Does experience matter?

Author(s) : Tracey S. Dagger and Timothy K. O’Brien

Le but premier de cet article est de déterminer si les services de relation clients sont efficaces et s’ils accroissent la satisfaction des clients eux-mêmes et par voie de conséquence si cela influence ou non la fidélité du client.
L’approche des auteurs de l’article est simple, à savoir se baser sur des échantillons de consommateurs dans différents secteurs et de mesurer les paramètres utiles à l’étude.
Il en ressort que selon le niveau d’expérience des groupes en ce qui concerne les achats, les effets des politiques marketing des entreprises ont un effet différent. Le but de cette étude est de mieux orienter les entreprises dans leur démarche de fidélisation de la clientèle et de l’amélioration de la relation client.
Il serait logique de penser que plus l’entreprise acquiert de clients, plus elle fait de bénéfices, mais l’article propose un autre angle de vue à savoir que cela coûte plus cher à l’entreprise et au final, fidéliser sa clientèle sans forcément investir énormément dans l’acquisition de nouveaux clients lui est plus profitable. C’est ce que Reichheld (Reichheld,1990), Sasser (Sasser,1995) ou encore Mitchell (Mitchell,2002) ont développé dans leur livre, promouvant la vision à long terme.
L’hypothèse est que plus le consommateur a de l’expérience, plus il est à même de juger sa relation au produit et donc à l’entreprise elle-même et au final de savoir s’il pourrait être amené à rompre l’engagement tacite qu’il a envers l’entreprise.
Il en vient que les critères que les « novices » et les « expérimentés » prennent en compte pour faire leur choix sont différents, les premiers étant moins à même d’intégrer des informations quant aux produits qu’ils achètent et plus propices à l’achat compulsif.
La première figure d’après Reynolds et Beatty,  de l’article montre que tous les paramètres examinés à savoir la confiance dans le produit, l’engagement, et la satisfaction du client conduisent à sa fidélisation et par conséquent à l’engrangement de bénéfices pour l’entreprise.
Cependant, il faut avoir des définitions claires des notions énoncées dans l’article. La satisfaction est définie comme un état affectif du client due à l’appréciation du produit qu’il consomme tandis que la confiance est plutôt vue comme la capacité à évaluer les bonnes intentions du vendeur et la bonne qualité du produit et l’engagement s’explique par la volonté de maintenir une relation effective et affective.
Czepiel (Czepiel,1990), Doney et Canon (Doney and Canon,1997) s’accordent à dire que la confiance se construit sur le long terme et qu’il faut savoir séduire et convaincre le consommateur d’acheter tel ou tel produit.
Au final tout cela aboutit à la loyauté du consommateur, loyauté qui se définit comme une attitude favorable du consommateur qui fait qu’il incitera son entourage à consommer le même produit que lui. Cela est toujours un objectif majeur à atteindre pour les entreprises car on peut être sûrs que les bénéfices n’en seront qu’augmentés.
En outre, une fois ce palier atteint, ce genre de consommateur sera plus à même de consommer des produits dérivés étant donné son degré de confiance dans l’entreprise ce que Liang et Wang ont démontré en 2007.
Cela concerne plus les consommateurs expérimentés que les « novices »car ils possèdent une structure de connaissance et sont donc mieux « équipés » pour comprendre ce que la signification et le bon emploi du service qui leur est proposé.
Toutes ces mesures ont été faites sur la base de questionnaires remplis par différentes catégories de personnes allant de celles qui se considèrent comme des clients inexpérimentés à celles qui se voient en tant que tel tant chez les jeunes que chez les personnes plus âgées.
Toutes ces mesures ont confirmé l’hypothèse soulevée plus haut. En outre, elles ont permis d’établir un tableau qui explique les effets positifs que des traitements spéciaux peuvent avoir sur la confiance et l’engagement chez les « novices » et les « expérimentés ». Chez les « novices », un traitement spécial peut être perçu comme une façon d’acheter leur fidélité tandis que chez les « expérimentés », cela augmente encore plus leur niveau de satisfaction.
Les mêmes paramètres sont mesurés sur la loyauté des clients inexpérimentés qui pensent que seule la satisfaction peut apporter une totale fidélité tandis que les clients les plus expérimentés pensent que la satisfaction n’est pas le moteur principal de la fidélisation.
Ces études permettent donc une réorientation managériale en ce qui concerne  le maintien et le renforcement de la relation client. Les entreprises doivent pouvoir réduire le sentiment d’anxiété et de réduire la perception des risques afin d’accroître la confiance du consommateur en l’entreprise et sa confiance en lui-même, en ses besoins, afin de mettre l’entreprise sur la voie du développement de nouveaux produits et donc de maintenir le lien qui l’unit au client.
Pour conclure, il est clair que l’entreprise doit privilégier ses anciens clients tout en ne négligeant pas d’en avoir de nouveaux.
Elle doit pouvoir séduire une nouvelle clientèle en ne modifiant pas son image et ses anciens produits car cela risquerait de faire fuir ses clients « expérimentés », clients, qui comme on l’a dit plus haut participent le plus aux profits de l’entreprise qui se font sur du long terme et non sur du court terme avec les « novices » qui peuvent partir à tout moment.
Doney, M.P. and Cannon, J.P. (1997),“An examination of the nature of trust in buyer-seller relationships”, Journal of Marketing, Vol. 61, April, pp. 35-51
Jones, O.T. and Sasser, E.W. (1995), “Why satisfied customers defect”, Harvard Business Review ,Vol. 73, pp. 88-100
Mitchell, A. (2002), “Consumers fall by wayside as CRM focuses on costs”, Marketing Week ,Vol. 25 No. 5, pp. 30-1
 
