Maria Del Rio Carral, A. Schweizer, A.Papon, M.Santiago-Delefosse (2018), Les objets connectés et applications de santé : études exploratoire des perceptions, usages (ou non) et contextes d’usage

Pratiques psychologiques.

Mots clés :

Objets connectés, santé, corps connecté, nouvelles technologies, santé digitale

Résumé :

Cet article explique l’utilisation des objets connectés dans le domaine de la santé. De nouvelles technologies ont été mises en place pour pallier les problèmes de santé des patients. Une étude de terrain en psychologie explique les objectifs de cette nouvelle tendance en interrogeant les consommateurs et les non-consommateurs des appareils connectés.

Développement :

L’utilisation des objets connectés dans le domaine de la santé : on appelle ces objets connectés les OCAS (Objets Connectés et Applications de Santé), ils se développent de plus en plus et sont utilisés avec divers acteurs sociaux : « l’évolution des OCAS dans le marché est très rapide. Aujourd’hui, ces outils sont dotés des capteurs de plus en plus performants et petits, permettant de récolter des informations concernant l’usager sur des indices physiologiques sous forme de données numériques sur : le nombre de pas effectués, le nombre de calories consommées… » (Maria Del Rio Caral, A. Schweizer, A.Papon, M. Santiago Delefosse 2019 p.3). Le développement de ces OCAS a permis de faire un pas de plus dans l’utilisation des objets connectés qui jusqu’alors étaient plus utilisés dans des domaines tel que le sport ou la domotique. Dans un second temps, les OCAS sont faciles d’utilisation et facile à transporter, ce qui permet d’avoir recours à plusieurs de ces objets. Une étude et un questionnaire ont été mis en place pour connaitre la fréquence d’utilisation de ces OCAS, leur moyen d’acquisition, le contexte d’utilisation. Les résultats de cette étude sont surprenants, en effet : « une majorité des répondants au questionnaire (55%) reportent ne pas posséder d’OCAS. Plus intéressant encore, deux tiers des non-usagers (77%) préfèrent ne pas avoir ce type de technologie. » (Maria Del Rio Caral, A. Schweizer, A. Papon, M. Santiago Delefosse, 2019 p.9). D’où viennent ces refus et cette réticence à l’égard de ces objets, pouvant être bénéfiques pour soigner les problèmes de santé ? D’après l’article :

  • « 61% des non-usagers ne se disent pas intéressés.
  • 18% n’en veulent pas pour des questions de partage des données.
  • 17% n’en veulent pas car ils ne sont pas habitués à utiliser de nouvelles technologies.
  • 4% évoquent des raisons financières. »

(Maria Del Rio Caral, A. Schweizer, A. Papon, M.Santiago Delefosse 2019 p.9)

Les personnes utilisant des OCAS le font pour mesurer leur activité physique, pour gérer leur alimentation, pour gérer une maladie chronique… Parmi les limites de ces objets on remarque que leurs fonctionnalités ne seront pas les mêmes en fonction du sexe de la personne, ensuite les OCAS sont le plus souvent utilisés par les jeunes générations qui utilisent les nouvelles technologies.

Références bibliographiques :

  • Adapa. A., Fui-Hoon Nah, F.H., Hall, R, Siau, K., Smith, S. N. (2017). Factors influencing the adoption of smart wearable devices, International Journal of Human-Computer Interaction, http://dx.doi.org/10.1080/10447318.2017.1357902
  • Carstensen, L L (2016). Twenty-four hours of sleep, sedentary behavior, and physical activity with nine wearable devices. Medicine and science in sports and excercie, 48(3), 457-465.
  • Chuah, S H. W., Rauschnabel, P.A., Krey, N., Nguyen, B., Ramayah, T., & Lade, S (2016). Wearable technologies : The role of usefulness and visibility in smartwatch adoption, computers in human behavior, 65,276-284.
  • Mo, F., Zhou. J., & Yi, S (2017). Adapting the navigation interface of smart watches to user movement, International Journal of Human-computer Interaction, 33(6), 460-474,

Caroline Ardelet, Nathalie Veg-Sala, Alain Goudey, Marie Haikel-Elsabeh (2017), Entre crainte et désir pour les objets connectés : comprendre l’ambivalence des consommateurs

Décisions Marketing.

Les mots clés :

Ambivalence, objets connectés, internet, crainte

Résumé :

Cet article étudie l’ambivalence des consommateurs, c’est-à-dire le fait d’avoir deux interprétations différentes sur un même sujet, ici il est question de l’achat et de l’utilisation des appareils connectés. Pour analyser cette ambivalence une étude qualitative a été menée dans l’article, ainsi que des schémas d’ambivalence qui étudient le lien entre un consommateur et la fonction qu’il donne à l’objet.

Développement :

Comme le montre le titre de cet article, les objets connectés divisent et créent un sentiment d’ambivalence. Certains consommateurs craignent l’apparition des objets connectés et n’en voient pas forcément l’utilité. « En effet, plus de 2/3 des français continuent à penser que les objets connectés sont des gadgets dont on peut se passer, qu’ils rendent plus dépendants aux machines, et qu’ils renforcent le repli sur soi. » (Caroline Ardelet, Nathalie Veg-Sala, Alain Goudey et Marie Haikel-Elsabeh, 2017, p.4). Ce qui signifie que certains d’entre eux ne sont pas encore totalement convaincus, cependant : « ils reconnaissent aussi qu’ils sont synonymes de progrès et d’amélioration de la vie quotidienne. » (Caroline Ardelet, Nathalie Veg-Sala, Alain Goudey et Marie Haikel – Elsabeh, 2017, p.4).

