention (Filser, 2002). Inspirée des travaux de Csikszentmihalyi (1997) sur l’état de flow, cette expérience repose sur un engagement émotionnel et cognitif intense, favorisant un sentiment de présence et de connexion émotionnelle avec l’environnement (Faullant, Matzler & Mooradian, 2011). L’état de flow correspond à un état de concentration totale où l’individu est pleinement absorbé par une activité, avec une sensation de fluidité et de plaisir intrinsèque. Il se manifeste lorsqu’un équilibre est trouvé entre le défi proposé et les compétences du consommateur, entraînant une perte de la notion du temps et une expérience optimisée (Csikszentmihalyi, 1990).

Les émotions ressenties lors d’une expérience immersive jouent un rôle fondamental dans la satisfaction des consommateurs (Derbaix & Filser, 2011). Les auteurs identifient plusieurs catégories d’émotions influencées par l’immersion :

  • Les émotions positives (joie, surprise, émerveillement) qui favorisent une attitude favorable envers le lieu (Duman & Mattila, 2005).
  • Les émotions négatives (peur, frustration) qui peuvent réduire la satisfaction si elles ne sont pas contrôlées (Dolbec & Chebat, 2013).

L’étude empirique menée met en évidence une relation positive entre immersion et satisfaction (Fornerino, Helme-Guizon & Gotteland, 2008). Lorsque les visiteurs sont pleinement immergés, ils perçoivent une valeur accrue de leur expérience et sont plus enclins à recommander le lieu (Gallarza, Gil‐Saura & Holbrook, 2011).

Cependant, les auteurs soulignent que l’intensité de l’expérience immersive doit être adaptée aux attentes des visiteurs :

  • Un excès d’immersion peut provoquer une surcharge sensorielle et cognitive, entraînant un inconfort (Finn, 2005).
  • Un niveau insuffisant d’immersion peut réduire l’engagement et donner une impression d’expérience incomplète (Derbaix & Derbaix, 2010).

L’article met également en avant l’importance du rôle des éléments environnementaux dans la perception de l’immersion. Les auteurs citent notamment :

  • L’impact des éléments visuels : l’architecture et la scénographie influencent directement la capacité des visiteurs à se projeter dans un univers touristique spécifique.
  • L’ambiance sonore et sensorielle : la musique, les odeurs et les interactions tactiles renforcent l’illusion d’une immersion totale.
  • L’interaction avec les employés : le comportement du personnel joue un rôle crucial dans le maintien de l’illusion immersive et dans l’orientation des émotions ressenties par les visiteurs.

En parallèle, les auteurs insistent sur le rôle du temps passé dans l’expérience immersive. Une immersion prolongée peut renforcer la satisfaction et l’engagement, mais elle peut également générer une fatigue cognitive si elle est mal dosée. L’équilibre entre engagement prolongé et pauses dans l’expérience est donc un facteur clé à prendre en compte dans la conception des parcours immersifs.

Enfin, un aspect central abordé dans l’étude est l’impact des souvenirs et du storytelling dans l’expérience immersive. Une narration bien construite favorise l’attachement émotionnel et augmente la probabilité de revisite. Selon Bonnefoy-Claudet et al. (2015), les lieux qui intègrent une dimension narrative cohérente et engageante parviennent mieux à susciter des émotions mémorables et à créer un lien affectif fort avec les visiteurs.

D’un point de vue managérial, Bonnefoy-Claudet et ses collègues recommandent aux gestionnaires d’adopter une approche centrée sur le client en structurant l’expérience immersive pour qu’elle soit progressive et adaptée à différents segments de visiteurs (Ferrandi, De Barnier & Valette-Florence, 2002).

Conclusion

L’étude de Bonnefoy-Claudet, Mencarelli et Lombart (2015) met en évidence l’importance de l’expérience immersive dans la construction d’une relation émotionnelle forte entre les visiteurs et les lieux qu’ils fréquentent. En intégrant des éléments visuels, sensoriels et narratifs cohérents, les gestionnaires peuvent optimiser l’engagement et la satisfaction des clients. Cependant, l’article souligne également que l’immersion doit être équilibrée afin d’éviter des effets contre-productifs tels que la surcharge cognitive ou une perception artificielle de l’expérience. Ainsi, la mise en œuvre d’une stratégie expérientielle efficace repose sur une compréhension fine des attentes des visiteurs et une adaptation de l’expérience en fonction de leur profil et de leur sensibilité à l’immersion.