 

Les Paradoxes du Consommateur Postmoderne

Author(s) : Decrop A.

Les marketeurs d’aujourd’hui rencontrent de plus en plus de difficultés à satisfaire un consommateur postmoderne au comportement imprévisible.
 
Cet article traite des différents paradoxes de ce nouveau consommateur en quête d’identité qui ne se contente plus du simple matériel mais qui recherche à se construire et à se retrouver dans ce qu’il achète, et tente d’expliquer comment ces paradoxes peuvent servir au marketing s’il sait les reconnaître et les exploiter à son avantage.
 
Dans un monde où la technologie est de plus en plus présente et où les possibilités de contact sont démesurées, le consommateur est de plus en plus isolé. Cette solitude le pousse à rechercher un lien de communauté qu’il tente de retrouver par les réseaux sociaux et communautés en ligne que les marketeurs se doivent d’exploiter pour les atteindre.
 
Le consommateur est aussi un nomade, il veut se déplacer et découvrir le monde mais garder son confort et sa sécurité, il lutte contre le temps et veut tout et tout de suite mais est de plus en plus attiré par la culture « zen ». Pour le satisfaire, le marketing se doit de créer des produits adaptés à ces besoins de retrouver un quotidien tout en se déplaçant en créant des produits de plus en plus mobiles, et doit profiter de l’engouement pour l’éphémère pour créer du buzz.
Pour satisfaire un consommateur dont les mondes réels et virtuels se confondent de plus en plus l’hyper-réalité semble être une solution adaptée pour les marques souhaitant créer une relation privilégiée. Enfin, le consommateur postmoderne, nostalgique et en quête de repère, recherchant des produit authentiques et s’assimilant au passé, exige que ces derniers soient aussi performants que les dernières technologies, laissant la porte ouverte à la mode du « vintage » et de la « newstalgia ».
 
Le consommateur postmoderne est donc insatiable exigeant et volage et souhaite être acteur et non plus spectateur de sa consommation. Ce comportement se révèle sur internet ou le consommateur à la possibilité de créer, modifier et contrôler son environnement. Les marques doivent donc s’adapter à ce nouveau consommateur qui ne se laisse plus enfermer dans les modèles pré-établis.
 
Note d’intérêt :
Cet article décrit le nouveau consommateur dans ses exigences et dans ses contradictions. Mon mémoire s’intéressant au comportement du consommateur d’aujourd’hui, il me semble nécessaire d’en faire le portrait et les constatation de cet article m’aideront dans cette tâche.
 
 

Immersion de l’Internaute dans l’Univers d’une Marque

Author(s) : Nannipieri O., Muratore I.

Si internet a été par le passé un simple canal de communication de plus pour les entreprise, c’est aujourd’hui un moyen de créer un réel lien émotionnel avec la marque à travers des sites immersifs. L’objet de cette étude est de mesurer le lien entre attitude envers un produit et degré d’immersion, entre immersion et intention d’achat et de mettre en évidence les différents degrés d’immersion relatifs à des consommateurs de différentes générations.
 
