Les Paradoxes du Consommateur Postmoderne

Author(s) : Decrop A.

Les marketeurs d’aujourd’hui rencontrent de plus en plus de difficultés à satisfaire un consommateur postmoderne au comportement imprévisible.
 
Cet article traite des différents paradoxes de ce nouveau consommateur en quête d’identité qui ne se contente plus du simple matériel mais qui recherche à se construire et à se retrouver dans ce qu’il achète, et tente d’expliquer comment ces paradoxes peuvent servir au marketing s’il sait les reconnaître et les exploiter à son avantage.
 
Dans un monde où la technologie est de plus en plus présente et où les possibilités de contact sont démesurées, le consommateur est de plus en plus isolé. Cette solitude le pousse à rechercher un lien de communauté qu’il tente de retrouver par les réseaux sociaux et communautés en ligne que les marketeurs se doivent d’exploiter pour les atteindre.
 
Le consommateur est aussi un nomade, il veut se déplacer et découvrir le monde mais garder son confort et sa sécurité, il lutte contre le temps et veut tout et tout de suite mais est de plus en plus attiré par la culture « zen ». Pour le satisfaire, le marketing se doit de créer des produits adaptés à ces besoins de retrouver un quotidien tout en se déplaçant en créant des produits de plus en plus mobiles, et doit profiter de l’engouement pour l’éphémère pour créer du buzz.
Pour satisfaire un consommateur dont les mondes réels et virtuels se confondent de plus en plus l’hyper-réalité semble être une solution adaptée pour les marques souhaitant créer une relation privilégiée. Enfin, le consommateur postmoderne, nostalgique et en quête de repère, recherchant des produit authentiques et s’assimilant au passé, exige que ces derniers soient aussi performants que les dernières technologies, laissant la porte ouverte à la mode du « vintage » et de la « newstalgia ».
 
Le consommateur postmoderne est donc insatiable exigeant et volage et souhaite être acteur et non plus spectateur de sa consommation. Ce comportement se révèle sur internet ou le consommateur à la possibilité de créer, modifier et contrôler son environnement. Les marques doivent donc s’adapter à ce nouveau consommateur qui ne se laisse plus enfermer dans les modèles pré-établis.
 
Note d’intérêt :
Cet article décrit le nouveau consommateur dans ses exigences et dans ses contradictions. Mon mémoire s’intéressant au comportement du consommateur d’aujourd’hui, il me semble nécessaire d’en faire le portrait et les constatation de cet article m’aideront dans cette tâche.
 
 

Immersion de l’Internaute dans l’Univers d’une Marque

Author(s) : Nannipieri O., Muratore I.

Si internet a été par le passé un simple canal de communication de plus pour les entreprise, c’est aujourd’hui un moyen de créer un réel lien émotionnel avec la marque à travers des sites immersifs. L’objet de cette étude est de mesurer le lien entre attitude envers un produit et degré d’immersion, entre immersion et intention d’achat et de mettre en évidence les différents degrés d’immersion relatifs à des consommateurs de différentes générations.
 
Pour cela, 110 individus de la « net génération » (17-22ans) et 110 individus de la génération précédente (39-61ans) ont été sollicités pour naviguer sur un site immersif puis répondre à un questionnaire à propos de leur expérience dont les résultats ont amené aux conclusions suivantes :
 
– La relation entre attitude envers le produit et le degré d’immersion n’est pas significative, ce qui implique qu’un site internet peut être immersif quel que soit le produit qu’il présente.
– Le niveau d’immersion influence la probabilité d’achat sur le site internet
– La « génération net » dont les individus ont vécu des expériences d’immersion pendant les phases de développement de leur personnalité est plus profondément et plus facilement en immersion dans l’univers d’une marque que la génération les précédant.
 
Dans un monde dans lequel  le consommateur est submergé par des informations diverses il est important que les marques s’assurent d’avoir des sites immersifs efficaces, la navigation sur ces sites constituant un moment de contact exclusif avec la marque.
Il semble également important de pallier l’écart entre la « génération net » et la génération précédente en faisant en sorte de maximiser l’exposition de ces derniers aux expériences d’immersion afin de compenser le manque d’immersion durant leur enfance et leur adolescence qui crée chez cette génération  un degré d’immersion plus faible.
 
Note d’intérêt
 
Cet article me permet de répondre en partie aux hypothèses H1 et H4 car il affirme que la génération à laquelle appartient l’internaute influe sur son immersion en ligne et que cette immersion si elle a lieu entraîne une plus importante probabilité d’achat en ligne

An integrative review of sensory marketing: Engaging the senses to affect perception, judgment and behavior

Author(s) : Krishna A.

Cet article présente les informations obtenues par les différentes recherches menées sur la perception sensorielle afin de mieux comprendre les enjeux du marketing sensoriel et afin de servir aux futurs travaux engagés sur le sujet en mettant de côté « la vue », considérant que le sujet a été déjà grandement traité dans de précédentes études.
 
Le toucher : selon Aristotle, la vue, le goût l’ouïe et l’odorat servent à accentuer la sensation du toucher qui est le sens primordial. Cette hierarchie des sens est soutenue par leur ordre d’apparition chez le fœtus : toucher, odorat, goût audition et enfin vision. Le besoin de toucher diffère selon les personnes et son niveau peut être défini par l’échelle « Need-for-Touch » établie par Peck et Childers. Enfin, si le fait de toucher quelqu’un rend la relation plus amicale il a été prouvé que le contact d’un objet à l’image négative engendre une image négative de l’objet qu’il touche et inversement pour une image positive de même qu’un consommateur sera influencé par la personne qui touchera un objet auquel il s’intéresse.
 
