FICHE 9 – The Effects of Corporate Social Responsibility on Customer Loyalty: The Mediating Effect of Reputation in Cooperative Banks Versus Commercial Banks in the Basque Country

Aramburu, I. A., & Pescador, I. G. (2019). The Effects of Corporate Social Responsibility on Customer Loyalty: The Mediating Effect of Reputation in Cooperative Banks Versus Commercial Banks in the Basque Country. Journal of Business Ethics, 154(3), 701-719.

https://research-ebsco-com.devinci.idm.oclc.org/c/ry7y5r/search/details/l2qkwps3fz?isDashboardExpanded=true&limiters=FT%3AY&q=The+effects+of+corporate+social+responsibility+on+customer+loyalty

Mots clés

RSE, fidélité client, réputation d’entreprise, banques coopératives, banques commerciales, médiation, signalisation.

Synthèse

Introduction

L’article explore l’impact de la responsabilité sociétale des entreprises (RSE) sur la fidélité des clients, en examinant la rôle médiateur de la réputation dans ce lien. Il compare également cet effet entre les banques coopératives et les banques commerciales dans la région basque. L’étude s’appuie sur des théories telles que la signalisation et la réputation organisationnelle, tout en soulignant les différences culturelles et structurelles entre les types d’institutions bancaires.

Développement

  1. Lien entre RSE et fidélité client :
    • La RSE agit comme un catalyseur de la fidélité client en renforçant la perception positive de l’entreprise.
    • Les actions de RSE influencent directement les attitudes des clients et leur intention de répéter leur comportement d’achat.
    • L’étude montre que la dimension sociale des initiatives de RSE (ex : contribution aux communautés locales) est plus impactante que les dimensions économique et environnementale.
  2. Rôle médiateur de la réputation :
    • La réputation joue un rôle partiellement médiateur entre la RSE perçue et la fidélité client.
    • Les pratiques de RSE envoient des signaux forts aux clients concernant les valeurs et la fiabilité de l’entreprise, renforçant ainsi leur engagement.
  3. Différences entre banques coopératives et commerciales :
    • Les banques coopératives, grâce à leur mission sociale inhérente, bénéficient d’un effet direct plus fort de la RSE sur la fidélité client.
    • Les banques commerciales, bien qu’également impactées par la RSE, dépendent davantage de leur réputation pour générer la fidélité.
  4. Méthodologie et résultats :
    • L’étude repose sur 572 enquêtes menées auprès de clients bancaires dans la région basque.
    • Les résultats confirment l’hypothèse que la RSE impacte la fidélité client directement et indirectement via la réputation.
    • Aucune différence significative n’a été observée dans la perception globale des pratiques de RSE entre banques coopératives et commerciales.

Conclusion

La RSE constitue un levier stratégique important pour les institutions bancaires souhaitant améliorer leur fidélité client. La réputation agit comme un médiateur essentiel, surtout pour les banques commerciales. Les banques coopératives, grâce à leur identité sociale forte, peuvent capitaliser sur leur mission pour consolider leur relation client. L’article souligne l’importance d’une communication efficace des actions de RSE pour maximiser leur impact.

Intégration dans la revue de la littérature

Cet article illustre le potentiel de la RSE en tant que levier stratégique pour renforcer la fidélité client, ce qui résonne directement avec mon sujet de mémoire. La mise en œuvre de pratiques de RSE dans les entreprises de location longue durée pourrait également bénéficier de l’effet médiateur de la réputation pour renforcer la satisfaction client et construire un avantage concurrentiel durable. Cet éclairage est essentiel pour analyser comment les dimensions sociales et économiques de la RSE peuvent être optimisées pour améliorer la performance commerciale dans ce secteur.

Bibliographie citée

  • Garriga, E., & Melé, D. (2004). Corporate social responsibility theories: Mapping the territory. Journal of Business Ethics, 53(1-2), 51-71.
  • Fombrun, C. J., & Van Riel, C. B. M. (1997). The reputational landscape. Corporate Reputation Review, 1(1-2), 5-13.
  • Porter, M. E., & Kramer, M. R. (2006). Strategy and society: The link between competitive advantage and corporate social responsibility. Harvard Business Review, 84(12), 78-92.

FICHE 8 – deology and the micro-foundations of CSR: Why executives believe in the business case for CSR and how this affects their CSR engagements.

Hafenbrädl, S., & Waeger, D. (2017). Ideology and the micro-foundations of CSR: Why executives believe in the business case for CSR and how this affects their CSR engagements. Academy of Management Journal, 60(4), 1582–1606.

https://research-ebsco-com.devinci.idm.oclc.org/c/ry7y5r/search/details/uknj5lqcdv?limiters=FT%3AY&q=+foundations+of+CSR

Mots clés

RSE, micro-fondations, engagement des dirigeants, idéologie de marché équitable, justification du système, émotions morales, performance sociale et financière (CSP-CFP).

Synthèse

Introduction

Cet article explore les micro-fondations de la responsabilité sociétale des entreprises (RSE), en se concentrant sur les croyances des dirigeants concernant la relation entre la performance sociale (CSP) et la performance financière (CFP). Les auteurs mettent en avant le rôle de l’idéologie de marché équitable (fair market ideology) et des émotions morales dans les décisions des dirigeants d’investir dans des activités RSE.

