Beyond attention effects : Modeling the persuasive and emotional effects of advertising creativity

Yang X., Smith R.E. (2009), Beyond attention effects : Modeling the persuasive and emotional effects of advertising creativity, Marketing Science 28, (5), 935–949.

La créativité est l’un des facteurs essentiels du succès d’une publicité. Cette étude cherche ainsi à comprendre quand et comment la créativité exerce ses effets. En effet, bien que le but ultime de toute publicité soit de persuader le consommateur d’acheter la marque concernée, cet objectif est difficile à atteindre. Les consommateurs ont souvent tendance à se méfier des revendications publicitaires. Une publicité est créative lorsqu’elle est à la fois divergente et pertinente. La divergence concerne le degré de nouveauté, de différence et d’inhabituel que la publicité contient, alors que la pertinence se réfère aux éléments significatifs, appropriés et de valeur présents dans la publicité. Une publicité créative peut avoir des impacts importants sur la persuasion et plus largement sur l’intention d’achat : une réponse cognitive et/ou une réponse émotionnelle. Ces effets seront modérés en fonction du niveau d’implication du consommateur.

LE DPC – REPONSE COGNITIVE : La notion de closure (ou fermeture) en psychologie désigne l’aversion du consommateur envers l’ambiguïté et son désir à ce que l’entreprise réponde rapidement et précisément à ses questions (Kardes, 2004 ; Kruglanski et Webster, 1996). Plus le besoin en closure est élevé, plus le consommateur aura tendance à avoir un jugement hâtif sur la marque, et biaisé car il aura des informations incomplètes. Il résistera alors à la persuasion et restera loyal à sa marque actuelle. Il est ainsi très difficile de changer son opinion sur une marque. Au contraire, le DPC, ou desire to postpone closure, désigne la volonté du consommateur à reculer ce moment de closure, et à procéder à un jugement réfléchi, lorsqu’il aura traité toutes les informations disponibles. Cela motive le consommateur à être moins attaché à son opinion initiale, et à être prêt à changer d’avis si nécessaire. Il est ainsi plus curieux et ouvert à propos du sujet de la publicité. Il aura moins tendance à adopter un jugement défensif et aura par conséquent un comportement et des intentions d’achat plus favorables.
La créativité peut déclencher un DPC. Cela s’explique par le fait que la publicité créative est divergente, c’est-à-dire inhabituelle et nouvelle, et empêche ainsi le consommateur d’appliquer simplement ses connaissances et opinions existantes pour avoir un jugement cohérent. Il est au contraire obligé, pour se forger une opinion, d’entamer un nouveau processus de traitement de l’information, qui pourrait modifier sa réponse envers la marque ou le produit. Ainsi, face à une publicité créative, le DPC va accroître l’ouverture d’esprit et la curiosité du consommateur envers la marque. Il est alors plus susceptible de se laisser persuader par la publicité.

L’IMPACT AFFECTIF – REPONSE EMOTIONNELLE : Chaque individu attend de la publicité qu’elle soit originale, innovante, ou drôle. Plus elle se différenciera du reste, plus elle attirera l’attention, et sera à même d’être mémorisée par les consommateurs, qui chercheront même parfois à la revoir. Ceux-ci auront alors un sentiment positif envers la publicité, et une impression générale favorable envers la marque ce qui peut générer une intention d’achat (MacKenzie, 1986).

Ainsi, ces deux types de réponse (cognitive et émotionnelle) permettent aux consommateurs de mémoriser plus facilement la publicité, d’avoir même envie de la revoir, d’améliorer alors l’opinion qu’ils se font de la marque, et de favoriser ainsi une ou plusieurs intentions d’achat.

L’IMPLICATION DU CONSOMMATEUR : L’implication du consommateur dans la publicité est souvent à son niveau le plus haut juste avant l’achat d’un produit. Les auteurs ont mené trois études au cours desquelles ils ont manipulé le degré d’implication des participants afin d’en analyser l’impact sur la décision finale du consommateur. Les résultats ont montré que lorsque le consommateur est faiblement impliqué, une publicité créative n’aura presque aucun effet sur son DPC et donc sur son intention d’achat. En effet, il ne fera preuve d’aucune ouverture d’esprit ni de curiosité, et la publicité ne changera alors pas son intention d’acheter ou non le produit. En revanche, la créativité aura toujours un impact sur l’émotivité du consommateur, et celui-ci pourra ressentir un sentiment positif envers la publicité et la marque même lorsque son implication est faible.