Pour cela, 110 individus de la « net génération » (17-22ans) et 110 individus de la génération précédente (39-61ans) ont été sollicités pour naviguer sur un site immersif puis répondre à un questionnaire à propos de leur expérience dont les résultats ont amené aux conclusions suivantes :
 
– La relation entre attitude envers le produit et le degré d’immersion n’est pas significative, ce qui implique qu’un site internet peut être immersif quel que soit le produit qu’il présente.
– Le niveau d’immersion influence la probabilité d’achat sur le site internet
– La « génération net » dont les individus ont vécu des expériences d’immersion pendant les phases de développement de leur personnalité est plus profondément et plus facilement en immersion dans l’univers d’une marque que la génération les précédant.
 
Dans un monde dans lequel  le consommateur est submergé par des informations diverses il est important que les marques s’assurent d’avoir des sites immersifs efficaces, la navigation sur ces sites constituant un moment de contact exclusif avec la marque.
Il semble également important de pallier l’écart entre la « génération net » et la génération précédente en faisant en sorte de maximiser l’exposition de ces derniers aux expériences d’immersion afin de compenser le manque d’immersion durant leur enfance et leur adolescence qui crée chez cette génération  un degré d’immersion plus faible.
 
Note d’intérêt
 
Cet article me permet de répondre en partie aux hypothèses H1 et H4 car il affirme que la génération à laquelle appartient l’internaute influe sur son immersion en ligne et que cette immersion si elle a lieu entraîne une plus importante probabilité d’achat en ligne

An integrative review of sensory marketing: Engaging the senses to affect perception, judgment and behavior

Author(s) : Krishna A.

Cet article présente les informations obtenues par les différentes recherches menées sur la perception sensorielle afin de mieux comprendre les enjeux du marketing sensoriel et afin de servir aux futurs travaux engagés sur le sujet en mettant de côté « la vue », considérant que le sujet a été déjà grandement traité dans de précédentes études.
 
Le toucher : selon Aristotle, la vue, le goût l’ouïe et l’odorat servent à accentuer la sensation du toucher qui est le sens primordial. Cette hierarchie des sens est soutenue par leur ordre d’apparition chez le fœtus : toucher, odorat, goût audition et enfin vision. Le besoin de toucher diffère selon les personnes et son niveau peut être défini par l’échelle « Need-for-Touch » établie par Peck et Childers. Enfin, si le fait de toucher quelqu’un rend la relation plus amicale il a été prouvé que le contact d’un objet à l’image négative engendre une image négative de l’objet qu’il touche et inversement pour une image positive de même qu’un consommateur sera influencé par la personne qui touchera un objet auquel il s’intéresse.
 
L’odorat : les différentes études menées ont démontré que l’odorat permet une mémorisation plus précise des évènements  et une mémorisation  plus longue de l’information. On a également démontré qu’une odeur plaisante incite l’individu à passer plus de temps en magasin et lui permet de se rappeler d’un produit plus facilement.
 
L’ouïe : la musique ambiante d’un lieu, la musique d’une publicité, la consonance du nom d’une marque ainsi que la fréquence du son d’une voix et son niveau de débit ont été révélés par de nombreuses études comme facteurs influant sur l’humeur et le comportement du consommateur.
 
Le goût : Il a été démontré que le seul sens du goût ne suffit pas à expliquer ce que nous ressentons lorsque nous goûtons. En effet, la vue, l’odorat, le toucher et l’ouïe sont aussi mis en œuvre. Ainsi, l’individu est tout autant influencé par ces sens que par la sensation de sucré salé amer ou acide qu’il ressent.
 
Note d’intérêt :
Cet article m’intéresse dans la présentation globale du marketing expérientiel et sensoriel.

Authenticité en ligne, expérience émotionnelle et intentions de visite

Author(s) : Pallud J., Elie-Dit-Cosaque C.

Dans leurs loisirs, les individus d’aujourd’hui sont de plus en plus en quête d’authenticité. Les lieux touristiques n’échappant pas à l’avancée technologique, il est dès lors important de s’intéresser à la possibilité d’une expérience authentique en ligne et à son effet sur l’attitude de l’individu envers le lieu dont le site sur lequel il navigue est la vitrine.
 
Cet article s’intéresse à l’influence du design d’un site internet sur la perception d’authenticité ainsi qu’aux conséquences d’une authenticité en ligne sur le comportement du visiteur du site en analysant des variables cognitives telles que la facilité d’utilisation et des variables affectives telles que le « flow »(état émotionnel optimal de l’individu dans lequel il s’évade et perd la notion du temps), l’attrait visuel et l’authenticité.
 