L’ambivalence des acheteurs pose un problème pour les entreprises. Tout d’abord qu’est-ce que l’ambivalence ? C’est le fait de ressentir deux sentiments contraires pour une personne, un évènement, un objet… Par exemple, le fait de ressentir de l’amour et de la haine en même temps. Le mot ambivalence est synonyme du mot ambigüité. Ce caractère qui touche les consommateurs partagés entre crainte et désir complique la tâche des entreprises, en effet elles ont du mal à prévoir ce que vont vouloir ou non les consommateurs. Les utilisateurs semblent curieux à l’idée d’utiliser des objets connectés mais leur peur devant ces objets inconnus fait hésiter les consommateurs sur leur besoin réel d’en acheter. Comme le dit l’article « le consommateur ambivalent n’a pas une attitude stable, positive ou négative à l’égard des objets connectés. » (Caroline Ardelet, Nathalie Veg-Sala, Alain Goudey et Marie Haikel-Elsabeh, 2017, p.5)

Une étude qualitative en deux parties a été menée. A l’aide d’entretiens individuels et de focus group, les objectifs étaient les suivants : « le premier objectif de cette recherche est d’étudier les consommateurs ambivalents à l’égard des objets connectés et de décrire les dimensions de l’ambivalence. Le second objectif est d’étudier comment l’ambivalence varie selon le lien existant entre l’objet et l’utilisateur. » (Caroline Ardelet, Nathalie Veg-Sala, Alain Goudey et Marie Haikel-Elsabeh, 2017, p.8)

Les résultats de ces entretiens individuels et du group focus sont sans appel : « les acheteurs sont tout aussi ambivalents que les non-acheteurs. » (Caroline Ardelet, Nathalie Veg-Sala, Alain Goudey et Marie Haikel-Elsabeh, 2017, p.8) dans un second temps, « les utilisateurs sont plus ambivalents que les non-utilisateurs » (Caroline Ardelet, Nathalie Veg-Sala, Alain Goudey et Marie Haikel-Elsabeh, 2017, p.9).

D’où vient cette ambivalence ? Cette ambivalence à l’achat a toujours existé que ce soit chez les consommateurs ou chez les non-utilisateurs. Il existe quatre dimensions liées à l’ambivalence à l’achat :

  • La facilité de l’objet : est-il vraiment utile pour le consommateur ou est-ce un simple gadget qui n’apporte aucune plus-value ?
  • L’intelligence de l’objet : l’apparition des objets connectés est à la fois positive, par l’apprentissage de nouvelles technologies, de nouvelles manières de faire les choses, mais c’est également une création négative car elles poussent les consommateurs à devenir dépendants et fainéants (exemple : l’utilisation de Google Home).
  • Le lien social de l’objet : d’après l’article, « l’ambivalence sur le lien social oppose des pensées positives liées aux nouvelles interactions sociales que les objets connectés permettent, et des pensées négatives liées à la déshumanisation des contacts virtuels et à l’isolement qu’ils induisent. » (Caroline Ardelet, Nathalie Veg-Sala, Alain Goudey et Marie Haikel-Elsabeh, 2017, p.12) ce qui signifie que l’Internet des Objets peut affecter les liens sociaux de manière positive ou négative.
  • L’affect de l’objet : c’est la conséquence de la facilité de l’objet, de son intelligence et de son lien social, « les objets connectés créent de la surprise ou de l’émerveillement mais leur complexité d’utilisation induit de l’inquiétude. » (Caroline Ardelet, Nathalie Veg-Sala, Alain Goudey et Marie-Haikel, 2017, p.12)

Références bibliographiques :

  • Audrezet A., Olsen S.O et Trudroran A.A. (2015), The grid scale : a new tool for measuring service mix satisaction, Journal of Services Marketing, 30 (1) : 29-47.
  • Bonnin G., Goudey A. et Bakpayev M. (2014), Meet The Robot : Nao’s Chronicle, Advances in Consumer Reseach, Film Festival, 23-25 2014, Baltimore, MD.
  • Dion, D., Sabri, O, et Guillard. V. (2014), Home sweet messy home : Managing symbolic pollution, Journal of Consumer Research, 41(3) : 565-589.
  • Olsen S.O., Wilcox J. et Olsson U. (2005), Consequences of ambivalence on satisfaction and loyalty. Psychology & Marketing, 22(3) : 247 269.

Imad Saleh (2017), Issues and challenge of the Internet of things (IoT)

Laboratoire Paragraphe Université Paris 8. ISTE Open Science.

Les mots clés :

Internet des objets, Big data, données privées, données publiques, normes, trace, science de l’information, éthique.

Résumé :

Dans cet article Imad Saleh définit ce que sont les appareils connectés en expliquant les concepts de l’Internet des objets, l’importance des données qui sont une source de création de la valeur, les enjeux socio-économiques de l’Internet des objets, les enjeux pour les entreprises et les chercheurs, une dernière partie décrivant les thématiques différentes de l’Internet des objets.

Développement :

Qu’est-ce que l’internet des objets et d’où vient cette notion ?

Internet connaît une évolution constante, de la date de sa création à aujourd’hui, et devient de plus en plus lié à la notion « d’Internet des Objets ». Les objets connectés ont tous une utilité et une intelligence qui leur permet de recevoir et de transmettre certaines données grâce à des logiciels. Avec trois éléments essentiels et uniques (les données, les algorithmes de traitement des données, l’écosystème où sera utilisé l’objet) les objets connectés se différencient des simples objets à usage quotidien.

L’Internet des objets possède deux aspects distincts qui sont :

  • Temporel : Ce qui signifie qu’il marque le temps et l’époque actuelle. Son utilisation est importante et décisive.
  • Spatial : Cette notion s’oppose à la notion de temporel, cependant l’Internet des objets possède également un aspect spatial car c’est l’évolution du réseau internet.

L’importance de l’utilisation des données : Les données sont la base de l’Internet des objets car elles permettent de connaître les consommateurs, leurs attentes, leurs goûts, leurs habitudes ou encore ce qu’ils n’aiment pas… Ce qui est un atout majeur pour les entreprises car en analysant ces données elles pourront savoir quels sont les besoins des consommateurs. Cependant, ces données sont-elles vraiment sécurisées ?

