Les comportements de détention de liquidités dans les sociétés non financières du G7 ont-ils évolué depuis la crise ?

Sylvain Broyer, Emmanuel Schneider et Cyril Verluise (2016), Les comportements de détention de liquidités dans les sociétés non financières du G7 ont-ils évolué depuis la crise ?, Revue d’économie industrielle, pages 97 à 123 https://doi.org/10.4000/rei.6340

 

Mots clés : Entreprises internationales, Cycles économiques internationaux, Crises financières, Finance d’entreprise

 

Dans cet article on parle principalement es des entreprises (telles que : Apple, Microsoft, Google, Verzion et Pfizer au USA) qui ont accumulé des niveaux de cash sans précédent depuis la crise financière 2007-2009.

Les chercheurs observent ici l’évolution de la détention de liquidités par les entreprises du G7 et réalisons un test économétrique afin d’identifier si la crise financière a amené un changement de régime dans la détention de liquidités.

 

Développement:

Dans cet article, on nous parle des évolutions de liquidités dans les sociétés non financières du G7 depuis crise financière ayant eu lieu en 2007-2009.

Après avoir proposé, dans un premier temps exposer les déterminants de la détention de liquidité, dans un second temps, on nous parle de la dynamique de détentions de liquidés par les entreprise du G7, et pour finir on aborde le régime de détention de liquidités et modèles de financement nationaux, avant de nous montrer le changement de régime et l’intermédiation financière.

L’accumulation de cash par les entreprises résulterait des difficultés d’accès au financement bancaire qu’elles ont subies lors de la crise financière ; difficultés qui avaient contraint certaines à vider leurs stocks et à stopper les lignes de production, d’autres à la faillite, participant à l’arrêt soudain du G7 et à la récession mondiale du quatrième trimestre 2008 au premier trimestre 2009.

Le cash holding est l’existence de coûts engendrés par la détention de liquidités. Ces coûts sont constitués d’un coût de « stockage » et d’un « coût d’opportunité ». La théorie de la demande de monnaie dans les entreprises remonte à Keynes (1936). Il propose deux motifs de détention de liquidités : le motif de transaction et le motif de précaution. Cela repose sur le fait que les liquidités évite un certain nombre de coûts liés aux transactions courantes (coûts de levée de fonds et coûts de vente d’actifs)

La théorie de la demande de monnaie par les firmes s’enrichit de deux autres motifs : le motif d’agence et le motif de taxation.

Pour évaluer l’existence d’un changement de régime de cash holding, la méthodologie la plus courante consiste à estimer une relation entre le ratio de liquidité et les différentes variables explicatives (flux de trésorerie, secteur, dépenses en capital, levier, market-to-book, R&D, dividendes, taille, cession nette d’actions, beta CAPM, part des revenus réalisés à l’étranger et taux d’imposition).

Un grand nombre de tests ont été mis en place par les chercheur et les indications délivrées par le score de Chow s’avèrent fiables et la série de z-tests nous permet de conclure. En France, au Canada, en Italie et en Allemagne les comportements de détention de liquidités n’ont pas changé. Au contraire, en Grande-Bretagne, aux États-Unis et au Japon, ces comportements ont fait l’objet d’un changement profond. Plus particulièrement, le poids accordé au motif de précaution occupe une place prédominante dans ce changement de régime.

La détresse financière rencontrée par les entreprises face au resserrement du crédit bancaire en 2007-2008 est couramment retenue comme étant la cause du changement de régime de cash holdings dans les SNF. Les enquêtes de conditions de crédit montrent également que le rationnement du crédit bancaire aux entreprises ne peut pas vraiment être imputé à la demande. En zone euro, les conditions de crédit n’ont pas été assouplies par les banques avant 2015, et ce de façon très modérée.

 

Résultats:

Les chercheurs ont développé une méthode de tests robuste à cette critique. En proposant un test économétrique de rupture temporelle afin d’identifier l’existence d’un changement de régime de détention de liquidités.

En analysant la somme des liquidités détenus par les SNF (sociétés non financières), les chercheurs ont observés que les volumes de liquidités détenus par les SNF des pays du G7 augmentent tendanciellement tout au long de la période 1990-2014

L’accumulation de cash résulterait des difficultés d’accès au financement bancaire que les entreprises ont subies lors de la crise financière et également une nette accélération pour la plupart des pays du G7 à partir de 2008.

Les résultats indiquent alors que la hausse des liquidités ne s’explique par le motif de précaution que dans les pays du G7 où la désintermédiation des financements externes a progressé depuis la crise (États-Unis, Grande-Bretagne, Japon).

De plus, en Europe continentale, les tests des chercheurs infirment l’hypothèse d’un changement de régime de détention du cash.

 

Conclusion:

Les études économétriques menées par les chercheurs leur permettent d’affirmer que les niveaux de liquidités détenus par les SNF du G7 atteignent effectivement des records historiques, en termes absolus comme relatifs, mais que cela ne suffit pas à conclure à un changement de comportement d’accumulation de cash.

Ce sont effectivement les économies les plus affectées par la contraction du crédit bancaire qui ont développé un nouveau régime de détention motivé par la précaution.

Pour se prononcer sur le caractère « anormal » des niveaux de liquidités, il était nécessaire de se situer dans un contexte national et de mener une analyse économétrique rigoureuse.

Les pays pour lesquels un changement de régime est avéré (Japon, États-Unis et Grande-Bretagne) requièrent une attention particulière. Leurs niveaux de cash historiquement hauts sont nourris à la fois par la modification des caractéristiques moyennes des entreprises et par un changement des comportements de détention entraîné par un renforcement du motif de précaution.

 

 

Références:

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Introduction. Industrie, finance, innovation et gouvernance dans la crise : vers un changement structurel ?

Véronique Dutraive (2016), Introduction. Industrie, finance, innovation et gouvernance dans la crise : vers un changement structurel ?, Revue d’économie industrielle, pages 13 à 32  https://doi.org/10.3917/reof.166.0059

 

Mots clés : Industrie, Finance, Innovation, Crise

 

Dans cet article on parle principalement des liens entre la finance et l’industrie. Il fait suite à un premier numéro spécial de la Revue d’économie industrielle paru en 2011 sur le même thème (Dutraive, 2011) et partage l’ambition similaire de faire dialoguer des travaux sur les domaines souvent séparés que sont l’économie industrielle et l’économie financière et monétaire.

Les chercheurs abordent la question des liens entre la finance et l’industrie en s’intéressant au changement structurel amorcé avant la crise dans ces deux domaines et qui interroge les ressorts de la croissance en ce nouveau contexte.

 

Développement:

Dans cet article, on nous parle de la crise financière ayant eu lieu en 2007-2009. Un des faits marquants consécutifs de cette crise a été le retour à des politiques économiques actives.

  • Du côté de la finance, les autorités monétaires sont largement intervenues pour soutenir la plupart des banques mises en difficulté par la crise, pour contrevenir à la contraction du crédit, notamment par une politique de taux bas, puis en soutien aux États mis en difficulté par un accroissement de leur endettement.
  • De leur côté les entreprises ont réagi à la contraction du crédit en adaptant notamment leurs comportements de détention de liquidités.
  • Du côté de l’industrie, on assiste à un renouveau  de la politique industrielle, amorcé déjà depuis le début des années 2000 mais accéléré considérablement suite aux dégâts engendrés par la crise en ce domaine.