L’odorat : les différentes études menées ont démontré que l’odorat permet une mémorisation plus précise des évènements  et une mémorisation  plus longue de l’information. On a également démontré qu’une odeur plaisante incite l’individu à passer plus de temps en magasin et lui permet de se rappeler d’un produit plus facilement.
 
L’ouïe : la musique ambiante d’un lieu, la musique d’une publicité, la consonance du nom d’une marque ainsi que la fréquence du son d’une voix et son niveau de débit ont été révélés par de nombreuses études comme facteurs influant sur l’humeur et le comportement du consommateur.
 
Le goût : Il a été démontré que le seul sens du goût ne suffit pas à expliquer ce que nous ressentons lorsque nous goûtons. En effet, la vue, l’odorat, le toucher et l’ouïe sont aussi mis en œuvre. Ainsi, l’individu est tout autant influencé par ces sens que par la sensation de sucré salé amer ou acide qu’il ressent.
 
Note d’intérêt :
Cet article m’intéresse dans la présentation globale du marketing expérientiel et sensoriel.

Authenticité en ligne, expérience émotionnelle et intentions de visite

Author(s) : Pallud J., Elie-Dit-Cosaque C.

Dans leurs loisirs, les individus d’aujourd’hui sont de plus en plus en quête d’authenticité. Les lieux touristiques n’échappant pas à l’avancée technologique, il est dès lors important de s’intéresser à la possibilité d’une expérience authentique en ligne et à son effet sur l’attitude de l’individu envers le lieu dont le site sur lequel il navigue est la vitrine.
 
Cet article s’intéresse à l’influence du design d’un site internet sur la perception d’authenticité ainsi qu’aux conséquences d’une authenticité en ligne sur le comportement du visiteur du site en analysant des variables cognitives telles que la facilité d’utilisation et des variables affectives telles que le « flow »(état émotionnel optimal de l’individu dans lequel il s’évade et perd la notion du temps), l’attrait visuel et l’authenticité.
 
Trois hypothèses sont dans cette étude soulevées :
 
– l’intention de retourner sur un site web influence positivement l’intention d’aller au musée
– l’expérience de « flow » influence positivement l’intention de retourner sur le site web
– l’expérience de « flow » influence positivement l’intention d’aller au musée
 
 Le lieu de loisir choisi pour cette étude est un musée d’art asiatique Parisien dont le site internet est  évalué dans un contexte de pré visite par des visiteurs spontanés.
Suite à l’analyse des réponses au questionnaire en ligne de 150 visiteurs du site, l’étude peut conclure que l’attrait visuel du site influence l’authenticité perçue, que cette authenticité perçue influence  le « flow » qui lui-même est déterminant quant à l’intention de revisiter le site et quant à l’intention de se rendre au musée.  Les trois hypothèses proposées sont donc validées. Enfin, bien qu’elle ne constitue pas un élément influant sur l’authenticité perçue, la facilité d’utilisation du site a son importance puisqu’elle influe sur l’expérience positive en ligne qui mène à une revisite qui elle-même influe sur l’intention de visite physique sur le lieu de loisir.
 
Note d’intérêt :
Le « flow » étant synonyme d’immersion en ligne, cet article m’intéresse pour répondre aux hypothèses H2, H3 et H5 car il  affirme que l’authenticité est un facteur influant sur le degré d’immersion et entraîne un image positive du site et confirme que le flow incite le consommateur à l’achat, car il influence son intention de se rendre sur le lieu de loisir et donc d’y acheter une entrée.

L’expérience sur un site de vente 3D. Le vrai, le faux et le virtuel : à la croisée des chemins

Author(s) : Poncin I., Garnier M.

L’internaute a la possibilité de faire ses achats en ligne sur des sites de plus en plus réalistes. Le consommateur d’aujourd’hui peut ainsi se retrouver plongé dans l’univers d’un magasin grâce à l’expérience d’un site de vente en ligne en 3D.
 
Cet article s’intéresse à l’influence et aux limites de l’immersion de l’internaute dans ce nouvel univers d’achat.
 Le site de vente en ligne 3D Victoria Couture est choisi pour mener une étude qualitative auprès d’internautes invités à naviguer sur le site et à donner leurs impressions pendant et après cette visite. Ce site permet la création d’un avatar personnalisé que l’utilisateur peut habiller et faire évoluer dans la boutique pour la visiter. Après avoir discuté avec 58 répondants en focus groups et 35 en entretiens individuels et après l’analyse des données en résultant, cette étude peut fournir les affirmations suivantes :
 
– L’internaute tend à se détacher de son avatar auquel il ne s’identifie pas
– L’internaute se sent isolé à cause du manque de bruit ambiant caractéristique du magasin hors ligne et à cause de l’absence de vendeur pour le renseigner
– Lorsque l’internaute possède des motivations intrinsèques, il est davantage probable qu’il vive une expérience de « flow », pendant laquelle il perd la notion du temps et de l’espace.
– La visite en ligne de l’internaute est influencée négativement par le manque de réalisme visuel à cause du champ de vision réduit, le manque de réalisme sensoriel à cause de l’absence de musique, bruit ou toucher et le manque de réalisme social à cause de l’absence de personnes physiques.
 
Ainsi, les recommandations de cette études pour créer un site de vente 3D plus immersif, sont de miser sur les facteurs d’ambiance, de mettre en place un avatar vendeur pour conseiller le visiteur et humaniser l’environnement, de garder un design et une interface accessibles même si sophistiqués et de maintenir une image cohérente avec le magasin hors ligne pour favorises les repères du consommateur.
 
Note d’intérêt :
 
Cet article permet de répondre en partie aux hypothèses H1 et H2 car il décrit les facteurs conceptuels du site influant sur l’immersion du consommateur et traite des différents profils influencés

Virtual Experiential Marketing on Online Customer Intentions and Loyalty

Author(s) : Chen J., Meilling Luo M., Ching R., Liu C.