Développement

  1. Croyance dans le cas d’affaires pour la RSE (business case) :
    • De nombreux dirigeants croient en un lien positif entre CSP et CFP, influencés par une idéologie de marché équitable, qui valorise et justifie le système économique existant.
    • Cette croyance repose plus sur des convictions idéologiques que sur des preuves factuelles, mettant en évidence un biais cognitif dans la prise de décision.
  2. Rôle des émotions morales :
    • Les dirigeants qui adhèrent à l’idéologie de marché équitable montrent une réduction des émotions morales comme l’indignation face à des problèmes éthiques.
    • Cette diminution des réactions émotionnelles limite leur engagement dans des activités RSE, malgré leur croyance dans le cas d’affaires.
  3. Méthodologie et études :
    • Quatre études ont été réalisées, incluant des analyses de corrélations, des études expérimentales et des échantillons de dirigeants et d’étudiants en gestion.
    • Les résultats montrent que l’idéologie de marché équitable a un effet indirect positif sur l’engagement RSE via la croyance dans le cas d’affaires, mais un effet indirect négatif via une moindre sensibilité morale.
  4. Contributions théoriques :
    • Les auteurs dévoilent une tension entre croyance économique et émotions morales, mettant en évidence le rôle des prédispositions psychologiques dans les décisions stratégiques.
    • Ils proposent un modèle intégrant l’idéologie de marché comme un antécédent psychologique expliquant les comportements des dirigeants envers la RSE.

Conclusion

L’étude met en lumière que, bien que les dirigeants croient au cas d’affaires pour la RSE, cette croyance ne se traduit pas toujours par des engagements concrets, à cause d’une faible réaction émotionnelle face à des problèmes éthiques. Les auteurs soulignent l’importance de considérer les fondations psychologiques et idéologiques dans l’élaboration des stratégies RSE.

Intégration dans la revue de la littérature

Cet article enrichit la compréhension des dynamiques psychologiques et idéologiques qui influencent les décisions stratégiques en matière de RSE. Dans le cadre de mon sujet de mémoire, il met en évidence les limites de la rationalité économique dans les choix liés à la performance commerciale des entreprises de location longue durée. Les tensions entre croyances idéologiques et sensibilité morale peuvent expliquer les différences d’engagement des entreprises vis-à-vis de la RSE et fournir des pistes pour mieux intégrer ces dimensions dans des modèles stratégiques adaptés.

Bibliographie citée

  • Bansal, P., & Roth, K. (2000). Why companies go green: A model of ecological responsiveness. Academy of Management Journal, 43, 717–736.
  • Jost, J. T., Banaji, M. R., & Nosek, B. (2004). A decade of system justification theory: Accumulated evidence of conscious and unconscious bolstering of the status quo. Political Psychology, 25(6), 881–919.
  • Orlitzky, M., Schmidt, F. L., & Rynes, S. L. (2003). Corporate social and financial performance: A meta-analysis. Organization Studies, 24(3), 403–441.
  • Porter, M. E., & Kramer, M. R. (2006). Strategy and society: The link between competitive advantage and corporate social responsibility. Harvard Business Review, 84(12), 78–92.

FICHE 7 -Les dimensions sociales du pilotage de la performance de l’entreprise : Outils, méthodes et impacts

Ramdani, L. (2017). Les dimensions sociales du pilotage de la performance de l’entreprise : Outils, méthodes et impacts. Revue Valaque d’Etudes Economiques, 8(22), 63-80.

https://research-ebsco-com.devinci.idm.oclc.org/c/ry7y5r/search/details/2pag36avhj?q=Dimension+sociale+de+la+RSE

Mots clés

Performance sociale, RSE, audit social, tableaux de bord sociaux (TBS), pilotage de la performance, gestion des ressources humaines (GRH).

Synthèse

Introduction

L’article explore la place prédominante de la dimension sociale dans le pilotage de la performance globale de l’entreprise. Il analyse comment les outils tels que les audits sociaux et les tableaux de bord sociaux permettent de mesurer et d’améliorer la performance sociale en harmonie avec la responsabilité sociale des entreprises (RSE). L’auteur met en avant les interdépendances entre performance sociale et performance financière, soulignant l’importance de considérer les attentes des parties prenantes.

Développement

  1. Le pilotage de la performance sociale :
    • Le pilotage de la performance sociale repose sur des outils comme les audits sociaux, les tableaux de bord sociaux (TBS) et la gestion prévisionnelle des emplois et compétences (GPEC).
    • Les indicateurs sociaux incluent des éléments tels que la satisfaction des salariés, la diversité, les conditions de travail, et la formation.
    • Le tableau de bord social permet de suivre et d’ajuster les actions en temps réel pour optimiser la performance globale.
  2. Liens entre performance sociale et financière :
    • La performance sociale améliore la réputation de l’entreprise et contribue à attirer et retenir des talents, augmentant ainsi la productivité.
    • Les entreprises intégrant des pratiques RSE réduisent leurs coûts liés aux contentieux, augmentent leur accès au capital, et renforcent la confiance des parties prenantes.
  3. Outils de pilotage social :
    • Les audits sociaux permettent de comparer les pratiques réelles aux objectifs prévus, identifiant les écarts et proposant des recommandations.
    • Les TBS stratégiques et opérationnels fournissent des indicateurs clés pour mesurer les performances à différents niveaux hiérarchiques.
    • Le système d’information des ressources humaines (SIRH) joue un rôle crucial dans la gestion et le traitement des données sociales.

Conclusion

L’auteur conclut que la RSE est un levier essentiel de création de valeur et de pérennité pour les entreprises. L’intégration d’objectifs sociaux dans le pilotage stratégique contribue à une performance globale harmonisant intérêts financiers et sociétaux.

Intégration dans la revue de la littérature

Cet article offre une perspective approfondie sur le rôle des outils de pilotage social, tels que les audits et les tableaux de bord sociaux, dans l’optimisation de la performance sociale. Pour mon mémoire, il met en évidence comment ces pratiques peuvent être adaptées aux entreprises de location longue durée pour renforcer leur compétitivité commerciale. Les systèmes d’indicateurs, combinés à une intégration efficace de la RSE, pourraient être utilisés comme levier stratégique pour améliorer à la fois la satisfaction des parties prenantes et la performance financière.