Pour remettre un peu les choses dans leurs contextes, les chercheurs nous parlent ici précisément des changements structurel, institutionnel, de développement, de croissance, d’innovation, des marchés financiers et de leurs croissance, et enfin des relations entre la finance et l’industrie.

Le renouveau de l’intérêt pour la politique industrielle provient de la « Nouvelle Économie du Développement » – comme elle provient sur le plan pratique des différentiels de performances économiques entre les anciennes puissances industrielles et les pays émergents industrialisés, au profit de ces derniers. Cette économie s’inscrit plus largement dans l’analyse économique institutionnelle qui comprenant soit des travaux standards du point de vue des outils ou conceptions utilisés – travaux empiriques et économétriques –, soit des approches plus socio-économiques mais qui ont cependant en commun de mettre les institutions au cœur de l’analyse du développement et de la croissance de long terme. Ces travaux ont conduit à mettre en avant le rôle des institutions dans les processus de croissance et de développement.

Les nouveaux économistes du développement font désormais référence à la théorisation du changement structurel comme cadre pour repenser la question du développement. Selon les chercheurs, l’analyse du changement structurel se différencie de l’approche de la croissance équilibrée.

Depuis la crise de 2007, une unanimité s’est dessinée en faveur de politiques plus proactives et stratégiques. Ce retour de la politique industrielle se retrouve dans les discours des leaders politiques, quelles que soient leurs orientations politiques, et dans les pays en développement comme dans les pays développés. Un grand nombre de chercheur considèrent que la politique de la concurrence seule ne peut promouvoir la croissance et que l’État stratège doit être réhabilité.

Un ensemble d’évolutions techniques, institutionnelles et dans la régulation ont conduit en effet les acteurs financiers à prendre plus de risques : les nouvelles technologies centralisent l’information et la traitent de manière automatique. Ces facteurs ont développé des incitations à prendre des risques ayant convergé dans la crise financière qui a débuté en 2007.

Une manière d’appréhender les relations entre la finance et l’industrie est de considérer l’économie comme un réseau dans lequel d’une part les firmes sont reliées entre elles par des relations de production, des relations commerciales (elles se fournissent et se vendent des biens intermédiaires) et des relations de crédit commerciales.

Le marché du crédit lui-même peut être vu comme un réseau entre les banques sur le marché interbancaire, et entre les institutions financières et les firmes ou les consommateurs. Cette organisation en réseau peut expliquer les phénomènes de diffusion des faillites en cas de défaut de paiement : les firmes peuvent mettre d’autres firmes en difficulté par leur défaut de paiement ; les banques, elles-mêmes affectées par ces défauts de paiement, réagissent en réduisant leurs prêts à d’autres firmes, les mettant à leur tour en difficulté et augmentant leur taux.

 

Résultats:

Evolution des deux approches (financière et industrielles) :

  1. D’une part les deux approches peuvent constituer le cadre conceptuel d’une même politique, les théories libérales et néolibérales développant des arguments et des conceptions distinctes de la politique de la concurrence, les politiques de soutien à l’innovation trouvant un cadre analytique à la fois dans les analyses des défaillances de marché, les théories économiques évolutionnistes et l’économie géographique.
  2. D’autre part, les théories elles-mêmes ont évoluées pour répondre aux nouveaux contextes dont elles cherchent à rendre compte.

La période actuelle peut se caractériser aussi bien dans les politiques que dans les théories par un plus grand éclectisme et pragmatisme que dans les périodes passées.

 

Conclusion:

La crise financière de 2007-2009 a bien montré à quel point ces deux « secteurs de l’économie » (la finance et l’industrie) sont interdépendants et qu’un regard croisé voire interdisciplinaire s’avère nécessaire pour analyser cette interdépendance.

Le secteur financier développé au-delà du seuil de ses effets bénéfiques théoriques pour la croissance et en partie aux dépens du secteur non financier, étant donné que la croissance elle-même repose désormais davantage sur des instruments financiers – plus profitables –que sur les processus traditionnels de production et d’échange.

 

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Politiques monétaires : banques centrales au bord de la crise financière

Jean-Luc Gaffard (2007), Politiques monétaires : banques centrales au bord de la crise financière, Revue de l’OFCE, (N° 103), pages 151 à 168 https://doi.org/10.3917/reof.103.0151

 

Mots clés : Politiques monétaires, banques centrales, crise financières

 

Dans cet article on parle principalement des politiques monétaires et d’une potentielle crise financière au sein des banques centrales. On évoque les turbulences bancaires et financière qui ont sérieusement remis en cause les schémas que les banques centrales.

 

Développement:

Dans cet article, on nous du comportement des différentes banques centrales, fac à une potentiel crise financière. En effet, les turbulences bancaires et financière qui ont sérieusement remis en cause les schémas que les banques centrales. La BCE elle de se côté, semblait pourtant bien décidée à procéder à un nouveau tour de vis. semblait pourtant bien décidée à procéder à un nouveau tour de vis. Elle a dû renoncer à la hausse des taux qu’elle avait implicitement annoncée pour septembre.

Dans des banques centrales en Angleterre par exemple, il y avait eu une forte hausse du taux de base durant la phase de resserrement monétaire. L’inflation avait en effet bien décéléré. La crainte d’une crise bancaire constitue un autre facteur de risque qui rend improbable une hausse des taux directeurs dans un avenir proche. Enfin, le risque d’une baisse des prix de l’immobilier rendra aussi les autorités monétaires prudentes.

Le contexte monétaire a été marqué pendant plusieurs mois. Les effets de base qui ont contribué à la baisse du taux d’inflation depuis septembre 2006 vont disparaître. Dans le même temps, le cours du pétrole a battu de nouveaux records et les prix des matières premières ont continuer de grimper. Les chercheurs ont analyser à cette période, que le prix du pétrole commençait a augmenter ainsi que les matières premières hors énergie.

Dans un contexte toujours marqué par l’insertion croissante des pays à bas salaires dans le commerce mondial, la mondialisation continuerait d’apporter une contribution à la désinflation. Le phénomène serait accru dans la zone euro du fait de l’appréciation de l’euro.

Selon les chercheurs, la phase de resserrement monétaire qui s’est poursuivie en 2007 et la hausse de l’euro font que les conditions monétaires au sein de la zone euro n’auront jamais été aussi restrictives depuis le lancement de la monnaie unique européenne.

La conduite de la politique monétaire s’est singulièrement compliquée au Royaume-Uni en 2007. Le gouverneur de la Banque d’Angleterre avait dû faire face en mars à une situation inédite depuis la mise en place d’une cible d’inflation et la création d’un CPM indépendant en 1997. Suite à ça l’inflation a ensuite rapidement ralenti. Un risque monte cependant inexorablement depuis le milieu des années 1990 : celui d’une bulle immobilière et de son possible éclatement. Les prix de l’immobilier ont augmenté d’environ 250 % en douze ans et sont à des niveaux historiquement élevés. Mais un risque nouveau s’est ajouté cet été : celui d’une crise bancaire.

Aux USA malgré la crise immobilière depuis le début de 2006 et le ralentissement de la croissance, la consommation des ménages restait ferme et l’inflation, sensiblement supérieure à 2 %.

Au Japon, malgré sa récente appréciation, la monnaie nippone enregistrait en août une baisse de 13 % en taux de change effectif depuis début 2005.

