Le marketing d’influence et la concurrence des produits

Cong, L., & Li, S. (2024). Influencer marketing and product competition, Journal of Economic Theory, 220, Article number 105867.

Mots clés : Economie des créateurs, économie numérique, organisation industrielle, célébrité internet, diffusion en continu

 

Introduction

Cet article de Cong et Li (2024) analyse l’impact des influenceurs dans un monde numérique où les réseaux sociaux et les médias en ligne prennent de plus en plus de place. C’est l’essor de l’économie des influenceurs, connue sous le nom “d’économie Wang Hong” ou encore “d’économie des créateurs”, caractérisée par un marketing numérique à grande échelle et accéléré par la pandémie du Covid-19. 

Ces influenceurs proviennent de divers horizons : ils peuvent être des créateurs de contenu, des célébrités, des idoles ou encore des leaders d’opinion clés. Ils possèdent une grande communauté de fans et les influencent dans leur comportement ou leurs achats, en promouvant des produits. Ils peuvent atteindre des marchés de niche et des démographies locales, même avec la croissance rapide des variétés de produits dans le e-commerce (Baslandze et al., 2023), sans augmenter le nombre de produits (Han, 2023).

Un modèle théorique sera utilisé pour analyser la manière dont les entreprises profitent de ces influenceurs pour promouvoir leurs produits/services, et comment cette pratique peut influencer la compétition entre les marques. À partir de là, ils vont analyser l’effet de cette stratégie sur le comportement des consommateurs et sur le prix des produits.

Plusieurs questions seront alors abordées : 

  • Pourquoi le marketing d’influence croît-il si rapidement ?
  • Quel est son impact sur la concurrence des produits ? 
  • Comment évolue le marché du travail des influenceurs ? 

Un modèle théorique sera utilisé, où les vendeurs s’appuient sur les influenceurs pour acquérir des clients et se concurrencent à la fois sur le marché des produits et sur celui des influenceurs. 

 

Développement

Le modèle distingue trois groupes d’agents : les vendeurs, les influenceurs et les consommateurs. Ces agents ont tous des interactions avec le marché des produits, des influenceurs et les plateformes sociales.

Nous analysons si la concurrence entre vendeurs et leur collaboration avec les influenceurs affecte la différenciation des produits et l’acquisition de pouvoir d’influence. À noter que plusieurs études ont analysé la concurrence entre les entreprises pour recruter des influenceurs (Galeotti et Goyal, 2009; Katona, 2018).

Les auteurs ont analysé diverses dynamiques présentes sur le marché des influenceurs et sur la concurrence entre produits. Quatre points essentiels ont été abordés :

  • Les influenceurs les plus puissants entraînent l’augmentation de la concurrence entre les marques
    Les auteurs montrent que les influenceurs les plus puissants (ayant un grand nombre d’abonnés ou une grande influence) parviennent à promouvoir des produits de meilleure qualité, et plus particulièrement pour les vendeurs ayant une capacité de vente directe plus faible. Cela entraîne l’augmentation de la concurrence entre les marques.
  • Technologies d’intermédiation et inégalités de revenus
    Avec les progrès technologiques et l’émergence de technologies d’intermédiation comme les plateformes de streaming en direct ou encore les outils d’analyse de données, les revenus des influenceurs peuvent fluctuer considérablement. Cela va entraîner une inégalité salariale entre les influenceurs qui elle-même va entraîner une concurrence de plus en plus accrue sur le marché du marketing d’influence. 
  • Pluralisme des styles et concentration du marché
    L’étude met en avant l’importance de varier les styles de contenu, cela va permettre d’atténuer la concentration du marché. Mais les auteurs soulignent également qu’une modération de la dispersion des styles aide à mieux répondre aux besoins des consommateurs. Ainsi, si cette dispersion est trop faible ou excessive, elle peut rendre les produits complémentaires ou substituts, ce qui réduit l’efficacité de la stratégie commerciale.
  • Sous-investissement des influenceurs et exclusivité unidirectionnelle
    Le phénomène du sous-investissement des influenceurs dans la promotion des produits est également abordé. Cela est souvent dû à la forte concurrence dans ce marché et est inefficace. L’exclusivité unidirectionnelle, c’est-à-dire un partenariat entre un influenceur et un seul vendeur ou produit, pourrait améliorer le bien-être dans des marchés moins concurrentiels. Ce modèle pourrait améliorer le bien-être global du marché, en encourageant les influenceurs à s’investir davantage.

En analysant le choix des vendeurs, on remarque que la différence de style des influenceurs agit comme une forme de différenciation horizontale. Lorsque cette différence est faible, les vendeurs vont différencier leurs produits pour réduire la concurrence. Il y a également la différenciation verticale, lorsque les vendeurs améliorent la qualité des produits pour réaliser plus de ventes.

La théorie explique que le marketing d’influence bénéficie à la fois aux marques et aux entreprises, facilitant leur entrée sur le marché. Il améliore l’expérience des consommateurs en différenciant les produits et encourage les investissements dans leur qualité. 

 

Conclusion

L’article de Cong et Li (2024) analyse comment les influenceurs deviennent des acteurs clés du marché en attirant les consommateurs qui s’identifient à leur style et à leur interaction sociale. Les vendeurs vont alors s’appuyer sur eux pour promouvoir leurs produits, et les collaborations se négocient selon le principe de Nash (les vendeurs et les influenceurs négocient leurs collaborations en trouvant un équilibre où chacun maximise son bénéfice). 

Seule la valeur du produit n’est pas suffisante pour attirer les consommateurs qui cherchent également à s’identifier au style et à l’interaction sociale de l’influenceur. Cette nouvelle dynamique impacte les revenus des influenceurs, la diversité des produits et l’engagement des consommateurs. 

 

Intégration dans ma revue de littérature

Cet article de Cong, L., & Li, S. (2024) peut contribuer à ma recherche en l’enrichissant sur la façon dont lafoodloveuse impacte non seulement l’image de la marque Cédric Grolet, mais aussi la manière dont la marque se positionne par rapport à ses concurrents. 

Il peut fournir des informations sur les dynamiques concurrentielles générées par le marketing d’influence, notamment sur la façon dont les marques rivalisent pour capter l’attention des consommateurs et influencer leur perception.

 

Références bibliographiques :

  • Baslandze, S., et al. (2023). The expansion of varieties in the new age of advertising. Review of Economic Dynamics.
  • Galeotti, A., & Goyal, S. (2009). Influencing the influencers: A theory of strategic diffusion. RAND Journal of Economics, 40(3), 509-532.
  • Katona, Z. (2018). Competing for influencers in a social network.
  • Han, R. (2023). Regulating influencer market.

Micro, macro et méga-influenceurs sur Instagram : Le pouvoir de persuasion à travers la relation parasociale

Conde, R., & Casais, B. (2023). Micro, macro and mega-influencers on Instagram: The power of persuasion via the parasocial relationship. Journal of Business Research, 158, 113708.

Mots clés : Marketing d’influence, Instagram, micro-influenceurs, relation parasociale, influenceurs des réseaux sociaux.

 

Introduction

L’article présente trois domaines principaux de recherche sur le marketing d’influence : 

  1. L’optimisation de l’influence et l’identification des influenceurs (Li et Du, 2017, More et Lingam, 2019, Roelens et al., 2016, Sheikhahmadi et al., 2017)
  2. L’étude des pratiques liées à la gestion de la présence et de l’influence en ligne (Audrezet et al., 2020, Delisle et Parmentier, 2016, García-Rapp, 2017) 
  3. L’impact des influenceurs sur les réseaux sociaux (SMIs) sur les attitudes et comportements des consommateurs (Lim et al., 2017, Magno et Cassia, 2018, Torres et al., 2019, Uribe et al., 2016, Vrontis et al., 2021).

Elle met en avant l’importance de la congruence entre l’influenceur et le produit (Kim et Kim, 2021), ainsi que le rôle des relations parasociales qui influencent l’intention d’achat (Breves et al., 2019 ; Leite & Baptista, 2022). 

Pour cela, elle va s’intéresser aux micro-influenceurs, qui généralement, ont une relation de confiance plus forte avec leurs abonnés (Borges-Tiago et al., 2023). Les auteurs vont proposer un modèle conceptuel pour examiner l’impact de la taille de l’influenceur (micro, macro et méga-influenceurs) sur son pouvoir d’influence sur les consommateurs (Vrontis et al., 2021).

 

Développement

Définitions

Les influenceurs des médias sociaux (SMI) sont des personnes possédant un grand nombre d’abonnés et capables d’influencer leurs comportements et attitudes (de Veirman et al., 2017; Haenlein & Libai, 2017). Ils sont classés selon leur nombre de followers : mega-influencers, macro-influencers, et micro-influencers. S’ajouter à cela, les celebrities,  nano-influencers (Campbell & Farrell, 2020), ainsi que des virtual influencers créés par IA (Vrontis et al., 2021).

 

Micro influenceurs Macro influenceurs Mega influenceurs
Followers 1,000 – 100,000 100,000 – 1,000,000 > 1,000,000
Avantages Audience fidèle et engagée

Perçus comme très crédibles

Faible coût

Portée plus grande sur des marchés spécifiques

Bon retour sur investissement 

Accessible

Grande visibilité et capacité à atteindre les masses

Effet de halo : Peuvent créer des tendances mondiales

Plus facile de mesurer le ROI

Inconvénients Faible visibilité et notoriété

Volatile et plus difficile de mesurer le ROI

Taux d’engagement plus faible que les micro influenceurs mais plus coûteux Coûts élevés

Moins d’engagements

Audience très exposée aux publicités

 

Le pouvoir d’influence des SMIs dépend de facteurs comme l’attractivité, l’expertise et l’authenticité (Chen et al., 2021). L’authenticité est un élément essentiel car elle favorise la crédibilité et l’intention d’achat (Aw & Labrecque, 2020).