En conclusion, ces résultats sont importants car ils montrent qu’une publicité créative sera toujours efficace : elle pourra en effet toujours jouer sur l’émotion du consommateur, et sera renforcée par l’aspect cognitif si le consommateur est impliqué. La créativité est également un moyen de lutter contre le phénomène de zapping dû au progrès technologique : la créativité va inciter les consommateurs à revoir la publicité. Enfin, de futures recherches pourraient analyser l’impact de la créativité parmi les consommateurs selon plusieurs critères tels que le genre, l’âge, ou encore le milieu social, etc.
De plus, de futures recherches pourraient également s’interroger sur les conséquences sur le consommateur que peut avoir cette ascension de créativité. Jusqu’où peut aller ce concept d’innovation et de créativité ? Certaines marques n’hésitent pas en effet, dans leur quête de créativité, à diffuser des publicités qui choquent ou qui font peur pour qu’on se souvienne d’elles. Cela peut avoir des conséquences négatives, notamment chez les enfants qui sont confrontés sans le vouloir à ces publicités.

Bibliographie

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Do marketing media have life cycles ? The case of product placement in movies

Karniouchina E.V., Uslay C., Erenburg G. (2011), Do marketing media have life cycles ? The case of product placement in movies, Journal of Marketing 75, (5), 27–48.

Coca Cola, PepsiCo et General Motors sont les trois marques à apparaître le plus souvent dans les films. Gupta et Gould (1997) définissent un tel placement de produit comme une stratégie marketing visant à insérer des marques dans des films en échange d’argent, de publicité ou de toute autre considération avantageuse pour la marque. Quelques anecdotes en montrent l’efficacité, comme les lunettes de soleil Ray Ban dans le film Risky Business en 1983, ou le jouet Etch-A-Sketch (écran magique) dans Toy Story (Texte 14). Les auteurs analysent ainsi l’évolution de l’efficacité de ces placements sur une période de quarante ans (1968 – 2007).

UN OUTIL TRES EFFICACE : Les résultats de cette recherche montrent une évolution des prix pour le produit placé dans un film. En effet, les prix commencent à augmenter une dizaine de jours avant la sortie du film et jusqu’à quinze jours ouvrés après. Pendant cette période, qui s’allonge pour les films à succès, les stocks s’accroissent à hauteur de 75% en moyenne. Cela nous prouve bien que la présence d’un produit dans un film a un réel impact sur sa vente, et donc sur le consommateur.
Les placements de produits sont donc apparemment très efficaces pour atteindre la cible. Comparés aux publicités traditionnelles, ils peuvent même l’être encore plus, puisque les individus n’ont pas la possibilité de zapper la publicité. De plus, dans sa théorie du transfert d’excitation, Zillmann (1996) nous explique que lorsqu’un individu aime un film, l’excitation associée au film est souvent transférée inconsciemment aux objets environnants qui ont permis de faire ce film, qui sont donc partie intégrante du film et que l’individu voit de manière très positive. L’intention d’achat ne peut en être alors qu’améliorée. Enfin, le désir de ressembler au héros du film peut être une autre explication à cette efficacité.

UN CYCLE DE VIE : Les dépenses en placements de produits aux Etats-Unis montrent à quel point cette stratégie marketing est devenue importante aujourd’hui : elles se sont élevées à 2,9 milliards de dollars en 2007 et jusqu’à 5,6 milliards en 2010. Toutefois, les consommateurs sont de plus en plus conscients de cette tactique, selon une étude de Wei, Fischer et Main (2008), et ont ainsi commencé à montrer des signes de résistance à cette forme de persuasion inconsciente et implicite. On remarque une telle résistance notamment lorsque le produit est surexposé, car il provoque alors un sentiment de saturation chez le consommateur, qui ressent alors cette forme de publicité comme une intrusion dans un service pour lequel il a déjà payé. Il existe même aujourd’hui des groupes de consommateurs (comme Media Awareness Network ou Commercial Alert) et des technologies capables de lui éviter toute exposition à la publicité. Cela exprime bien la saturation des consommateurs envers les messages publicitaires.

Au cours de la période étudiée, les auteurs réalisent que les placements de produits ont été extrêmement efficaces jusqu’à la fin des années 1980, mais sont depuis en déclin. Ainsi même les outils médiatiques auraient des cycles de vie respectant le même processus marketing : introduction, croissance, maturité, déclin. En ce qui concerne les placements de produits dans les films, introduits dans les années 1970, cet outil arriverait aujourd’hui au stade de déclin, après avoir atteint celui de maturité à la fin des années 1980. Ce cycle de vie oblige les publicitaires à toujours innover dans de nouvelles techniques et méthodes afin d’être toujours plus persuasifs et toucher toujours mieux le consommateur ciblé.