 

Résultats:

Les conditions monétaires resteraient restrictives d’ici la fin 2008, surtout pour leur composante externe. Le taux de change effectif réel s’apprécierait jusqu’à la mi-2008 et baisserait ensuite. La baisse des taux d’intérêt réels contribuerait à assouplir les conditions monétaires sur l’ensemble de la période.

Pour les USA au vue des hypothèses de croissance et d’inflation des chercheurs, le taux d’intérêt issu d’une règle de Taylor et qui permettrait de ramener l’inflation vers sa cible de 2 % et le PIB, vers son niveau potentiel, devrait baisser de 2 points jusqu’au début de 2008 puis se stabiliser.

 

Conclusion:

Dès que la confiance sera revenue sur les marchés financiers et que les primes de risque se seront dégonflées, la baisse du taux directeur devrait se transmettre directement aux marchés monétaires et assouplir l’accès aux crédits par les banques.

 

 

 

La crise financière : enseignements et perspectives

Olivier Klein (2015), La crise financière : enseignements et perspectives, Revue d’économie financière, (N° 117), pages 59 à 110 https://doi.org/10.3917/ecofi.117.0277

 

Mots clés : Crise financière, enseignements, perspectives

 

Dans cet article on parle des crises financières en générale, en prenant en compte la crise financière de 2007 comme exemple. Les causes de la crise financière majeure de 2007 sont identiques à celles de la quasi-totalité des crises survenues. Peut-être que ce serra la même choses avec les crises à venir après cette date là. C’est pourquoi nous analysons cet article.

On nous dit que cette crise a pour spécificité d’avoir été considérablement aggravée par un élément nouveau, une titrisation débridée. Il en est de même avec la crise financière et sanitaire que nous vivons actuellement depuis mars 2020, lié à la pandémie de la COVID.

 

Développement:

Dans cet article, on nous parle du contexte de crise financière, phénomène qui a tout à la fois facilité la montée de l’endettement et intensifié considérablement la crise de liquidité. Macro économiquement, il s’agit d’une crise de surproduction et de surendettement causée par une mondialisation mal régulée.

Après avoir parlé des causes de la crises financière de 2007-2009, on nous expose l’analyse de la crise dans la zone euro et enfin pour finir avec les enseignements et perspectives retenues avec cette “expérience”.

La dernière crise financière, dont les conséquences sont encore présentes aujourd’hui de par la croissance nulle ou ralentie que connaissent les différentes zones du monde, a été d’une violence inégalée depuis la Seconde Guerre mondiale. Pour en tirer quelques enseignements, et pour se demander si cette crise de 2007-2009 a été résolue, cet article revient montre les causes de la grande crise financière et économique de 2007-2009.

Au début des années 2000, l’offre mondiale de biens et de services s’est ainsi retrouvée supérieure à la demande, avec pour corollaire une épargne mondiale très forte et supérieure à l’investissement. De plus, les salaires réels des pays développés augmentaient très peu, voire stagnaient, car la compétition mondiale salariale sur les branches d’activités données et sur les gammes de produits concernées ne permettait pas des augmentations de pouvoir d’achat régulières. Cette stagnation a conduit à nouveau à une inflation très basse et à des taux d’intérêt très bas.

Avec le retour à la croissance à partir de 2004, les emprunteurs comme les prêteurs sont donc entrés dans une phase euphorique oubliant les règles de prudence traditionnelles, tant au niveau de l’endettement, qui a dépassé les moyennes historiques, qu’au niveau des primes de risque, qui se sont dangereusement abaissées, comme dans toute bulle de crédit.

La crise de 2007-2009 est bien une répétition de l’histoire, aggravée par un élément nouveau qu’est la titrisation. On a connu une crise immobilière peu banale aux États-Unis, en Angleterre et en Espagne notamment.

Ajoutons encore qu’une crise majeure de liquidité a vu le jour, entremêlée à la crise de l’immobilier et à la crise du crédit et de l’endettement. En 2008, en effet, survenait une crise de liquidité d’une violence inouïe. Face à l’incertitude fondamentale quant à qui détenait quoi et au contenu même des titrisations, le marché interbancaire notamment s’est totalement figé. Les banques centrales sont donc intervenus et ont donc sauvées la mise.

On pourrait penser que la crise de la zone euro est la conséquence de la crise financière mondiale précédente mais dans cet article les chercheurs ne sont pas de cet avis. Mais des arguments sont juste, par exemple l’endettement public est monté à partir de la crise de 2008-2009. Néanmoins cet accroissement des dépenses est venu s’ajouter dans certains cas à des dérives des finances publiques largement antérieures.

Sans mobilité de la main-d’œuvre, sans coordination des politiques économiques, sans transferts budgétaires et sans possibilité de dévaluation de la monnaie, le seul mode d’ajustement restant, en cas de choc asymétrique entre les pays de la zone, pour un pays en difficulté est de rechercher le moins-disant social, le moins-disant économique et le moins-disant réglementaire.

Dans cet article on en vient au cause de la crise de 2007-2009 en Europe. En effet, selon les chercheurs, la première erreur est d’avoir laissé entrer dans la zone des pays qui n’étaient ni conjoncturellement, ni structurellement convergents soit parce qu’ils avaient « arrangé » leurs statistiques et qu’on ne le savait pas, soit parce qu’ils l’avaient fait et qu’on le savait. La seconde erreur est de n’avoir pas compris qu’une zone monétaire conduisait très probablement à une polarisation industrielle.

 

Résultats:

Le désendettement des acteurs économiques, privés ou publics, prend également du temps. La conséquence en est un niveau de croissance très bas pour une durée significative, avec des taux de chômage en corrélation. Les questions portent donc sur la patience des populations quant à ces phénomènes durables.

 

Conclusion:

Une zone monétaire conduit naturellement à une polarisation industrielle, comme nous l’avons évoqué antérieurement. Si l’on ne veut pas finalement que des régions entières de la zone euro dépendent durablement des transferts des autres, il est vraisemblable qu’au-delà même des politiques structurelles à mener nationalement, une véritable politique industrielle moderne, c’est-à-dire de nature incitative, soit nécessaire au niveau supranational, pour que des pôles de compétitivité puissent se former et être entretenus dans toutes les grandes régions de la zone. Ces pôles permettraient à tous les pays de bénéficier d’industries et de services compétitifs et exportables, et assureraient une attractivité minimale des différents territoires.

 

 

Évaluation de la pandémie de Covid-19 sur l’économie mondiale

Département analyse et prévisionSous la direction d’ Éric HeyerXavier Timbeau (2020), Évaluation de la pandémie de Covid-19 sur l’économie mondiale, Revue de l’OFCE, (166), pages 59 à 110 https://doi.org/10.3917/reof.166.0059

 

Mots clés : Crise sanitaire, Mesure de confinement, Transmission internationale, Tableaux entrées-sorties, Emploi

 

Dans cet article on parle principalement de l’impact de la pandémie de la COVID. Suite à de nombreuses fermetures au vu de confinement, l’économie mondiale a subi un réel choc. Cet article nous montre un peu plus en détail l’impact sur la valeur ajoutée au niveau mondiale, qui diffère selon les secteurs les pays… L’Europe a réelmeent été touchée avec de fortes chutes de valeur ajoutée (soit 30 points).

En bref, cet article propose d’évaluer les conséquences de la crise dans les principales économies développées. Il s’appuie sur une analyse élaborée à partir des matrices input-output au niveau mondial pour évaluer l’incidence d’un mois de confinement sur le PIB et sur l’emploi des principales économies.