Les problèmes de sécurité liés à l’Internet des Objets : l’utilisation des objets connectés est complexe, il est donc important de sécuriser les données et d’expliquer aux utilisateurs comment les utiliser. C’est d’ailleurs pour cette raison que chaque objet possède un identifiant qui lui permet d’établir une connexion avec un autre objet, ceci évite les liaisons parasites et les bugs de réseau. Les problèmes d’éthiques et de personnalisation des données persistent malgré tous les efforts pour les supprimer. Les utilisateurs ne font pas forcément confiance à l’utilisation des objets car ils ont peur que leurs données personnelles soient diffusées sans leur consentement. Des solutions ont été proposées, notamment : « des solutions basées sur la cryptographie ou sur la gestion de clés à base de pré distribution qui pourraient accommoder les contraintes de ressources des objets. » (Imad Saleh cha 2012) Cependant ces solutions ne semblent pas être suffisantes car : « des questions sont soulevées sur la robustesse et la solidité de telles solutions à un Internet des Objets comportant potentiellement des millions d’objets. » (Imad Saleh). Aujourd’hui, le traitement des données est réalisé par la Data Science à l’aide de différentes techniques : « le data mining, le machine learning, visual analytics, le cloud, le parallel computing et la récupération de l’information. » (Imad Saleh ADI 2017, MAS 2015) 

Le data mining pour exploration des données : d’après la définition google c’est l’analyse des données grâce à l’utilisation de logiciels. Le machine learning pour apprentissage automatique : d’après le site https://www.lebigdata.fr/  « il s’agit d’une science moderne permettant de découvrir des patterns et d’effectuer des prédictions à partir de données en se basant sur des statistiques, sur du forage de données, sur la reconnaissance de patterns et sur les analyses prédictives. » Enfin, le parallel computing est utilisé pour le terme de parallélisme : d’après la définition Wikipédia, « le parallélisme, en informatique, met en œuvre des architectures d’électronique numérique permettant de traiter des informations de manière simultanée, ainsi que les algorithmes spécialisés pour celles-ci. »

Les enjeux de l’internet des objets : L’Internet des Objets crée de nouvelles opportunités et de nouveaux enjeux. Dans un premier temps, des enjeux socio-économiques : les objets connectés sont utilisés dans de plus en plus de domaine, de la santé en passant par l’agriculture, les véhicules connectés… Ce qui permet la création de nouveaux métiers, la réponse aux nouveaux besoins des consommateurs et augmente à la fois la compétitivité mais également la croissance des sociétés. Dans un second temps, des enjeux technologiques car de nombreuses innovations vont voir le jour dans les années à venir. Enfin, un enjeu pour les générations futures qui vont devoir vivre au quotidien avec l’Internet des Objets.

Références bibliographiques :

[BOU 2017] BOUHAI N., « Internet des objets : des objets envahissants ou indispensables », dans Bouhai N. et Saleh I., (dir.) « Internet des objets : Evolutions et Innovations », ISTE Editions Londres, Mai 2017.

[BOY 2012] BOYD D., CTAWFORD K., Critical Question for Big Data, article consulté le 2/02/2017 site https://people.es.kuleuven.be/bettina.berendt/teaching/ViennaDH15/boyd_crawford_2012.pdf

[CHA 2012] CHALLAL Y., « Sécurité de l’Internet des objets : vers une approche cognitive et systémique », HDR, Juin 2012, UTC.

[CIS 2013] Cisco, « Value of the Internet of Everything for cities », States and Countires, 2013.

[PIN 2017] PINTO A. L., GONZALES-AGUILAR A., DUTRA M. L., SEMELER A.R.M. DENISCZWICZ, CLOSEL, C., « La visualisation de l’information pour l’Internet des objets », dans Bouhai N et Saleh I., (dir) « Internet des objets : Evolutions et innovations », ISTE Editions Londres, Mai, 2017.

[ROX 2017] ROXIN, I., BOUCHEREAU A., « Ecosystème de l’Internet des objets », dans Bouhai N. et Saleh I., (dir) « Internet des objets : Evolutions et innovations », ISTE Editions Londres, Mai 2017.

Dr. M. Duraipandian et Mr Vinothkanna (2019), Cloud based Internet of Things for Smart connected objects

Journal of ISMAC (2019)

Les Mots clés :

Internet des objets, Cloud computing (informatique en nuage), maisons intelligentes, consommation d’énergie

Résumé :

L’utilisation de la maison connectée est de plus en plus fréquente. Qu’est-ce qu’une maison connectée ou maison intelligente ? C’est une habitation composée d’appareils pouvant connecter entre eux ou avec les personnes présentent dans la maison. En effet ces appareils et ces équipements peuvent être contrôlés à distance grâce à une connexion internet, à l’aide d’un smartphone ou d’une télécommande. Cet article nous démontre l’utilisation de la maison connectée et sur la sécurité proposée pour la protéger.

Développement :

L’Internet des objets a fait son apparition il y’a quelques années, sa particularité est d’avoir plusieurs formes : le web social (espace de socialisation des utilisateurs, les réseaux sociaux par exemple), le web physique (d’après  l’auteur Benoit Montreuil « le web physique est un système logistique mondial hyper connecté, il s’agit de transformer profondément nos façons de manutentionner, déplacer, entreposer, réaliser, approvisionner et utiliser les objets physiques ») , le web sémantique (il permet de stocker un grand nombre de données), le web temps réel (comme son nom l’indique, les utilisateurs ont accès aux données et aux informations en temps réel) et le web programmable (permet de mettre en place différents programmes sur le web). L’apparition des objets connectés a permis de créer la maison connectée : l’objectif étant de réduire la consommation d’énergie, de pouvoir contrôler son domicile à distance… L’Internet des objets aide à garantir la sécurité des domiciles qui en sont équipés.

Références bibliographiques :

Gubbi, Jayavardhana, Raikumar, Buyya, Slaven, Marusic, and Marimuthu Palaniswami « Internet of things » (IoT): A vision, architectural elements, and future directions.” Future generation computer systems 29, no. 7 (2013): 1645-1660.

Zanella, Andrea, Nicola Bui, Angelo Castellani, Lorenzo Vangelista, and Michele Zorzi. “Internet of things for smart cities.” IEEE Internet of Things journal 1, no. 1 (2014): 22-32.

Atzori, Luigi, Antonio Iera, and Giacomo Morabito. “The internet of things: A survey.” Computer networks 54, no. 15 (2010): 2787-2805.

Miorandi, Daniele, Sabrina Sicari, Francesco De Pellegrini, and Imrich Chlamtac. “Internet of things: Vision, applications and research challenges.” Ad hoc networks 10, no. 7 (2012): 1497-1516.

Tan, Lu, and Neng Wang. “Future internet: The internet of things.” In 2010 3rd international conference on advanced computer theory and engineering (ICACTE), vol. 5, pp. V5-376. IEEE, 2010.

Al-Fuqaha, Ala, Mohsen Guizani, Mehdi Mohammadi, Mohammed Aledhari, and Moussa Ayyash. “Internet of things: A survey on enabling technologies, protocols, and applications.” IEEE communications surveys & tutorials 17, no. 4 (2015): 2347-2376.