Cette étude cherche donc à comprendre l’impact des SMIs dans le domaine de la mode et du lifestyle sur leurs abonnés, avec un focus sur le phénomène parasocial (lien fictif que porte un individu envers un influenceur).

Le modèle suggère que l’attitude de l’audience envers l’influenceur et l’intention d’achat sont influencés par le nombre d’abonnés de l’influenceur. La taille de l’audience a également un impact sur la popularité et le leadership d’opinion (de Veirman et al., 2017, Ladhari et al., 2020, Casaló et al., 2020).

Hypothèses

C’est ainsi que les hypothèses de recherche incluent :

  • H1a : La taille de l’audience a un effet direct et positif sur la popularité perçue de l’influenceur (de Veirman et al., 2017).
  • H1b : La taille de l’audience a un effet direct et positif sur le leadership d’opinion attribué à l’influenceur (de Veirman et al., 2017).
  • H1c : La popularité perçue a un effet direct et positif sur le leadership d’opinion (de Veirman et al., 2017).
  • H2a : La popularité perçue a un effet direct et positif sur l’intention d’adopter les recommandations de l’influenceur (Ladhari et al., 2020).
  • H2b : Le leadership d’opinion a un effet direct et positif sur l’intention de l’abonné à adopter les recommandations de l’influenceur (Casaló et al., 2020).

D’autres hypothèses sont également abordées sur la proximité perçue créée par l’influenceur, qui mène au développement de relations parasociales (Colliander & Dahlén, 2011).

  • H3a : La relation parasociale influence la relation entre la popularité perçue et l’intention du public d’adopter les recommandations des influenceurs.
  • H3b : La relation parasociale exerce une influence négative sur la relation entre le leadership d’opinion attribué et l’intention du public d’adopter les recommandations des influenceurs.

L’étude

L’étude a analysé 140 influenceurs portugais avec des audiences allant de 1 500 à 384 500 abonnés, et des taux d’engagement allant de 1 % à 31,2 %, catégorisés selon leur nombre d’abonnés (micro et macro-influenceurs).

Les concepts mesurés sont les suivants : 

  • La popularité : Échelle de différence sémantique à 5 niveaux avec 3 questions (De Veirman et al., 2017)
  • Le leadership d’opinion : Échelle de Likert à 5 niveaux avec 7 questions. Adaptée de Casaló et al., (2020)
  • La relation parasociale : Échelle de Likert à 5 niveaux avec 22 questions (Auter et Palmgreen, 2000)
  • L’intention d’adopter les recommandations des SMI : Échelle de Likert à 5 niveaux avec 5 questions. Adaptée de Casaló et al. (2020)

Le questionnaire a recueilli 577 réponses valides dont la majorité de femmes (97,2 %) et 74,5 % étaient âgées de  18 et 24 ans, 18,2 % étaient âgées de 25 à 34 ans.Concernant le nombre de followers sur Instagram, 29,1 % des participants ont indiqué en avoir plus de 1 000, suivis par 23,7 % ayant entre 500 et 1 000 followers.  23,7 % des répondants suivaient entre 6 et 10 SMIs de mode ou de lifestyle, 29,1 % en suivaient entre 11 et 20, et 30,7 % suivaient plus de 20 SMIs.

Après avoir écarté les valeurs aberrantes, une bonne adéquation de l’échantillon pour la plupart des mesures, sauf pour la relation parasociale, où certains items ont été exclus, a été révélée par l’analyse factorielle exploratoire. 

Les résultats ont montré de grandes différences entre les types d’influenceurs (micro, macro, mega) sur la perception de la popularité, du leadership d’opinion et de la relation parasociale. 

  • Les hypothèses H1a, H1c et H2b ont été validées, confirmant que la popularité perçue est influencée par la taille de l’influenceur, qui affecte le leadership d’opinion et l’intention de suivre les recommandations. 
  • Cependant, aucune relation significative n’a été trouvée entre la taille de l’influenceur et le leadership d’opinion ou entre la popularité perçue et l’intention de suivre les recommandations (rejet de H1b, H2a).
  • L’hypothèse H3a sur l’effet positif de la relation parasociale sur l’intention de suivre les recommandations a également été validée.
  • En revanche, aucune interaction significative n’a été trouvée entre la popularité perçue et la relation parasociale, rejetant l’hypothèse H3a.

 

Conclusion

L’article souligne l’importance de la relation parasociale dans le marketing d’influence, en expliquant que la proximité avec l’audience renforce la confiance et l’engagement, d’où l’efficacité des micro-influenceurs. Pour les marques, le choix de l’influenceur dépend des objectifs visés : les micro-influenceurs peuvent être choisis pour générer de l’engagement et stimuler les conversions, tandis que les macro et méga-influenceurs permettent surtout d’accroître la visibilité. 

L’étude souligne ainsi l’essor du marketing de proximité et l’importance grandissante de l’authenticité et de l’interactivité dans la communication digitale. 

Cette étude présente toutefois des limitations, notamment son échantillon non probabiliste et limité au contexte portugais et aux influenceuses mode et lifestyle. De plus, l’étude se concentre sur l’intention de suivre les recommandations et non sur les mesures directes d’efficacité publicitaire, telles que l’attitude envers le produit ou l’intention d’achat, comme suggéré par Muda et al. (2014).

Pour les recherches futures, il serait pertinent d’élargir la diversité des échantillons et d’analyser les effets des SMIs masculins, ou de reproduire cette étude dans un contexte post-pandémique pour confirmer ou étendre ces résultats (Vrontis et al., 2021), au vu de la croissance exponentielle du digital.

 

Intégration dans ma revue de littérature

Cet article pourrait contribuer à ma recherche en fournissant une base théorique sur le rôle des différents types d’influenceurs, les micro-influenceurs dans notre cas, sur Instagram, ainsi que sur le rôle des relations parasociales dans la persuasion des abonnés. Je m’appuierai dessus afin d’expliquer comment lafoodloveuse pourrait impacter l’image de la marque Cédric Grolet via ses contenus Instagram, en influençant la perception de la marque auprès de ses abonnés.

 

Références bibliographiques

  • Audrezet, A., de Kerviler, G., & Guidry Moulard, J. (2020). Authenticity under threat: When social media influencers need to go beyond self-presentation. Journal of Business Research, 117, 557-569.
  • Auter, P. J., & Palmgreen, P. (2000). Development and validation of a parasocial interaction measure: The audience‐persona interaction scale. Communication Research Reports, 17(1), 79-89.
  • Aw, E. C.-X., & Labrecque, L. I. (2020). Celebrity endorsement in social media contexts: Understanding the role of parasocial interactions and the need to belong. Journal of Consumer Marketing, 37(7), 895-908.
  • Borges-Tiago, M. T., Santiago, J., & Tiago, F. (2023). Mega or macro social media influencers: Who endorses brands better? Journal of Business Research, 157, Article 113606.
  • Campbell, C., & Farrell, J. R. (2020). More than meets the eye: The functional components underlying influencer marketing. Business Horizons, 63(4), 469-479.
  • Casaló, L. V., Flavián, C., & Ibáñez-Sánchez, S. (2020). Influencers on Instagram: Antecedents and consequences of opinion leadership. Journal of Business Research, 117, 510-519.
  • De Veirman, M., Cauberghe, V., & Hudders, L. (2017). Marketing through Instagram influencers: The impact of number of followers and product divergence on brand attitude. International Journal of Advertising, 36(5), 798-828.
  • Delisle, M.-P., & Parmentier, M.-A. (2016). Navigating person-branding in the fashion blogosphere. Journal of Global Fashion Marketing, 7(3), 211-224.
  • García-Rapp, F. (2017). ‘Come join and let’s BOND’: Authenticity and legitimacy building on YouTube’s beauty community. Journal of Media Practice, 18(2-3), 120-137.
  • Haenlein, M., & Libai, B. (2017). Seeding, referral, and recommendation: Creating profitable word-of-mouth programs. California Management Review, 59(2), 68–91.
  • Kim, D. Y., & Kim, H.-Y. (2021). Influencer advertising on social media: The multiple inference model on influencer-product congruence and sponsorship disclosure. Journal of Business Research, 130, 405–415.
  • Ladhari, R., Massa, E., & Skandrani, H. (2020). YouTube vloggers’ popularity and influence: The roles of homophily, emotional attachment, and expertise. Journal of Retailing and Consumer Services, 54, 102027.
  • Leite, F. P., & Baptista, P. D. P. (2022). The effects of social media influencers’ self-disclosure on behavioral intentions: The role of source credibility, parasocial relationships, and brand trust. Journal of Marketing Theory and Practice, 30(3), 295–311.
  • Li, F., & Du, T. C. (2017). Maximizing micro-blog influence in online promotion. Expert Systems with Applications, 70, 52–66.
  • Lim, X. J., Mohd Radzol, A. R. bt, Cheah, J.-H., & Wong, M. W. (2017). The impact of social media influencers on purchase intention and the mediation effect of customer attitude. Asian Journal of Business Research, 7(2).
  • Magno, F., & Cassia, F. (2018). The impact of social media influencers in tourism. Anatolia, 29(2), 288-290.
  • More, J. S., & Lingam, C. (2019). A SI model for social media influencer maximization. Applied Computing and Informatics, 15(2), 102-108.
  • Roelens, I., Baecke, P., & Benoit, D. F. (2016). Identifying influencers in a social network: The value of real referral data. Decision Support Systems, 91, 25-36.
  • Sheikhahmadi, A., Nematbakhsh, M. A., & Zareie, A. (2017). Identification of influential users by neighbors in online social networks. Physica A: Statistical Mechanics and its Applications, 486, 517-534.
  • Torres, P., Augusto, M., & Matos, M. (2019). Antecedents and outcomes of digital influencer endorsement: An exploratory study. Psychology and Marketing, 36(12), 1267-1276.
  • Uribe, R., Buzeta, C., & Velásquez, M. (2016). Sidedness, commercial intent and expertise in blog advertising. Journal of Business Research, 69(10), 4403-4410.