Trois hypothèses sont dans cette étude soulevées :
 
– l’intention de retourner sur un site web influence positivement l’intention d’aller au musée
– l’expérience de « flow » influence positivement l’intention de retourner sur le site web
– l’expérience de « flow » influence positivement l’intention d’aller au musée
 
 Le lieu de loisir choisi pour cette étude est un musée d’art asiatique Parisien dont le site internet est  évalué dans un contexte de pré visite par des visiteurs spontanés.
Suite à l’analyse des réponses au questionnaire en ligne de 150 visiteurs du site, l’étude peut conclure que l’attrait visuel du site influence l’authenticité perçue, que cette authenticité perçue influence  le « flow » qui lui-même est déterminant quant à l’intention de revisiter le site et quant à l’intention de se rendre au musée.  Les trois hypothèses proposées sont donc validées. Enfin, bien qu’elle ne constitue pas un élément influant sur l’authenticité perçue, la facilité d’utilisation du site a son importance puisqu’elle influe sur l’expérience positive en ligne qui mène à une revisite qui elle-même influe sur l’intention de visite physique sur le lieu de loisir.
 
Note d’intérêt :
Le « flow » étant synonyme d’immersion en ligne, cet article m’intéresse pour répondre aux hypothèses H2, H3 et H5 car il  affirme que l’authenticité est un facteur influant sur le degré d’immersion et entraîne un image positive du site et confirme que le flow incite le consommateur à l’achat, car il influence son intention de se rendre sur le lieu de loisir et donc d’y acheter une entrée.

L’expérience sur un site de vente 3D. Le vrai, le faux et le virtuel : à la croisée des chemins

Author(s) : Poncin I., Garnier M.

L’internaute a la possibilité de faire ses achats en ligne sur des sites de plus en plus réalistes. Le consommateur d’aujourd’hui peut ainsi se retrouver plongé dans l’univers d’un magasin grâce à l’expérience d’un site de vente en ligne en 3D.
 
Cet article s’intéresse à l’influence et aux limites de l’immersion de l’internaute dans ce nouvel univers d’achat.
 Le site de vente en ligne 3D Victoria Couture est choisi pour mener une étude qualitative auprès d’internautes invités à naviguer sur le site et à donner leurs impressions pendant et après cette visite. Ce site permet la création d’un avatar personnalisé que l’utilisateur peut habiller et faire évoluer dans la boutique pour la visiter. Après avoir discuté avec 58 répondants en focus groups et 35 en entretiens individuels et après l’analyse des données en résultant, cette étude peut fournir les affirmations suivantes :
 
– L’internaute tend à se détacher de son avatar auquel il ne s’identifie pas
– L’internaute se sent isolé à cause du manque de bruit ambiant caractéristique du magasin hors ligne et à cause de l’absence de vendeur pour le renseigner
– Lorsque l’internaute possède des motivations intrinsèques, il est davantage probable qu’il vive une expérience de « flow », pendant laquelle il perd la notion du temps et de l’espace.
– La visite en ligne de l’internaute est influencée négativement par le manque de réalisme visuel à cause du champ de vision réduit, le manque de réalisme sensoriel à cause de l’absence de musique, bruit ou toucher et le manque de réalisme social à cause de l’absence de personnes physiques.
 
Ainsi, les recommandations de cette études pour créer un site de vente 3D plus immersif, sont de miser sur les facteurs d’ambiance, de mettre en place un avatar vendeur pour conseiller le visiteur et humaniser l’environnement, de garder un design et une interface accessibles même si sophistiqués et de maintenir une image cohérente avec le magasin hors ligne pour favorises les repères du consommateur.
 
Note d’intérêt :
 
Cet article permet de répondre en partie aux hypothèses H1 et H2 car il décrit les facteurs conceptuels du site influant sur l’immersion du consommateur et traite des différents profils influencés

Virtual Experiential Marketing on Online Customer Intentions and Loyalty

Author(s) : Chen J., Meilling Luo M., Ching R., Liu C.

Le marketing expérientiel fait appel aux émotions du consommateur et ne se contente pas de lui présenter les attributs physiques d’un produit. Lorsque le consommateur achète en ligne, le marketing expérientiel mis en œuvre pour le séduire doit être adapté à la particularité de ce milieu.  En effet, l’atmosphère d’un site internet a une influence importante sur la navigation et sur l’intention d’achat. Le profil du consommateur est également à prendre en compte dans son attitude envers l’achat en ligne.
 
Cette étude cherche à déterminer comment les cinq éléments du « Virtual Experiential Marketing »(VEM)  (sens, interaction, plaisir, « flow » et communauté) influencent la navigation du consommateur et son intention d’achat et à évaluer l’effet modérateur du niveau d’expérience Internet du consommateur et de sa motivation à l’achat en ligne (économie ou praticité) sur cette relation. Pour cela, une enquête quantitative a été menée auprès d’utilisateurs Taïwanais des jeux en ligne « World of War » et « Maple Story ».
 
