Regards croisés : « Quelle organisation demain pour fidéliser les collaborateurs ? »

FICHE DE LECTURE 11

 Référence au format APA

Frimousse, S., & Peretti, J.-M. (2024). Regards croisés : « Quelle organisation demain pour fidéliser les collaborateurs ? ». Question(s) de Gestion, 48 , 143-228.

Mots clés : fidélisation, organisation du travail, management, engagement, culture organisationnelle

Synthèse

Soufyane Frimousse et Jean-Marie Peretti ont réfléchi à l’évolution des organisations en matière de fidélisation des collaborateurs dans un contexte de transformations du travail et de pénurie de talents. Partant du constat que les pratiques RH traditionnelles (rémunération, stabilité) ne suffisent plus à retenir les salariés, les auteurs proposent une analyse approfondie des pratiques organisationnelles et managériales susceptibles de renforcer l’engagement et la rétention des collaborateurs.

Selon eux, la fidélisation ne doit pas être abordée comme un simple effet des politiques RH classiques, mais comme une dynamique organisationnelle globale incluant la culture, le sens du travail, la qualité de vie professionnelle et les modalités de management. Leur est démarche à la fois théorique et réflexive, s’appuyant sur une revue de la littérature et des exemples contemporains.

  • En premier lieu, nous analyserons les éléments conceptuels mobilisés par les auteurs autour de la fidélisation.
    • Nous soulignons ensuite les facteurs organisationnels identifiés comme déterminants de la fidélisation.
    • Ensuite, nous mettons en évidence les implications managériales proposées pour l’avenir des cabinets et des organisations en général.

Développement

  1. Le cadre conceptuel de la fidélisation

Frimousse et Peretti traitent la fidélisation des collaborateurs comme un processus dynamique où l’organisation crée les conditions d’un engagement durable. Ils distinguent deux niveaux :

  • La fidélisation objective , qui se mesure par des indicateurs comme le taux de chiffre d’affaires ou la durée moyenne de présence dans l’entreprise.
  • La fidélisation subjective , qui renvoie au sentiment d’appartenance, à la satisfaction au travail et à l’engagement affectif.

Les auteurs s’appuient sur des travaux en GRH, en comportement organisationnel et en sociologie du travail pour structurer leur réflexion. Ils soulignent que la fidélisation ne peut être envisagée uniquement à travers des leviers structurels (contrats, avantages, rémunération), mais doit intégrer la culture organisationnelle, les pratiques de gestion et la qualité de l’expérience collaborateur .

  1. Facteurs organisationnels de fidélisation

Plusieurs axes clés sont mis en évidence :

  1. a) Qualité de vie au travail

Frimousse et Peretti rappellent que le bien-être au travail, compris au sens large (conditions physiques, charge de travail, équilibre vie pro/perso) influence directement l’attachement des salariés à leur organisation.

  1. b) Sens et adéquation aux valeurs

L’organisation doit proposer une expérience alignée avec les aspirations des collaborateurs : sens des missions, cohérence entre valeurs affichées et pratiques efficaces. Cela implique une culture organisationnelle forte, partagée et vécue.

  1. c) Autonomie et responsabilité

La manière dont les collaborateurs sont impliqués dans les prises de décision et l’accès à l’autonomie professionnelle sont des éléments déterminants de l’engagement. Plus l’organisation valorise la confiance et la responsabilisation, plus la fidélisation est renforcée.

  1. d) Développement continu

Le développement des compétences et la possibilité d’évolution professionnelle sont présentés comme des leviers non financiers majeurs, susceptibles de retenir les talents à moyen et long terme.

  1. Implications managériales

Les auteurs insistent particulièrement sur le rôle du management de proximité et de la culture interne :

  • Le manager de proximité doit être formé à l’écoute, à la communication et à l’accompagnement des collaborateurs, car il est le principal médiateur des pratiques organisationnelles quotidiennes.
  • La fidélisation ne doit pas être confondue avec la rétention artificielle : elle doit être le résultat d’une expérience professionnelle cohérente, valorisante et significative .

Frimousse et Peretti invitent à repenser l’organisation comme un système apprenant , où les collaborateurs à participer à l’évolution des pratiques.

Conclusion

Frimousse et Peretti montrent que la fidélisation ne se limite pas à une combinaison de politiques RH classiques, mais repose sur une transformation profonde des organisations , incluant la culture, les pratiques managériales et l’expérience des collaborateurs. Ils proposent une vision holistique où les leviers non financiers (sens, autonomie, reconnaissance, qualité de vie) jouent un rôle central.

Cet article offre une lecture stratégique des transformations organisationnelles à l’œuvre et met en lumière l’importance d’une approche intégrée de la fidélisation, s’appuyant sur des pratiques de management adaptées aux attentes actuelles des salariés.

Références bibliographiques

Frimousse, S., & Peretti, J.-M. (2024). Regards croisés : « Quelle organisation demain pour fidéliser les collaborateurs ? » . Question(s) de Gestion, 48 , 143-228.