Stojkoska, Biljana L. Risteska, and Kire V. Trivodaliev. “A review of Internet of Things for smart home: Challenges and solutions.” Journal of Cleaner Production 140 (2017): 1454-1464.

Stankovic, John A. “Research directions for the internet of things.” IEEE Internet of Things Journal 1, no. 1 (2014): 3-9.

Alaa, Mussab, Aws Alaa Zaidan, Bilal Bahaa Zaidan, Mohammed Talal, and Miss Laiha Mat Kiah. “A review of smart home applications based on Internet of Things.” Journal of Network and Computer Applications 97 (2017): 48-65.

Wortmann, Felix, and Kristina Flüchter. “Internet of things.” Business & Information Systems Engineering 57, no. 3 (2015): 221-224.

Li, Shancang, Li Da Xu, and Shanshan Zhao. “5G Internet of Things: A survey.” Journal of Industrial Information Integration10 (2018): 1-9

Are we at a turning point in the evolution of gastronomy? Paris: an exemplary case.

Barrère Christian,Bonnard Quentin, Chossat Véronique (2014), “Are we at a turning point in the evolution of gastronomy ? Paris : an exemplary case “, Applied Economics, Vol. 46 Issue 12

Mot-clé : Restaurants, Luxuries, Gastronomy, Celebrity chefs, French restaurants,  Les industries du luxe.

Le guide rouge est le guide le plus ancien et le plus influent en France. Il sélectionne les hôtels et les restaurants à l’aide de pictogrammes pour évaluer le confort du cadre et décerne des prix – tels que étoiles, pour la cuisine). Il y a quatre niveaux d’étoiles et six niveaux de conforts. Quatre observations empiriques principales résultent de l’étude statistique.

Un nombre croissant de restaurants gastronomiques ne pratiquent pas encore la cuisine élitiste et tendent au contraire à revenir aux “racines de la gastronomie”. Ainsi, les manières extraordinaires de cuisiner, de recevoir les clients… sont devenues, avec le temps, discutables.

Développement :

Aujourd’hui, après ce tournant, est apparu un nouveau profil, qualitativement différent. Il ne s’agit plus d’une déclinaison de la cuisine élitiste mais d’une cuisine ou la créativité est mêlée aux produits alimentaires et aux décors ordinaires attire un public plus large et moins riche, à la recherche de nouveaux codes tels que des produits purs et sains, des décors moins sophistiqués, etc. Cette “gastronomie low cost” (selon les termes d’Alain Senderens) participe activement à la démocratisation et à la consommation de masse de la gastronomie. Lorsque certains chefs célèbres rendent leurs étoiles Michelin, la mainmise de l’ancien modèle de la gastronomie élitiste est remise en question. Ainsi, le restaurant élitiste n’est plus l’unique modèle dominant, et plusieurs sortes de gastronomique se développent.  

De nouvelles catégories de restaurants émergent voulant casser cette image du Michelin élitiste. Le luxe se démocratise et les restaurants utilisent de nouveaux codes pour faire parler d’eux et se faire connaître d’une population plus élargie et populaire.

Malgré tout, le guide représente près de 10% des restaurants à Londres et 14% à New-York. Sa présence mondiale est indéniable et le célèbre livre rouge cherche à se renouveler. Notamment avec la création d’un nouveau prix : Les petits plats (les restaurants de cette catégorie proposent un menu, une ambiance et un service unique). Selon Michelin : “Cette catégorie comprend une toute nouvelle sélection d’établissements avec un style de menu, une ambiance et un service unique qui n’étaient pas inclus dans le guide Rouge. Cette catégorie a été ajoutée pour refléter la popularité croissante et la qualité des établissements de ce style”.

Conclusion :

La portée de la “démocratisation” s’étend donc bien au-delà de la capitale française et semble être internationale. À l’inverse, le vieux modèle français de la gastronomie basée sur le rôle de leader des grandes adresses historiques ne peut plus prétendre organiser la gastronomie mondiale ; la concurrence entre les cuisines anciennes et les cuisines émergentes concerne aujourd’hui également l’aspect traditionnel de la consommation de la gastronomie. Pour cette dernière, il est vrai que “les temps changent”.

Cela ne signifie pas que la gastronomie d’exception (3 étoiles Michelin) a disparu, mais plutôt que différents types de gastronomie cohabitent aujourd’hui dans le paysage parisien. Elles cherchent à s’adapter et se rendre plus accessible, toucher une autre clientèle en s’affranchissant de la pression du guide et de ses nombreux critères. La course à l’étoile ne semble plus être une priorité pour l’ensemble des acteurs de la gastronomie française.

« Le rôle des médias sociaux en politique : une revue de la littérature » Bader Ben Mansour, Université Laval

Référence APA de l’article : BEN MANSOUR B. (2017). « Le rôle des médias sociaux en politique : une revue de littérature ». Regards politiques 1(1) : 3-17.

Mots-clés : communication politique, médias sociaux, web 2.0, participation politique

Bader Ben Mansour est doctorant en communication politique, chercheur-étudiant au groupe de recherche en communication politique (GRCP), membre-étudiant au centre pour l’étude de la citoyenneté démocratique (CÉCD), membre-chercheur au centre interdisciplinaire de recherche sur l’Afrique et le Moyen-Orient (CIRAM). Ce spécialiste de la communication politique s’intéresse au rôle de l’Internet et des médias sociaux dans le développement de la démocratie et à l’usage des médias sociaux par le monde politique.

Dans cet article universitaire, Bader Ben Mansour présente et développe le potentiel d’internet et des médias sociaux à bouleverser les campagnes électorales et la communication politique en général. En effet, la croissance très rapide des TIC (Technologies de l’Information et de la Communication) et de l’essor des médias sociaux a joué un rôle crucial dans de nombreuses campagnes électorales, comme celle de Barack Obama en 2008 par Facebook et lors des Printemps Arabes en 2011.

Ben Mansour présente la communication politique de façon chronologique : il décrit 3 ères de la communication, en fonction de l’évolution des TIC :

1er âge de la communication politique : Époque des discours partisans en pleine rue, la communication est faite via des affiches, des débats sociaux, via la presse partisane…


2ème âge de la communication politique : A partir des années 1960, avec l’apparition et la démocratisation de la Télévision, les politiciens et partis politiques pratiquent une « communication de masse ». En effet, la TV est devenue le nouveau média dominant et la communication politique se professionnalise : les stratégies de campagne évoluent et s’uniformisent.