Le marketing expérientiel fait appel aux émotions du consommateur et ne se contente pas de lui présenter les attributs physiques d’un produit. Lorsque le consommateur achète en ligne, le marketing expérientiel mis en œuvre pour le séduire doit être adapté à la particularité de ce milieu.  En effet, l’atmosphère d’un site internet a une influence importante sur la navigation et sur l’intention d’achat. Le profil du consommateur est également à prendre en compte dans son attitude envers l’achat en ligne.
 
Cette étude cherche à déterminer comment les cinq éléments du « Virtual Experiential Marketing »(VEM)  (sens, interaction, plaisir, « flow » et communauté) influencent la navigation du consommateur et son intention d’achat et à évaluer l’effet modérateur du niveau d’expérience Internet du consommateur et de sa motivation à l’achat en ligne (économie ou praticité) sur cette relation. Pour cela, une enquête quantitative a été menée auprès d’utilisateurs Taïwanais des jeux en ligne « World of War » et « Maple Story ».
 
Les résultats de ce questionnaire dont les thèmes ont été, en accord avec le but de cette recherche, les éléments du VEM,  la navigation, l’intention d’achat, la fidélité, les motivations à l’achat et la démographie nous révèlent que trois des cinq éléments du VEM sont suffisants pour influencer l’attitude de navigation du consommateur : l’interaction, le plaisir et la communauté, et  que deux sont suffisants pour influencer son intention d’achat : le plaisir et la communauté.
 
Si le niveau d’expérience Internet du consommateur se révèle comme  non influant sur la relation entre les éléments du VEM et la navigation ou l’intention d’achat, la motivation du consommateur, qu’elle soit d’ordre pratique ou économique est quant à elle révélée comme déterminante.
 
La fidélité du consommateur, qui découle de son intention de navigation et de son intention d’achat peut donc être obtenue grâce à la mise en place d’une atmosphère de  plaisir, d’interaction et de communauté sur un site internet.
 
Note d’intérêt :
 
Cet article insiste sur la relation entre intention d’achat du consommateur et conception du site et s’intéresse au profil du consommateur. Il m’intéresse donc pour répondre aux hypothèses H1, H2 et H4

The relationship between Cartoon Trade Character recognition and attitude toward product category in Young Children

Author(s) : Mizerski R.

Mizerski Richard (1995), The relationship between Cartoon Trade Character recognition and attitude toward product category in Young Children, Journal of Marketing, Vol. 59, 58-70

Résumé :
Cet article teste et analyse l’influence des personnages de marque sur la notoriété et l’image des produits auprès des jeunes enfants. L’auteur mène cette étude à la fois sur des marques qui ciblent traditionnellement les enfants, mais aussi sur des produits et des marques réservés aux adultes comme les cigarettes.

Introduction :
Mizerski écrit cet article dans un contexte où l’emploi des personnes de dessins animés, comme personnages de films ou comme personnages de marque, est de plus en plus fréquent. Il souhaite alors étudier la relation qui peut s’établir entre la reconnaissance d’un personnage de marque par un enfant et l’attitude de ce dernier vis-à-vis des produits (perception, comportements d’achat, etc.), et tout particulièrement des produits qui ne lui sont pas destinés, comme les cigarettes.

Revue de la littérature :
L’âge est un facteur déterminant à prendre en compte pour évaluer :
–       L’influence de la publicité sur les enfants : de 2 à 11 ans, les enfants sont plus vulnérables à la publicité ils sont à un âge où toutes leurs structures cognitives ne sont pas encore bien développées. Stutts et Hunnicutt (1987) restreigne ce groupe à celui des 2-7 ans, qui sont les plus sensibles aux images et aux symboles, notamment dans la publicité.
–       La capacité de l’enfant à appréhender la publicité en tant que telle : Plus il vieillit, plus il comprend la différence entre les programmes de télévision classiques et les séquences de publicité, et par conséquent, plus il est capable de les éviter. En grandissant, il voit aussi augmenter de manière significative sa capacité à comprendre le contenu des publicités.
–       La mémorisation des messages publicitaires : l’âge n’a pas d’effet sur la capacité de mémorisation en tant que telle, mais plus il grandit, plus l’enfant élargit son champ de connaissances et a emmagasiné des souvenirs.
–       L’influence de la publicité sur les décisions d’achat et les comportements des enfants à l’égard des produits.
–       L’efficacité de la surexposition publicitaire : les tout-petits sont plus sensibles aux publicités qu’ils voient très fréquemment (Raju and Lonial, 1990), et cela peut influer positivement leur attitude vis-à-vis des marques (Zajonc, 1968).
Mais d’après l’auteur, la capacité d’un enfant à reconnaître un produit et à mémoriser une publicité (par le biais ou non d’un personnage de marque) n’influe pas forcément positivement sur son attitude vis-à-vis des produits et de la marque en question. En effet, il peut ne pas aimer un produit ou une marque même à forte notoriété, et la surexposition peut avoir un effet agaçant (d’autant plus si la première impression a été mauvaise). On peut donc imaginer qu’un personnage de marque, même très bien reconnu par l’enfant, peut influer sur son attitude aussi bien de façon positive que de façon négative.

Hypothèses :
H1a : La capacité d’un jeune enfant à associer (ou reconnaître) un personnage de marque avec le(s) bon(s) produit(s) n’est pas dû au hasard ou à la chance.
H1b : La capacité d’un jeune enfant à associer (ou reconnaître) un personnage de marque avec le(s) bon(s) produit(s) est positivement liée à son âge.
H2 : La notoriété d’un personnage de marque n’induit pas nécessairement une attitude favorable de l’enfant vis-à-vis de la marque ou du produit.