Bibliographie citée

  • Alberola, E., & Richez-Battesti, N. (2005). De la responsabilité sociétale des entreprises: Évaluation du degré d’engagement et d’intégration stratégique. Revue des Sciences de Gestion.
  • Guerrero, S. (2008). Les outils de l’audit social. Edition Dunod.
  • Kaplan, R. S., & Norton, D. P. (1996). The Balanced Scorecard. Harvard Business School Press.
  • Orlitzky, M., Schmidt, F. L., & Rynes, S. L. (2003). Corporate Social and Financial Performance: A Meta-Analysis. Review of Organizational Studies.

FICHE 6 – Dimension sociale de la RSE : Levier de performance pour les PME belges ?

Croquet, M., Pozniak, L., Cultrera, L., & Boistel, P. (2024). Dimension sociale de la RSE : Levier de performance pour les PME belges ? La Revue des Sciences de Gestion, (328-329), 37-45.

https://research-ebsco-com.devinci.idm.oclc.org/c/ry7y5r/search/details/avcz6iws75?isDashboardExpanded=true&limiters=RV%3AY&q=Peut-on+d%C3%A9finir+la+performance+%3F

Mots clés

RSE sociale, PME belges, performance économique, bien-être au travail, formation, stabilisation du personnel.

Synthèse

Introduction

L’article explore l’impact de la dimension sociale de la responsabilité sociétale des entreprises (RSE) sur la performance économique et financière des PME belges. Les auteurs soulignent l’importance des PME en Belgique, qui représentent 99,8 % des entreprises actives, et cherchent à combler un manque de recherches académiques sur leur RSE sociale. La question principale abordée est de savoir dans quelle mesure les pratiques sociales, comme la formation ou la stabilisation du personnel, influencent la performance globale.

Développement

  1. Contexte de la RSE dans les PME :
    • Les PME ont historiquement été sous-représentées dans les discussions académiques sur la RSE. Pourtant, elles jouent un rôle crucial dans l’économie locale.
    • La norme ISO 26000 met en avant un triptyque social, économique et environnemental. Cependant, dans les PME, la dimension sociale semble prédominer (Ferauge, 2021).
  2. Dimension sociale de la RSE et performance :
    • La stabilisation du personnel (par des contrats à durée indéterminée, CDI) a des effets ambivalents sur la performance :
      • Un nombre élevé de CDI peut nuire à la performance économique et financière (ROA et ROE).
      • Cependant, cette stabilité favorise le bien-être et le dialogue social, deux éléments centraux de la RSE sociale.
    • La formation joue un rôle crucial :
      • Les dépenses en formation augmentent la performance économique.
      • Le nombre de travailleurs en formation est positivement corrélé à la performance financière.
  3. Méthodologie et résultats :
    • L’étude repose sur un panel de 1 314 PME belges, analysées sur la période 2012-2020.
    • Les régressions économétriques montrent que :
      • Les dépenses en formation impactent positivement le ROA.
      • La proportion de CDI dans l’effectif a un effet négatif sur le ROE.
    • La diversité de genre, bien que théoriquement importante, ne présente pas d’impact significatif dans cette étude.

Conclusion

L’étude met en évidence un lien complexe entre la dimension sociale de la RSE et la performance des PME belges. Si des investissements dans la formation apparaissent comme un levier clair de performance économique et financière, la stabilisation du personnel semble présenter des arbitrages. Les auteurs appellent à des recherches futures pour mieux comprendre les interactions entre les différentes dimensions de la RSE dans les PME.

Intégration dans la revue de la littérature

Cet article permet d’illustrer le lien direct entre la dimension sociale de la RSE et la performance économique, tout en présentant des nuances essentielles sur la stabilisation du personnel et ses impacts. Pour mon mémoire, il servira à développer une approche critique des pratiques RSE dans les PME, en mettant en avant les enjeux sociaux comme vecteurs potentiels de performance commerciale. Les exemples belges mettent en lumière des parallèles possibles avec les entreprises de location longue durée, où la formation et le bien-être des collaborateurs pourraient devenir des différenciateurs stratégiques.

Bibliographie citée

  • Ferauge, P. (2021). Analyse typologique de la stratégie d’engagement RSE de PME belges. Finance Contrôle Strégie.
  • Akeb, H., Delchet-Cochet, K., & Vo, L. C. (2015). Analyse exploratoire de la mise en œuvre des trois dimensions de la RSE dans les PME françaises. Revue de l’organisation responsable.
  • St-Pierre, J., & Cadieux, L. (2011). La conception de la performance : quels liens avec le profil entrepreneurial des propriétaires dirigeants de PME ? Revue de l’Entrepreneuriat.

 

FICHE 5 – Les indicateurs de la RSE dans les entreprises françaises : La complexité responsable.

Essid, M. et Berland, N. (2013). Les indicateurs de la RSE dans les entreprises françaises : La complexité responsable. Revue française de gestion , (234), 27-41.

https://research-ebsco-com.devinci.idm.oclc.org/c/ry7y5r/search/details/4eegfaameb?limiters=FT%3AY&q=RELATION+ENTRE+PERFORMANCE+SOCIALE+ET+COMMERCIALE

Mots clés

Indicateurs de la RSE, pilotage de la performance, complexité organisationnelle, modes de contrôle, apprentissage organisationnel.

Synthèse

Introduction

L’article explore l’utilisation des indicateurs de responsabilité sociale des entreprises (RSE) au sein de huit entreprises françaises. Il met en lumière à la fois leur importance pour le pilotage de la performance sociale et environnementale, ainsi que la complexité qu’ils engendrent. Les auteurs étudient les caractéristiques de ces indicateurs et leurs modalités d’utilisation, ainsi que leur influence sur les comportements organisationnels.