3ème âge de la communication politique :
A partir des années 1990 et l’apparition d’internet, les messages politiques se sont diversifiés et les canaux de diffusion se sont multipliés. Internet a permis un meilleur ciblage des électeurs et est devenu un nouvel outil de campagne.

Internet a joué un rôle essentiel dans l’évolution des stratégies de communication politique. Le 3ème âge de la communication politiquepeut être divisé en deux époques :

Le Web 1.0, qui se concentrait essentiellement sur la création et la diffusion d’information (par le biais de sites internet notamment)

Le Web 2.0 a été marqué par l’apparition des réseaux sociaux à partir de 2008, qui ont marqués un tournant : ces nouveaux médias mettent l’accent sur l’interactivité, les interactions sociales et les plateformes collaboratives.

Ces nouvelles TIC sont à l’origine d’une modification des stratégies de communication : les partis politiques et les politiciens ont optés pour une communication hybride selon Ben Mansour : les médias sociaux et les médias traditionnels se complètent mutuellement. L’innovation suggère que les personnalités politiques peuvent désormais communiquer avec les électeurs sans passer par les médias traditionnels. Certains politiciens restent cependant sceptiques vis-à-vis des réseaux sociaux et négligent ainsi ces médias.

L’un des principaux atouts des réseaux sociaux réside dans leur culture participative : les médias sociaux permettent de combler le fossé entre électeurs et personnalités politiques. Selon Bader Ben Mansour, ce fossé s’explique notamment par un malaise démocratique des jeunes et une baisse de l’intérêt et de la participation politique.

Les politiciens et partis politiques utilisent aussi les réseaux sociaux pour entretenir le lien avec leurs électeurs et créer des communautés. Une telle activité sur les réseaux sociaux permet de booster la participation, l’engagement et le militantisme politique.

Même les citoyens désintéressés par la politique sont parfois exposés à des messages politiques sur les réseaux sociaux. Les citoyens engagés politiquement vont interagir avec les posts des politiciens : les relayer, partager, y répondre… Ainsi, la visibilité des politiciens se trouve grandement étendue.

Ben Mansour présente également les différents degrés d’engagement politique sur les réseaux sociaux : les politiciens profitent du militantisme de leurs électeurs sur les réseaux sociaux. Cependant, pour Ben Mansour les réseaux sociaux sont surtout des espaces propices pour présenter une bonne image politique et façonner les perceptions du public.

Références :

  • Bimber, B. (2014). Digital media in the obama campaigns of 2008 and 2012: Adaptation to the personalized political communication environment. Journal of Information Technology & Politics, 11(2), 130–150.
  • Blumler, J. G., & Kavanagh, D. (1999). The third age of political communication: Influences and features. Political communication, 16(3), 209–230.
  • Chadwick, A. (2013). The hybrid media system: Politics and power. Oxford University Press.
  • Gibson, R., & Cantijoch, M. (2013). Conceptualizing and measuring participation in the age of the internet: Is online political engagement really different to offline ? The Journal of Politics, 75(3), 701–716.
  • Koc-Michalska, K., Gibson, R., & Vedel, T. (2014). Online campaigning in france, 2007–2012 : political actors and citizens in the aftermath of the web. 2.0 evolution. Journal of Information Technology & Politics, 11(2), 220–244.
  • Wojcik, S., Gadras, S., & Blanchard, G. (2013). Analyser la participation politique en ligne : des traces numeriques aux pra- ´ tiques sociales. Armand Colin.

Démocratisation de l’information : effets différenciés des médias traditionnels et des nouveaux média

Daoust, J.-F. (2017). Démocratisation de l’information : effets différenciés des médias traditionnels et des nouveaux médias. Politique et Sociétés36 (1), 25–46. https://doi.org/10.7202/1038759ar

Mots-clés : information politique, élections, nouveaux médias, médias traditionnels, Canada

Cette recherche de Jean-François Daoust, de l’université de Montréal, évalue à quel point les médias sociaux sont efficaces pour acquérir de l’information politique de campagne. Ces médias sont systématiquement comparés aux médias traditionnels, et leur impact cherche à être mesuré.
Dans cet article, JF Daoust démontre que les médias traditionnels sont les plus consommés et que leur impact est plus important sur l’acquisition d’information politique. Il utilise des données de plusieurs campagnes électorales au Québec entre 2011 et 2012 pour appuyer son propos.

Les médias sociaux prennent une place de plus en plus importante dans le paysage médiatique, mais leur impact par rapport aux médias traditionnels reste assez flou. Cette recherche de Daoust compare l’impact de la consommation de différents types de médias sur l’acquisition d’information politique spécifique aux campagnes électorales. Pour étudier cet impact, Daoust a mené une enquête quantitative avec comme contexte deux campagnes électorales : les élections provinciales ontarienne (2011) et québécoise (2012).

La revue de la littérature a permis plusieurs constats : les Canadiens consomment davantage les médias traditionnels lors d’une campagne électorale. La télévision reste le média le plus consulté, suivi par les journaux et Internet.

Pour son étude, Daoust a étudié la consommation d’information politique, décrit par Markus Prior (2007 : 28 ) comme « knowledge of specific political facts and concept as well as knowledge of recent noteworthy political event ». Dans son étude, Daoust fait bien la différence entre de l’information politique générale et de l’information politique de campagne. C’est le deuxième type d’information qu’il étudie et qui est une variable essentielle de l’enquête. Il cherche notamment à étudier la relation entre consommation d’information politique et le média utilisé pour s’informer.

La littérature (Pippa Norris, 2000) évoque une relation positive entre information politique et médias traditionnels : et donc plus un citoyen consomme de l’information, peu importe le média, plus il possède un niveau élevé d’information politique. La littérature est moins univoque pour la relation entre information politique et médias sociaux.

Les objectifs de la recherche de Daoust sont les suivants : analyser la consommation médiatique des Canadiens en période électorale provinciale, en étudiant 5 médias : la TV, les journaux, la radio, Internet et Twitter. Daoust a décidé de séparer Internet et Twitter car Twitter est un média de sélection de l’information, personnalisable : le réseau est construit en fonction des préférences de l’utilisateur. Internet en général ne propose pas autant de personnalisation que Twitter.

Daoust a d’abord présenté les statistiques descriptives de la consommation d’information via ces 5 médias. Ensuite, il a évalué leur impact sur la consommation d’information politique de campagne électorale, avec comme objectif d’observer des tendances en fonction de l’âge, du sexe et du niveau de scolarité des Canadiens.