 

Les prédicteurs de l’efficacité du marketing d’influenceur sur les médias sociaux : Une revue de littérature complète et une méta-analyse

Spörl-Wang, K., Krause, F., & Henkel, S. (2025). Predictors of social media influencer marketing effectiveness: A comprehensive literature review and meta-analysis. Journal of Business Research, 186, 114991.

Mots-clés : Influenceurs marketing, efficacité du marketing d’influence, revue de littérature, méta-analyse, réseaux sociaux, influenceurs sur les réseaux sociaux

 

Introduction :

Avec l’essor du marketing d’influence au cours de ces dernières décennies, la collaboration avec les influenceurs sur les réseaux sociaux (SMI), est devenue essentielle pour les marques (Leung et al., 2022). 

C’est ainsi que de nombreuses études empiriques ont exploré les facteurs déterminants de l’efficacité du marketing des SMI, nous pouvons citer : 

  • La théorie de la persuasion, qui essaie de comprendre comment certaines informations peuvent changer le comportement, l’attitude ou les croyances des individus/  (Evans et al., 2022; Kim et Kim, 2021) 
  • Le modèle de probabilité d’élaboration, qui explique comment les individus traitent les informations persuasives et comment elles influencent leurs attitudes et comportements. (Hughes et al., 2019; M. T. Lee et Theokary, 2021; Pozharliev et al., 2022) 
  • La crédibilité de la source, elle fait référence à la perception qu’a le public d’une source d’information (Cosenza et al., 2014; De Vries, 2019; Lou et Yuan, 2019; Uribe et al., 2016).

D’autres études ont également été menées en montrant une corrélation entre l’influence de la perception et de l’engagement de l’audience avec différents attributs des SMI, tels que l’attractivité, l’expertise et l’authenticité (Audrezet et al., 2020; Lou et Yuan, 2019). Cependant, ces études sont contradictoires à d’autres qui rapportent qu’il n’y a pas de telle corrélation (De Vries, 2019).

Cette recherche vise à clarifier ces incohérences à travers l’efficacité du marketing des SMI. A travers des études mixtes et des méthodes méta-analytiques, elle va proposer un cadre global et apporter des réponses aux divergences concernant les facteurs clés de mesure de l’efficacité, comme l’engagement et l’intention d’achat.

Trois contributions principales seront apportées : 

  1. Il propose une revue systématique des facteurs influençant l’efficacité du marketing des SMI, en classant les connaissances en groupes théoriques. 
  2. Il utilise des méthodes méta-analytiques afin d’examiner les facteurs clés de l’efficacité et clarifie les divergences. 
  3. Il identifie les lacunes de la recherche actuelle, ouvrant la voie à de futures études.

 

Développement :

1. Sélection et codage des données

Pour sélectionner les données, une recherche manuelle a été effectuée sur 148 revues marketing issues du classement Scopus Citescore et Chartered Association of Business Schools sur la période 2000-2022. Les revues indexées (Billore et al., 2023) ainsi que les revues ayant un CiteScore supérieur à 2,conformément aux critères de Paul et Criado (2020) ont été privilégiées. 

Il y a ensuite eu une sélection de 20 mots-clés pertinents, validés par un expert. Les mots-clés retenus sont “Social Media Influencer”, “Influencers”, “Social Media”, “Influencer Marketing”, et “Influencer Advertising”. Les articles en double, ou ceux n’étant pas directement liés à l’efficacité du marketing des SMI ont été supprimés. A la suite de ces filtrages, 93 articles sur 148 ont été retenus pour la revue complète.

 

2. L’exploration des théories

Après avoir analysé les théories sur les prédicteurs de l’efficacité du marketing des influenceurs sur les réseaux sociaux (SMI), les résultats révèlent 22 théories différentes. Parmi elles, 10 théories ont été sélectionnées pour leur application dans au moins trois articles distincts, et elles sont regroupées en quatre clusters théoriques principaux :

  • Cluster théorique 1 : Perspective de l’influenceur : Ces théories expliquent les différences d’efficacité du marketing des influenceurs sur les réseaux sociaux en raison de leurs attributs. 
    • La théorie de la crédibilité de la source, suggère que les SMI perçus comme crédibles sont plus efficaces (Hovland & Weiss, 1951)
    • La théorie du leadership d’opinion indique que les influenceurs ayant de nombreux abonnés, possède un pouvoir d’influence plus important  (Katz & Lazarsfeld, 1955)
    • La théorie du signalement souligne l’importance des attributs physiques et des comportements des SMI pour leur efficacité. 
  • Cluster théorique 2 : Perspective du consommateur : Ces théories explorent comment l’efficacité du marketing est influencée par la relation entre les consommateurs et les SMI. 
    • La théorie de la relation parasociale : décrit la relation à sens unique entre le SMI et ses abonnés, impactant les attitudes des consommateurs (De Veirman et al., 2017).
    • La théorie de l’utilisation et de la gratification : montre que la capacité des SMI à satisfaire des besoins comme l’information ou le divertissement est essentielle pour l’efficacité (Cheung et al., 2022). 
    • La théorie de l’influence sociale : suggère que plus un SMI est perçu comme populaire ou crédible, plus il a de chance d’influencer les consommateurs (Cheung et al., 2022).
  • Cluster théorique 3 : Congruence : Ces théories concernent la préférence des consommateurs pour la similarité. Celle-ci augmente l’influence des SMI et l’efficacité du marketing des influenceurs (Lou & Yuan, 2019).
    • La théorie de l’équilibre : se concentre principalement sur la nécessité d’une cohérence psychologique
    • La théorie de la similarité-attraction : met l’accent sur le rôle des caractéristiques similaires.
  • Cluster théorique 4 : Persuasion : Le modèle de la persuasion postule que les consommateurs sont conscients des stratégies de persuasion utilisées par les SMI et que cela affecte leurs comportements (Evans et al., 2018).
    • Le modèle de la connaissance de la persuasion : décrit les stratégies pour faire face à la persuasion (Friestad & Wright, 1994) 
    • Le modèle de probabilité d’élaboration : explore les mécanismes de traitement des messages persuasifs (Petty & Cacioppo, 1986).

 

3. L’intégration des résultats contradictoires 

  • Les variables indépendantes

Dans cette étude, 56 prédicteurs distincts de l’efficacité du marketing des SMI (Social Media Influencers) ont été identifiés à travers l’analyse de 108 études, puis regroupés en sept catégories thématiques, elles-mêmes condensées en trois catégories principales. Ce sont les variables indépendantes.

  • Prédicteurs centrés sur le SMI (qui est cette personne) :
    • Caractéristiques du compte : métriques liées au compte, comme le nombre d’abonnés ou l’ancienneté du compte.
    • Caractéristiques personnelles : attributs personnels des SMI, tels que le genre, l’attractivité ou l’expertise.
    • Congruence : niveau de similarité entre les SMI et d’autres parties, comme leurs abonnés, les marques ou les produits.
  • Prédicteurs centrés sur le contenu des SMI (ce que les SMI communiquent) :
    • Style de contenu : type de contenu, comme informatif, fonctionnel, hédonique ou émotionnel.
    • Portée du contenu : sujets abordés, comme la divulgation des partenariats sponsorisés.
  • Prédicteurs liés au mode de communication (comment les SMI communiquent) :
    • Mode de présentation : esthétique et fréquence de la communication du contenu.
    • Mode d’expression : caractéristiques de la communication verbale des SMI, telles que la précision du langage ou le niveau d’abstraction dans leurs messages.
  • Les variables dépendantes

Sept dimensions ont été conceptualisées : la notoriété de la marque, l’attitude envers les publicités, l’attitude envers la marque, l’attitude envers le produit, l’intention d’engagement client, l’intention d’achat et l’action d’engagement client. 

La plupart des recherches existantes se concentrent sur l’intention d’engagement (32 études) et l’intention d’achat (48 études). Mais de nombreuses contradictions ont été relevées.

  • Le nombre d’abonnés : Certaines théories comme la théorie du leadership d’opinion (Valsesia et al., 2020) et la théorie des réseaux sociaux, montrent qu’un nombre élevé d’abonnés renforce la visibilité et l’influence d’un SMI. Cependant, les études de Belanche et al., 2021 ; Lou et Yuan, 2019, montrent qu’une forte popularité peut réduire l’authenticité perçue et l’engagement du consommateur.
  • Expertise : Certain l’associe à une confiance accrue envers le contenu du SMI et donc à une meilleure notoriété et intention d’achat, d’autres montrent une absence de corrélation, notamment en fonction de l’âge du public cible (Fernandes et al., 2022).
  • Similarité : La similarité entre le SMI et son audience favorise l’engagement, mais son influence sur l’intention d’achat dépend d’autres facteurs comme la relation parasociale (Bu et al., 2022) ou la confiance (Lou et Yuan, 2019). Elle est plus efficace lorsque la proximité perçue entre le SMI et l’abonné est faible.