Développement

  1. Caractéristiques des indicateurs de la RSE :
    • Ces indicateurs regroupent des dimensions économiques, sociales et environnementales. Ils incluent des mesures monétaires, qualitatives et non financières (Tyteca, 1999).
    • Leur objectif principal est de renseigner les managers sur les impacts sociaux et environnementaux des activités de l’entreprise et d’évaluer les relations avec les parties prenantes (Preston & O’Bannon, 1997).
    • Bien que novateurs, ces indicateurs trouvent leurs racines dans des pratiques anciennes comme le bilan social (Chevalier, 1976).
  2. Modes de contrôle liés aux indicateurs :
    • Contrôle par les résultats : Les indicateurs servent à mesurer la performance par rapport aux objectifs prédéfinis. Ce mode est courant lorsque les objectifs sont chiffrables et quantifiables.
    • Contrôle interactif : Les indicateurs sont utilisés pour encourager l’apprentissage organisationnel et l’émergence de nouvelles stratégies.
    • Contrôle social : Dans certains cas, les indicateurs servent à diffuser des valeurs et à socialiser les employés aux normes de l’entreprise (Simons, 1995).
  3. Complexité des systèmes de pilotage de la RSE :
    • Le nombre élevé d’indicateurs (parfois plus de 400) crée des systèmes lourds et difficiles à gérer. Cela provoque souvent une surcharge cognitive pour les managers.
    • L’émergence de ces indicateurs résulte d’une « tétranormalisation », où les entreprises tentent de satisfaire à la fois des normes internationales (GRI, ISO) et des exigences internes.
  4. Différences d’utilisation selon les entreprises :
    • Les entreprises avec une ancienneté dans la prise en compte des dimensions environnementales adoptées ont souvent un contrôle diagnostique, où les indicateurs sont formalisés et contraignants.
    • Les entreprises novices dans les pratiques RSE utilisent davantage les indicateurs pour coordonner, motiver et favoriser l’apprentissage interactif.

Conclusion

Les indicateurs de la RSE sont devenus des outils incontournables pour les entreprises, mais leur prolifération engendre des systèmes complexes et parfois inefficaces. La gestion efficace de ces indicateurs nécessite une hiérarchisation des priorités RSE et une simplification des systèmes de pilotage. Les auteurs concluent que l’adoption de modes de contrôle adaptés (diagnostique ou interactif) est cruciale pour optimiser l’utilisation de ces indicateurs.

Intégration dans la revue de la littérature

L’article d’Essid et Berland souligne l’importance des indicateurs RSE pour le pilotage stratégique et les défis liés à leur complexité. Pour ma revue de littérature, ce texte enrichit la réflexion sur les outils nécessaires pour mesurer et l’impact des initiatives RSE. Dans le secteur de la localisation longue durée, la simplification et l’optimisation de ces indicateurs pourraient permettre aux entreprises d’améliorer leur gestion interne tout en assurant une cohérence entre leurs actions RSE et leurs performances commerciales.

Bibliographie citée

  • Chevalier, A. (1976). Le bilan social de l’entreprise. Masson.
  • Preston, L., & O’Bannon, D. (1997). La relation entre performance sociale et financière des entreprises. Entreprises et Société .
  • Simons, R. (1995). Leviers de contrôle. Presses universitaires de Harvard.
  • Tyteca, D. (1999). Indicateurs de durabilité au niveau de l’entreprise. Journal of Industrial Ecology .

FICHE 4 – Influence of maturity on corporate social responsibility and sustainable innovation in business performance.

Bacinello, E., Tontini, G., & Alberton, A. (2020). Influence de la maturité sur la responsabilité sociale des entreprises et l’innovation durable dans la performance des entreprises. Responsabilité sociale des entreprises et gestion environnementale, 27 (6), 749-759.

https://research-ebsco-com.devinci.idm.oclc.org/c/ry7y5r/search/details/rsszitbnlj?isDashboardExpanded=true&limiters=FT%3AY&q=corporate+social+responsibility+and+business+performance

Mots clés

Responsabilité sociale des entreprises (RSE), innovation durable, performance des entreprises, modèles de maturité, théorie des ressources (RBT).

Synthèse

Introduction

Cet article examine l’impact de la maturité des entreprises en termes de responsabilité sociale (CSRM) et d’innovation durable (SIM) sur leur performance globale (BP). L’étude s’appuie sur la théorie des ressources (RBT) et utilise une modélisation par équations structurelles pour analyser les données de 154 entreprises brésiliennes. Les auteurs mettent en évidence que la CSRM influence positivement la SIM, et que ces deux dimensions contribuent à améliorer la performance économique, sociale et environnementale.