 

Développement:

Dans cet article, on nous parle du contexte actuel particulier lié à la pandémie de la COVID-19 et des conséquences qu’ont eu les mesures de confinement sur les économies principales.

Dans cette article, les enquêtes ont été réalisées par la Banque de France qui est st à la fois productrice et utilisatrice de statistiques. Ces enquêtes sont utilisées pour effectuer chaque mois une prévision du Produit Intérieur Brut (PIB) trimestriel de la France et pour le tableau de bord des tendances économiques régionales.

Des enquêtes conjoncturelles ont été menée sans grande satisfaction, avec un fort impact.

Les chiffres de croissance du PIB concrétisaient déjà, dans leur version provisoire, les effets économiques du confinement. La chute du PIB dépend position sectorielle de la valeur ajoutée et notamment du poids des services marchands, particulièrement touchés par le confinement. urostat souligne que des changements brusques dans la composition du PIB peuvent également affecter la qualité des estimations de déflateurs et de volume, car celles-ci sont réalisées à l’aide d’indices chaînés dont les pondérations reflètent la structure économique de l’année précédente.

Les chercheurs de l’Université de Oxford et de la Blavatnik School of Government ont construit un indicateur mesurant la rigueur des réponses gouvernementales. Cet indicateur tente de synthétiser les mesures de confinement adoptées dans 163 pays selon deux types de critères : d’une part la sévérité de la restriction pour chaque mesure répertoriée (fermeture des écoles, des entreprises, limitation des rassemblements, annulation d’événements publics, confinement à domicile, fermeture des transports publics, restriction aux voyages domestiques et internationaux) et d’autre part le caractère local ou généralisé de chaque mesure dans un pays. Au sein de l’ensemble des mesures répertoriées, certaines ont des effets directs sur l’activité, comme les fermetures, d’autres des effets plus diffus, comme par exemple la limitation des rassemblements ou les restrictions imposées aux activités événementielles.

Pour évaluer dans quelle mesure les politiques de confinement ont pu avoir un impact sur l’activité économique, les chercheurs se sont appuyés sur les indices de sévérité des fermetures (écoles et entreprises/commerces) calculés précédemment. Ces indicateurs, calculés en moyenne sur le premier trimestre, ont été rapprochés des taux de croissance du PIB sur la même période par le biais d’une corrélation.

Ici, on nous montre également que les mesures de confinement se sont bel et bien répercutées sur l’activité économique et se sont traduites par une chute de la demande – consommation et investissement – qui s’est ensuite diffusée à l’ensemble du tissu productif domestique mais également étranger.

De nombreux secteurs ont été perdants, mais certains un peu moins. En effet, dans le secteur de l’immobilier -8 % de valeur ajoutée, dans la production alimentaire de faibles baisses de la demande finale (agriculture -9% et agro-alimentaire -7%) –> des secteurs qui résistent plutôt bien. C’est la branche de l’administration publique, pour laquelle la demande est relativement insensible aux conditions conjoncturelles, qui résisterait le mieux (-3 % de valeur ajoutée).

Dans cette étude, les chercheurs ont évaluons l’incidence du choc d’activité sur la demande de travail pendant la période du confinement, avec la mise en place du télétravail et de l’activité partielle. Pendant cette période de confinement, il y a eu certainement des pertes potentielles d’emploi dans chacun des secteurs d’activité.

Le choc d’activité lié au confinement touche au premier chef les commerces et les secteurs directement frappés par les fermetures administratives, et donc un impact sur l’emploi. Plus il y a de demande de télétravail moins il y a eu de perte d’emploi.

 

Résultats:

Une fois les enquêtes de conjoncture de 2019 et 2020 réalisés, les chercheurs espéraient un redressement de l’indice de sentiment économique (USA, GB et zone UE). Les mauvaises nouvelles ont commencé à apparaître en mars avec la publication d’enquêtes témoignant d’un retournement de la perception des agents économiques. Ces enquêtes révélaient clairement la dégradation de la situation, mais celles-ci n’étaient pas suffisantes pour prendre la mesure de la chute d’activité.

Parallèlement, les données en temps réel fournissaient une vision instantanée des dynamiques en cours bien plus négative que les enquêtes. En France par exemple, la mobilisation des données sur la consommation d’électricité laissait attendre un recul de la production industrielle.

Concernant le PIB, parmi les pays industrialisés ayant publié leurs premiers comptes, les États-Unis et le Royaume-Uni paraissent moins affectés que les pays européens et, parmi les pays européens, la France, l’Italie et l’Espagne affichent les chutes du PIB les plus fortes.

Suite à l’analyse de la corrélation entre la croissance du PIB et l’indice de sévérité, on observe selon les chercheurs une corrélation négative, c’est-à-dire que plus l’indice de sévérité augmente, plus le PIB diminue. De plus, les chercheurs montrent que les mesures de confinement et de distanciation sociale mises en place à leur niveau du mois d’avril auraient un impact de -19 % sur la valeur ajoutée au niveau mondial avec la plus forte baisse sectorielle serait enregistrée par la branche de l’hébergement-restauration avec une diminution de 47 %

On nous montre également avec une analyse du choc de confinement qu’il y a eu une baisse de la consommation et de l’investissement mondiaux en points de PIB par pays.

 

 

Conclusion:

La chute brutale de l’activité et les conséquences sur le marché du travail ont conduit les gouvernements et les banques centrales à prendre des mesures de soutien afin d’amortir le choc de cette crise d’une ampleur et d’une nature inédites.

Face à une crise sanitaire sans précédent ayant nécessité des arrêts d’activité forcés pour freiner la propagation du coronavirus dans la population, les gouvernements ont mis en place des mesures urgentes de soutien afin d’éviter l’enclenchement d’une crise incontrôlée susceptible d’altérer durablement les économies (avec trois grands type de mesures: qui visent à maintenir le pouvoir d’achat des ménages malgré les arrêts d’activité ; prises à l’intention des entreprises et qui visent à préserver l’outil de production ; spécifiques au secteur de la santé).

Les mesures prises par les gouvernements ont principalement visé à maintenir l’emploi afin de permettre aux entreprises de reprendre leur activité dès la sortie du confinement et ce faisant ont soutenu le revenu des ménages.

 

 

La crise de la Covid-19 changera-t-elle notre façon de faire de l’économie ?

Xavier Ragot (2020), La crise de la Covid-19 changera-t-elle notre façon de faire de l’économie ?, Revue de l’OFCE, (166), pages 5 à 21 https://doi.org/10.3917/reof.166.0005

 

Mots clés : Pandémie, Politiques publiques, Comptes nationaux

 

Dans cet article on trouve le détail afin d’essayer de comprendre comment la crise de la COVID-19 changera notre façon de faire en terme d’économie.

La COVID-19 a provoqué une crise sanitaire et économique sans précédent dans l’histoire récente. Le changement brutal du fonctionnement de l’économie a conduit les économistes à adapter rapidement leurs outils d’analyses et leurs prévisions économiques. Il a fallu d’abord comprendre l’état de l’économie dans un contexte de grande incertitude sur l’évolution épidémiologique ainsi que sur les comportements des ménages et des entreprises. Cette crise singulière conduit à repenser les concepts-clés de l’analyse économique.

 

Développement:

Après avoir proposé, dans un premier temps de comprendre le contexte actuel et les incertitudes, dans un second temps, on nous expose un certain nombre de question sur l’analyse économique.