Les divergences dans les résultats peuvent être expliquées par la diversité des méthodologies employées et des populations étudiées. Une méta-analyse est nécessaire pour clarifier l’impact des prédicteurs sur les différentes variables.

 

4. La méta analyse

A la suite des contradictions dans les études, une méta-analyse sera réalisée afin d’évaluer la relation entre les prédicteurs et les indicateurs clés (engagement client et l’intention d’achat).

Pour l’engagement client, nous nous appuierons sur 32 études et 15 prédicteurs, et 48 études et 13 prédicteurs pour l’intention d’achat. Pour les autres variables, le nombre d’études disponibles était insuffisant pour une approche méta-analytique.

L’étude utilise principalement les coefficients de corrélation de Pearson et applique le modèle à effets aléatoires pour mesurer les variations entre études (DerSimonian & Kacker, 2007).. L’hétérogénéité est évaluée via Cochran’s Q et I² (Cochran, 1954), qui vont indiquer si les différences observées sont dues au hasard ou à de réelles variations entre les études.

Engagement client : 

La méta-analyse révèle que 11 des 15 prédicteurs de l’engagement client avec les SMI sont significativement liés à l’engagement. Parmi ceux-ci, le nombre d’abonnés a un effet négatif sur l’engagement, contrairement à l’expertise, l’attractivité, la crédibilité et la sympathie, qui ont un effet positif. La similarité entre le SMI et son public montre également une forte corrélation positive avec l’engagement.

Concernant les styles de contenu, l’originalité présente la plus forte corrélation avec l’engagement, suivie du contenu informatif et fonctionnel. La qualité du contenu a également un impact positif sur l’engagement, tandis que quantité de contenu n’a pas montré de relation significative. 

Intention d’achat : 

La méta-analyse révèle que 8 des 13 prédicteurs sont significativement liés à l’intention d’achat. Le nombre d’abonnés n’a pas d’impact significatif, contrairement à l’engagement client. 

Parmi les caractéristiques personnelles des SMI, l’attractivité, l’expertise et la crédibilité ont un impact positif sur l’intention d’achat, tout comme la congruence de marque et la similarité avec le public. Le contenu informatif et fonctionnel influence positivement l’intention d’achat (Han & Balabanis, 2024). De plus, la qualité du contenu des SMI est positivement liée à l’intention d’achat.

 

Conclusion :

Cette revue apporte une contribution significative ​​à la recherche sur les médias sociaux et le marketing d’influence et a identifié les principaux facteurs prédictifs pour l’engagement des clients et pour l’intention d’achat. 

Mais bien qu’il soit pionnier dans ce domaine du marketing d’influence, l’article souligne plusieurs limitations. Tout d’abord, l’étude est limitée par son échantillon de 93 articles, par la diversité des variables dépendantes et par un nombre limité d’études disponibles pour l’analyse quantitative.

Pour les recherches futures, les chercheurs pourront clarifier les relations théoriques entre les modèles existants comme la crédibilité de la source, le leadership d’opinion, et la théorie de l’élaboration ou encore résoudre les incohérences dans les résultats existants.

 

Intégration dans ma revue de littérature

Cet article fournit une analyse des éléments qui influencent le succès des campagnes de marketing d’influence. Cela peut être pertinent pour ma revue de littérature car il pourrait m’aider à identifier les principaux facteurs expliquant l’impact des contenus de l’influenceuse lafoodloveuse sur l’image de la marque Cédric Grolet. 

Cela me permettra de connaître les variables à prendre en compte dans l’analyse de l’efficacité d’une influenceuse sur Instagram. 

En l’intégrant dans mon étude, je pourrais également justifier l’importance de certains éléments comme le type de contenu, l’engagement des abonnés, ou encore les caractéristiques de l’influenceuse qui jouent un rôle central dans l’image perçue de la marque.

 

Références bibliographiques :

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  • Kim, D.Y., Kim, H.-Y. (2021). Influencer advertising on social media: The multiple inference model on influencer-product congruence and sponsorship disclosure. Journal of Business Research, 130, 405-415.
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  • Lou, C., Yuan, S. Influencer Marketing: How Message Value and Credibility Affect Consumer Trust of Branded Content on Social Media (2019) Journal of Interactive Advertising, 19 (1), pp. 58-73.

 

Le marketing d’influence : Homophilie, comportement de co-création de valeur client et intention d’achat

Bu, Y., & Parkinson, J. (2022). Influencer marketing: Homophily, customer value co-creation behaviour and purchase intention. Journal of Retailing and Consumer Services, 66, Article 102904.

Mots clés : Comportement citoyen du client, comportement de participation du client, homophilie, marketing d’influence, intention d’achat, co-création de valeur

 

Introduction :

Le marketing d’influence connaît une croissance exponentielle (Lou et Yuan, 2019), c’est pourquoi les marques et les détaillants s’associent à des influenceurs afin de promouvoir leurs produits (De Veirman et al., 2017). En plus d’être des ambassadeurs, les influenceurs interagissent avec leurs abonnés, créant un lien plus authentique que les méthodes publicitaires traditionnelles (Ki et al., 2020).

De nombreuses études sur les intentions d’achats ont été menées :

  • La publicité sponsorisée : L’adéquation entre les influenceurs et les produits, ou l’association entre les influenceurs et les marques ou les abonnés peuvent influencer les raisons d’achats d’un client. Il faut cependant tenir compte de l’interaction para-sociale et de la théorie cognitive sociale (Dhanesh et Duther, 2019 ; Kay et al., 2020 ; Lee et Watkins, 2016).
  • La divulgation sponsorisée : Le type de divulgation peut affecter les intentions d’achat des consommateurs en s’appuyant sur la théorie de la réactance (Stubb et Colliander, 2019).

En analysant l’impact de l’homophilie (similitude perçue entre les consommateurs et les influenceurs, l’étude va essayer de comprendre si la co-création de valeur entre influenceurs et les abonnés affecte les intentions d’achat.

 

Développement :

Les entreprises utilisent de plus en plus les réseaux sociaux afin d’améliorer les interactions directes avec les clients et les parties prenantes tout en promouvant la co-création de valeur (Hajli et al., 2017). 

La co-création de valeur, selon les auteurs, désigne le processus dans lequel les consommateurs deviennent des créateurs actifs de la valeur de la marque, et pas simplement passifs face aux messages. Cela se traduit par des actions comme la production de contenu (avis, photos, vidéos…), le partage d’opinions, ou encore d’expériences. (Vargo, S. L., & Lusch, R. F., 2008). La relation entre le consommateur et la marque devient alors plus interactive. En s’engageant dans la co-création, les consommateurs renforcent les liens qu’ils ont avec la marque, ce qui renforce leur fidélité et accroît leur intention d’achat. Ils se sentent ainsi partie prenante du processus d’amélioration des produits et services qu’ils consomment.

Pour cette étude,  des informations ont été publiées sur le site Amazon Mechanical Turk pour recruter des participants en ligne. Les participants ont dû répondre à quatre thèmes de questions: « accord de participation », « à propos de l’influenceur », « à propos de l’influenceur et du comportement de co-création de valeur » et « questions démographiques ». Ces questions ont permis aux auteurs de sélectionner les participants, en excluant ceux qui ne répondaient pas positivement ou ne suivaient pas l’influenceur.  

L’étude a porté attention à la manière dont les questions étaient formulées et ordonnées afin d’éviter tout biais.

Les résultats ont montré que l’homophilie peut en effet motiver le comportement de co-création de valeur du client. Cela signifie qu’une similitude entre le consommateur et  l’influenceur en termes d’intérêts, des valeurs ou même d’apparence renforce sa confiance et  son engagement. Elle confirme l’étude de Teng et Tsai, (2020), qui indique qu’une réponse positive d’une personne à l’homophilie peut affecter son comportement de participation.

Elle enrichit donc la théorie du marketing d’influence (Ladhari, R., et al., 2020) et propose un modèle pour analyser comment l’homophilie entre clients et influenceurs affecte les intentions des abonnés grâce au  comportement de co-création de valeur. 

Cependant, ce modèle présente également des limites car il s’appuie uniquement sur une méthode quantitative et inclut seulement le facteur de l’homophilie. À l’avenir, une étude mixte et d’autres facteurs pourraient être intégrés à la recherche.

 

Conclusion :

L’étude met en avant l’importance de l’homophilie et de la co-création de valeur dans le marketing d’influence. Ces facteurs favorisent la confiance et l’engagement du consommateur envers la marque. Un choix pertinent d’influenceurs renforce non seulement la crédibilité des campagnes, mais favorise également la relation de co-création de valeur entre les utilisateurs finaux et les entreprises. L’expérience est alors plus authentique et engageante, améliorant ainsi l’impact de leurs actions marketing, et par conséquent, stimule les ventes et renforce la fidélité à la marque (Lou, C., et Yuan, S. 2019).

 

Intégration dans ma revue de littérature

Cet article de Bu et Parkinson (2022) contribue à ma recherche car elle permet d’offrir un cadre théorique pour comprendre l’impact des influenceurs sur la perception des consommateurs, en particulier avec l’homophilie et la co-création de valeur. Ces concepts pourraient être pertinents pour analyser l’influence de Lafoodloveuse sur ses abonnés et son impact sur l’image de la marque Cédric Grolet, notamment en ce qui concerne la façon dont ses abonnés deviennent des co-créateurs actifs face de la marque. 