Méthodologie :
L’échantillon sur lequel le test a lieu est composé d’enfants âgé entre 3 et 6 ans, venant de 10 régions qui présentent selon Nielsen des caractéristiques variées et représentatives, à savoir : la superficie de la région, la démographie, l’indicateur de développement de la marque Camel (marque qui intéresse l’auteur pour son étude), et la dépense publicitaire par personne de Camel. Des quotas furent fixés afin de former un échantillon représentatif de sexe et de race, avec le même nombre de répondants pour chaque tranche d’âge (3, 4, 5 et 6 ans).
L’échantillon fut finalement composé de 790 enfants, auprès desquels furent menés des entretiens. Afin de rassurer les jeunes interrogés, peu habitués à sortir du cocon familial, un parent ou un adulte familier était présent lors de l’entretien, mais placé de telle sorte dans la salle que sa proximité ne pouvait pas biaiser les réponses de l’enfant.
Les entretiens furent menés par 20 personnes qualifiées, à l’aide d’une planche regroupant un certain nombre de stimuli (logos, personnages de marque, etc.)

Résultats :
L’expérience valide les hypothèses 1a et 1b : plus l’enfant est âgé, plus il est capable de reconnaître les personnages de marque et de les associer aux bons produits. Le cowboy Marlboro est en revanche mal ou peu reconnu par les enfants : l’auteur explique ce résultat par le fait que le cowboy est un personnage récurrent associé à beaucoup d’autres films, dessins animés et spots publicitaires, et que les enfants ne reconnaissent pas le cowboy Marlboro mais ne doit qu’un cowboy ordinaire, qu’ils sont incapables de relier à une marque ou à un produit.
L’hypothèse 2 est également validée par l’expérience : près de 80% des enfants ayant reconnu le personnage de marque Marlboro ou Joe Camel et les ayant associés aux cigarettes disent ne pas aimer ces produits. Mais on remarque aussi que plus les enfants sont vieux, moins leur attitude envers les cigarettes est favorable. L’auteur explique cela par les campagnes anti-tabagisme ont probablement joué sur la perception qu’ont les enfants au sujet de la cigarette et des marques associées. D’ailleurs, plus l’enfant est capable de reconnaître le personnage de marque Joe Camel, plus on constate que son attitude à l’égard de la marque est défavorable. La reconnaissance du personnage de marque a donc dans ce cas présent une influence négative sur la perception de la marque par les enfants.

Conclusion :
Les précédentes recherches menées avant Mizerski laissaient penser que la capacité des enfants à reconnaître des personnes de marque et à les associer aux bons produits étaient des signes annonciateurs d’attitudes favorables à l’égard de ces marques. Mais l’expérience menée par Mizerski démontre qu’il y a d’autres facteurs à prendre en compte. La notoriété des personnages de marque et leur capacité à s’imposer dans les mémoires des enfants ne sont les seuls critères qui favorisent une perception favorable de la marque et des produits. Cela est d’ailleurs très frappant pour les produits réservés aux adultes, comme les cigarettes. Les conclusions de cet article nous invitent donc à une nouvelle réflexion sur les possibilités d’influencer, positivement ou négativement, les comportements d’achat et les décisions d’achat des enfants, avant qu’ils n’atteignent l’âge adulte.

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·       Zajonc, Robert (1968), "Attitudinal Effects of Mere Exposure," Journal of Personality and Social Psychology Monographs, 9 (2), 1-27.

Les enfants sur Internet : les freins et les motivations à l’égard du Web

Author(s) : De Lassus C.

De Lassus C. (2003), Les enfants sur Internet : les freins et les motivations à l’égard du Web, Décisions Marketing, 31, 75-86
Christel de Lassus analyse les comportements des 8-11 ans sur Internet et met en évidence l’existence de plusieurs types d’enfants-internautes. Ces catégories se caractérisent par la prédominance de certaines motivations à l’utilisation d’Internet et de certains freins. Cette typologie ainsi expliquée s’appuie sur une recherche qualitative auprès de 44 enfants et de leurs parents. Cette étude exploratoire permet de s’interroger sur la pertinence de l’offre proposée aux enfants sur le web et engage une réflexion stratégique sur les démarches à adopter.

Développement :
L’auteur commence par rappeler que l’enfant, de sa naissance jusqu’à le début de l’adolescence, passe par différents stades de développement, et s’appuie pour cela sur l’étude de Piaget, psychologue et biologiste spécialiste des enfants. Ce dernier démontre que l’enfant valide différentes étapes de construction de structures cognitives (Piaget et Inhelder, 1966, La psychologie de l’enfant, Presses Universitaires de France, Collection « Que sais-je ? ») qui nous permettent de mieux comprendre l’évolution de sa relation à Internet.
Avant 8 ans, les structures cognitives de l’enfant sont telles qu’elles ne lui permettent pas encore de s’intéresser et de jouir pleinement de l’utilisation d’Internet. Jusqu’à deux ans, l’enfant est au stade sensori-moteur et développe ses sens. Lorsqu’il a accès à un ordinateur, le bébé teste les outils, s’amuse avec des jeux et des activités conçus pour lui, mais il ne surfe pas à proprement parler. De 2 à 7 ans, l’enfant développe sa pensée symbolique, c’est-à-dire qu’il est capable de se représenter mentalement quelque chose (un signifié) par un symbole (un signifiant), ce qui élargit son champ des possibles sur un ordinateur. Mais son utilisation d’Internet reste très fortement limitée par sa dépendance à ses parents ou ses enseignants (il ne sait pas encore lire), son égocentrisme, son hypertrophie affective et sa difficulté à se concentrer sur plusieurs dimensions à la fois.
Après 8 ans, l’enfant est capable de réaliser des opérations complexes, il acquiert progressivement la réversibilité de la pensée, et il est de moins en moins concentré sur lui-même ce qui lui permet de s’ouvrir au monde extérieur, notamment par  le biais d’Internet. Christel de Lassus modère cette description des différents stades de développement cognitif en expliquant que l’on doit également prendre en compte, notamment, le contexte social environnemental de l’enfant.