La crise de la Covid-19 est un événement social et économique sans précédent, marqué par quatre incertitudes.

  1. L’incertitude épidémique quant à la contagiosité et la létalité du virus qui au développement de la pandémie a imposé une nécessaire période de confinement, conduisant à l’arrêt d’entreprises et à un profond ralentissement de l’activité de certains secteurs.
  2. Les effets économiques de cette stratégie inédite de confinement, puis de dé confinement. Ces politiques n’ont jamais été utilisées auparavant. Les effets sur le chômage, sur le revenu et la consommation des ménages, les inégalités et la pauvreté ou encore l’investissement ont dû être estimés dans l’urgence.
  3. L’effet des autres politiques économiques destinées à réduire les effets économiques négatifs du confinement et des mesures sanitaires. Les dispositifs d’activité partielle, du fonds d’indemnisation des indépendants, du plan de relance demandent à être évalués dans un contexte de forte incertitude. Cette troisième incertitude concerne donc la difficulté de l’évaluation des politiques publiques.
  4. Le comportement des ménages et des entreprises eux-mêmes dans un tel environnement incertain. La décision de consommation des ménages et d’investissement des entreprises, en France et dans les autres pays, déterminent la demande et donc l’activité économique.

 

On identifie quatre nouvelles questions pour l’analyse économique :

  1. Quel sens donner à l’évolution des prix des services quand la notion même de qualité ne peut être mesurée ?
  2. Comment la crise est-elle socialement partagée ?
  3. De quelle façon l’économie est-elle financée ?
  4. Qu’est-ce qu’un choc d’offre et un choc de demande et quelles sont leurs implications sectorielles ?

 

  1. Après l’épidémie, et donc la mise en place des mesures sanitaires, une hausse du temps passé en boutique s’est fait ressentir. De plus, les coûts ont augmenter chez certains commerçants comme par exemple dans le domaine de l’esthétique. En effet, l’évolution des prix est lié au temps supplémentaire passé sur le nettoyage du matériel par exemple.
  2. L’ampleur de la crise et son effet différencié selon les secteurs, tout comme la hausse du sous-emploi, indiquent de forts effets distributifs entre les ménages. Les effets sur les inégalités et la pauvreté sont essentiels à estimer. En effet, sur un plan strictement économique, cet effet différencié est important pour prévoir la dynamique de la consommation. Ensuite, l’identification des ménages fragiles est importante pour la politique économique afin de lutter contre la pauvreté.
  3. ace à un choc comme la crise de la Covid-19, l’intégration d’éléments financiers de bilan est nécessaire afin d’identifier les fragilités financières susceptibles de déstabiliser la dynamique économique. Les contraintes de liquidité et de solvabilité peuvent engendrer des faillites d’entreprises et des destructions d’emplois. Elles influencent aussi la dynamique de l’investissement. Les ménages ont donc eu tendance souvent par manque que choix, de puiser dans leurs épargne.
  4. L’analyse économique distingue traditionnellement les chocs d’offre et de demande. Un choc d’offre négatif est une baisse des quantités vendues du fait de contraintes de production. Elle conduit donc à une hausse des prix. Un choc de demande négatif est une baisse de la demande qui conduit à une baisse des prix. La prévision de l’inflation et de l’évolution du revenu des consommateurs et producteurs dépend donc de l’identification de tels chocs. La crise de la Covid-19 conduit à remettre en cause une simple distinction entre offre et demande. En particulier, la fermeture administrative de certains secteurs constitue à la fois des chocs d’offre et de demande dans des proportions qu’il faut estimer.

 

Résultats:

L’analyse économique est donc remise en mouvement par les nouveaux mécanismes de diffusion. L’enjeu de ces analyses est essentiel car il concerne la définition des politiques économiques pertinentes, comme le soutien au revenu ou à la production des acteurs-clés.

 

Conclusion:

En conclusion, il faut reconnaître que les quatre questions principales posées dans ce texte n’épuisent pas le champ de toutes les interrogations qui naissent de la crise de la Covid-19. Ces dernières vont de la mesure économique elle-même à la compréhension de nouveau mécanisme.

En effet, il est bien trop tôt pour savoir si cette crise inédite changera l’analyse économique. Cela n’a pas été le cas de la crise de 2008, dites des subprime. La période actuelle est plutôt celle de l’identification des zones d’ombre nouvelles dans la compréhension du fonctionnement de nos économies.

 

Références:

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  • Bignon Vincent et Olivier Garnier, 2020, « Mesurer l’impact de la crise Covid : l’expérience de la Banque de France », Revue de l’OFCE, n° 168, novembre.
  • Blanchet Didier et Jean-Luc Tavernier, 2020, « Mesurer l’activité durant la crise sanitaire : premiers éléments de bilan », Revue de l’OFCE, n° 168, novembre.
  • Dauvin Magali, Paul Malliet et Raul Sampognaro, 2020, « Impact du choc de demande lié à la pandémie de la Covid-19 en avril 2020 sur l’activité économique », Revue de l’OFCE, n° 168, novembre.
  • Dauvin Magali, Bruno Ducoudré, Éric Heyer, Pierre Madec, Mathieu Plane, Raul Sampognaro et Xavier Timbeau, 2020, « Évaluation au 26 juin 2020 de l’impact économique de la pandémie de COVID-19 et des mesures du confinement et du déconfinement en France », OFCE Policy brief, n° 75, 26 juin.
  • Ducoudré Bruno et Pierre Madec, 2020, « Évaluation au 6 mai 2020 de l’impact économique de la pandémie de COVID-19 et des mesures de confinement sur le marché du travail en France », OFCE Policy brief, n° 67, 6 mai.
  • Département analyse et prévision de l’OFCE, 2020a, « Évaluation au 30 mars 2020 de l’impact économique de la pandémie de COVID-19 et des mesures de confinement en France », OFCE Policy brief, n° 65, 30 mars.
  • Département analyse et prévision de l’OFCE, 2020b, « Évaluation au 20 avril 2020 de l’impact économique de la pandémie de COVID-19 et des mesures de confinement en France : comptes d’agents et de branches », OFCE Policy brief, n° 66, 20 avril.
  • Département analyse et prévision de l’OFCE, sous la direction d’Éric Heyer et de Xavier Timbeau, 2020c, « Évaluation de l’impact économique de la pandémie de COVID-19 et des mesures de confinement sur l’économie mondiale en avril 2020 », OFCE Policy brief, n° 69, 5 juin.
  • En ligneGhosh A., 1958, « Input-Output Approach to an Allocation System », Economica, vol. 25, n° 97, pp. 58-64.
  • Guerini Mattia, Lionel Nesta, Xavier Ragot et Stefano Schiavo, 2020, « Dynamique des défaillances d’entreprises en France et crise de la Covid-19 », OFCE Policy brief, n° 73, 19 juin.
  • Guerrieri Veronica, Guido Lorenzoni, Ludwig Straub et Iván Werning, 2020, « Macroeconomic Implications of COVID-19: Can Negative Supply Shocks Cause Demand Shortages? », NBER Working paper, n° 26918.
  • Insee, 2020, « Mesure et prévision en temps de crise : une comparaison avec la période 2008-2009 », Point de conjoncture, 9 avril.
  • Jusot Florence, Pierre Madec, Jean-Philippe Bertocchio, Bruno Ducoudré, Mathieu Plane, Raul Sampognaro, Xavier Timbeau, Bruno Ventelou et Jérôme Wittwer, 2020, « Les ‘vulnérables’ à la COVID-19 : essai de quantification », OFCE Policy brief, n° 74, 26 juin.
  • Plane Mathieu, « Covid-19 et entreprises : comment éviter le pire ? », OFCE le blog, 29 mai 2020.
  • Tavernier Jean-Luc, 2020, « La statistique publique à l’épreuve de la crise sanitaire », blog de l’INSEE, 6 mai.