 

Références bibliographiques

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  • Lou, C., Yuan, S. (2019). Influencer Marketing: How Message Value and Credibility Affect Consumer Trust of Branded Content on Social Media. Journal of Interactive Advertising, 19(1), 58-73.
  • Stubb, C., Colliander, J. (2019). “This is not sponsored content” – The effects of impartiality disclosure and e-commerce landing pages on consumer responses to social media influencer posts Computers in Human Behavior, 98, 210-222
  • Teng, H.-Y., Tsai, C.-H. (2020). Can tour leader likability enhance tourist value co-creation behaviors? The role of attachment Journal of Hospitality and Tourism Management, 45, 285-294
  • Vargo, S.L., Lusch, R.F. (2008). Service-dominant logic: Continuing the evolution Journal of the Academy of Marketing Science, 36 (1), 1-10

Le rôle de la congruence entre les influenceurs, les produits et les consommateurs

Belanche, D., Casaló, L. V., Flavián, M., & Ibáñez-Sánchez, S. (2021). Understanding influencer marketing: The role of congruence between influencers, products and consumers. Journal of Business Research, 132, 186-195. 

Mots clés : Congruence, intentions des consommateurs, influenceur, innovation, Instagram, transfert de connaissances

 

Introduction

Les réseaux sociaux deviennent des outils de plus en plus indispensables dans la vie des consommateurs et Instagram est l’une des applications les plus téléchargées, avec plus d’un milliard d’utilisateurs actifs (Statista, 2019). C’est pourquoi de nombreuses marques investissent sur la plateforme afin de profiter des forts taux d’engagement et d’atteindre un large public (Hsu & Lin, 2020 ; Socialbakers, 2018). Bien que tous les secteurs soient concernés, le secteur de la mode et les influenceurs de ce domaine semblent particulièrement en tirer profit. (Hashoff, 2017 ; Sanz-Blas et al., 2019 ; Klear, 2018).

Les influenceurs sont devenus des sources d’information de plus en plus fiables pour leurs abonnés, offrant un sentiment de proximité, renforçant ainsi l’engagement de l’audience (Sokolova & Kefi, 2019). Cependant, des limites existent, notamment lorsque le choix de l’influenceur est mal adapté au produit (Fashionista, 2019) ou lorsque l’influenceur est peu éthique, avec l’achat de faux abonnés ou en manipulant les taux d’engagement (Mediakix, 2019).

Face à ces enjeux, il est essentiel de comprendre les facteurs clés du succès d’une campagne de marketing d’influence (Casaló, Flavián, & Ibáñez-Sánchez, 2020). En s’appuyant sur la théorie de l’équilibre (Heider, 1946), la théorie de la dissonance cognitive (Festinger, 1957) et la théorie de la congruence (Osgood & Tannenbaum, 1955), les auteurs vont s’interroger sur l’impact de la congruence entre l’influenceur, le produit et le consommateur dans l’efficacité du marketing d’influence. 

 

Développement

La proximité des influenceurs avec les abonnés renforce leur crédibilité et impacte l’intention d’achat ainsi que l’engagement de ceux-ci (Lou & Yuan, 2019 ; Chmait et al., 2020). C’est ainsi que l’efficacité des campagnes repose sur l’adéquation entre l’influenceur et son audience, influençant la perception et les décisions d’achat (Casaló et al., 2020; Kim & Kim, 2020).

Différentes théories psychologiques expliquent comment les consommateurs ajustent leurs croyances et comportements afin de maintenir la cohérence dans leurs attitudes. 

  • Théorie de la dissonance cognitive (Festinger, 1957) : Lorsque les individus ont des croyances ou des comportements contradictoires, ils ressentent un inconfort psychologique. Pour réduire cet inconfort, ils vont ajuster leurs attitudes afin de retrouver un équilibre.
  • Théorie de l’équilibre (Heider, 1946) : Les personnes recherchent un équilibre psychologique. Si une congruence existe entre une personne et un influenceur par exemple, et que cet influenceur apprécie un produit, la personne sera plus encline à apprécier ce produit pour maintenir un certain équilibre.
  • Théorie de la congruence (Osgood & Tannenbaum, 1955) : Orientée vers la communication et la persuasion, cette théorie indique que les individus ont tendance à privilégier des éléments qui sont cognitivement cohérents. Ainsi, à la suite d’un message exprimé, le public peut adapter son attitude pour être le plus cohérent possible avec ce message.

À la suite de ces théories, trois hypothèses ont été émises : 

  • H1 : Une plus grande (moins grande) congruence entre l’influenceur et le produit entraîne une plus grande (moins grande) congruence entre le consommateur et le produit chez les abonnés de l’influenceur.
  • H2 : La congruence entre le consommateur et le produit a une influence positive sur les attitudes des consommateurs envers le produit.
  • H3 : Les attitudes envers le produit ont des influences positives sur les intentions des consommateurs d’acheter et de recommander le produit.

Pour répondre à ces interrogations, une expérience en ligne a été réalisée en impliquant l’influenceur mode et beauté Zoe Sugg (@zoesugg), reconnu sur Instagram. Un échantillon de 396 followers femmes, dont 71% sont âgés entre 18 et 34 ans, et ayant une forte congruence avec Zoe en termes d’âge, de nationalité, de niveau d’étude etc. a été choisi. Ils ont été invités à évaluer la congruence entre l’influenceur, la tenue qu’elle porte et leur attitude envers le produit. L’évaluation a été réalisée à l’aide de l’échelle de Likert à sept points, allant de 1 = “pas du tout d’accord” à 7 = “tout à fait d’accord”. Puis des questions sur leurs comportements sur Instagram, sur les autres réseaux sociaux, sur les comportements d’achat en ligne, entre autres, ont été posées. 

Les résultats ont montré qu’effectivement, 

  • Il y a un effet indirect de la congruence consommateur-produit sur les intentions comportementales d’achat et de recommandation. Cela confirme l’hypothèse que lorsque la congruence consommateur-influenceur est élevée, il y aura aussi une forte congruence consommateur-produit, et vice-versa (H1). 
  • La congruence consommateur-produit influence positivement les attitudes des consommateurs envers le produit.
  • Il y a un effet indirect de la congruence consommateur-produit sur les intentions d’achat et de recommandation via l’attitude.

Cette étude peut aider les professionnels du marketing à collaborer avec des influenceurs ayant une forte congruence de style et de valeurs avec la marque et le produit promu. Idéalement, l’influenceur devrait intégrer un produit naturellement dans ses publications (Casaló et al., 2020).

Cependant, les résultats de cette étude sont limités étant donné que l’échantillon provient uniquement d’un seul pays et d’une seule influenceuse. Des études plus poussées pourraient être menées sur d’autres plateformes et avec un échantillon plus large.

 

Conclusion : 

En résumé, cette recherche expérimentale, menée auprès de 396 abonnés, démontre que lorsque l’alignement entre l’influenceur et le consommateur est fort et stable, la perception du produit suit la même dynamique : une forte adéquation influenceur-produit renforce l’association consommateur-produit, tandis qu’une faible correspondance l’affaiblit. Cet alignement a un impact direct sur l’attitude des consommateurs envers le produit sponsorisé, ainsi que leurs intentions d’achat et de recommandation. 

L’étude approuve donc un modèle reliant la perception (alignement) à l’évaluation (attitude) et aux intentions comportementales (achat et recommandation). 

 

Intégration dans ma revue de littérature

Cet article contribue à ma recherche car il explore l’importance de la congruence entre les influenceurs, les produits et les consommateurs. Il met en lumière comment cette cohérence influence l’efficacité du marketing d’influence, en particulier en termes de perception des consommateurs. 

En l’intégrant dans ma revue de littérature, je pourrais appuyer l’idée que l’alignement entre l’influenceuse et la marque joue un rôle essentiel dans la manière dont les consommateurs perçoivent la marque Cédric Grolet.

 

Références bibliographiques

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  • Statista (2019). Number of monthly active Instagram users from January 2013 to June 2018.

 

Les facteurs qui favorisent l’engagement des employés

Akter, H., Sentosa, I., Hizam, S. M., Ahmed, W., & Akter, A. (2021). Finding the Contextual Gap Towards Employee Engagement in Financial Sector: A Review Study. International Journal of Academic Research in Business and Social Sciences, 11(5), 737–758. https://doi.org/10.6007/IJARBSS/v11-i5/9847

Mots-clés : engagement des employés ; facteurs d’engagement ; performance 

L’article de Akter et al. (2021) propose une analyse approfondie de l’engagement des employés dans le secteur financier. Il met en évidence un manque de contextualisation dans les recherches existantes et cherche à combler cette lacune en examinant les déterminants et les effets de l’engagement des employés sur la performance des entreprises du secteur financier.

L’étude repose sur une revue systématique de la littérature réalisée entre 2009 et 2019, couvrant 91 études empiriques. Les auteurs soulignent que l’engagement des employés ne se limite pas à la motivation individuelle, mais qu’il est influencé par plusieurs facteurs, notamment les conditions de travail, les relations interpersonnelles et les politiques organisationnelles (Gruman & Saks, 2011).