Les résultats de ce questionnaire dont les thèmes ont été, en accord avec le but de cette recherche, les éléments du VEM,  la navigation, l’intention d’achat, la fidélité, les motivations à l’achat et la démographie nous révèlent que trois des cinq éléments du VEM sont suffisants pour influencer l’attitude de navigation du consommateur : l’interaction, le plaisir et la communauté, et  que deux sont suffisants pour influencer son intention d’achat : le plaisir et la communauté.
 
Si le niveau d’expérience Internet du consommateur se révèle comme  non influant sur la relation entre les éléments du VEM et la navigation ou l’intention d’achat, la motivation du consommateur, qu’elle soit d’ordre pratique ou économique est quant à elle révélée comme déterminante.
 
La fidélité du consommateur, qui découle de son intention de navigation et de son intention d’achat peut donc être obtenue grâce à la mise en place d’une atmosphère de  plaisir, d’interaction et de communauté sur un site internet.
 
Note d’intérêt :
 
Cet article insiste sur la relation entre intention d’achat du consommateur et conception du site et s’intéresse au profil du consommateur. Il m’intéresse donc pour répondre aux hypothèses H1, H2 et H4

Selft-regulatory safeguards and the online privacy of preteen children

Author(s) : Miyazaki A.D., Stanaland Andrea J.S. and Lwin M.O.

Miyazaki A.D., Stanaland Andrea J.S. and Lwin M.O. (2009), Selft-regulatory safeguards and the online privacy of preteen children, Journal of Advertising, Vol. 38, 79-91
Résumé :
Dans un contexte où les pratiques des annonceurs sur Internet, en ce qui concerne la collecte des informations personnelles des enfants qui fréquentent leurs sites, sont de plus en plus dénoncées par les observateurs et les associations de consommateurs, les auteurs Miyazaki, Stanaland et Lwin proposent de s’interroger sur l’efficacité des mesures d’autorégulation mises en place, notamment les messages de mise en garde et de menaces visibles sur ces sites. Ils proposent une étude qui mesure l’influence de la médiation parentale sur ces outils d’autorégulation, et qui invite à une vraie réflexion pour tous les annonceurs, décideurs, parents et éducateurs. 
Introduction :
Pour les annonceurs, Internet est devenu une source de nouvelles opportunités pour cibler et appréhender leur cible, et collecter des informations la concernant (données administratives, préférences, hobbies, envies, habitudes, etc.). Mais ces nouvelles techniques de marketing ont également attiré les critiques des législateurs et des observateurs, notamment lorsqu’elles concernent les enfants.
Les gouvernements ont proposé différentes mesures de réglementation de ces pratiques, mais leur efficacité reste discutable.
Les auteurs proposent ici de s’interroger sur l’efficacité des systèmes de protection en ligne (messages d’avertissement, menaces et barrières) pour les enfants de moins de 12 ans, et sur l’influence que peut avoir la médiation des parents sur l’efficacité de ce type d’outils.
Hypothèses :
H1 : Un système de protection uniquement basé sur des messages d’avertissement ne vont ni changer ni faire augmenter la volonté des enfants de communiquer des informations importantes (par rapport à des enfants sans systèmes de protection).
H2 : Un système de protection basé à la fois sur des messages d’avertissement et des menaces va faire diminuer la volonté des enfants de communiquer des informations importantes (par rapport à des enfants sans systèmes de protection).