En conclusion, cet article nous montre bien la saturation des consommateurs envers la publicité. Ils sont en effet envahis de messages publicitaires en tout genre et en tout lieu, et n’y font donc plus attention. Ainsi même les placements de produits dans les films ont un cycle de vie, qui arrive aujourd’hui au stade de déclin en raison notamment de cette saturation des consommateurs. Il s’agit donc pour les publicitaires de toujours chercher à innover, pour rester toujours plus persuasifs.
L’une des limites de cette étude réside dans le fait qu’elle s’intéresse au placement de produit uniquement dans les films. Or aujourd’hui cette technique concerne un panel d’outils médiatiques bien plus large, tels que les séries télévisées, la téléréalité, les jeux vidéo, ou encore les clips de musique, etc.
De futures recherches pourraient chercher à répondre à la question suivante : quels sont les impacts des placements de produits sur le succès du film lui-même ? En effet, si les consommateurs arrivent à saturation, il se peut qu’ils fassent inconsciemment un amalgame entre publicité omniprésente et succès du film.
Pour aller plus loin, certaines marques sont même associées aujourd’hui à des acteurs. Will Smith par exemple apparaît dans de nombreux films avec des lunettes Ray Ban, comme dans Men In Black, Bad Boys II ou encore Hancock. Les films James Bond ont également eu un long engagement avec la marque Rolex à partir des années 1960, qui a changé en 1999 avec le film Golden Eye pour la marque Omega. D’ailleurs, après l’apparition de la montre Seamaster au poignet de Pierce Brosnan, la marque Omega a vu ses ventes augmenter de 40%. Ces partenariats entre acteur et marque permettent de rendre le placement de produit encore plus réaliste et naturel pour le consommateur, qui s’y habitue. On peut alors se dire que le consommateur est manipulé par la publicité, qui se veut de plus en plus persuasive, jusque chez lui et les films qu’il regarde.

Bibliographie

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Advertising bans and the substitutability of online and offline advertising

Goldfarb A., Tucker C. (2011), Advertising bans and the substitutability of online and offline advertising, Journal of Marketing Research 48, (4), 207–227.

Selon des études récentes, les individus passent en moyenne 32,2 heures par mois sur internet (comScore Networks 2009). Est-ce que la croissance d’Internet a réduit l’efficacité des règlementations mises en place par les gouvernements pour réguler la publicité ? La restriction de la publicité est bien répandue dans le monde, notamment dans les domaines de l’alcool, des produits pharmaceutiques, du tabac, des jeux vidéo, ou encore des jeux d’argent. Son existence et son degré de sévérité dépendent des Etats. Cette étude cherche à analyser l’efficacité des campagnes publicitaires en ligne, en se concentrant sur celles qui concernent l’alcool. Elle a été menée aux Etats-Unis de 2001 à 2008.

L’étude repose sur une série de 275 campagnes publicitaires en ligne sur différents alcools : 34% de bière, 8% de vin et le reste concernant les liqueurs et spiritueux. Ces campagnes concernent au total 57 produits distincts, chacun diffusé sur trois ou quatre sites internet. Les participants étaient divisés au hasard en deux groupes, en fonction qu’ils étaient ou non exposés à la campagne en ligne, sachant qu’ils avaient tous la même probabilité de tomber sur des publicités hors Internet. Il leur était ensuite demandé de répondre à un questionnaire, visant à connaître leur intention d’achat du moment et leur opinion sur le produit.

Une chose est sûre d’après les résultats : les individus sont moins tentés de vouloir acheter de l’alcool dans les Etats où la publicité en est interdite, comparé aux Etats où elle ne l’est pas. Cette intention d’achat est encore plus faible lorsqu’il n’y a pas non plus de publicité en ligne. Ainsi les individus, n’ayant pas vu de publicité sur Internet, ont 8% de chance en plus de ne pas avoir l’intention d’acheter d’alcool dans les Etats où la publicité est interdite, par rapport aux Etats où elle est autorisée. Ce pourcentage se réduit à 3% lorsque les individus ont vu des publicités en ligne. Internet rend donc moins efficace la règlementation de la publicité dans la rue.

Les auteurs examinent pour cela les changements de régulation et leurs conséquences dans quatre Etats différents qui ont adopté, ou annulé une règle pendant la période étudiée (Philadelphie et l’interdiction en 2003 de la publicité sur l’alcool dans la rue ; Pennsylvanie et l’élimination de l’interdiction de la publicité dans un journal universitaire en 2004 ; San Francisco et le renforcement de l’interdiction de la publicité sur l’alcool en 2007 ; New York et le retrait de l’interdiction d’un spot publicitaire d’une liqueur à la télévision). Les auteurs ont comparé les comportements des consommateurs avant et après le changement de règlementation.

Les résultats montrent que les individus sont plus réceptifs à la publicité en ligne lorsque les panneaux d’affichage dans la rue sont interdits. En effet, dans ce cas, ils sont moins saturés par les images publicitaires d’alcool et la publicité sur Internet joue bien son jeu, influençant leur intention d’achat. Ce phénomène est encore plus fort lorsque les consommateurs ont une grande connaissance du produit. Silk, Klein et Berndt (2001) expliquaient déjà qu’Internet apparaît comme un substitut potentiel ou un complément à toutes les formes de médias déjà existantes, et est capable de devenir un large outil de communication pour les publicitaires. L’étude met en évidence le mécanisme suivant : lorsqu’un canal de communication est bloqué, les autres canaux deviennent encore plus efficaces.