Cette mise en perspective des travaux de Piaget  et de l’utilisation d’Internet amène donc l’auteur à s’intéresser aux comportements des 8-11 ans, aux raisons qui les incitent à surfer et à celles qui les poussent à se déconnecter ou à bouder Internet. Elle mène donc une étude exploratoire s’appuyant sur une méthodologie qualitative auprès de 44 enfants et de leurs parents.

L’auteur met ainsi en évidence plusieurs motivations fortes des enfants à l’égard d’Internet :
–       Le jeu : Les activités principales des enfants sur Internet sont avant tout des activités ludiques. Les sites Internet sont souvent appréhendés comme des plateformes de jeu supplémentaires, au même titre que les consoles de jeu vidéo. Internet apporte aux enfants la possibilité de se confronter aux autres, à travers le jeu en ligne, et/ou à comparer leurs scores. Le challenge et la compétition sont des motivations très fortes à l’usage d’Internet. Les enfants sont également plus enclins à jouer sur Internet car les sites et les jeux évoluent rapidement : le renouvellement des jeux et des défis, leur disponibilité immédiate les incitent à choisir Internet pour se divertir, plutôt qu’un autre média.
Pour une partie des enfants, constituée majoritairement de petites filles, les activités ludiques ne sont parfois pas associées à des jeux vidéo mais plutôt à des loisirs créatifs, comme le coloriage sur des sites web, la création de pages personnelles ou d’économiseurs d’écran.
–       La variété d’activités et d’informations : La profusion d’informations et d’activités disponibles sur Internet est également une autre motivation très forte. Ils perçoivent cette variété de l’offre comme illimitée, même chez les enfants qui utilisent Internet depuis longtemps. Ils peuvent renouveler leurs activités et ne risquent pas de se lasser.
–       L’ouverture aux autres : De nombreux enfants utilisent le web pour développer leurs réseaux d’amis, en restant en contact avec des camarades d’école, avec des amis qu’ils n’ont pas l’occasion de voir, ou en se faisant de nouveaux amis sur Internet. C’est une occupation qu’ils apprécient car ils la jugent moins infantilisante. Se créer un réseau et l’entretenir sur Internet leur donne en quelque sorte le sentiment d’adopter le comportement des adultes. Cette motivation dépend en partie de la facilité à communiquer propre à chaque enfant et de son expertise (car il faut savoir maîtriser les mails, les chats et les forums de discussion).
–       La recherche d’informations : Qu’elle soit liée à un travail scolaire ou à un centre d’intérêt (les stars, les sportifs préférés, les dinosaures, etc.), la recherche d’informations est une motivation à l’utilisation d’Internet qui se justifie par la facilité qu’ont les enfants à trouver des photographies et du contenu sur ce qu’ils cherchent, la profusion et la rapidité avec laquelle ils peuvent avoir accès à ces informations.

Après avoir identifié les motivations prédominantes, l’analyse des comportements des enfants sur Internet permet à l’auteur de mettre en évidence des freins qui poussent les enfants à se déconnecter et à ne plus y retourner pendant plusieurs semaines. En effet, l’utilisation d’Internet peut paraître souvent trop complexe pour un enfant, soit en raison de son manque d’expertise soit en raison de l’ergonomie des pages web qui n’est pas adaptée. Ces difficultés rencontrées par les enfants sur Internet expliquent les très courtes durées de connexion, les déconnexions rapides et les périodes pendant lesquels les enfants ne vont plus du tout sur la toile.
Il faut d’une part noter que les enfants sont souvent livrés à eux-mêmes sur Internet : dans la majorité des cas, leurs parents ne connaissent pas suffisamment Internet ou n’ont pas la possibilité de venir les aider quand un problème survient.
D’autre part, même s’ils vont fréquemment sur le web, les enfants ont souvent une expertise limitée et comprennent mal les pages web souvent mal construites, même quand elles leur sont destinées. Ils ne savent pas utiliser les moteurs de recherche, qui ont été conçus pour des adultes, ils ont du mal à mémoriser les adresses des sites, jugées trop complexes, ils ne maîtrisent souvent pas l’historique de navigation, les signets ou les favoris, et par conséquent ils ont tendance à toujours surfer sur les mêmes sites, ce qui est en totale contradiction avec leur désir de variété. La lenteur des sites Internet pour enfants, causée par le grand nombre d’images et d’animations, est un frein réel pour ces jeunes internautes en quête d’immédiateté.
Suite à cette description des freins et des motivations, Christel de Lassus nous propose une typologie des jeunes internautes :
–       Les « joueurs » : en quête d’activités ludiques, de variété, ils sont freinés par la lenteur des sites, les temps de chargement et les blocages.
–       Les « fans » : ils viennent sur Internet pour rechercher des informations sur leurs stars préférées ou leurs passions, mais peuvent être rebutés par leur propre incapacité à se repérer sur la toile et à utiliser les moteurs de recherche.
–       Les « scolaires » : Internet est appréhendé comme un outil qui facilite la recherche d’informations pour les travaux scolaires, soit parce que le web rend la tâche simple et rapide, soit parce qu’il permet d’être plus exhaustif.
–       Les « pré-ados » : cette catégorie n’est pas définie par l’âge. Les enfants appartenant à ce groupe utilisent Internet parce qu’il leur permet de paraître plus vieux et d’adopter des comportements d’adolescents voire d’adultes, en devenant des petits experts des nouvelles technologies ou en échangeant avec un réseau d’amis.
–       Les « communicants » : Internet leur apporte la possibilité d’échanger immédiatement et rapidement avec leurs amis et leur entourage. Ces enfants ont en général une utilisation spécialisée du média Internet et peu de freins la troublent.