 

Mesurer l’activité durant la crise sanitaire

Didier BlanchetJean-Luc Tavernier (2020), Mesurer l’activité durant la crise sanitaire, Revue de l’OFCE, (166), pages 23 à 44 https://doi.org/10.3917/reof.166.0023

 

Mots clés : Crise sanitaire, Diagnostic conjoncturel, Comptes nationaux

 

Au sein de cette étude, on aborde la crise sanitaire de la COVID-19 au cours des derniers mois à date de décembre 2020. Les acteurs du suivi économique conjoncturel ont du mettre en places des adaptations au cours de cette crise.

Les évaluations de l’ampleur du choc se sont accumulées et affinées au fil des semaines, chaque organisme y contribuant selon ses tropismes et ses avantages comparatifs, chacun tirant parti des travaux des autres et les nourrissant en retour.

Dans cet article, les chercheurs on essayer d’établir et de mettre en avant dans cette article, un premier bilan de cette période compliquée. Pour ce faire, il se pose principalement trois questions en terme d’instruments de mesure, l’objet même de cette mesure, et la comparabilité internationale des chiffres.

 

Développement:

Tout d’abord on nous parle du contexte actuel particulier lié à la pandémie de la COVID-19 et comment l’INSEE arrive a suivre l’activité économique.

En temps normal, l’INSEE alimente le diagnostic sur l’économie française de trois manières :

  1. Son département de la conjoncture produit tous les trois mois une Note ou un point de conjoncture avec des premières estimations de l’évolution de l’économie française sur le trimestre qui s’achève ou vient de s’achever, et des prévisions courant sur le trimestre ou les deux trimestres suivants.
  2. Les comptes trimestriels publient ensuite leurs estimations de l’évolution effective de l’économie sur le trimestre écoulé : la première estimation est publiée un mois après la fin du trimestre, elle consiste en une fiche de PIB présentant l’évolution de ce dernier et de ses principales composantes.
  3. Enfin, l’estimation complète des comptes nationaux est fournie par les comptes annuels mais bien plus tardivement, parce que s’appuyant principalement sur des données comptables d’entreprises dont les remontées ne sont que très progressives et qui nécessitent un important travail d’analyse et de mise en cohérence.

Mais la pandémie actuelle est venue bousculée ce dispositif traditionnel. En effet, en ce qui concerne les comptes annuels, le risque était que le passage en télétravail ne permette pas de les boucler en temps et en heure : tel n’a pas été le cas, ils ont été normalement publiés fin mai. D’un point de vue trimestriels les comptes du 1er trimestre 2020 qui étaient attendus pour la fin avril étaient en revanche directement concernés par la crise, son déclenchement ayant affecté les deux dernières semaines de ce premier trimestre : il fallait se préparer à rendre compte de cet impact. Suite à ça, l’INSEE a décidé de ne pas rentrer dans cet exercice de 2020.

Comme nous avons pu le voir dans une étude (Mesurer l’impact de la crise Covid-19) du même journal, l’INSEE, comme la Banque de France, ainsi que d’autres organismes gérant des statistiques, ont dû adapter leurs modalités de travail.

Il est important de noter que la situation actuelle est très différente de celle qu’on avait connue lors de la crise de 2008-2009, où la qualité des estimations et des prévisions avait déjà été fortement mise à mal. C’est pourquoi les services statistiques ministériels n’ont pas été en reste. Ainsi, la Dares, service statistique du ministère en charge du travail, a lancé la publication hebdomadaire d’un tableau de bord permettant de suivre en temps réel la progression des demandes d’activité partielle.

La complémentarité entre les sources statistiques traditionnelles et les nouvelles sources de données mobilisées depuis le début de la crise sanitaire avancent ensemble sur ce sujet sensible. Mais cette complémentarité des différents outils n’était pas acquise d’entrée de jeu, en tirer parti découle d’un processus progressif de preuve par l’exemple et de mise en confiance des détenteurs de ces données. De ce point de vue, cette crise très inédite aura effectivement constitué un contexte propice aux avancées.

 

Résultats:

Dans cette étude, en même temps que de suivre les décès de façon hebdomadaire pandas la pandémie, il restait quand même important de mesurer les conséquences économiques de cette crise sanitaire et leur traduction en points de PIB.

En résultats, les chiffres sont finalement bien installés dans le débat public, avec moins de contestation qu’on ne pouvait le craindre. La raison vraisemblable est que, pour le coup, on est dans un cas de figure où la mission du PIB est la moins susceptible d’être mal comprise. Derrière son chiffre, il y a les revenus de la population, les risques de tomber au chômage ou de ne pas trouver d’emploi, les baisses de chiffres d’affaires et les risques de défaillance d’entreprises, les conséquences de tout cela pour les finances publiques.

Paradoxalement, la crise est ainsi venue fournir un lot d’arguments pour le courant de défense du PIB ou de la comptabilité nationale en général. Et en réalité, le principe de mesurer l’activité du secteur public par les coûts de production ne vaut que pour l’activité en valeur.

 

Conclusion:

En conclusion, face à une telle crise, ce n’est pas de moins de comptabilité nationale qu’on a besoin : ce qui s’est passé et ce qui nous attend rendent encore plus nécessaire qu’à l’ordinaire un suivi de la situation économique des différents agents, pour apprécier lesquels et à quelle hauteur ont besoin d’être soutenus. De plus, en temps normal la comparabilité des chiffres n’est pas aussi affirmée que ce qu’on serait en droit d’attendre. Le contexte de crise a encore plus accentué ce problème.

 

Références:

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  • Blanchet D., Khder M.-B., Leclair M., Lee R., Poncet H. et Ragache N., 2018, « La croissance est-elle sous-estimée ? », L’Économie française ; comptes et dossiers, édition 2018, Coll. Insee références, pp. 59-79.
  • Blanchet D., 2020, « Comptabilité nationale et mesure de l’activité : quelques questions pour pendant et pour après la crise », Blog de l’Insee, 17 juillet.
  • Bortoli C. et Combes S., 2015, « Apports de Google Trends pour prévoir la conjoncture : des pistes limitées », Note de conjoncture de mars 2015, Insee, pp. 43-56.
  • Coyle D., 2017, « Do it yourself digital: the production boundary and the productivity puzzle », ESCoE Discussion paper, 2017‑01.
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  • Ferrara L. et Simoni A., 2019, « When are Google data useful to nowcast GDP? An approach via pre-selection and shrinkage », Working Paper, n° 2019-04, Center for Research in Economics and Statistics.
  • Insee, 2020a, « Mesure et prévision en temps de crise : une comparaison avec la période 2008-2009 », Point de conjoncture du 9 avril.
  • Insee, 2020b, « Quelle mesure de l’évolution des prix en période de confinement ? », Point de conjoncture du 17 juin.
  • Jany-Catrice F., 2019, L’indice de prix à la consommation, Coll. Repères, La Découverte.
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  • Wyplosz C., 2019, « En défense du PIB », Telos, 20 novembre.