Développement

  1. RSE et création de valeur :
    • La responsabilité sociale crée de la valeur en intégrant des pratiques économiques, sociales et environnementales (Branco & Rodrigues, 2006).
    • Les ressources et capacités supérieures permettent une production économique plus efficace et répondent aux attentes des parties (Petetaf & Barney, 2003).
    • L’adoption d’une vision partagée et d’une gestion proactive des parties implique est positivement corrélée à la performance financière (Bansal, 2005).
  2. Lien entre RSE et innovation durable (SIM) :
    • Les entreprises engagées dans la RSE peuvent exploiter l’avantage stratégique de l’innovation durable pour créer de la valeur (Yoon & Tello, 2009).
    • La SIM comprend des innovations intégrant des dimensions économiques, sociales et environnementales, ce qui améliore la réputation et la compétitivité des entreprises (Gallego-Álvarez et al., 2011).
    • Les modèles de maturité SIM permettent d’identifier les capacités innovantes d’une organisation et de promouvoir le développement durable à long terme (Hynds et al., 2014).
  3. SIM et performances :
    • Les innovations durables offrent des avantages économiques, sociaux et environnementaux, en renforçant la chaîne de valeur et la compétitivité (Boons & Lüdeke-Freund, 2013).
    • Ces innovations améliorent la perception des clients, la réputation d’entreprise et les bénéfices économiques à long terme (Gunday et al., 2011).
    • Les dimensions SIM, lorsqu’elles sont bien gérées, contribuent significativement à la performance financière et au développement durable (Chen, 2016).
  4. Méthodologie et résultats :
    • L’étude repose sur des données quantitatives recueillies auprès de 154 dirigeants d’entreprises brésiliennes, avec un modèle de maturité classant les entreprises sur une échelle de 1 à 5.
    • Les résultats montrent que :
      • La CSRM a un impact direct et significatif sur la SIM (t=15,7, p<0,001).
      • La SIM influence positivement la performance globale (t=3,5, p<0,001).
      • La RSE stratégique et l’innovation durable sont des leviers clés pour créer un avantage concurrentiel durable.

Conclusion

L’étude démontre que la maturité en RSE et en innovation durable contribue à une performance économique, sociale et environnementale supérieure. Les modèles de maturité élaborés permettent d’identifier les forces et faiblesses des entreprises, afin de les guider vers une compétitivité accrue. Les auteurs recommandent d’élargir les études sur ces dimensions en intégrant des échantillons internationaux pour confirmer ces résultats.

Intégration dans la revue de la littérature

Cette étude illustre comment la maturité des pratiques RSE et d’innovation durable influence positivement la performance des entreprises. Pour ma problématique, ce texte propose une analyse directe de l’impact de la maturité organisationnelle sur les résultats financiers et sociaux, en insistant sur la nécessité d’un cadre structuré pour maximiser les effets de la RSE. Les entreprises de location longue durée pourraient bénéficier de modèles de maturité pour évaluer leurs progrès en matière de RSE et innovation durable, et ainsi identifier les points d’amélioration pour atteindre une compétitivité renforcée sur le marché.

Bibliographie citée

  • Bansal, P. (2005). Évolution de la durabilité : une étude longitudinale du développement durable des entreprises. Strategic Management Journal .
  • Branco, MC et Rodrigues, LL (2006). Responsabilité sociale des entreprises et perspectives basées sur les ressources. Journal of Business Ethics .
  • Gallego-Álvarez, I., Prado-Lorenzo, JM, & Garcia-Sánchez, IM (2011). Responsabilité sociale des entreprises et innovation. Décision de gestion .
  • Gunday, G., Ulusoy, G., Kilic, K., & Alpkan, L. (2011). Effets des types d’innovation sur la performance des entreprises. Revue internationale d’économie de production .
  • Hynds, EJB, et al. (2014). Modèle de maturité pour la durabilité dans le développement de nouveaux produits. Gestion de la recherche et de la technologie .

FICHE 3 – Bonheur et travail : oxymore ou piste de management stratégique de l’entreprise ?

Feuvrier, député. (2012). Bonheur et travail : oxymore ou piste de management stratégique de l’entreprise ? Revue Gestion et Avenir , 68, 164-182.

Lien :  https://research-ebsco-com.devinci.idm.oclc.org/c/ry7y5r/search/details/yiqkzr4dif/details?isDashboardExpanded=true&q=responsabilit%C3%A9+sociale+des+entreprises+et+performance

Mots clés

Bonheur, travail, psychologie positive, gestion des ressources humaines (GRH), compétences sociales, performance.

Synthèse

Introduction

Cet article explore les liens entre bonheur et travail en confrontant les attentes sociétales de bonheur, les avancées scientifiques, et les pratiques en gestion des ressources humaines (GRH). Il propose de voir le bonheur comme un levier stratégique permettant de concilier responsabilité sociale des entreprises et performance économique, à travers un changement de paradigme vers une GRH centrée sur le bien-être.

Développement

  1. Perspectives historiques et sociétales :
    • Historiquement, le bonheur a souvent été perçu comme incompatible avec le travail (Baudelot et Gollac, 2002). L’évolution des attentes sociétales et les recherches sur le bien-être (rapport Sen-Stiglitz, 2010) place le bonheur au centre des débats économiques et sociaux. Le taylorisme a montré ses limites, et une revalorisation des relations humaines est apparue. Pourtant, le stress et les risques psychosociaux ont émergé, mettant en lumière l’importance des nouvelles approches.
  2. Psychologie positive et bonheur au travail :
    • La psychologie positive étudie les processus qui déterminent l’épanouissement des individus et des organisations (Seligman, 2002). Elle repose sur trois dimensions clés : plaisir, engagement (flow) et sens. Le concept de « flow » (Csikszentmihalyi, 1990) souligne l’importance d’un équilibre entre défis et compétences pour atteindre une expérience optimale, améliorant ainsi la motivation induite des employés. Cela met en évidence que le bonheur professionnel peut être activement cultivé.
  3. Compétences sociales comme levier de bonheur :
    • Les compétences sociales, telles que définies par Zarifian (1999) et Segal (2005), englobent des capacités relationnelles et émotionnelles essentielles pour renforcer les relations interpersonnelles et l’épanouissement au travail. Elles incluent la maîtrise émotionnelle, l’adaptation et la responsabilité. Ces compétences révèlent une meilleure cohésion organisationnelle et un engagement accumulé des salariés. L’article insiste sur leur rôle dans le développement d’une culture organisationnelle orientée vers le bien-être.
  4. Enquête qualitative sur le terrain :
    • Une étude exploratoire menée auprès de six cabinets de formation révèle que, bien que les notions de bien-être et de bonheur soient intégrées dans certaines pratiques, elles restent marginales. Les freins incluent des croyances culturelles, une vision limitée de la GRH et une faible reconnaissance institutionnelle des formations liées au bonheur. Cependant, les cabinets mettent en avant des approches innovantes, telles que la prise de conscience de soi, pour favoriser l’épanouissement et la performance.