On remarque que la perception des parents n’est pas un frein à l’utilisation d’Internet. Les parents interrogés sont plutôt positifs à cet usage, qu’ils considèrent comme indispensable pour que leur enfant se développe et s’intègre dans une société de plus en plus tournée vers les nouvelles technologies et le web.

Références bibliographiques :
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• McNeal (1992), Kids as consumers, New York, Lexington Book.
• Piaget J. et B. Inhelder (1966), La psychologie de l’enfant, Paris, Presses Universitaires de France, Collection " Que sais-je ?"
• Sehapper J. (1999), Segmentation des produits enfants : le cas des jeux vidéo, Décisions Marketing, 18, 25-35.

Selft-regulatory safeguards and the online privacy of preteen children

Author(s) : Miyazaki A.D., Stanaland Andrea J.S. and Lwin M.O.

Miyazaki A.D., Stanaland Andrea J.S. and Lwin M.O. (2009), Selft-regulatory safeguards and the online privacy of preteen children, Journal of Advertising, Vol. 38, 79-91
Résumé :
Dans un contexte où les pratiques des annonceurs sur Internet, en ce qui concerne la collecte des informations personnelles des enfants qui fréquentent leurs sites, sont de plus en plus dénoncées par les observateurs et les associations de consommateurs, les auteurs Miyazaki, Stanaland et Lwin proposent de s’interroger sur l’efficacité des mesures d’autorégulation mises en place, notamment les messages de mise en garde et de menaces visibles sur ces sites. Ils proposent une étude qui mesure l’influence de la médiation parentale sur ces outils d’autorégulation, et qui invite à une vraie réflexion pour tous les annonceurs, décideurs, parents et éducateurs. 
Introduction :
Pour les annonceurs, Internet est devenu une source de nouvelles opportunités pour cibler et appréhender leur cible, et collecter des informations la concernant (données administratives, préférences, hobbies, envies, habitudes, etc.). Mais ces nouvelles techniques de marketing ont également attiré les critiques des législateurs et des observateurs, notamment lorsqu’elles concernent les enfants.
Les gouvernements ont proposé différentes mesures de réglementation de ces pratiques, mais leur efficacité reste discutable.
Les auteurs proposent ici de s’interroger sur l’efficacité des systèmes de protection en ligne (messages d’avertissement, menaces et barrières) pour les enfants de moins de 12 ans, et sur l’influence que peut avoir la médiation des parents sur l’efficacité de ce type d’outils.
Hypothèses :
H1 : Un système de protection uniquement basé sur des messages d’avertissement ne vont ni changer ni faire augmenter la volonté des enfants de communiquer des informations importantes (par rapport à des enfants sans systèmes de protection).
H2 : Un système de protection basé à la fois sur des messages d’avertissement et des menaces va faire diminuer la volonté des enfants de communiquer des informations importantes (par rapport à des enfants sans systèmes de protection).
H3 : La nature et le niveau de médiation des parents va influencer la divulgation d’informations par leurs enfants, dans l’ordre suivant (de la divulgation la moins importante à la plus importante) : la médiation sélective, la médiation de promotion, la médiation restrictive, et la médiation du laisser-faire.
H4a : Plus les stratégies de médiation des parents se renforceront, plus elles atténueront/modèreront la capacité d’un système de protection avertissement+menace à limiter la divulgation d’informations par les enfants.
H4b : Cet effet de modération ne se produira pas pour les systèmes de protection uniquement basés sur des messages d’avertissement.
Etude exploratoire : les systèmes de protection des enfants sur Internet
Sur un échantillon de 150 sites Internet destinés aux enfants (selon la définition de la FTC – Federal Trade Commission Act), 112 sites furent sélectionnés pour être évalués.
Le résultat de cette étude montre que la vérification de l’âge au moment de l’inscription reste un vrai problème pour les sites qui ciblent les enfants. Près de 30% des sites étudiés ne présentent aucun système de protection, et les autres sites présentent des systèmes variés : avertissements et/ou menaces et/ou obstacles. Il y a peu de cohérence d’un site à l’autre, dans l’application des réglementations et des directives de protection des données des mineurs.
Seconde étude : les systèmes de protection et la médiation des parents
Méthodologie
L’étude est menée auprès d’un échantillon représentatif composé de 375 enfants qui ont l’habitude de surfer sur Internet et qui sont âgés de 10 et 11 ans : c’est en effet à cet âge qu’ils sont particulièrement vulnérables car ils ont moins de 13 ans mais commencent déjà à échapper au contrôle de leurs parents (Roberts, Donald, Ulla Foehr and Mollann Brodie, 1999).
On présenta aux enfants un scenario dans lequel un de leur site web préféré leur propose de s’inscrire à leur nouveau club, ainsi qu’un questionnaire à remplir.
 2 systèmes de protection testés :
–       Messages d’avertissement : « Ce site web ne convient pas aux enfants âgés de moins de 13 ans » + « Je déclare avoir au moins 13 ans » + « Les enfants âgés de moins de 13 ans ne sont pas autorisés »
–       Message avertissement+menace : idem + « Tes parents seront avertis de ton inscription par e-mail ».
Résultats
Les résultats de l’étude démontrent que la combinaison de messages d’avertissement/menaces est efficace pour réduire la divulgation d’informations par les enfants (H2), mais ils montrent aussi que les systèmes de protection uniquement basés sur des messages d’avertissement tendent à faire augmenter ce taux de divulgation (H1).
Les stratégies de médiation parentale ont des effets variables, mais il est prouvé que les stratégies les plus impliquées (médiation sélective) sont les plus aptes à limiter la divulgation des données personnelles par les enfants (H3). Enfin, l’intervention des parents modère de façon différente les deux systèmes de protection : les messages d’avertissement+menaces sont d’autant moins efficaces que l’intervention des parents est forte et impliquée, alors que cet effet n’existe pas pour le système de protection uniquement basé sur des messages d’avertissement (H4).
Conclusion :
En réponse aux pratiques des annonceurs sur Internet, les gouvernements ont proposé des réglementations et des directives qui incitent ces derniers à rendre leurs pratiques plus transparentes et plus compréhensibles. En somme, les internautes doivent savoir que les annonceurs récupèrent leurs données personnelles à chaque inscription, et ils doivent savoir dans quel but cela est fait.