L’analyse révèle six catégories de facteurs déterminants :

  • Facteurs psychologiques : des éléments comme la perception du soutien organisationnel ou la rupture du contrat psychologique influencent l’engagement au travail (Malik & Khalid, 2016).
  • Facteurs liés au poste : l’autonomie et les caractéristiques du travail sont des éléments clés qui stimulent l’engagement des employés (Rai et al., 2017).
  • Relations interpersonnelles : un bon climat social et des relations positives avec les supérieurs et les collègues améliorent l’implication des employés (Ghosh et al., 2016).
  • Facteurs environnementaux : des conditions de travail favorables, notamment en matière de santé et de sécurité, jouent un rôle essentiel (Banhwa et al., 2014).
  • Facteurs individuels : l’équilibre entre vie professionnelle et vie privée ainsi que la formation continue sont liés à un engagement accru (Nadeem et al., 2017).
  • Facteurs organisationnels : des pratiques de gestion des ressources humaines efficaces, comme la reconnaissance et le leadership transformationnel, renforcent l’implication des employés (Karatepe & Aga, 2016).

Les résultats montrent que l’engagement des employés a un impact positif à la fois sur leur performance individuelle et sur celle de l’organisation. Les employés engagés affichent une meilleure satisfaction au travail, un taux de rétention plus élevé et une productivité accrue (Dajani, 2015). Par ailleurs, des entreprises où l’engagement est fort bénéficient d’une meilleure satisfaction client et d’une image plus positive (Zameer et al., 2018).

L’article met également en évidence le rôle médiateur de l’engagement dans la relation entre les pratiques organisationnelles et la performance. Par exemple, les employés qui perçoivent un fort soutien organisationnel sont plus enclins à s’engager pleinement dans leur travail, ce qui entraîne des effets positifs sur leur performance et leur fidélité à l’entreprise (Chhetri, 2017a).

Les auteurs soulignent que la plupart des recherches antérieures privilégient une approche quantitative et suggèrent d’intégrer davantage d’études qualitatives pour mieux comprendre les mécanismes sous-jacents à l’engagement des employés. Ils recommandent aussi de développer de nouveaux outils de mesure adaptés au secteur financier, car les échelles existantes, comme l’UWES (Schaufeli et al., 2002), pourraient ne pas couvrir toutes les dimensions spécifiques à ce secteur.

En conclusion, cette étude met en lumière l’importance d’une approche contextualisée de l’engagement des employés dans le secteur financier. Elle insiste sur le rôle clé des facteurs organisationnels et relationnels et suggère que les entreprises devraient adapter leurs stratégies de gestion des talents pour renforcer l’implication et la rétention des employés.

Références 

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  • Gruman, J. A., & Saks, A. M. (2011). Performance management and employee engagement. Human Resource Management Review, 21(2), 123-136. https://doi.org/10.1016/j.hrmr.2010.09.004
  • Karatepe, O. M., & Aga, M. (2016). The effects of job resourcefulness and customer orientation on performance outcomes: A study in the hotel industry. Journal of Hospitality Marketing & Management, 25(3), 266-290. https://doi.org/10.1080/19368623.2015.1015509
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  • Rai, A., Ghosh, P., Chauhan, R., & Singh, R. (2017). Influence of job characteristics on engagement: Does support at work act as a moderator? International Journal of Sociology and Social Policy, 37(1-2), 86-105. https://doi.org/10.1108/IJSSP-10-2015-0106
  • Schaufeli, W. B., Salanova, M., González-Romá, V., & Bakker, A. B. (2002). The measurement of engagement and burnout: A two sample confirmatory factor analytic approach. Journal of Happiness Studies, 3(1), 71-92. https://doi.org/10.1023/A:1015630930326
  • Zameer, H., Wang, Y., Yasmeen, H., & Ahmed, W. (2018). Corporate social responsibility influences, employee commitment and organizational performance: A study in the Pakistani banking sector. International Journal of Business and Management, 13(1), 1-14. https://doi.org/10.5539/ijbm.v13n1p1

Une application mobile pour encourager les déplacements à vélo

Bucchiarone, A., Bassanelli, S., Luca, M., Centellegher, S., Cipriano, P., Giovannini, L., Lepri, B., & Marconi, A. (2023). Play&Go Corporate: An end-to-end solution for facilitating urban cyclability. IEEE Transactions on Intelligent Transportation Systems, 24(12), 15830-15842. https://doi.org/10.1109/TITS.2023.3256133

Mots clés : Mobilité durable ; Cyclabilité urbaine ; Incitations comportementales ; Gamification ; Politiques de transport

L’article de Bucchiarone et al. (2023) présente une solution innovante pour encourager l’utilisation du vélo en milieu urbain, notamment dans le cadre des trajets domicile-travail. Ce projet, baptisé Play&Go Corporate, s’appuie sur une approche intégrée combinant des outils technologiques, des incitations comportementales et des infrastructures adaptées pour favoriser la cyclabilité.

Les auteurs expliquent que l’adoption du vélo en ville est freinée par plusieurs obstacles, notamment des infrastructures inadaptées, une perception du risque routier élevée et un manque d’équipements facilitant son usage au sein des entreprises (Pucher & Buehler, 2012). De plus, même si certaines entreprises mettent en place des politiques de mobilité durable, elles se heurtent souvent à des difficultés pour modifier les habitudes de leurs employés (Gössling, 2020).

Afin de comprendre comment lever ces freins, l’étude repose sur l’analyse de données recueillies via une application mobile, des entretiens qualitatifs et des observations auprès d’entreprises pilotes. L’application Play&Go Corporate permet aux employés d’enregistrer leurs trajets à vélo, de recevoir des récompenses en points échangeables et d’accéder à des recommandations pour optimiser leurs itinéraires. Ce dispositif intègre des stratégies de nudging et de gamification, des techniques ayant déjà montré leur efficacité pour encourager des comportements plus durables (Thaler & Sunstein, 2008).

L’étude met en évidence trois leviers essentiels favorisant l’adoption du vélo en entreprise :

  1. Les incitations comportementales, avec des récompenses et des classements entre collègues qui renforcent la motivation (Baptista et al., 2019).
  2. L’amélioration des infrastructures, incluant des parkings sécurisés, des vestiaires et des douches, qui lèvent certains freins logistiques (Fishman, 2016).
  3. L’accompagnement et la sensibilisation, via des campagnes de communication et des formations sur la sécurité routière (Daley & Rissel, 2011).

Toutefois, l’étude souligne aussi certaines limites. Le programme séduit principalement les employés déjà sensibilisés aux mobilités actives, tandis que les personnes peu familières avec le vélo restent plus difficiles à convaincre (Handy et al., 2014). De plus, les incitations financières, bien qu’efficaces à court terme, peuvent perdre leur effet une fois retirées, ce qui pose la question de la pérennité de l’initiative (Möser & Bamberg, 2008).

En conclusion, les auteurs insistent sur l’importance d’une approche combinée associant infrastructures adaptées, incitations personnalisées et accompagnement progressif pour maximiser l’impact de ces initiatives. Ils recommandent une mise en place progressive de ces mesures en tenant compte des contraintes spécifiques de chaque entreprise et de ses employés (Piatkowski & Marshall, 2015).

 

Références :

  • Baptista, P., Melo, S., & Rolim, C. (2019). Energy, environmental and mobility impacts of car-sharing systems. Environmental Research Letters, 14(8), 084033. https://doi.org/10.1088/1748-9326/ab31a1
  • Daley, M., & Rissel, C. (2011). Perspectives and images of cycling as a barrier or facilitator of cycling. Transport Policy, 18(1), 211-216. https://doi.org/10.1016/j.tranpol.2010.08.004
  • Fishman, E. (2016). Bikeshare: A review of recent literature. Transport Reviews, 36(1), 92-113. https://doi.org/10.1080/01441647.2015.1033036
  • Gössling, S. (2020). Integrating e-scooters in urban transportation: Problems, policies, and the prospect of system change. Transportation Research Part D: Transport and Environment, 79, 102230. https://doi.org/10.1016/j.trd.2020.102230
  • Handy, S., van Wee, B., & Kroesen, M. (2014). Promoting cycling for transport: Research needs and challenges. Transport Reviews, 34(1), 4-24. https://doi.org/10.1080/01441647.2013.860204
  • Möser, G., & Bamberg, S. (2008). The effectiveness of soft transport policy measures: A critical assessment and meta-analysis of empirical evidence. Journal of Environmental Psychology, 28(1), 10-26. https://doi.org/10.1016/j.jenvp.2007.09.001
  • Piatkowski, D. P., & Marshall, W. E. (2015). Not all prospective bicyclists are created equal: The role of attitudes, socio-demographics, and the built environment in bicycle commuting. Travel Behaviour and Society, 2(1), 1-9. https://doi.org/10.1016/j.tbs.2014.07.001
  • Pucher, J., & Buehler, R. (2012). City cycling. MIT Press.
  • Thaler, R. H., & Sunstein, C. R. (2008). Nudge: Improving decisions about health, wealth, and happiness. Yale University Press.

Le job crafting comme vecteur d’engagement des collaborateurs

Pekaar, K. A., & Demerouti, E. (2023). Crafting for sustainability: A daily diary study and self-training intervention on proactive employee engagement in sustainability. European Journal of Work and Organizational Psychology, 32(6), 839-857. https://doi.org/10.1080/1359432X.2023.2255318

 

Mots clés : Job crafting ; durabilité ; comportements responsables ; engagements des employés

 

L’étude menée par Pekaar et Demerouti (2023) explore comment les employés peuvent adopter des comportements plus durables dans leur travail en modifiant de manière proactive leurs tâches et leur environnement professionnel. Ce concept, appelé job crafting, permet aux employés d’adapter leur travail en fonction de leurs ressources et objectifs afin de mieux intégrer des pratiques durables. L’étude repose sur la théorie du comportement planifié (Ajzen, 1991) et sur la théorie des demandes et ressources au travail (Demerouti et al., 2001), et vise à comprendre comment les individus peuvent surmonter les obstacles qui freinent leur engagement envers la durabilité.