 

Mesurer l’impact de la crise Covid-19

Vincent BignonOlivier Garnier (2020), Mesurer l’impact de la crise Covid-19, Revue de l’OFCE, (166), pages 45 à 57 https://doi.org/10.3917/reof.166.0045

 

Mots clés : Nowcasting, Conjoncture, Enquête, Crédit, Epargne

 

Dans cet article on trouve le détail afin de comprendre comment le système d’information statistique de la Banque de France a été adapté et mobilisé pour éclairer sur les conséquences économiques de la crise, en prenant l’exemple de deux productions majeures de la Banque de France : l’estimation du niveau de l’activité économique française à partir de l’Enquête Mensuelle de Conjoncture et la position financière nette des ménages et des entreprises.

 

Développement:

Dans cet article, on nous parle du contexte actuel particulier lié à la pandémie de la COVID-19 et de la Banque de France qui a due adapté son système d’information. Les restrictions administratives ont eu un impact variable selon les secteurs.

L’article met en évidence l’évolution estimer des pertes d’activité et de PIB au cours de l’année 2020 par le biais d’enquêtes. On début la fréquences des enquêtes était mensuelle et elle est devenue par la suite hebdomadaire, auprès des banques commerciales des principaux comptes financiers des ménages et des entreprises.

La récolte de données a permis de constater très rapidement une envolée simultanée de l’endettement et de trésorerie des entreprises et également une forte hausse de l’épargne bancaire des ménages.

Après avoir proposé, dans un premier temps de parler des enquêtes pour estimer les pertes d’activité et le PIB, on nous parle ensuite du suivi rapproché de la situation financière des ménages et des sociétés non financières.

Dans cette article, les enquêtes ont été réalisées par la Banque de France qui est st à la fois productrice et utilisatrice de statistiques. Ces enquêtes sont utilisées pour effectuer chaque mois une prévision du Produit Intérieur Brut (PIB) trimestriel de la France et pour le tableau de bord des tendances économiques régionales.

Durant la période de la COVID-19, leurs outils statistiques ont été fortement mobilisés afin d’éclairer rapidement à la fois les décisions de politique monétaire et le public.

La crise de la COVID-19 est plutôt une crise récente inédite non seulement par son caractère exogène à l’économie mais également parce qu’elle a fortement modifié les relations économiques entre agents. Les prévisions du PIB ont alors étés perturbés  et donc il a été impossible de les calculées avec les méthodes habituelles initiales, telles que les méthodes d’économétriques. En effet, l’impact inédit et brutal du confinement en mars 2020 sur l’activité économique a remis en cause les régularités statistiques.

 

Le recueil et la publication des statistiques monétaires et financières a été également adaptée à la nouvelle situation créée par le Covid-19. Le choc induit par la crise sanitaire et le confinement a conduit la Banque de France à établir un suivi à fréquence plus élevée des principaux postes des comptes financiers des entreprises et des ménages.

 

Résultats:

Une fois les questionnaires collectés, les réponses à la question sur la perte d’activité ont été agrégées au niveau sectoriel en pondérant la réponse de chaque firme par ses effectifs, permettant ainsi de construire un tableau de bord sectoriel.

Il montre à la fois la forte remontée de l’activité entre avril et fin septembre et la persistance d’une forte hétérogénéité entre les secteurs.

S’agissant des ménages, les données sur les dépôts et les crédits ont permis très vite de mettre en évidence la forte hausse de leur épargne bancaire (numéraire + dépôts – crédits). Au niveau de l’ensemble de la France métropolitaine, les dépôts par ménage ont augmenté en moyenne de 3 532 euros (+6,8 %) sur cette même période de mars à août 2020. Cette moyenne recouvre néanmoins des disparités régionales, avec des taux de variation allant de +5,4 % pour le Centre-Val de Loire à +8,9 % pour l’Île-de-France. Il convient aussi de souligner que ces montants moyens par ménage peuvent recouvrir d’importantes disparités au sein de la population de chaque région.

 

Comme dans le cas des entreprises, il serait utile de compléter ce suivi macro-financier de l’épargne des ménages par des analyses en temps réel à un niveau plus microéconomique, afin de mettre en évidence les disparités d’évolutions entre ménages. Le Conseil d’analyse économique vient ainsi de mener une étude à partir de données bancaires individuelles

 

Conclusion:

Dans cet étude, on nous montre d’un part que la situation sanitaire a eu des effets sectoriels très différenciés, du fait de l’interruption de l’activité dans certains secteurs, du passage en télétravail massif et de l’augmentation de la demande pour certains biens comme l’alimentation tandis que la consommation d’autres biens a fortement baissé. D’autre part la situation sanitaire a créé simultanément des chocs d’offre et demande, et modifié les flux de recettes et de dépenses des agents économiques. Leur situation en matière de trésorerie et d’endettement en a été modifiée, parfois fortement. D’un côté, une partie des ménages empêchés de consommer ont accumulé de l’épargne « forcée ». De l’autre, les entreprises ont recouru à l’endettement pour faire face aux risques pesant sur leur trésorerie. Les données collectées par la Banque de France sur les dépôts et les crédits ont donc été de première importance.

Pour répondre à ces questions inédites, les enquêtes et productions statistiques « traditionnelles » se sont finalement révélées les sources les plus utiles et les plus fiables, grâce à la forte réactivité des informateurs et des agents en charge de la collecte et du traitement.

 

Références:

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Le management des normes, un nouvel avantage concurrentiel pour les banques. Cas d’une banque régionale

Joëlle Randriamiarana (2016), Le management des normes, un nouvel avantage concurrentiel pour les banques. Cas d’une banque régionale, Management & Avenir, (N° 90), pages 61 à 85 https://doi.org/10.3917/mav.090.0061

 

Mots clés : Management, Concurrentiel, Banques

 

Dans cet article, on nous présente les différents dispositifs qui ont été mis en place par une banque mutualiste pour le pilotage de la liquidité dans le cadres des normes Bâle III qui est une réforme mise en place afin de renforcer le système financier à la suite de la crise financière de 2007. Il faut savoir que les réglementations s’adaptent aux différentes crises et les établissements bancaires, à leur tour, doivent faire face aux nouvelles règles et normes édictées et s’organiser en conséquence.

Selon les chercheurs, le métier bancaire est complexe du fait de la multitude de créanciers qui sont des déposants de toute sorte. La banque a de ce fait une gouvernance particulière, qui n’est pas limitée aux cercles clos des conseils d’administration et de surveillance, mais ouverte aux organismes de tutelle. Ainsi, depuis la fin des années 1980, la gouvernance des établissements est étroitement liée aux régulations mises en place dans le cadre des accords de Bâle.

L’article met donc en avant l’étude de cas construite à partir d’une recherche-accompagnement auprès des différents établissement bancaires, en examiner l’impact des changements de règlementations de la réforme de la Bâle.

Tout ceci afin d’essayer de répondre à cette question : Comment les banques peuvent-elles faire du management des normes une nouvelle source d’avantages concurrentiels ?

 

Développement:

Après avoir proposé, dans un premier temps des apports et limite de cette réforme qu’est la Bâle III, dans un second temps, on nous expose la méthodologie de recherche, et enfin on ouvre la discussion sur les résultats et les développements possibles.

Afin de traiter la problématique exposée, nous nous sommes intéressés au cas d’un établissement de type mutualiste qui est dans le processus de mise en place de la réglementation Bâle III depuis janvier 2013.