Références bibliographiques

  • Bonnefoy-Claudet, S., Mencarelli, R., & Lombart, C. (2015). Effet de l’expérience immersive sur les émotions et la satisfaction des consommateurs: une application aux parcs de loisirs. Recherche et Applications en Marketing, 30(3), 3-25.
  • Csikszentmihalyi, M. (1997). Finding flow: The psychology of engagement with everyday life. New York: Basic Books.
  • Derbaix, C., & Filser, M. (2011). L’affectif dans les comportements d’achat et de consommation. Paris: Economica, Gestion.
  • Derbaix, M., & Derbaix, C. (2010). Les tournées du souvenir: des générations en quête d’authenticité ? Recherche et Applications en Marketing, 25(3), 57-84.
  • Dolbec, P. Y., & Chebat, J. C. (2013). The Impact of a flagship vs a brand store on brand attitude, brand attachment and brand equity. Journal of Retailing, 89(4), 460-466.
  • Duman, T., & Mattila, A. S. (2005). The role of affective factors on perceived cruise vacation value. Tourism Management, 26(3), 311-323.
  • Faullant, R., Matzler, K., & Mooradian, T. A. (2011). Personality, basic emotions, and satisfaction: primary emotions in the mountaineering experience. Tourism Management, 32(6), 1423-1430.
  • Ferrandi, J. M., De Barnier, V., & Valette-Florence, P. (2002). Une première application de l’échelle de Richins pour mesurer les réactions émotionnelles à la publicité. Actes du 18ème congrès international de l’Association Française du Marketing, Lille, 1-29.
  • Filser, M. (2002). Le marketing de la production d’expérience. Statut théorique et implications managériales. Décisions Marketing, 28(Octobre), 13-22.
  • Finn, A. (2005). Reassessing the foundations of customer delight. Journal of Service Research, 8(2), 103-116.
  • Fornerino, M., Helme-Guizon, A., & Gotteland, D. (2008). Expériences cinématographiques en état d’immersion: effets sur la satisfaction. Recherche et Applications en Marketing, 23(3), 95-113.
  • Gallarza, M. G., Gil‐Saura, I., & Holbrook, M. B. (2011). The value of value: further excursions on the meaning and role of customer value. Journal of Consumer Behaviour, 10(3), 179-191.

 

Quand l’expérientiel en luxe se construit sur Instagram : synergie ou bataille entre marques et directeurs artistiques ?

Mercanti-Guérin, M., De Lassus, C. et Bèzes, C. (2021) . Quand l’expérientiel en luxe se construit sur Instagram : synergie ou bataille entre marques et directeurs artistiques ? Management & Avenir, N° 123(3), 141-160. https://doi.org/10.3917/mav.123.0141.


“Quand l’expérientiel en luxe se construit sur Instagram : synergie ou bataille entre marques et directeurs artistiques ?”
explore la manière dont les marques de luxe construisent leur image et leur expérience client sur Instagram, en intégrant les directeurs artistiques (DA) comme des figures centrales de leur communication. L’étude examine la relation entre ces DA et les marques, et met en lumière les tensions potentielles entre l’identité de marque et la communication plus personnelle des DA sur les réseaux sociaux.

Problématique et méthodologie

Les marques de luxe ont adopté Instagram comme un outil stratégique pour moderniser leur image et interagir avec une audience élargie. Trois principaux canaux de communication sont utilisés : les comptes officiels des marques, les influenceurs (blogueurs, YouTubers, etc.) et les DA. Cependant, les DA, qui sont souvent des créateurs de renom avec une forte influence, développent parfois leur propre univers, pouvant entrer en contradiction avec le positionnement de la marque qu’ils représentent.

L’étude repose sur une méthodologie innovante combinant l’intelligence artificielle et l’analyse de contenu sur Instagram. L’outil Google Cloud Vision a été utilisé pour analyser les images publiées par les DA et les marques, tandis que les textes et légendes des publications ont été étudiés via NCapture et NVivo pour identifier les thématiques dominantes.

Résultats et typologie des DA

L’analyse permet d’identifier trois profils de DA en fonction de leur alignement avec la stratégie de leur marque :

  • Les DA Relais : ils diffusent des contenus en parfaite cohérence avec la marque, renforçant son image et ses valeurs. Ils sont perçus comme des ambassadeurs efficaces.
  • Les DA Brouillage : bien qu’inspirants et créatifs, ils s’éloignent du positionnement de la marque en mettant en avant un univers personnel qui peut brouiller la perception des consommateurs.
  • Les DA Concurrence : ils utilisent leur notoriété pour promouvoir leur propre marque ou des concepts qui peuvent entrer en conflit avec leur employeur. Certains deviennent même des concurrents directs.

Les publications des DA analysées révèlent une forte présence des thématiques suivantes : l’amour de la marque, la mode et la beauté, la mise en scène de la vie quotidienne, la valorisation des collaborations et la communication avec les médias et les communautés.

Implications et enjeux

L’étude met en évidence les défis liés à la gestion des DA en tant qu’influenceurs internes. Contrairement aux influenceurs classiques, ils possèdent une autonomie significative et un capital social important, leur permettant d’imposer leur vision artistique. Cela remet en question les modèles traditionnels de coordination au sein des marques de luxe, où le DA peut parfois surpasser l’entreprise en termes d’influence et d’engagement.

Face à ces enjeux, les marques doivent adapter leur stratégie digitale et développer des collaborations équilibrées avec leurs DA. Une approche trop contrôlée risquerait d’étouffer la créativité, tandis qu’un laisser-faire total pourrait diluer l’identité de la marque.

Conclusion

Cet article souligne l’évolution du marketing expérientiel dans le luxe, où l’image de marque ne se construit plus uniquement par les canaux traditionnels, mais aussi par des acteurs internes influents comme les DA. La gestion de ces nouveaux influenceurs représente un défi pour les marques, qui doivent trouver le bon équilibre entre autonomie créative et cohérence de communication. Enfin, cette recherche ouvre des perspectives sur la transformation des stratégies d’influence et la nécessité d’adopter de nouveaux indicateurs de performance pour évaluer l’impact des DA sur l’image des marques de luxe.