Les résultats suggèrent ainsi qu’Internet limite les capacités des autorités locales à réguler les impacts de la publicité sur la population locale. En effet non seulement les autorités n’ont pas les moyens de réguler l’accès à la publicité en ligne, mais en plus l’absence de publicité dans la rue rend la publicité d’Internet encore plus efficace.

En conclusion, si les Etats ont bien pris conscience des enjeux que pouvaient avoir la publicité sur les consommateurs, Internet annihile les efforts faits pour protéger ces-derniers. On a vu en effet que l’impact du Web était très important sur l’intention d’achat d’alcool dans les Etats où la publicité dans la rue était interdite. Il serait donc nécessaire de réguler également la publicité sur le Web et d’en mesure les impacts dans de futures recherches.

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Fast-Food Consumption and the ban on advertising targeting children : the Quebec experience

Dhar T., Baylis K. (2011), Fast-Food Consumption and the ban on advertising targeting children : the Quebec experience, Journal of Marketing Research 48, (10), 799–813.

L’obésité chez les enfants est un problème croissant. Parmi l’ensemble des publicités ciblant les enfants, une grande partie concerne les produits de fast-food, et se sont révélées très efficaces pour influencer le comportement du consommateur. On cherche donc à savoir si l’interdiction de la publicité au Québec a un réel impact sur la consommation de fast-food. La loi étudiée est en application au Québec depuis avril 1980, et interdit la diffusion de toute publicité sur les fast-foods ciblant les enfants de moins de treize ans pendant les programmations destinées aux enfants.

Les auteurs de la présente recherche fondent leur étude autour de deux groupes : un groupe de traitement (ceux qui sont soumis à l’interdiction – le Québec) et un groupe de contrôle (ceux qui ne le sont pas – la province voisine, Ontario, car elle présente des caractéristiques économiques et sociales similaires à celles du Québec). De plus, ils comparent les ménages de différentes locations géographiques et compositions (avec ou sans enfants). Pour mener à bien leur recherche, les auteurs s’appuient sur les données de FoodEx (Statistics Canada’s food expenditure survey) qui référencent les dépenses moyennes des ménages par catégories et de manière hebdomadaire.

Les résultats montrent qu’il existe bien une différence de consommation de fast-food chez les ménages selon qu’ils sont québécois ou d’Ontario, avec ou sans enfants, francophones ou anglophones. Les ménages québécois francophones avec enfants ont en effet moins tendance à se tourner vers la restauration rapide que les ménages anglophones ou encore que leurs voisins d’Ontario qui présentent les mêmes caractéristiques sociales. Cela nous prouve bien que la loi a un effet très bénéfique depuis plusieurs années : elle a en effet permis de réduire de 13% la propension de ces ménages à consommer du fast-food.

Ces résultats s’expliquent de la manière suivante :

  • Les différences dans les habitudes de consommation entre le Québec et l’Ontario s’expliquent tout simplement par le fait que la loi est appliquée dans la première région et non dans la deuxième.
  • Les ménages québécois avec enfants sont plus incités à réduire leur propension à consommer du fast-food puisque la loi vise spécifiquement à interdire la publicité ciblant les enfants. Les ménages sans enfant regardent logiquement moins les programmes soumis à cette loi. Cela nous montre bien qu’il existe une certaine pression des enfants envers leurs parents, qui poussent ces-derniers à se laisser convaincre par le fast-food. Les marques l’ont bien compris et certains de leurs produits pour enfants font l’objet de publicité excessive afin de gagner toujours plus de parts de marché.
  • Enfin, quant aux divergences au sein même du Québec entre les ménages francophones et anglophones, cela s’explique par le fait que les enfants francophones passent plus de temps devant les programmes québécois, contrairement aux anglophones puisque la plupart des programmes québécois est diffusée en français. Les enfants québécois anglophones ont alors tendance alors à plus se tourner vers les programmes des Etats voisins non soumis à la loi.

Cette loi est d’autant plus efficace que ses effets persistent lorsque l’enfant devient adulte. Il aura non seulement pris l’habitude de ne pas consommer trop de fast-food, mais des études ont également permis de montrer que la publicité inculquée aux individus lorsqu’ils étaient encore enfants persistait inconsciemment à l’âge adulte. Ainsi une telle loi a des effets significatifs sur le bien-être futur de la population. Une étude statistique de 2005 montre que le Québec a en effet le taux d’obésité infantile le plus faible du Canada, alors qu’il a le mode de vie le plus sédentaire du pays. Cela implique des taux de maladies dues à l’obésité plus faibles dans cette région.