 

  • Bâle III

Les établissements bancaires et mutualistes sont actuellement soumis à des contraintes dans la mise en place de Bâle III, qui impose des exigences aussi bien qualitatives que quantitatives dans les reporting.

Les objectifs de cette norme sont notamment d’assurer la résilience et la viabilité du secteur bancaire, en complément de la protection des dépôts des clients et la stabilité du système financier. Pour les exigences qualitatives, depuis 2008, on compte plus d’une quinzaine de recommandations publié dans « les Principes de saine gestion et de surveillance du risque de liquidité ». En ce qui concerne les exigences quantitatives, qui se traduisent par le respect des ratios réglementaires. À chaque réglementation du comité de Bâle, de Bâle I à Bâle III, ces exigences qualitatives, quantitatives et de reporting ont évolué, nécessitant une gestion différente.

L’une des propositions de la tétranormalisation est de constater que les normes, quel que soit leur domaine d’application, ont des conséquences paradoxales. D’un côté, elles créent de la sécurité et réduisent l’incertitude, de l’autre, elles peuvent être sources de perturbations dans les organisations.

 

  • Méthodologie

La recherche-accompagnement qui a été la méthodologie retenue par les chercheurs de cette étude, nécessite des observations longitudinales de terrain, avec une présence partielle, d’une part, et une situation d’interactivité avec les acteurs, d’autre part, remplissant ainsi les principaux critères de l’étude.

Pour recontextualiser un peu les choses, l’étude s’est déroulée en deux phases (une phase d’observation et une autre d’échanges sous forme d’entretiens) et a eu lieu sur une période de dix-neuf mois, plus précisément de juin 2014 à décembre 2015. Son objectif était de comprendre comment la réglementation Bâle III a été mise en place au sein de l’établissement mutualiste sur lequel l’étude s’appuie.

 

  • Discussions et développements

L’étude menée dans cette article a permis de souligner l’importance de la gestion des contraintes normatives dans le cadre de la mise en place de la réglementation Bâle III. Cependant l’étude présente certaines limites liées à la période d’observation. Celle-ci correspond à l’entrée en vigueur du premier ratio, trop prématurée pour analyser l’arbitrage qui aurait pu être fait par l’établissement sur les différents ratios à respecter.

 

Résultats:

Les résultats soulignent le caractère contraignant de la réglementation au sein de l’établissement bancaire mutualiste, d’autant plus que le respect des ratios représente de véritables enjeux stratégiques, laissant peu de place à l’arbitrage. En nous basant sur l’analyse des facteurs clés de succès d’une gestion efficiente des normes, tels que présentés par la théorie de la tétra normalisation, nous observons une véritable implication de la direction dans l’orchestration de la réglementation qui a nécessité la mise en place d’une ingénierie normative adaptée.

Les résultats issus de cette recherche montrent bien que de nombreux changements sont observés essentiellement au niveau de l’organisation, guidés par l’obligation de piloter la liquidité à court terme.

Les résultats soulignent en outre le renforcement des travaux collaboratifs entre financiers et commerciaux, les dispositifs préconisés par la théorie de la tétranormalisation se retrouvent dans les mesures prises par l’établissement étudié.

 

Conclusion:

Dans cet étude, on nous montre la réglementation est considérée comme contraignante par les parties prenantes en interne, et que l’entreprise sur laquelle l’étude est basée a cependant su anticiper les changements en mettant en place une gestion qui, à de nombreux égards, est en accord avec les préconisations de la théorie de la tétranormalisation qui sera décrite ultérieurement.

On note également qu’une la crise de 2007 a montré qu’une gestion stricte de la liquidité est plus que jamais indispensable.

 

Références:

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La filière équine, une filière agricole qui se diversifie pour résister à la crise

Carole BottonJohanna Edelbloude (2020), La filière équine, une filière agricole qui se diversifie pour résister à la crise, Économie rurale, (N°374), pages 9 à 15 https://doi.org/10.4000/economierurale.8186  https://www.cairn.info/revue-economie-rurale-2020-4-page-9.htm

 

Mots clés : Equine, Agricole, Resister, Crise

 

Dans cet article, on nous parle de la façon dont la filière équine dans le secteur agricole a réussi à se diversifier afin de résisté à la crise due à la pandémie de la COVID-19. Pour information, la filière équine englobe un vaste panel d’activités professionnelles et de loisirs en lien avec le cheval.

Depuis quelques années, ce secteur traverse une crise en plus de celle de la pandémie survenu en 2020, au cours de laquelle de nombreux professionnels d’établissements équestres, des éleveurs, des cavaliers professionnels, des entraîneurs et les hippodromes ont dû suspendre leur activité. La perte de dynamisme enregistrée par les organisations du secteur équin est donc plus que jamais bouleversée par de très forts enjeux économiques.

 

Développement:

Après avoir proposé, dans un premier temps de parler du contexte, dans un second temps, on nous expose l’état des lieux et puis pour finir on nous parle de la problématique ici présentée. Le but est d’analyser la “recompositions socio-professionnelles d’un secteur en crise : la filière équine”.

La filière équine est plutôt puissante économiquement puisqu’elle génère plus de 60 000 emplois directs et 11 milliards de chiffre d’affaires que ce soit sur les activités d’élevage, de courses hippiques, des centres équestres ou bien d’artisanat. Cependant, au cours de ces dernières années le bilan est plutôt mitigé.

Selon les chercheurs, malgré son importance économique et sociale, la filière équine ne constitue pas un champ de recherche à part entière au sein des sciences humaines et sociales, au contraire d’autres filières animales ou agricoles, vitivinicole par exemple.

La crise soulève la question des stratégies de pérennisation et de développement des structures équines, servies notamment par la bipolarisation entre, d’une part, un processus de démocratisation qui implique une diversification de ses activités et, d’autre part, des velléités élitistes d’excellence qui impliquent une spécialisation.

Bien étudiée par les sciences dites dures telles que la biologie, la filière équine est peu visible dans le domaine des sciences humaines et sociales, comme démontré précédemment. Parmi elles, certaines disciplines telles que la science politique, le droit et la gestion y trouveraient sans difficulté matière à réflexion. En effet, cette filière représentative dans plusieurs secteurs possède de terrains riches et diversifiés. Cette filière génère également des transactions économiques colossales, en volumes comme en montants.

 

Résultats:

Suite à l’élaboration d’une étude statistique des chercheurs sur l’élevage équin pour mettre en lumière les spécificités propres à chaque territoire et à chaque race, les résultats obtenus révèlent l’atomisation et la diversité des exploitations avec équins au sein du secteur agricole, les auteurs proposent d’établir une typologie de ces exploitations en fonction des variables enregistrées par le recensement agricole.

 

Conclusion:

Dans cet étude, on nous montre que la filière équine est source d’opportunités de recherches d’autant plus stimulantes qu’elles sont diversifiées et soutenues par les institutions. Ainsi, la majorité des travaux présentés par les chercheurs s’inscrivent dans des projets plus larges financés par l’IFCE ou le Fonds Eperon. À ce jour, la forte dimension émotionnelle dans les conduites de projets peut s’appréhender comme une contrainte. Ainsi, la plupart des chercheurs travaillant sur la filière ont eux-mêmes des affinités avec leur objet de recherche, le cheval. La formation d’équipes de recherches transverses et plus ouvertes aux non-initiés est non seulement envisageable mais souhaitable, notamment pour éviter que le rapport à l’objet soit source de biais dans la conduite des recherches.

 

Références:

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