H3 : La nature et le niveau de médiation des parents va influencer la divulgation d’informations par leurs enfants, dans l’ordre suivant (de la divulgation la moins importante à la plus importante) : la médiation sélective, la médiation de promotion, la médiation restrictive, et la médiation du laisser-faire.
H4a : Plus les stratégies de médiation des parents se renforceront, plus elles atténueront/modèreront la capacité d’un système de protection avertissement+menace à limiter la divulgation d’informations par les enfants.
H4b : Cet effet de modération ne se produira pas pour les systèmes de protection uniquement basés sur des messages d’avertissement.
Etude exploratoire : les systèmes de protection des enfants sur Internet
Sur un échantillon de 150 sites Internet destinés aux enfants (selon la définition de la FTC – Federal Trade Commission Act), 112 sites furent sélectionnés pour être évalués.
Le résultat de cette étude montre que la vérification de l’âge au moment de l’inscription reste un vrai problème pour les sites qui ciblent les enfants. Près de 30% des sites étudiés ne présentent aucun système de protection, et les autres sites présentent des systèmes variés : avertissements et/ou menaces et/ou obstacles. Il y a peu de cohérence d’un site à l’autre, dans l’application des réglementations et des directives de protection des données des mineurs.
Seconde étude : les systèmes de protection et la médiation des parents
Méthodologie
L’étude est menée auprès d’un échantillon représentatif composé de 375 enfants qui ont l’habitude de surfer sur Internet et qui sont âgés de 10 et 11 ans : c’est en effet à cet âge qu’ils sont particulièrement vulnérables car ils ont moins de 13 ans mais commencent déjà à échapper au contrôle de leurs parents (Roberts, Donald, Ulla Foehr and Mollann Brodie, 1999).
On présenta aux enfants un scenario dans lequel un de leur site web préféré leur propose de s’inscrire à leur nouveau club, ainsi qu’un questionnaire à remplir.
 2 systèmes de protection testés :
–       Messages d’avertissement : « Ce site web ne convient pas aux enfants âgés de moins de 13 ans » + « Je déclare avoir au moins 13 ans » + « Les enfants âgés de moins de 13 ans ne sont pas autorisés »
–       Message avertissement+menace : idem + « Tes parents seront avertis de ton inscription par e-mail ».
Résultats
Les résultats de l’étude démontrent que la combinaison de messages d’avertissement/menaces est efficace pour réduire la divulgation d’informations par les enfants (H2), mais ils montrent aussi que les systèmes de protection uniquement basés sur des messages d’avertissement tendent à faire augmenter ce taux de divulgation (H1).
Les stratégies de médiation parentale ont des effets variables, mais il est prouvé que les stratégies les plus impliquées (médiation sélective) sont les plus aptes à limiter la divulgation des données personnelles par les enfants (H3). Enfin, l’intervention des parents modère de façon différente les deux systèmes de protection : les messages d’avertissement+menaces sont d’autant moins efficaces que l’intervention des parents est forte et impliquée, alors que cet effet n’existe pas pour le système de protection uniquement basé sur des messages d’avertissement (H4).
Conclusion :
En réponse aux pratiques des annonceurs sur Internet, les gouvernements ont proposé des réglementations et des directives qui incitent ces derniers à rendre leurs pratiques plus transparentes et plus compréhensibles. En somme, les internautes doivent savoir que les annonceurs récupèrent leurs données personnelles à chaque inscription, et ils doivent savoir dans quel but cela est fait.