En conclusion, la régulation de la publicité est bénéfique pour la population et devrait être étendue à une échelle plus large afin d’en multiplier les effets. C’est en effet un bon moyen pour protéger les consommateurs des impacts inconscients que la publicité produit sur eux, et en particulier les enfants. Toutefois les divergences dans les résultats observées au sein du Québec entre les ménages francophones et anglophones permettent de lever une des limites de cette loi et donc de la recherche : les provinces voisines ne sont pas soumises à l’interdiction. Ainsi la loi serait encore plus efficace selon les auteurs si elle était appliquée à une échelle plus nationale, voire internationale. Une autre limite réside dans le développement croissant des autres supports de publicité, tels qu’Internet ou les jeux vidéo. Les enfants sont de plus en plus exposés à ces médias et donc à leurs messages publicitaires, qui ne sont soumis pour l’instant à aucune règlementation. Il serait peut-être nécessaire qu’un cadre plus strict soit imposé afin de protéger les enfants.
Enfin, il est intéressant de noter l’évolution d’opinion chez les consommateurs québécois. Lors de la mise en place de la loi, ils n’étaient en effet pas convaincus de son efficacité et n’y avaient pas apporté leur soutien. Toutefois une étude a montré en 2007 que 60% des Québécois voulaient maintenant que cette loi soit appliquée de manière encore plus stricte. Il semble donc que les habitants reconnaissent son effet bénéfique envers les enfants.

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How childhood advertising exposure can create biased product evaluations that persist into adulthood ?

Connell P.M., Brucks M., Nielsen J.H. (2014), How childhood advertising exposure can create biased product evaluations that persist into adulthood ?, Journal of Consumer Research 41, (1), 119–134.

En quoi le fait d’être exposé à la publicité dès son plus jeune âge peut-il affecter notre évaluation des produits à l’âge adulte ? Des recherches en psychologie cognitive indiquent que ce qui est appris tôt, est bien appris (Ellis, 2010). Par conséquent, ce que les enfants retiennent dans la publicité peut être encore particulièrement accessible lorsqu’ils sont adultes. Toutefois les enfants ne comprennent évidemment pas la publicité de la même manière que les adultes, car ils n’ont pas encore développé des compétences cognitives suffisantes pour pouvoir avoir du recul sur le message transmis. Leur compréhension du produit n’est donc pas optimale, et c’est ce jugement biaisé qui persiste inconsciemment à l’âge adulte.

ETUDE 1 : Cette étude cherche à vérifier l’hypothèse selon laquelle l’évaluation d’un produit par un adulte est biaisée, lorsqu’elle se réfère à la publicité qu’il regardait quand il était enfant. Les auteurs ont choisi les personnages des marques Kellogg’s Frosties et Kellogg’s Cocoa Pops, dont les publicités ont été lancées respectivement en 1952 et 1986. Il leur était demandé d’abord d’écrire le souvenir le plus lointain qu’ils avaient avec ces personnages, avant d’évaluer leur affection vis-à-vis de ces-derniers, pour finir par une évaluation du produit lui-même. Les résultats confirment l’hypothèse. En effet, tous les participants qui avaient été exposées à la publicité des deux produits Kellogg dans leur enfance évaluent les deux comme étant bons pour la santé. Plus intéressant encore est le résultat suivant : les participants qui ont été exposés à Frosties lorsqu’ils étaient enfants, mais à Cocoa Pops adultes, évaluent le premier comme étant meilleur pour la santé que le deuxième. Cette évaluation biaisée résulte d’un sentiment positif qu’ils avaient enfants envers la publicité et son personnage, et qu’ils retrouvent aujourd’hui.

ETUDE 2 : L’objectif de cette deuxième étude est de savoir si c’est plutôt l’exposition à la publicité, ou alors le produit lui-même consommé quand il était enfant, qui conduit l’adulte à en avoir une évaluation biaisée. Cette étude menée aux Etats-Unis utilisent les personnages des deux marques suivantes : Kellogg’s Froot Loops, et McDonald’s, pour les lesquelles les publicités ont été lancées dans les années 1960 et sont encore d’actualité aujourd’hui. Tous les participants devaient donc être nés après 1966 pour avoir pu être exposés aux publicités des deux produits lorsqu’ils étaient enfants. Pendant l’expérience, ils étaient exposés soit au personnage de la publicité, soit au produit lui-même, et avaient les mêmes consignes que dans la première étude. Les résultats nous montrent que les participants exposés à la publicité ont une meilleure évaluation du produit sur la santé, par rapport à ceux qui étaient confrontés au produit lui-même. Cela nous prouve que la publicité joue un rôle important dans le jugement des individus sur les produits et que ce jugement peut être biaisé par des souvenirs d’enfance. L’enfant apprécie le personnage de la publicité et est alors persuadé que le produit associé est bon pour la santé. Cette idée se répercute inconsciemment chez l’adulte des années plus tard. Les expériences de consommation passées ont une moindre influence sur ce jugement.

ETUDE 3 : Cette étude cherche à savoir dans quelles conditions un adulte peut ajuster son jugement d’un produit, qui avait été influencé initialement par la publicité de son enfance. Les auteurs montrent que l’individu sera capable de modifier son évaluation seulement s’il en a la capacité, c’est-à-dire que la source du biais initial est clairement identifiée, et la motivation, spécifiquement ici de manger plus sainement. Toutefois, plus l’impact de la publicité sur l’enfant avait été positif, plus l’adulte résistera inconsciemment à l’idée de réajuster son jugement de peur de trouver une information négative sur le produit.