Conclusion

L’article conclut que le bonheur peut devenir un levier pour les entreprises, en renforçant à la fois le capital humain et la performance économique. Cela nécessite un changement de paradigme dans la gestion des ressources humaines, avec une intégration plus forte des compétences sociales et des dimensions de bien-être dans les pratiques managériales.

Intégration dans la revue de la littérature

Feuvrier propose d’envisager le bonheur au travail comme un levier stratégique combinant responsabilité sociale et performance économique. En lien avec mon sujet, cet article fournit une base pour intégrer des politiques de bien-être et de gestion des compétences sociales comme catalyseurs de performance commerciale. Dans le secteur de la location longue durée, le bonheur au travail pourrait être utilisé comme outil pour améliorer l’engagement des employés, réduisant ainsi le turnover et augmentant la satisfaction client, deux éléments critiques pour maintenir une croissance durable.

Bibliographie citée

  • Baudelot, C. et Gollac, M. (2002). Travailler pour être heureux ? Fayard.
  • Csikszentmihalyi, M. (1990). Flow : la psychologie de l’expérience optimale . Harper & Row.
  • Segal, E. (2005). Les compétences relationnelles en question. Les cahiers d’Évry .
  • Seligman, député européen (2002). Le bonheur authentique . Presse libre.
  • Zarifian, P. (1999). Objectif Compétence . Éditions Liaisons Sociales.

 

FICHE 2 – Responsabilité sociale, performance financière et durabilité environnementale : Étude de l’effet médiateur de l’innovation managériale et modérateur de la structure industrielle : cas des entreprises manufacturières tunisiennes

Kalaï, L. (2023). Responsabilité sociale, performance financière et durabilité environnementale : Étude de l’effet médiateur de l’innovation managériale et modérateur de la structure industrielle : cas des entreprises manufacturières tunisiennes. Revue du développement en Afrique , 35(2), 295-307.

Lien : https://research.ebsco.com/c/ry7y5r/search/details/nl2czawfcv?q=responsabilit%C3%A9%20sociale%20des%20entreprises%20et%20performance

Mots clés

RSE, durabilité environnementale, performance financière, innovation managériale, structure industrielle.

Synthèse

Introduction

L’article examine l’impact des stratégies de responsabilité sociale des entreprises (RSE) sur la durabilité environnementale et la performance financière dans un échantillon de 60 entreprises manufacturières tunisiennes (2013-2021). Il met en évidence le rôle de l’innovation managériale comme médiateur et celui de la structure industrielle comme modérateur. Les entreprises tunisiennes étudiées opèrent principalement dans des secteurs comme le bâtiment, les matériaux de construction, et les télécommunications.

Développement

  1. Relation entre RSE et durabilité environnementale :
    • La RSE favorise la durabilité environnementale via des normes comme ISO 14001, en intégrant des pratiques respectueuses de l’écosystème.
    • Hypothèse 1 : La RSE a un impact positif sur la durabilité environnementale.
  2. Structure industrielle et RSE :
    • Les contraintes liées à la structure industrielle (allocation des ressources, efficacité énergétique) peuvent modérer la relation entre RSE et durabilité environnementale.
    • Hypothèse 2 : La structure industrielle influence positivement cette relation, bien que des limites persistantes dans le cas des entreprises à faible niveau de structuration.
  3. RSE et performance financière :
    • Les politiques RSE augmentent la confiance des investisseurs et améliorent les indicateurs financiers (ROA, ROE, Q de Tobin).
    • Hypothèse 3 : Le RSE a un effet positif sur la performance financière.
  4. Innovation managériale comme médiateur :
    • L’innovation managériale amplifie les bénéfices de la RSE sur la performance financière, mais reste conditionnée par un environnement adapté (résistance aux changements structurels).
    • Hypothèse 4 : L’innovation managériale agit comme un médiateur positif.

Conclusion

L’étude conclut que les entreprises manufacturières tunisiennes bénéficient de la mise en place de stratégies RSE en termes de performance financière et de durabilité environnementale. Toutefois, l’efficacité de ces stratégies est modulée par la structure industrielle et les capacités d’innovation managériale. Les auteurs recommandent un renforcement des réformes structurelles et des politiques publiques pour soutenir ces initiatives.

Intégration dans la revue de la littérature

L’étude de Kalai montre que l’intégration de stratégies RSE associées à l’innovation managériale peut amplifier la performance financière et la durabilité environnementale. Cette perspective est cruciale dans le contexte de mon sujet, car elle démontre que l’innovation peut agir comme un médiateur clé entre RSE et performance. Pour les entreprises de location longue durée, une stratégie axée sur l’innovation durable, intégrée aux pratiques RSE, pourrait non seulement améliorer leur image auprès des parties prenantes mais également créer un avantage concurrentiel durable en répondant aux exigences écologiques et sociétales croissantes.

Bibliographie citée

  • Adusei, M. (2016). L’entrepreneuriat favorise-t-il la croissance économique en Afrique ? Revue africaine de développement, 28 (2), 201–214.
  • Brundtland, GH (1987). Notre avenir commun : Rapport de la Commission mondiale sur l’environnement et le développement.
  • Carroll, A. (1991). La pyramide de la responsabilité sociale des entreprises : vers une gestion morale des parties prenantes organisationnelles. Business Horizons, 34 , 39–48.
  • Feng, M., Wang, X., & Kreuze, JG (2017). Responsabilité sociale des entreprises et performance financière des entreprises : analyses comparatives entre les secteurs et les catégories de RSE. American Journal of Business, 32 (3–4), 106–133.