D’après les auteurs de cet article, le meilleur angle d’attaque pour lutter contre l’invasion de la vie privée  par les annonceurs  reste encore l’autorégulation et les efforts d’éducation –notamment pour les enfants, dont le cas est plus problématique. Les instances de contrôle et de réglementation auraient plus intérêt à avertir les parents sur le rôle qu’ils ont à jouer auprès des jeunes, et sur l’influence que leur intervention peut avoir, tant sur le taux de divulgation des informations personnelles par leurs enfants que sur l’efficacité des outils mis en place par les annonceurs : messages d’avertissement et/ou menaces.

La sociabilité juvénile instrumentée : l’appropriation des blogs dans un groupe de collégiens

Author(s) : Fluckiger C.

Fluckiger C. (2006), La sociabilité juvénile instrumentée : l’appropriation des blogs dans un groupe de collégiens, Réseaux, 138, 109-138
Dans un contexte où les blogs, notamment les Skyblogs, prennent de plus en plus d’importance dans la culture adolescente, Cédric Fluckiger étudie le processus d’appropriation des blogs sur la tranche d’âge des 11-15 ans, à travers une enquête ethnographique menée dans un collège de banlieue. Il souhaite démontrer avec l’analyse de ses observations que l’appréhension des blogs par les jeunes évolue avec l’âge et qu’elle participe à la construction identitaire de l’individu et de son groupe social.
Développement :
L’auteur commence par nous donner plusieurs raisons qui, combinées, expliquent cette augmentation observée de la création et de la fréquentation des blogs par les collégiens. Tout d’abord, il cite l’augmentation significative de la consommation des médias par les jeunes, et ce que J. Jouët et D. Pasquier appellent la « culture de l’écran » : « ils vivent désormais dans un contexte où les écrans tiennent une place considérable dans leurs pratiques de loisir et dans leurs discussions » (J. Jouët et D. Pasquier, 1999). S’ajoutent à cela la montée de l’autoproduction et du besoin d’expressivité des jeunes adolescents et une autonomisation progressive (C. Fluckiger, 2006), favorisant le recours aux blogs et aux médias numériques en général par les collégiens et les lycéens.
L’adolescence est une période de transition dans la construction identitaire de l’individu, pendant laquelle il est intéressant d’observer la double existence de l’identité de l’enfant, directement rattaché à ses parents, et celui de l’adulte en devenir, et le passage d’un état à l’autre. Les changements que traversent les collégiens durant cette période, associés à un contexte sociotechnique de plus en plus favorable à l’expansion des médias numériques, expliquent cette évolution de la place des blogs dans leurs vies et groupes sociaux.
Afin de mieux comprendre ce phénomène et d’analyser le processus d’appropriation des blogs par les jeunes adolescents, Fluckiger a mené pendant plusieurs mois des observations ethnographiques auprès d’un collège de région parisienne, à la fois dans un cadre scolaire, familial et extra-scolaire. Dans un premier temps, l’auteur nous propose une analyse du contenu des blogs étudiés et des articles écrits par les collégiens. Puis dans un deuxième temps, il s’intéresse à la dynamique de construction sociale et au processus d’appropriation des blogs par les enfants (C. Fluckiger, 2006).
Contenu des blogs
Les blogs constituent avec la messagerie instantanée (MSN) l’activité principale des collégiens sur Internet et sur ordinateur, loin devant les jeux vidéo ou la recherche d’informations. Contrairement aux chats, aux SMS ou à la messagerie instantanée, les blogs permettent à un pré-adolescent de s’adresser d’un seul coup à l’ensemble du groupe et de manière asynchrone (C. Fluckiger, 2006), comme s’ils menaient une « conversation continue et ininterrompue » (H. Delaunay-Téterel et D. Cardon, 2006). Même si le blog est public et visible a priori par n’importe qui, il ne s’adresse en fait qu’à un cercle restreint de personnes, qui appartiennent à une communauté préexistante qui correspond dans la grande majorité des cas à un groupe de camarades d’école.
L’étude des articles publiés sur les blogs des collégiens observés révèle trois grands types de sujets abordés :
–       l’auteur du blog lui-même, qu’il s’agisse d’une mise en scène et d’une mise en avant fréquente pour certains ou d’une présentation rapide en début de blog pour d’autres ;
–       le groupe et ses activités : on y trouve des publications de photos du groupe d’amis, des récits de soirées ou de sorties, et qui contribuent à « une sorte de mémoire collective du groupe » (C. Fluckiger, 2006) ;
–       les goûts, les passions et les centres d’intérêts de l’auteur : ses marques, ses musiques, ses stars préférées, etc.
Parmi les blogs observés par l’auteur, les sujets d’actualité ou sujets politiques ne sont pas abordés, ou quand ils le sont, ils reçoivent peu de commentaires, ce qui a valeur d’un désaveu de la part du groupe et pousse l’auteur de l’article en question à le supprimer rapidement. En somme, tous les blogs d’un même groupe ont la même structure et comportent les mêmes types d’articles. C’est le groupe lui-même qui implicitement définit les normes sociales d’écriture et de gestion des blogs. Ces normes peuvent varier selon les groupes. En adoptant les normes d’un groupe et sa façon de diriger un blog, le jeune bloggeur renforce son appartenance au groupe.
Cette première remarque amène donc à souligner l’importance des commentaires, qui tout à la fois vont valider la légitimité et l’intérêt d’un article et vont réaffirmer et renforcer le lien amical.