ETUDE 4 : Dans cette étude, les auteurs ont inventé une nouvelle ligne de produit de la marque Kellog mettant toujours en scène le tigre Tony. Les résultats nous montrent que l’évaluation biaisée d’un produit, qui persiste à l’âge adulte, peut s’étendre à tous les produits de la gamme, même s’ils sont créés vingt ans plus tard, car ils font toujours référence au même personnage publicitaire et donc aux mêmes souvenirs d’enfance. Ce biais sera difficile à corriger pour l’adulte si l’affection qu’il avait enfant envers le personnage et donc indirectement envers la marque était très positive.

En conclusion, on peut se demander jusqu’où les publicitaires sont prêts à aller pour être toujours plus persuasifs. En effet les enfants représentent pour eux une ressource extraordinaire puisque leur message a encore inconsciemment de l’effet des années plus tard. Toutefois cela peut avoir des conséquences désastreuses sur la santé publique notamment en ce qui concerne le tabac et l’alimentation. C’est pourquoi des règlementations sont déjà mises en place pour limiter ces effets. Cette étude présente néanmoins certaines limites, telles que le fait qu’elle ne prenne pas en compte la nostalgie qui peut influencer la décision d’achat. De plus, l’étude ne se concentre que sur les personnages des publicités sans prendre en considération d’autres aspects, comme le jingle, le slogan, ou le logo. Enfin, les enfants sont exposés à toujours plus de publicités avec le développement constant de nouveaux médias, comme Internet et les jeux vidéo. Si la présente recherche se limite à la publicité diffusée à la télévision, de futures recherches pourraient s’intéresser à l’impact de l’invasion de la publicité par d’autres médias.

Bibliographie

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Advertising to adolescents : an examination of skepticism

Jackson A.S. (2011), Advertising to adolescents : an examination of skepticism, Global Journal of Business Research 5, (3), 85–91.

Kline (1993) a montré en qu’un enfant aura passé en moyenne presque 20.000 heures devant la télévision à ses dix-huit ans. Une part significative de ce temps est consacrée à la publicité, et ce phénomène s’accroit d’années en années. En effet, selon Weisskoff (1985), chaque Américain était exposé il y a vingt-cinq ans à environ entre 22.000 et 25.000 spots publicitaires par an. En 2006, ce chiffre avait doublé, puisque ce sont plus de 40.000 publicités que les enfants américains voient chaque année, sans compter le nombre croissant de messages publicitaires sur Internet.

Les adolescents sont donc une cible importante pour les publicitaires, qui y allouent une grande part de leurs ressources.
Mais comment les enfants et adolescents perçoivent-ils et traitent-ils toute cette information invasive ?

Ce degré de persuasion et de compréhension de la part de l’enfant dépend du niveau de son développement cognitif ainsi que du comportement des adultes qui l’entourent et plus spécifiquement des parents. Il est en effet communément reconnu que les enfants reproduisent le plus souvent les attitudes et comportements des adultes qu’il observe.
Le scepticisme des adolescents envers la publicité augmente avec l’âge et leur niveau de socialisation. En effet l’âge leur permet d’avoir un esprit plus critique envers le message, et la socialisation de les comparer et d’en parler avec ses pairs.

Entre 12 et 15 ans, l’adolescent connaît souvent une crise d’identité. On peut alors se demander si la publicité n’est pas dangereuse, dans le sens où elle peut transmettre un message qui ne sera pas forcément une bonne source d’inspiration pour le jeune enfant déséquilibré. Celui-ci cherchera une réponse à ses questions dans les publicités et sur Internet. Les conséquences que cela implique peuvent faire l’objet de futures recherches.

De plus un autre problème se pose et pourrait être analysé de manière plus approfondie : la même publicité est vue par des enfants et des adultes. En effet les enfants sont exposés sans le vouloir à de très nombreuses publicités qui sont initialement destinées aux adultes. L’enfant peut alors souvent en avoir une interprétation biaisée.

Bibliographie

Avnet T., Pham M.T., Stephen A.T. (2012), Consumer’s trust in feelings as information, Journal of Consumer Research 39, (4), 720–735.

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How disgust enhances the effectiveness of fear appeals

Morales A.C., Wu E.C., Fitzsimons G.J. (2012), How disgust enhances the effectiveness of fear appeals, Journal of Marketing Research 49, (6), 383–393.

Beaucoup de messages publicitaires cherchent à atteindre le consommateur par la peur, surtout dans le domaine de la santé, afin de le protéger. Cette étude cherche à montrer que le dégoût, ajouté à la peur, peut encore améliorer l’attitude des consommateurs envers la recommandation de la publicité, comparé à une publicité ou seule la peur domine. Plusieurs auteurs définissent la peur et le dégoût, et affirment que ces deux émotions induisent la même réaction de fuite qui n’intervient cependant pas au même moment en raison du degré de certitude qu’elles génèrent. Le dégoût fera réagir les consommateurs tout de suite, contrairement à la peur qui leur demandera un temps de réaction plus long.