D’après les auteurs de cet article, le meilleur angle d’attaque pour lutter contre l’invasion de la vie privée  par les annonceurs  reste encore l’autorégulation et les efforts d’éducation –notamment pour les enfants, dont le cas est plus problématique. Les instances de contrôle et de réglementation auraient plus intérêt à avertir les parents sur le rôle qu’ils ont à jouer auprès des jeunes, et sur l’influence que leur intervention peut avoir, tant sur le taux de divulgation des informations personnelles par leurs enfants que sur l’efficacité des outils mis en place par les annonceurs : messages d’avertissement et/ou menaces.

La sociabilité juvénile instrumentée : l’appropriation des blogs dans un groupe de collégiens

Author(s) : Fluckiger C.

Fluckiger C. (2006), La sociabilité juvénile instrumentée : l’appropriation des blogs dans un groupe de collégiens, Réseaux, 138, 109-138
Dans un contexte où les blogs, notamment les Skyblogs, prennent de plus en plus d’importance dans la culture adolescente, Cédric Fluckiger étudie le processus d’appropriation des blogs sur la tranche d’âge des 11-15 ans, à travers une enquête ethnographique menée dans un collège de banlieue. Il souhaite démontrer avec l’analyse de ses observations que l’appréhension des blogs par les jeunes évolue avec l’âge et qu’elle participe à la construction identitaire de l’individu et de son groupe social.
Développement :
L’auteur commence par nous donner plusieurs raisons qui, combinées, expliquent cette augmentation observée de la création et de la fréquentation des blogs par les collégiens. Tout d’abord, il cite l’augmentation significative de la consommation des médias par les jeunes, et ce que J. Jouët et D. Pasquier appellent la « culture de l’écran » : « ils vivent désormais dans un contexte où les écrans tiennent une place considérable dans leurs pratiques de loisir et dans leurs discussions » (J. Jouët et D. Pasquier, 1999). S’ajoutent à cela la montée de l’autoproduction et du besoin d’expressivité des jeunes adolescents et une autonomisation progressive (C. Fluckiger, 2006), favorisant le recours aux blogs et aux médias numériques en général par les collégiens et les lycéens.
L’adolescence est une période de transition dans la construction identitaire de l’individu, pendant laquelle il est intéressant d’observer la double existence de l’identité de l’enfant, directement rattaché à ses parents, et celui de l’adulte en devenir, et le passage d’un état à l’autre. Les changements que traversent les collégiens durant cette période, associés à un contexte sociotechnique de plus en plus favorable à l’expansion des médias numériques, expliquent cette évolution de la place des blogs dans leurs vies et groupes sociaux.
Afin de mieux comprendre ce phénomène et d’analyser le processus d’appropriation des blogs par les jeunes adolescents, Fluckiger a mené pendant plusieurs mois des observations ethnographiques auprès d’un collège de région parisienne, à la fois dans un cadre scolaire, familial et extra-scolaire. Dans un premier temps, l’auteur nous propose une analyse du contenu des blogs étudiés et des articles écrits par les collégiens. Puis dans un deuxième temps, il s’intéresse à la dynamique de construction sociale et au processus d’appropriation des blogs par les enfants (C. Fluckiger, 2006).
Contenu des blogs
Les blogs constituent avec la messagerie instantanée (MSN) l’activité principale des collégiens sur Internet et sur ordinateur, loin devant les jeux vidéo ou la recherche d’informations. Contrairement aux chats, aux SMS ou à la messagerie instantanée, les blogs permettent à un pré-adolescent de s’adresser d’un seul coup à l’ensemble du groupe et de manière asynchrone (C. Fluckiger, 2006), comme s’ils menaient une « conversation continue et ininterrompue » (H. Delaunay-Téterel et D. Cardon, 2006). Même si le blog est public et visible a priori par n’importe qui, il ne s’adresse en fait qu’à un cercle restreint de personnes, qui appartiennent à une communauté préexistante qui correspond dans la grande majorité des cas à un groupe de camarades d’école.
L’étude des articles publiés sur les blogs des collégiens observés révèle trois grands types de sujets abordés :
–       l’auteur du blog lui-même, qu’il s’agisse d’une mise en scène et d’une mise en avant fréquente pour certains ou d’une présentation rapide en début de blog pour d’autres ;
–       le groupe et ses activités : on y trouve des publications de photos du groupe d’amis, des récits de soirées ou de sorties, et qui contribuent à « une sorte de mémoire collective du groupe » (C. Fluckiger, 2006) ;
–       les goûts, les passions et les centres d’intérêts de l’auteur : ses marques, ses musiques, ses stars préférées, etc.
Parmi les blogs observés par l’auteur, les sujets d’actualité ou sujets politiques ne sont pas abordés, ou quand ils le sont, ils reçoivent peu de commentaires, ce qui a valeur d’un désaveu de la part du groupe et pousse l’auteur de l’article en question à le supprimer rapidement. En somme, tous les blogs d’un même groupe ont la même structure et comportent les mêmes types d’articles. C’est le groupe lui-même qui implicitement définit les normes sociales d’écriture et de gestion des blogs. Ces normes peuvent varier selon les groupes. En adoptant les normes d’un groupe et sa façon de diriger un blog, le jeune bloggeur renforce son appartenance au groupe.
Cette première remarque amène donc à souligner l’importance des commentaires, qui tout à la fois vont valider la légitimité et l’intérêt d’un article et vont réaffirmer et renforcer le lien amical.