Une enquête a donc été menée dans le cadre de cette recherche et plusieurs hypothèses ont été formulées :

Hypothèse 1 : Une plus grande consommation de n’importe quel type de média augmente le niveau d’information politique spécifique à la campagne que possède un électeur.

Hypothèse 2 : Les médias traditionnels ont un effet positif relatif plus important sur l’acquisition de l’information de campagne que les nouveaux médias.

Les hypothèses de Daoust suggèrent que les TIC associées à Internet ne seraient que complémentaires dans l’acquisition d’information politique en période électorale ou, au pire, iraient même jusqu’à freiner l’acquisition d’information. 

Au sujet de la consommation des médias, le premier constat est que la TV domine, suivi par les journaux et Internet, la radio se place en 4ème position et Twitter en dernier : Daoust constate d’abord que les Ontariens et les Québécois consomment davantage les médias traditionnels pendant une période électorale. Quand il s’agit de s’informer sur une campagne électorale, Twitter ne constitue pas un média à part entière pour les électeurs.

Concernant l’impact des médias sur l’information politique, Daoust a constaté que la consommation de la TV, des journaux, de la radio et d’Internet a des effets positifs sur l’acquisition d’information politique (générale, pas forcément de campagne), contrairement à Twitter. Aussi, il a été intéressant de constater que le niveau de scolarité des répondants n’est pas significativement associé à une plus grande connaissance politique.

Daoust ne confirme que partiellement l’hypothèse 1, puisque la consommation de la radio, de Twitter et d’Internet (en Ontario) n’a pas systématiquement un effet positif indépendant sur l’acquisition d’information de campagne.

Pour confirmer ou infirmer la deuxième hypothèse, Daoust a étudié l’impact de la consommation des différents médias sur le niveau d’information politique, et ainsi estimer l’ampleur de l’effet produit par chaque média. Pour les deux élections, la TV et les journaux arrivent en tête, bien devant les autres médias. Le constat principal des résultats concernant l’Ontario, à savoir que les médias traditionnels (plutôt que les réseaux sociaux et internet) sont plus efficaces dans l’acquisition d’information de campagne électorale par les citoyens, s’applique également au Québec. En conclusion, l’effet des médias traditionnels est plus important que celui des nouveaux médias, confirmant ainsi l’hypothèse 2.

Pour conclure, Daoust a constaté par l’expérience que les médias traditionnels, la TV en tête, sont encore davantage consommés lors d’élections provinciales. (2011 et 2012) Ensuite, l’hypothèse que tous les types de médias augmenteraient l’information politique de campagne d’un répondant n’a été que partiellement confirmée.

De plus, Daoust a observé que parmi les diverses sources de consommation de l’information, les médias traditionnels ont un impact plus important que les nouveaux médias sur la capacité à acquérir de l’information durant une campagne (hypothèse 2).

Références :

  • Lawlor, Andrea et Frédérick Bastien, 2013, « La campagne vue par la presse écrite », dans Frédérick Bastien, Éric Bélanger et François Gélineau (sous la dir. de), Les Québécois aux urnes, Montréal, Presses de l’Université de Montréal, p. 109-122.
  • Norris, Pippa, 2000, A Virtuous Circle : Political Communication in Postindustrial Societies, Cambridge, Cambridge University Press.
  • Prior, Markus, 2005, « News vs. Entertainment : How Increasing Media Choice Widens Gaps in Political Knowledge and Turnout », American Journal of Political Science, vol. 49, p. 577-592.
  • Prior, Markus, 2007, Post-Broadcast Democracy. How Media Choice Increases Inequality in Political Involvement and Polarizes Elections, Cambridge, Cambridge University Press.

Une généalogie de la communication politique numérique

Eyries, A. (2018). Une généalogie de la communication politique numérique. Revue française des sciences de l’information et de la communication, volume 12, 2018.

https://journals.openedition.org/rfsic/3424

Mots-clés : communication politique, technologies numériques, généalogie, réseaux socio numériques, dialectique numérique

La « politique politicienne » selon Eyries, est la maîtrise du langage, de la rhétorique et de la communication, et ces techniques sont des éléments indispensables de l’homme politique d’aujourd’hui pour s’assurer une communication politique efficace. L’arrivée des nouvelles T.I.C (Internet, réseaux sociaux…) n’a pas changé les façons de communiquer, les techniques ont simplement été adaptées.

Dans un article paru en 2001, Arnaud Mercier décrit les différentes composantes de la communication politique ainsi :
« La communication politique a pour double programme l’étude des interactions entre le système politique au sens large et les médias, et l’étude des processus et des techniques de communication dont le système politique se sert. […] Un tel champ d’étude comporte a minima quatre thèmes : la façon dont les détenteurs du pouvoir assurent leur publicité et se mettent en scène, les interactions existant entre les acteurs politiques et les professionnels de la communication et de l’information, le rôle des médias et des sondages dans la formation de l’opinion publique et la façon de penser l’espace public, le contenu politique des messages d’information diffusés dans les médias et leur influence sur les récepteurs. »

La définition de Jacques Gerstlé (1993) est plus courte mais toute aussi intéressante : la communication politique est « l’ensemble des techniques et procédés dont disposent les acteurs politiques, le plus souvent des gouvernants, pour séduire, gérer et circonvenir l’opinion ».

L’objectif de cet article est donc d’analyser l’évolution de la communication politique sur une période assez récente et d’observer comment elle s’est emparée d’internet et des réseaux sociaux.

Dans un espace politique élargi et modernisé où les canaux de diffusion se sont multipliés, les informations sont maintenant renouvelées et publiées en temps réel, donc à l’origine d’une compétition plus forte entre les médias.

Internet permet de communiquer en permanence, sans interruptions, de toucher un public quasi-illimité, le tout par plusieurs formats différents : texte, voix, image, vidéo… Cependant, les hommes et partis politiques n’ont pas pris possession de ce nouveau média immédiatement, les médias traditionnels demeurant les canaux de premier choix pour la communication politique.