La théorie du comportement planifié (Ajzen, 1991) explique que les actions des individus sont influencées par trois éléments principaux : l’attitude envers un comportement donné, les normes sociales perçues et le contrôle comportemental perçu. Selon cette théorie, plus une personne a une attitude positive envers un comportement, perçoit un soutien social pour l’adopter et se sent capable de le mettre en œuvre, plus elle sera susceptible de le réaliser effectivement. Cette approche est souvent utilisée pour comprendre les écarts entre intention et action, notamment dans le domaine de la durabilité au travail.

Le modèle des demandes et ressources au travail (Demerouti et al., 2001) est une autre approche essentielle pour analyser l’engagement des employés. Ce modèle suggère que chaque travail comprend des demandes (aspects du travail nécessitant un effort physique ou mental, comme la charge de travail ou les responsabilités) et des ressources (facteurs facilitant la réalisation des tâches, comme l’autonomie, le soutien des collègues ou les possibilités d’apprentissage). Un bon équilibre entre demandes et ressources est crucial pour le bien-être et la performance des employés. Lorsqu’ils disposent de ressources suffisantes, ils peuvent s’engager de manière proactive, par exemple en adaptant leur poste pour mieux intégrer des comportements durables (job crafting).

Les initiatives mises en place par les entreprises pour encourager la durabilité ne suffisent pas toujours à motiver les employés (Davis & Challenger, 2015). Plusieurs facteurs peuvent expliquer cette situation, comme le manque de reconnaissance, la surcharge de travail ou une faible autonomie perçue dans l’adoption de comportements durables (Unsworth & McNeill, 2017). L’article s’intéresse donc à la manière dont les individus peuvent prendre en main leur engagement environnemental en ajustant leur manière de travailler.

Deux études empiriques ont été menées pour analyser ces comportements. La première étude, basée sur un journal de bord quotidien, a suivi 68 employés pendant cinq jours afin d’observer leurs intentions et comportements liés à la durabilité. Les résultats montrent que les attitudes positives envers la durabilité et la perception d’un certain contrôle sur leurs actions encouragent l’adoption de comportements plus durables (Swaim et al., 2016). Toutefois, les auteurs constatent un écart entre intention et action : les employés expriment des intentions durables mais ne les appliquent pas toujours, notamment en raison de contraintes organisationnelles et de priorités conflictuelles (Ajzen, 2015).

La deuxième étude repose sur une intervention d’auto-formation au job crafting, où les participants étaient invités à fixer des objectifs quotidiens liés à la durabilité et à adapter leur travail pour mieux les atteindre. Les résultats indiquent que cette intervention a renforcé les intentions durables des participants, mais sans nécessairement aboutir à une augmentation significative des actions concrètes. Cependant, les employés ayant suivi l’intervention ont davantage réorganisé leurs tâches pour mieux intégrer la durabilité dans leur travail.

Trois stratégies principales de job crafting sont identifiées comme favorisant la durabilité : la recherche de ressources, la prise de nouveaux défis et l’optimisation des exigences professionnelles (Petrou et al., 2012 ; Demerouti & Peeters, 2018). Parmi celles-ci, seule l’optimisation des exigences professionnelles semble réduire l’écart entre intention et action, suggérant que les employés qui parviennent à rendre leur travail plus efficace sont plus enclins à intégrer des comportements durables (Merriman et al., 2016 ; Rupp et al., 2018).

En conclusion, Pekaar et Demerouti (2023) soulignent que l’implication des employés dans la durabilité passe par une transformation active de leur environnement professionnel. Si les entreprises souhaitent renforcer l’adoption de comportements durables, elles doivent encourager des stratégies de job crafting permettant aux salariés de concilier leurs missions professionnelles et leurs engagements écologiques.

Références

  • Ajzen, I. (1991). The theory of planned behavior. Organizational Behavior and Human Decision Processes, 50(2), 179-211. https://doi.org/10.1016/0749-5978(91)90020-T
  • Davis, M. C., & Challenger, R. (2015). Climate change engagement in the workplace: How organizations can motivate employees to act. Journal of Organizational Behavior, 36(3), 447-462. https://doi.org/10.1002/job.1993
  • Demerouti, E., Bakker, A. B., Nachreiner, F., & Schaufeli, W. B. (2001). The job demands-resources model of burnout. Journal of Applied Psychology, 86(3), 499-512. https://doi.org/10.1037/0021-9010.86.3.499
  • Demerouti, E., & Peeters, M. C. (2018). Transmission of reduction-oriented crafting among colleagues: A diary study. Work & Stress, 32(3), 250-271. https://doi.org/10.1080/02678373.2017.1367735
  • Merriman, K. K., Sen, S., Felo, A. J., & Litzky, B. E. (2016). Employees and sustainability: The role of incentives. Journal of Managerial Psychology, 31(4), 820-836. https://doi.org/10.1108/JMP-09-2014-0272
  • Pekaar, K. A., & Demerouti, E. (2023). Crafting for sustainability: A daily diary study and self-training intervention on proactive employee engagement in sustainability. European Journal of Work and Organizational Psychology, 32(6), 839-857. https://doi.org/10.1080/1359432X.2023.2255318
  • Petrou, P., Demerouti, E., Peeters, M. C., Schaufeli, W. B., & Hetland, J. (2012). Crafting a job on a daily basis: Contextual correlates and the link to work engagement. Journal of Organizational Behavior, 33(8), 1120-1141. https://doi.org/10.1002/job.1783
  • Rupp, D. E., Shao, R., Jones, K. S., & Liao, H. (2018). The psychology of corporate social responsibility and humanitarian work: A person-centric perspective. Industrial and Organizational Psychology, 11(1), 83-88. https://doi.org/10.1017/iop.2017.108
  • Swaim, J. A., Maloni, M. J., Napshin, S. A., & Henley, A. B. (2016). Influences on student intention and behavior toward environmental sustainability. Journal of Business Ethics, 138(1), 131-148. https://doi.org/10.1007/s10551-015-2613-0
  • Unsworth, K. L., & McNeill, I. M. (2017). Increasing pro-environmental behaviors by increasing self-concordance: Testing an intervention. Journal of Applied Psychology, 102(1), 88-100. https://doi.org/10.1037/apl0000165

 

Incentivizing commuter cycling by financial and non-financial rewards

Máca, V., Ščasný, M., Zvěřinová, I., Jakob, M., & Hrnčíř, J. (2020). Incentivizing commuter cycling by financial and non-financial rewards. International Journal of Environmental Research and Public Health, 17(17), 6033. https://doi.org/10.3390/ijerph17176033

 

Mots-clés : Mobilité durable, vélo, incitations financières, gamification, transport urbain, comportements de déplacement.

 

L’article de Máca et al. (2020) analyse l’efficacité des incitations financières et non financières pour encourager le vélo comme mode de transport domicile-travail. En s’appuyant sur une expérience randomisée, les auteurs évaluent comment ces incitations influencent la fréquence des trajets à vélo et explorent les obstacles à leur adoption.

 

L’étude repose sur une expérience contrôlée dans laquelle les participants, sélectionnés parmi les nouveaux utilisateurs de l’application, ont été répartis aléatoirement en cinq groupes distincts. Un premier groupe, servant de groupe témoin, n’a reçu aucune incitation particulière, tandis que les quatre autres ont bénéficié de différents types de motivations. Les incitations testées incluent l’utilisation de mécanismes ludiques tels que des classements, des défis et des récompenses virtuelles (Zuckerman & Gal-Oz, 2014), une rémunération fixe par kilomètre parcouru, une récompense dégressive dont le montant diminuait progressivement avec la distance parcourue, ainsi qu’une combinaison de gamification et d’incitations financières (Máca et al., 2020)​

 

Les auteurs utilisent l’application Cyclers, qui permet de suivre les trajets à vélo des participants. Ces derniers sont répartis en cinq groupes, recevant différents types d’incitations :

  • Un groupe témoin (aucune incitation)
  • Un groupe recevant une gamification (défis et récompenses virtuelles)
  • Un groupe bénéficiant d’une récompense financière fixe par kilomètre parcouru
  • Un groupe avec une récompense financière dégressive
  • Un dernier groupe combinant gamification et récompense financière

Les résultats montrent que les incitations financières ont eu un impact plus significatif que la gamification seule. Les participants recevant une récompense monétaire ont augmenté leur fréquence de trajets à vélo, particulièrement ceux bénéficiant d’un paiement fixe par kilomètre. À l’inverse, les récompenses dégressives ont eu un effet moindre, et la gamification seule ne semble pas avoir encouragé une adoption durable du vélo (Zuckerman & Gal-Oz, 2014)​.

Cependant, les effets de ces incitations restent limités dans le temps, et l’étude souligne que leur efficacité à long terme n’a pas été démontrée. D’autres recherches, comme celle menée aux Pays-Bas sur l’usage du vélo électrique, ont montré que les incitations financières pouvaient avoir un effet persistant après plusieurs mois (de Kruijf et al., 2018).