Il faut également noter que dans certains cas, des adolescents créent des blogs qui ne s’adressent pas au cercle intime mais qui cherchent à générer du trafic, avec des articles humoristiques ou divertissants (romans photos, par exemple) qui augmentent la popularité du blog et de son auteur. Ces blogs sont très différents des blogs personnels évoqués plus haut et il n’est pas rare que le créateur de ce type de blogs possède également un deuxième blog centré davantage sur lui-même et son groupe d’amis proches.
Processus d’appropriation des blogs et construction de l’identité sociale
Même si pour tous les pré-adolescents et les adolescents la notoriété des blogs, notamment des Skyblogs, est particulièrement forte et  que leur fréquentation est régulière, l’appréhension des blogs et de leur usage diffèrent selon l’âge de l’enfant et les étapes qu’il traverse dans sa construction identitaire.
Les plus jeunes (6ème et 5ème) ont découvert les Skyblogs grâce à leurs aînés, en observant par exemple leurs grands frères ou leurs cousins. A ce premier stade du processus d’appropriation, le collégien est un observateur passif. Il suit beaucoup de blogs d’élèves plus âgés, qu’il connaît ou ne connaît pas, mais qu’il perçoit comme des références (dans son quartier, dans sa cité, etc.). Les jeunes collégiens créent rarement leurs propres blogs et se contentent de lire ceux de leurs aînés, afin d’incorporer les normes, la culture, le langage, les goûts et les comportements de ces derniers (C. Fluckiger, 2006). Ils observent et collectent des informations sur une identité adolescente vers laquelle ils tendent.
Après cette première phase d’observation et d’apprentissage des normes sociales, les jeunes adolescents s’essaient à la création de blogs, ils deviennent à leur tour des créateurs de contenu et proposent petit à petit leurs propres pratiques culturelles comme modèles (C. Fluckiger, 2006).
L’appropriation des blogs doit être également mise en parallèle avec l’appropriation des outils technologiques. En voulant créer un blog, l’enfant doit acquérir de nouveaux savoir-faire et de nouveaux usages des médias numériques. Ce processus d’appropriation des blogs va donc en partie dépendre du rapport que les jeunes entretiennent avec les outils informatiques : il arrive que certains collégiens renoncent à avoir leur propre blog car ils n’arrivent pas à surmonter des problèmes rencontrés lors de la création d’un Skyblog (problèmes fréquents pour cette génération en quête d’immédiateté). Il faut également que l’enfant puisse avoir un accès assez facile et fréquent à un ordinateur et à une connexion Internet, ce qui peut varier selon les foyers, et enfin cela va dépendre du temps que l’enfant peut consacrer à Internet, à la visite des blogs et à l’entretien de son propre site, puisque c’est une activité qui doit s’intégrer parmi les autres activités, scolaires et extra-scolaires, du collégien.
Après avoir donc passé leurs premières années de collège à observer et incorporer les normes sociales, les élèves observés par Fluckiger évoluent en grandissant et développent de nouveaux besoins : celui de l’expression, de l’estime de soi et de l’évaluation. Les blogs deviennent alors des outils pour s’exprimer et se construire une identité. De manière générale, les amis d’un même groupe créent leurs blogs à quelques jours ou semaines d’intervalle. Le processus d’appropriation se fait de manière collective.
Faire partie d’un réseau ou d’une clique de blogs (C. Fluckiger, 2006), recevoir et donner des commentaires sur des articles, s’échanger des photos et du contenu entre bloggeurs d’un même groupe permet aux jeunes adolescents d’affirmer leur appartenance sociale. S’expriment là deux besoins complémentaires : celui de s’affirmer, en tant qu’individu, et celui de se conformer aux attentes du groupe.
Le jeune adolescent s’associe à un groupe d’amis avec qui il partage des goûts et des centres d’intérêt communs, et qu’il retrouve dans leur réseau de blogs. Son blog lui permet alors de communiquer auprès de ses amis une certaine image de lui, à travers la publication de photos, d’articles, l’association de marques, de tenues vestimentaires et de choix musicaux, mais il lui permet aussi d’entretenir le lien social qui participe à sa construction identitaire.
Conclusion :
Dans un contexte d’expansion du phénomène d’utilisation des blogs chez les jeunes, l’étude de Cédric Fluckiger nous permet de mettre en évidence le caractère évolutif de la relation entre le pré-adolescent/adolescent et le blog. Il lui permet dans un premier temps d’appréhender et d’intégrer les normes sociales en vigueur dans l’ensemble social auquel il se sent appartenir : celles de son quartier, de sa banlieue, de son collège, etc. Plus tard, le blog devient un outil de construction identitaire, d’affirmation de ses goûts et de sa personnalité, et, dans le même temps, la revendication d’appartenance à un groupe social qui se retrouve à travers un réseau de blogs échangeant entre eux photos, contenus et commentaires.
Le nombre de visites, de commentaires et de photos publiées sur d’autres blogs sont autant d’indicateurs qui permettent à l’enfant de se positionner dans le groupe et de se construire autour du lien social qui l’unit aux autres.
En somme, le blog est un outil qui permet au jeune de découvrir et d’expérimenter le rapport qu’il a avec sa propre identité, le rapport qu’il a avec son entourage, celui qu’il entretient avec son entourage proche et celui qu’il entretient avec la société toute entière.
Depuis l’étude de Fluckiger, le phénomène Skyblog s’est atténué et d’autres plateformes d’échanges comme Facebook ou Twitter nous amènent à nous interroger sur la possible mise en perspective des observations de Fluckiger en 2006 et les nouvelles tendances numériques d’aujourd’hui.