ETUDE 1 : Cette première étude veut examiner le rôle du dégoût dans l’efficacité des messages utilisant également la peur à partir d’images. La publicité utilisée s’inspire d’une campagne réelle qui prévient des dangers de la méthamphétamine. Les auteurs ont ainsi utilisé trois types de messages créant des émotions différentes : uniquement la peur, la peur et le dégoût, ou aucune de ces émotions. Il était demandé aux participants de bien observer la publicité et de répondre ensuite à une série de questions, visant à évaluer leur attitude envers cette publicité et la consommation de méthamphétamine. Comme prévu, les résultats indiquent un plus fort niveau de persuasion chez les participants exposés au message de dégoût-peur. Ce sont eux en effet qui ont indiqué vouloir réduire de la manière la plus significative leur consommation de drogue future. D’où l’efficacité du dégoût.

ETUDE 2 : Les auteurs vont plus loin, en se demandant si le dégoût et la peur, combinés dans une image, produisent les mêmes effets sur les consommateurs quand ils sont utilisés dans un texte. La méthode est la même que pour la première étude, sauf que les images sont logiquement remplacées par des textes. Les résultats sont les mêmes que ceux de la première étude. Les émotions du dégoût et de la peur ne sont donc pas suscitées par un format publicitaire spécifique, ce qui donne aux entreprises encore plus d’opportunités de communication, afin de rendre leurs campagnes publicitaires les plus persuasives possibles.

ETUDE 3 : Afin de vérifier que les résultats sont induits par un véritable dégoût ressenti par les participants, et non par la peur de voir leur apparence dégradée, cette troisième étude utilise la publicité d’une simple marque d’eau prévenant des dangers d’une certaine molécule BPA pour la santé. De plus, elle utilise aussi bien des images que du texte écrit suscitant les mêmes émotions que dans les premières études. Enfin, les auteurs cherchent à évaluer, en plus des impacts sur leur comportement, la quantité d’informations que les participants retiennent après avoir vu la publicité, et ainsi mieux mesurer le degré de persuasion. Les résultats confirment ceux des recherches précédentes, le dégoût combiné à la peur touche donc encore plus le consommateur, et le pousse à changer encore plus vite de comportement vis-à-vis de ses habitudes de consommation d’eau. Cela est le cas pour n’importe quel sujet de publicité, qu’il mette en cause ou non l’apparence du consommateur, ce qui est confirmé par l’étude 4.

ETUDE 4 : Cette étude met en jeu les émotions de peur et de dégoût dans le cadre d’un magazine, afin de confronter les participants à toute une série de publicités et à généraliser la recherche. De plus, en distinguant les publicités prévenant d’un danger pour la santé de celles pour l’apparence, les auteurs cherchent à comprendre lequel de ces deux aspects (santé / apparence) a le plus d’impact sur les consommateurs, en terme de réactivité. Ainsi les participants devaient regarder le magazine en entier et évaluer l’une des publicités, qui concerne la même marque d’eau vue précédemment. Une version cherche à leur montrer les conséquences de cette molécule sur la santé, et l’autre version sur l’apparence. Enfin, les participants doivent répondre à une série de questions visant à mesurer leur intention d’éviter tout produit contenant du BPA, ainsi que la rapidité avec laquelle ils changeraient de comportement. Conformément aux résultats précédemment trouvés, les participants exposés à la peur et au dégoût présentent un plus haut degré de persuasion et d’intention d’achat du produit, que les autres. Il est également important de noter que ces résultats sont les mêmes, que la publicité soit ciblée sur l’apparence du consommateur ou sur sa santé.

En conclusion, cette étude nous montre donc que le dégoût associé à la peur aura un effet de persuasion très fort auprès des consommateurs. Dans une société où la publicité est omniprésente, les consommateurs n’y prêtent plus aucune attention, et les entreprises ont donc aujourd’hui besoin de se démarquer dans leur communication. Ainsi tous les moyens sont bons pour être le plus persuasif possible, et le dégoût en est un. Dégoûter le consommateur afin de lui faire comprendre l’enjeu du message publicitaire est un outil largement utilisé de nos jours, principalement par les organismes de santé et de sécurité. On peut se demander jusqu’où ce degré de dégoût peut aller. Cette question se pose notamment en ce qui concerne les enfants. En effet, l’ensemble des publicités dont l’article parle sont destinées à un public adulte, mais sont également souvent vues par des enfants, sans qu’ils le veuillent. Il serait alors intéressant d’analyser les impacts que produit ce genre de publicité sur les plus jeunes, et comment ils y réagissent. Des recherches futures pourraient ainsi réfléchir aux limites à ne pas franchir en termes de dégoût et de choc, et aux risques que ces publicités peuvent représenter pour les consommateurs qui impriment inconsciemment dans leur esprit des images choc.