Par ailleurs, d’autres travaux ont étudié l’efficacité des applications mobiles sur les changements de comportement. Une méta-analyse menée par Zhao et al. (2020) sur 23 études a révélé que 17 d’entre elles ont observé un impact significatif des interventions via applications sur l’adoption de comportements ciblés. De même, Yang et al. (2021) identifient plusieurs leviers comportementaux utilisés dans les applications de promotion de l’activité physique, comme le soutien social, les rappels personnalisés, la fixation d’objectifs individuels et le feedback sur les performances. Ces mécanismes sont également présents dans les applications de mobilité et pourraient jouer un rôle important dans la promotion du vélo domicile-travail.

L’étude identifie plusieurs éléments influençant l’usage du vélo :

  • Les obstacles : la météo, la nécessité de transporter des objets, l’organisation des tâches quotidiennes et le risque perçu d’accident sont des freins importants (Thigpen et al., 2015)​.
  • Les facteurs incitatifs : des infrastructures adaptées, des douches et vestiaires en entreprise, ainsi que des aides financières à l’achat de vélos pourraient favoriser son adoption (Handy, van Wee, & Kroesen, 2014),

De nombreuses recherches confirment que les récompenses financières peuvent influencer durablement les comportements. Mantzari et al. (2021) montrent que les incitations monétaires sont efficaces pour encourager des pratiques plus saines, bien que leur effet tende à diminuer avec le temps. Ces incitations prennent plusieurs formes, allant des paiements directs aux bons d’achat ou aux loteries, cette dernière modalité étant parfois plus motivante pour certains utilisateurs. Par ailleurs, les politiques fiscales favorisant le vélo restent peu évaluées scientifiquement, à l’exception de l’étude menée par de Kruijf et al. (2018) aux Pays-Bas, qui a démontré que les subventions pour l’achat de vélos électriques avaient un effet significatif sur leur adoption. Certains pays, comme la Belgique avec ses indemnités kilométriques pour les cyclistes ou les Pays-Bas et le Royaume-Uni avec leurs exonérations fiscales, ont déjà mis en place de telles mesures, mais leur impact réel reste encore à approfondir.

L’étude souligne enfin l’intérêt des applications mobiles pour encourager le changement de comportement. Grâce à leur accessibilité et leur potentiel de personnalisation, elles peuvent constituer des outils efficaces pour promouvoir la mobilité active. Toutefois, leur impact dépend de nombreux facteurs, notamment la manière dont les incitations sont intégrées et la diversité des profils d’utilisateurs ciblés (Máca et al., 2020).

En conclusion, l’étude met en évidence que les incitations financières sont un levier efficace pour encourager le vélo dans les trajets quotidiens. Cependant, ces mesures doivent être accompagnées d’améliorations structurelles (pistes cyclables, parkings sécurisés, aménagements urbains) et d’un changement culturel favorisant la mobilité douce. Les auteurs recommandent une approche intégrée, combinant incitations économiques, amélioration des infrastructures et campagnes de sensibilisation pour maximiser les effets positifs de la transition vers le vélo

 

Références 

  • de Kruijf, J., Ettema, D., Kamphuis, C. B. M., Dijst, M., & de Vries, H. (2018). The effect of an incentive-based intervention on the probability of cycling in the short and long term: Findings from a randomized controlled trial. Transport Policy, 72, 129-137. https://doi.org/10.1016/j.tranpol.2018.09.013
  • Máca, V., Ščasný, M., Zvěřinová, I., Jakob, M., & Hrnčí̌r, J. (2020). Incentivizing commuter cycling by financial and non-financial rewards. International Journal of Environmental Research and Public Health, 17(17), 6033. https://doi.org/10.3390/ijerph17176033
  • Mantzari, E., Vogt, F., & Marteau, T. M. (2021). Financial incentives for increasing physical activity: A systematic review and meta-analysis. British Journal of Sports Medicine, 55(24), 1396-1404. https://doi.org/10.1136/bjsports-2020-103995
  • Yang, Q., Van Stee, S. K., & De Vries, H. (2021). The effectiveness of mobile applications in changing health-related behaviors: A meta-analysis of randomized controlled trials. Journal of Medical Internet Research, 23(1), e23411. https://doi.org/10.2196/23411
  • Zhao, Y., Ni, H., Xu, S., & Yang, J. (2020). The effectiveness of mobile applications on lifestyle interventions: A meta-analysis. PLOS ONE, 15(10), e0240223. https://doi.org/10.1371/journal.pone.0240223

RSE et performances : préférences des investisseurs et stratégies d’entreprise

Mackey, A., Mackey, T. B., & Barney, J. B. (2007). Corporate social responsibility and firm performance: Investor preferences and corporate strategies. Academy of Management Review, 32(3), 817–835.

Mots-clés : Responsabilité sociale des entreprises, performance financière, investisseurs, stratégie d’entreprise

L’article de Mackey, Mackey et Barney (2007) examine la relation entre la responsabilité sociale des entreprises (RSE) et leur performance financière. Ce débat oppose deux visions : certains considèrent que les entreprises doivent maximiser leurs profits sans se soucier des impacts RSE (Friedman, 1962), tandis que d’autres avancent que les entreprises ont un rôle plus large dans la société et doivent parfois privilégier des actions responsables, même si cela réduit leur rentabilité immédiate (Swanson, 1999 ; Whetten, Rands, & Godfrey, 2001).

Les auteurs proposent un modèle théorique où la RSE est perçue comme un produit : certaines entreprises l’adoptent pour attirer des investisseurs soucieux d’éthique, tandis que d’autres l’évitent si elles estiment que cela pourrait nuire à leur rentabilité (Margolis & Walsh, 2003). Traditionnellement, la performance des entreprises est mesurée à travers des indicateurs comptables ou boursiers (Orlitzky & al., 2003). Dans ce modèle, la valeur d’une entreprise dépend de l’offre et la demande d’investissements socialement responsables. Si les investisseurs privilégient massivement les entreprises engagées dans la RSE, leur valeur boursière peut augmenter, même si la RSE ne génère pas directement de bénéfices (Orlitzky & al., 2003).

Cependant, l’impact de la RSE sur la performance financière varie selon le marché. Lorsque la demande pour les entreprises responsables est supérieure à l’offre, celles qui adoptent la RSE peuvent voir leur valorisation boursière croître. À l’inverse, si trop d’entreprises adoptent ces pratiques et que la demande est insuffisante, leur valeur peut diminuer (Godfrey, 2004 ; McWilliams & Siegel, 2001). Cela explique pourquoi certaines entreprises hésitent à s’engager dans la RSE, craignant un retour sur investissement incertain.

L’étude met aussi en avant le rôle des investisseurs. Certains d’entre eux acceptent des rendements plus faibles en échange d’un engagement social aligné avec leurs valeurs (Social Investment Forum, 2005). C’est notamment le cas des fonds d’investissement socialement responsables, qui privilégient des entreprises éthiques même si leur rentabilité est parfois moindre (Geczy, Stambaugh, & Levin, 2003).

Les implications de cette étude sont multiples. Premièrement, les entreprises doivent évaluer l’intérêt des investisseurs avant d’adopter des pratiques RSE. Deuxièmement, la performance financière d’une entreprise dépend des fluctuations de l’offre et de la demande en matière d’investissement responsable. Enfin, les auteurs remettent en question l’idée que la RSE est toujours bénéfique ou nuisible : son impact dépend largement du contexte de marché et des attentes des investisseurs.

En conclusion, Mackey, Mackey et Barney (2007) proposent une approche nuancée de l’effet de la RSE sur la performance des entreprises. Leur modèle démontre que la valeur d’une entreprise ne repose pas uniquement sur ses flux de trésorerie futurs, mais aussi sur les préférences des investisseurs. Ainsi, sous certaines conditions de marché, adopter la RSE peut être un levier de valorisation, alors que dans d’autres situations, cela peut être un frein. Les auteurs invitent donc à considérer la RSE comme un élément d’investissement stratégique, et pas seulement éthique, dont l’impact varie en fonction des dynamiques du marché.

Références :

  • Friedman, M. (1962). Capitalism and freedom. University of Chicago Press.
  • Swanson, D. L. (1999). Toward an integrative theory for business and society: A research strategy for corporate social performance. Academy of Management Review, 24(3), 506–521.
  • Whetten, D. A., Rands, G., & Godfrey, P. C. (2001). What are the responsibilities of business to society? In A. Pettigrew, H. Thomas, & R. Whittington (Eds.), Handbook of strategy and management (pp. 373–410). Sage.
  • Margolis, J. D., & Walsh, J. P. (2003). Misery loves companies: Rethinking social initiatives by business. Administrative Science Quarterly, 48(2), 268–305.
  • Orlitzky, M., Schmidt, F. L., & Rynes, S. L. (2003). Corporate social and financial performance: A meta-analysis. Organization Studies, 24(3), 403–441.
  • Godfrey, P. C. (2004). The relationship between corporate philanthropy and shareholder wealth: A risk management perspective. Academy of Management Review, 30(4), 777–798.
  • McWilliams, A., & Siegel, D. (2001). Corporate social responsibility: A theory of the firm perspective. Academy of Management Review, 26(1), 117–127.
  • Social Investment Forum. (2005). 2005 Report on socially responsible investing trends in the United States. http://www.socialinvest.org/areas/research/trends/sri_trends_report_2005.pdf
  • Geczy, C. C., Stambaugh, R. F., & Levin, D. (2003). Investing in socially responsible mutual funds. Working paper, Wharton School, University of Pennsylvania.