 

FICHE 1- Responsabilité sociale des entreprises et performance : Complémentarité ou substituabilité ?

Référence APA

Saulquin, J.-Y. et Schier, G. (2007). Responsabilité sociale des entreprises et performance : Complémentarité ou substituabilité ? La Revue des Sciences de Gestion, Direction et Gestion , (223), 137-144.

Lien : https://research-ebsco-com.devinci.idm.oclc.org/c/mrpkbb/search/details/nl2czawfcv?db=bth&limiters=None&q=responsabilit%C3%A9+sociale+des+entreprises+et+performance

Mots clés

RSE, performance, développement durable, parties prenantes, indicateurs sociaux, performance globale.

Synthèse

Introduction

L’article explore la relation entre la Responsabilité Sociale des Entreprises (RSE) et la performance, questionnant si ces concepts sont complémentaires ou substituables. Les auteurs mettent en avant l’évolution des entreprises, qui doivent naviguer entre des impératifs économiques, sociaux, et environnementaux, tout en conciliant les attentes des parties impliquées multiples.

Développement

  1. Définition de la RSE :
    • La RSE est présentée comme une obligation pour les entreprises d’intégrer des préoccupations sociales et environnementales dans leurs activités.
    • Historiquement, le concept émerge avec Bowen (1953) et se structure avec Caroll (1979), proposant une approche tridimensionnelle (principes, processus et politiques).
    • En Europe, la RSE est définie par la Commission Européenne (2002) comme une intégration volontaire de ces préoccupations aux activités commerciales.
  2. RSE et performance :
    • La performance est définie comme un concept multidimensionnel qui intègre des critères économiques, sociaux, et environnementaux.
    • Les auteurs discutent de la convergence des outils de mesure entre RSE et performance, notamment sur l’axe social (indicateurs de formation, climat de travail, mobilité des employés).
  3. Complémentarité ou substituabilité :
    • La RSE est parfois perçue comme une contrainte (vision minimaliste), mais les auteurs prônent une approche dynamique, où la RSE devient une opportunité de redéfinir la vocation de l’entreprise.
    • Ils soulignent le besoin d’une vision globale, dans laquelle la RSE contribue à une performance co-construite avec les parties prenantes.

Conclusion

Les auteurs concluent que la RSE et la performance peuvent converger, mais cela dépend de la manière dont la RSE est perçue et mise en œuvre. Une approche dynamique permettra de réconcilier les dimensions économiques, sociales et environnementales, tout en valorisant les attentes des parties prenantes.

Intégration dans la revue de la littérature

Cet article met en lumière les relations entre RSE et performance, en soulignant comment la RSE peut redéfinir la vocation de l’entreprise pour en faire une organisation centrée sur une vision globale et durable. Dans le cadre de ma problématique, ce concept est pertinent pour explorer comment les entreprises de location longue durée pourraient intégrer une approche fédératrice de la RSE pour hiérarchiser leurs priorités stratégiques, harmoniser les attentes des parties prenantes, et renforcer leur performance commerciale. La mise en place de systèmes managériaux qui relient performance financière et responsabilité sociale pourrait devenir un levier essentiel pour aligner développement durable et compétitivité commerciale.

Bibliographie citée

  • Bowen, HR (1953). Responsabilités sociales de l’homme d’affaires . Harpet & Row.
  • Caroll, AB (1979). Un modèle conceptuel tridimensionnel de la performance sociale des entreprises. Academy of Management Review, 4 , 497-505.
  • Commission des Communautés Européennes. (2002). Communication concernant la responsabilité des entreprises : une contribution des entreprises au développement durable, Bruxelles.
  • Morin, EM, Savoie, A. et Beaudin, G. (1994). L’efficacité de l’organisation. Théories, représentations et mesures . Montréal : Gaëtan Morin.

Les différents profils de consommation durable

Balderjahn, I., Peyer, M., Seegebarth, B., Wiedmann, K.-P., & Weber, A. (2018). The many faces of sustainability-conscious consumers: A category-independent typology. Journal of Business Research, 91, 83–93. https://doi.org/10.1016/j.jbusres.2018.05.022

La consommation durable est un enjeu majeur pour les entreprises et les chercheurs en marketing, car elle englobe des dimensions écologiques, sociales et économiques (Elkington, 1997).  Selon Phipps et al. (2013), elle peut être définie comme “une consommation qui optimise simultanément les conséquences environnementales, sociales et économiques de l’acquisition, de l’utilisation et de la disposition, afin de répondre aux besoins des générations actuelles et futures” (p. 1227). Cependant, les consommateurs n’ont pas tous la même approche de la durabilité, ce qui complexifie la mise en place de stratégies efficaces. Balderjahn et al. (2018) cherchent à mieux comprendre ces différences en proposant une typologie détaillée des consommateurs sensibles à la durabilité.

Les auteurs expliquent que la plupart des études sur la consommation durable se concentrent uniquement sur l’environnement, en distinguant les consommateurs “verts” des autres. Or, une approche plus complète de la durabilité doit aussi prendre en compte les dimensions sociales (ex. : respect des droits des travailleurs) et économiques (ex. : consommation responsable et collaborative) (Balderjahn et al., 2013).

Pour mieux comprendre les différents types de consommateurs durables, l’étude utilise trois bases de données représentatives, comprenant des enquêtes en ligne et des données réelles d’achats de produits alimentaires et textiles en Allemagne.