Il faut également noter que dans certains cas, des adolescents créent des blogs qui ne s’adressent pas au cercle intime mais qui cherchent à générer du trafic, avec des articles humoristiques ou divertissants (romans photos, par exemple) qui augmentent la popularité du blog et de son auteur. Ces blogs sont très différents des blogs personnels évoqués plus haut et il n’est pas rare que le créateur de ce type de blogs possède également un deuxième blog centré davantage sur lui-même et son groupe d’amis proches.
Processus d’appropriation des blogs et construction de l’identité sociale
Même si pour tous les pré-adolescents et les adolescents la notoriété des blogs, notamment des Skyblogs, est particulièrement forte et  que leur fréquentation est régulière, l’appréhension des blogs et de leur usage diffèrent selon l’âge de l’enfant et les étapes qu’il traverse dans sa construction identitaire.
Les plus jeunes (6ème et 5ème) ont découvert les Skyblogs grâce à leurs aînés, en observant par exemple leurs grands frères ou leurs cousins. A ce premier stade du processus d’appropriation, le collégien est un observateur passif. Il suit beaucoup de blogs d’élèves plus âgés, qu’il connaît ou ne connaît pas, mais qu’il perçoit comme des références (dans son quartier, dans sa cité, etc.). Les jeunes collégiens créent rarement leurs propres blogs et se contentent de lire ceux de leurs aînés, afin d’incorporer les normes, la culture, le langage, les goûts et les comportements de ces derniers (C. Fluckiger, 2006). Ils observent et collectent des informations sur une identité adolescente vers laquelle ils tendent.
Après cette première phase d’observation et d’apprentissage des normes sociales, les jeunes adolescents s’essaient à la création de blogs, ils deviennent à leur tour des créateurs de contenu et proposent petit à petit leurs propres pratiques culturelles comme modèles (C. Fluckiger, 2006).
L’appropriation des blogs doit être également mise en parallèle avec l’appropriation des outils technologiques. En voulant créer un blog, l’enfant doit acquérir de nouveaux savoir-faire et de nouveaux usages des médias numériques. Ce processus d’appropriation des blogs va donc en partie dépendre du rapport que les jeunes entretiennent avec les outils informatiques : il arrive que certains collégiens renoncent à avoir leur propre blog car ils n’arrivent pas à surmonter des problèmes rencontrés lors de la création d’un Skyblog (problèmes fréquents pour cette génération en quête d’immédiateté). Il faut également que l’enfant puisse avoir un accès assez facile et fréquent à un ordinateur et à une connexion Internet, ce qui peut varier selon les foyers, et enfin cela va dépendre du temps que l’enfant peut consacrer à Internet, à la visite des blogs et à l’entretien de son propre site, puisque c’est une activité qui doit s’intégrer parmi les autres activités, scolaires et extra-scolaires, du collégien.
Après avoir donc passé leurs premières années de collège à observer et incorporer les normes sociales, les élèves observés par Fluckiger évoluent en grandissant et développent de nouveaux besoins : celui de l’expression, de l’estime de soi et de l’évaluation. Les blogs deviennent alors des outils pour s’exprimer et se construire une identité. De manière générale, les amis d’un même groupe créent leurs blogs à quelques jours ou semaines d’intervalle. Le processus d’appropriation se fait de manière collective.
Faire partie d’un réseau ou d’une clique de blogs (C. Fluckiger, 2006), recevoir et donner des commentaires sur des articles, s’échanger des photos et du contenu entre bloggeurs d’un même groupe permet aux jeunes adolescents d’affirmer leur appartenance sociale. S’expriment là deux besoins complémentaires : celui de s’affirmer, en tant qu’individu, et celui de se conformer aux attentes du groupe.
Le jeune adolescent s’associe à un groupe d’amis avec qui il partage des goûts et des centres d’intérêt communs, et qu’il retrouve dans leur réseau de blogs. Son blog lui permet alors de communiquer auprès de ses amis une certaine image de lui, à travers la publication de photos, d’articles, l’association de marques, de tenues vestimentaires et de choix musicaux, mais il lui permet aussi d’entretenir le lien social qui participe à sa construction identitaire.
Conclusion :
Dans un contexte d’expansion du phénomène d’utilisation des blogs chez les jeunes, l’étude de Cédric Fluckiger nous permet de mettre en évidence le caractère évolutif de la relation entre le pré-adolescent/adolescent et le blog. Il lui permet dans un premier temps d’appréhender et d’intégrer les normes sociales en vigueur dans l’ensemble social auquel il se sent appartenir : celles de son quartier, de sa banlieue, de son collège, etc. Plus tard, le blog devient un outil de construction identitaire, d’affirmation de ses goûts et de sa personnalité, et, dans le même temps, la revendication d’appartenance à un groupe social qui se retrouve à travers un réseau de blogs échangeant entre eux photos, contenus et commentaires.
Le nombre de visites, de commentaires et de photos publiées sur d’autres blogs sont autant d’indicateurs qui permettent à l’enfant de se positionner dans le groupe et de se construire autour du lien social qui l’unit aux autres.
En somme, le blog est un outil qui permet au jeune de découvrir et d’expérimenter le rapport qu’il a avec sa propre identité, le rapport qu’il a avec son entourage, celui qu’il entretient avec son entourage proche et celui qu’il entretient avec la société toute entière.
Depuis l’étude de Fluckiger, le phénomène Skyblog s’est atténué et d’autres plateformes d’échanges comme Facebook ou Twitter nous amènent à nous interroger sur la possible mise en perspective des observations de Fluckiger en 2006 et les nouvelles tendances numériques d’aujourd’hui.