C’est aux Etats-Unis que les communicants politiques ont d’abord investi internet, à l’occasion de l’élection présidentielle de 1996. A cette époque-là, tous les candidats à la Maison Blanche avaient créé leur site internet de campagne. Cette tendance fut confirmée lors des élections présidentielles de 2000, puis en 2004 où internet a marqué un vrai tournant de la communication politique : Eyries présente l’exemple d’Howard Dean, gouverneur sortant du Vermont et candidat aux primaires démocrates en 2004. Ce dernier a fait preuve d’une utilisation remarquable d’internet, et a généré plus de 7 millions de $ de dons en ligne pour financer sa campagne, une première pour l’époque.

Les atouts du numérique dans la communication politique sont nombreux : Internet permet aux politiciens d’élargir leur réseau d’électeurs, de recruter des militants, de faire de l’autopromotion, de distribuer de l’information (générale ou de campagne), de collecter des fonds… Ainsi, Internet aurait un impact positif sur la mobilisation des sympathisants. Les médias traditionnels restent les canaux privilégiés pour communiquer pour un politicien, la TV en tête, média idéal pour l’appel aux votes.

En effet, selon Philippe J. Maarek, la télévision est le média central de la communication politique, car elle pénètre tous les foyers et est accessibles à « presque » tous : l’achat du téléviseur est la seule dépense pour accéder à ce média.

Cependant, Internet reste le média le plus innovant : le Web 2.0, marqué par l’interactivité et la rapidité de diffusion de l’information, a multiplié les possibilités d’Internet. Tout est désormais simplifié et plus rapide sur le web : créer un site, un blog, des comptes sur les réseaux sociaux (…) n’a jamais été aussi simple. L’’objectif des personnalités politiques dans un écosystème numérique aussi dense est de faire parvenir un message aux électeurs sans qu’ils n’aient à chercher l’information.

Eyries s’appuie sur les recherches de Philippe J. Maarek pour classer les différentes utilisations d’internet dans un contexte politique :

  • Les utilisations politiques institutionnelles (sites des partis traditionnels, idées générales, programmes…)
  • Les utilisations lors de campagnes électorales
  • Les utilisations par les groupes de pression

Ce dernier type d’utilisation a été favorisé par Internet et la facilité de créer, héberger et animer un site web visible dans le monde entier. On a alors pu constater une augmentation des sites de groupes « marginaux » et des communautés de pression.

Face aux USA, la France a un peu de retard dans son utilisation des outils numériques : Eyries prend l’exemple des élections présidentielles 2007 en France, où les partis politiques n’utilisaient pas du tout le potentiel d’interactivité d’internet (34% d’interactivité en France en 2007 selon Frédérick Bastien et Fabienne Grefet (2009))

Grâce aux différentes sources d’information et différents points de vue politiques, Internet permet aujourd’hui aux citoyens de s’intéresser facilement à la sphère politique, et de découvrir ainsi des nouvelles formes de militantisme et d’engagement politique, notamment chez les jeunes.

Références :

  • BASTIEN, F., & GREFFET, F. (2009). Les campagnes électorales sur Internet : une comparaison entre France et Québec. Hermès, 54, 209‑213.

https://doi.org/10.4267/2042/31762

  • CHIBOIS J. (2015), « Twitter et les relations de séduction entre députés et journalistes. La salle des Quatre Colonnes à l’ère des sociabilités numériques », Réseaux n° 188, volume 6, 201-228.
  • GERSTLÉ J. (2012), La communication politique, Paris, Armand Colin.
  • GREFFET, F. (2007). Les blogues politiques. Communication, Vol. 25/2, 200‑211. https://doi.org/10.4000/communication.883
  • MAAREK, P.-J. (2014). Communication politique et marketing de l’homme politique (2e éd.). Lexis Nexis.
  • MERCIER A. (2015) , « Twitter, espace politique, espace polémique », Les Cahiers du Numérique Vol. 11/4 : Espace public numérique et participation politique, 145-168.
  • MERCIER A. (2001), « La communication politique en France : un champ qui doit encore s’imposer », L’Année sociologique, Vol. 51/2, 357.

« Les réseaux sociaux : nouveaux espaces de contestation et de reconstruction de la politique ? »

Richaud, C. (2017). « Les réseaux sociaux : nouveaux espaces de contestation et de reconstruction de la politique ? ». Les Nouveaux Cahiers du Conseil constitutionnel, 57(4), 29-44. https://www.cairn.info/revue-les-nouveaux-cahiers-du-conseil-constitutionnel-2017-4-page-29.htm

Mots-clés : réseaux sociaux, relation gouvernants/gouvernés, horizontalité, verticalité, équilibre

Dans cet article de Coralie Richaud paru dans Les Nouveaux Cahiers du Conseil constitutionnel en 2017, l’auteur décrypte la communication politique faite sur les réseaux sociaux et démontre en quoi ces nouveaux médias sont devenus de nouveaux espaces de contestation et de reconstruction de la politique.

Pour mieux comprendre la relation entre réseaux sociaux et politique, Richaud compare ces deux univers et décrit leurs antagonismes. D’une part, les réseaux sociaux sont marqués par leur volatilité, leur viralité et leur rapidité ; particularités diamétralement opposées à la politique, symbole de la verticalité, de l’ordre et de la hiérarchie. Sur les réseaux sociaux, n’importe qui peut juger et émettre une opinion (politique ou non). Ces différences font que les réseaux sociaux ont changé de façon importante le rapport des internautes à la politique. En effet, les réseaux sociaux sont devenus des outils de discussion et de contestation de la politique, et redéfinissent les rapports entre politiciens et électeurs.

Richaud illustre ses propos en détaillant la structure de la politique et des réseaux sociaux afin d’évaluer leur(s) impact(s) sur la relation entre gouvernants et gouvernés :

La relation gouvernants/gouvernés est plutôt verticale dans sa structure : en effet, l’action du vote et de l’élection suggère un « mouvement ascendant des gouvernés vers les gouvernants », tandis que la mise en œuvre de la politique implique un « mouvement descendant des gouvernants vers les gouvernés ».

Ce schéma de fonctionnement de la politique s’oppose aux réseaux sociaux, qui sont construits dans une logique horizontale dans les rapports entre ses utilisateurs. Ainsi, sur ces médias les personnalités politiques sont placées au même niveau virtuel que tous les utilisateurs. Richaud souligne ainsi le rééquilibrage de la relation gouvernants/gouvernés.

Selon Richaud, la redéfinition des relations gouvernants/gouvernés est « inhérente à la structure des réseaux sociaux ». En effet, les réseaux sociaux représentent un outil de réalisation de la citoyenneté, car étant un espace propice à la liberté d’expression. On comprend donc l’impact des réseaux sociaux dans l’aplanissement du schéma vertical de la politique.