L’étude repose sur le modèle de la “conscience de la consommation durable” (CSC) élaboré par Balderjahn et al. (2013). Ce modèle prend en compte cinq dimensions : la conscience écologique (préférence pour les produits respectueux de l’environnement), la conscience sociale (attention aux conditions de travail et aux droits des travailleurs), la simplicité volontaire (réduction de la consommation superflue), l’évitement de l’endettement (achat réfléchi pour éviter les dettes) et la consommation collaborative (partage, location plutôt qu’achat). Cette dernière notion est définie par Belk (2010) comme l’ensemble des pratiques consistant à partager, emprunter, louer ou mettre en location des biens de consommation au lieu d’en faire l’acquisition définitive.

Les résultats permettent d’identifier six groupes de consommateurs, chacun ayant un rapport différent à la durabilité. L’objectif est de montrer que la durabilité ne se limite pas à une opposition entre consommateurs engagés et non engagés, mais qu’elle prend des formes variées selon les valeurs et les habitudes d’achat de chacun (Balderjahn et al., 2018) :

  1. Les consommateurs financièrement insouciants : ils ne prêtent pas attention aux enjeux de durabilité et achètent souvent sans réfléchir aux conséquences environnementales ou sociales.
  2. Les non-simplificateurs : ils ne cherchent pas à réduire leur consommation et n’adoptent pas de pratiques de sobriété volontaire.
  3. Les simplificateurs financièrement prudents : ils privilégient un mode de vie sobre et évitent l’endettement, mais ne sont pas forcément sensibles aux aspects écologiques ou sociaux des produits.
  4. Les simplificateurs socialement conscients : ils attachent une grande importance aux conditions de production et aux droits des travailleurs, mais sont moins préoccupés par l’impact écologique de leurs achats.
  5. Les consommateurs durables non-collaboratifs : ils font attention à l’environnement et aux aspects sociaux, mais préfèrent posséder leurs produits plutôt que de les partager ou de les louer.
  6. Les consommateurs durables : ils sont engagés sur tous les aspects de la durabilité, en favorisant les produits écologiques, éthiques et les pratiques de consommation collaborative.

L’étude met en avant un paradoxe : certaines personnes achètent des produits durables alors qu’elles ne se sentent pas particulièrement concernées par l’écologie. Ce phénomène, appelé écart inversé entre attitudes et comportements (Carrington et al., 2010), montre que des éléments comme le prix, la disponibilité ou la qualité perçue des produits peuvent jouer un rôle important dans ces choix. Par ailleurs, le fait qu’aucun groupe de consommateurs ne soit entièrement tourné vers l’écologie suggère que la durabilité ne se limite pas seulement à la protection de l’environnement, mais englobe aussi des aspects sociaux et économiques (Huang & Rust, 2011).

Les différences entre les profils de consommateurs peuvent s’expliquer par les valeurs qui influencent leurs choix. D’après Schwartz (1992), il existe deux grandes oppositions dans les valeurs humaines. D’un côté, certaines personnes privilégient le bien-être collectif, avec des valeurs comme l’entraide et le respect de l’environnement (auto-transcendance). À l’inverse, d’autres cherchent surtout à réussir et à gagner en pouvoir, en mettant en avant leurs intérêts personnels (auto-promotion). Une autre distinction oppose les individus qui aiment le changement et l’indépendance (ouverture au changement) à ceux qui préfèrent la stabilité et la sécurité en restant attachés aux traditions (conservatisme). Ces différences expliquent pourquoi certains adoptent des comportements durables, tandis que d’autres préfèrent conserver leurs habitudes de consommation.

Ainsi, les implications pour les entreprises et les responsables marketing sont importantes. Plutôt que de considérer les consommateurs durables comme un groupe homogène, il est essentiel d’adapter les stratégies commerciales en fonction des différents profils identifiés. Par exemple, un consommateur qui privilégie la sobriété financière sera plus sensible à des arguments économiques qu’à des arguments écologiques. De même, un consommateur soucieux des droits des travailleurs sera plus réceptif aux labels de commerce équitable qu’aux certifications environnementales (Balderjahn et al., 2018).

Références :

  • Balderjahn, I., Peyer, M., Seegebarth, B., Wiedmann, K.-P., & Weber, A. (2018). The many faces of sustainability-conscious consumers: A category-independent typology. Journal of Business Research, 91, 83–93. https://doi.org/10.1016/j.jbusres.2018.05.022
  • Balderjahn, I., Peyer, M., Seegebarth, B., Wiedmann, K.-P., & Weber, A. (2018). The many faces of sustainability-conscious consumers: A category-independent typology. Journal of Business Research, 91, 83–93. https://doi.org/10.1016/j.jbusres.2018.05.022
  • Belk, R. (2010). Sharing. Journal of Consumer Research, 36(5), 715–734.
  • Carrington, M. J., Neville, B. A., & Whitwell, G. J. (2010). Why ethical consumers don’t walk their talk: Towards a framework for understanding the gap between the ethical purchase intentions and actual buying behavior of ethically-minded consumers. Journal of Business Ethics, 97(1), 139–158.
  • Huang, M.-H., & Rust, R. T. (2011). Sustainability and consumption. Journal of the Academy of Marketing Science, 39(1), 40–54.
  • Phipps, M., Ozanne, L. K., Luchs, M. G., Subrahmanyan, S., Kapitan, S., Catlin, J. R., … & Weaver, T. (2013). Understanding the inherent complexity of sustainable consumption: A social cognitive framework. Journal of Business Research, 66(8), 1227-1234.
  • Schwartz, S. H. (1992). Universals in the content and structure of values: Theoretical advances and empirical tests in 20 countries. Advances in Experimental Social Psychology, 25, 1-65