Cependant, cette redéfinition des rapports gouvernants/gouvernés est permise par une contestation collective. Les réseaux sociaux, de par la liberté d’expression qui y règne, offrent un espace idéal aux internautes pour mener une contestation virtuelle et permettent, selon Richaud, d’amplifier les phénomènes contestataires : selon F. Granjon en 2001, internet et les réseaux sociaux permettent de « mettre en visibilité la multitude ».

Richaud illustre son propos avec plusieurs exemples de rebellions lancées/menées sur les réseaux sociaux, comme le « révolution de Jasmin » en Tunisie lors des printemps arabes. Les réseaux sociaux ont eu un rôle d’accélérateur dans le cadre de la construction et de la propagation d’idées politiques révolutionnaires.

Les nombreuses révoltions « 2.0 » menées sur les réseaux sociaux (Printemps arabes, manifestations à Hong-Kong…) montrent la menace que représentent ces médias sur l’équilibre de la relation verticale gouvernants/gouvernés.

Pourtant, Richaud souligne le fait que lorsque les contestations sont personnelles et individuelles, les réseaux sociaux ne permettent plus de hisser les contestations aux oreilles des gouvernants. L’horizontalité caractéristique des réseaux sociaux n’aplanit alors plus le schéma vertical de la politique. Les contestations individuelles ne contribuent pas à faire vivre la démocratie.

Aussi, les réseaux sociaux symbolisent une culture narcissique de soi-même et favorisent des courses à la popularité entre les internautes. Quand ils ne sont que de simples réceptacles du message politique, les réseaux sociaux n’assurent plus leur dimension d’outil contestataire, puisque les internautes ne s’inscrivent alors plus dans un « processus collectif de démocratie délibérative ».

Al Gore, vice-président des USA, déclarait en 1994 que le modèle de la structure d’internet était « un nouvel âge athénien de la démocratie ».

Certaines personnalités politiques voient pourtant les réseaux sociaux comme des « thermomètre », des «baromètres de l’opinion publique », ce qui explique l’investissement et l’implication de nombreux politiques dans l’utilisation des réseaux sociaux. Sébastien Defix justifiera la présence des politiciens sur les médias sociaux pendant les campagnes électorales car ils sont devenus « des éléments incontournables de la stratégie de communication des candidats ».

Bien qu’utiles, les réseaux sociaux peuvent aussi être à l’origine d’échecs politiques : certaines personnalités politiques préfèrent parfois quitter les réseaux sociaux, comme Cécile Duflot le lendemain de sa défaite aux primaires écologistes en 2016 qui déclare dans Libération « ne plus vouloir jouer le jeu des réseaux sociaux ». Alain Juppé, après sa défaite aux primaires de la droite la même année, déplorait que « les réseaux sociaux sont la poubelle de l’univers » dans Le journal du dimanche.

Références :

  • Oberdorff H. (2010), La démocratie à l’ère numérique, Presses Universitaires de Grenoble, p. 7.
  • Sedda, P. (2015). L’internet contestataire. Comme pratique d’émancipation: Des médias alternatifs à la mobilisation numérique. Les Cahiers du numérique, vol. 11(4), 25-52. https://www.cairn.info/revue-les-cahiers-du-numerique-2015-4-page-25.htm.
  • Granjon F. (2001), L’Internet militant, Apogée, p. 30.
  • Mercier A. (2015), Twitter, espace politique, espace polémique. L’exemple des tweet-campagnes municipales en France (janvier-mars 2014), Les cahiers du numérique, 2015/4, vol n° 11, p. 145.
  • Intervention d’Al Gore en 1994, vice-président des États-Unis à l’Union Internationale des Télécommunications, disponible sur le site http://search.itu.int/history/HistoryDigitalCollectionDocLibrary/4.144.57.en.104.pdf
  • Boyadjian J. (2014). Twitter, un nouveau baromètre de l’opinion publique ?. Participations, 8(1), 55-74.
  • Defix S. (2014), Réseaux sociaux et règles de propagande électorale. Actualité juridique. Collectivités territoriales – AJCT, Dalloz.

What’s done in the dark will be brought to the light: effects of influencer transparency on product efficacy and purchase intentions

Woodroof, P.J.Howie, K.M.Syrdal, H.A. and VanMeter, R. (2020), “What’s done in the dark will be brought to the light: effects of influencer transparency on product efficacy and purchase intentions”, Journal of Product & Brand Management, Vol. 29 No. 5, pp. 675-688.

Mot-clé : Instagram, Transparence, covert marketing, native marketing, social media influencer, endorsement disclosure  

Woodroof, P.J.Howie, K.M.Syrdal, H.A. and VanMeter, R. démontrent comment est l’impact de la divulgation des méthodes des influenceurs sur les médias sociaux, à travers  l’évaluation par les consommateurs de la transparence des influenceurs, des attentes en matière de performance des produits et de la manière dont ces facteurs influencent finalement les intentions d’achat.

Développement :

Les médias sociaux s’imposent rapidement comme un outil de marketing populaire pour les gestionnaires de marques, mais la réaction des consommateurs à cette forme de promotion n’est pas bien comprise.

Selon les auteurs, il s’agit de la toute première étude qui examine la manière dont le type de divulgation d’approbation utilisé par un influenceur des médias sociaux influence la perception des consommateurs en matière de transparence de l’influenceur, de l’efficacité du produit ou encore de l’intention d’achat. En outre, cette recherche démontre l’applicabilité du modèle de connaissance de la persuasion dans le domaine du marketing d’influence.

Les réponses à ces interrogations permettront de répondre à la question de savoir si un post sponsorisé ou le fait qu’un influenceur énonce ouvertement une collaboration avec la marque qu’il promeut peut freiner un follower dans l’achat du produit ou installer une méfiance vis-à-vis de la personne qu’il suit.

Conclusion :

Les résultats indiquent que lorsque les consommateurs se rendent compte que le message promotionnel d’un influenceur peut avoir été motivé par une relation financière sous-jacente, ils évaluent l’influenceur comme étant nettement moins transparent si une divulgation plus ambiguë est utilisée par rapport à une divulgation plus claire. La perception de la transparence de l’influenceur a un impact sur la perception qu’ont les consommateurs de l’efficacité du produit ainsi que sur leurs intentions d’achat.