Bibliographie

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Gregory P. (1993), Notes sur la persuasion subliminale : quelques acquis de la recherche marketing pour éclairer un mythe, Recherche et Applications en Marketing 8, (3), 79–93.

Smellizing cookies and salivating : a focus on olfactory imagery

Krishna A., Morrin M., Sayin E. (2014), Smellizing cookies and salivating : a focus on olfactory imagery, Journal of Consumer Research 41, (1), 18–34.

Cette étude analyse les effets sur le consommateur de l’olfactif et de l’imaginaire dans le contexte publicitaire de l’alimentaire. La question qu’il convient de se poser est la suivante : est-ce que le simple fait d’imaginer une odeur impacte le comportement des consommateurs ? Et est-ce que ce comportement est différent de celui suscité par les odeurs réelles ? Enfin, une odeur peut-elle être imaginée sans l’aide d’un référent visuel ?

ETUDE 1 : L’objectif de cette première étude est de démontrer que le fait d’imaginer une odeur en regardant la photo augmente la salivation et a donc un réel effet sur le consommateur. Pour ce faire, les auteurs ont créé une publicité de cookies, présentant une photo de quatre gâteaux au chocolat, que tous les participants ont vu. Il leur était demandé de regarder la photo et d’imaginer l’odeur de ces cookies pendant deux minutes. Ils devaient ensuite répondre à une série de question pour mesurer leur désir actuel de manger.
Les résultats montrent que le fait d’imaginer l’odeur des cookies en regardant la photo accroît la sécrétion de salive des participants. De plus, il apparaît que la salivation est fortement corrélée à leur désir de manger. On peut cependant se demander si la photo joue un vrai rôle dans l’efficacité de l’olfactif sur le consommateur (étude 2).

ETUDE 2 : On met en corrélation dans cette étude plusieurs conditions olfactives et visuelles : d’une part l’odeur qui est réelle, imaginée ou absente ; d’autre part la photo qui n’est pas toujours montrée aux participants. Les auteurs ont créé une nouvelle publicité concernant un gâteau au chocolat, que les participants ont sous les yeux avec ou sans photo. Certains ont dû sentir l’odeur réelle du gâteau, jointe à la publicité dans un sachet, d’autres ont dû imaginer cette odeur, et les derniers n’avaient aucune consigne particulière. Les participants ont ensuite dû répondre à une série de questions afin d’évaluer leur humeur, appétit, et goûts.
Les résultats montrent que sentir la vraie odeur du gâteau augmente la salivation, qu’il y ait ou non une photo. En revanche, imaginer l’odeur du gâteau impacte le degré de salivation de manière significative uniquement en présence d’une photo. Il existe donc bien une interaction entre l’olfactif et le visuel. Cela nous montre que le consommateur a besoin de se représenter très clairement et virtuellement l’objet émetteur de l’odeur, pour ensuite avoir une attitude positive envers le produit.

ETUDE 3 : On cherche à savoir si imaginer l’odeur d’un produit et imaginer à quoi ressemble ce produit ont les mêmes effets sur la consommation. Les participants reçoivent la publicité des quatre cookies au chocolat dans l’un des six formats possibles selon les conditions de l’étude : parfum réel, imaginé ou absent & photo réelle, imaginée ou absente. Ici on utilise une mesure du comportement autre que le degré de salivation : la consommation réelle de cookies. En effet après avoir vu la publicité, les participants devaient manger autant de cookies qu’ils voulaient. Il leur était ensuite demandé de répondre à une série de questions.
Les résultats confirment les précédents : l’odeur imaginée d’un produit va augmenter la consommation seulement si elle est accompagnée d’une photo. L’olfactif est donc dépendant du visuel quand il s’agit de l’imaginer. Cependant l’inverse n’est pas vrai : le visuel n’est pas dépendant de l’olfactif. Toutefois il convient de noter que lorsque les consommateurs n’ont pas besoin d’imaginer l’odeur du produit mais qu’ils l’ont en réel, cela impacte fortement leur consommation même s’ils ne voient pas le produit.

ETUDE 4 : Cette dernière étude cherche à montrer que les impacts de l’aspect visuel de la publicité, en présence ou non de l’olfactif, peuvent être modérés par les différences de capacité des individus à s’imaginer clairement le produit. Tous les participants ont à leur disposition l’odeur réelle des cookies. Certains ont la photo, d’autres non. Il leur est demandé d’abord de sentir le parfum du gâteau, et ensuite de dire à quel produit cette odeur correspond.
On comprend dans cette étude que l’impact de la vision sur le comportement du consommateur est différent selon que celui-ci a de bonnes capacités d’imagination ou non. Dans le premier cas, le simple parfum du produit lui suffira à imaginer le produit et à savoir s’il l’aime ou non. Dans le deuxième cas, il aura besoin de voir le produit, car sa simple odeur ne produira pas d’effet sur son intention d’achat.

En conclusion, le consommateur est très sensible à son odorat et à ce qu’il voit. Même s’il est difficile d’imaginer une odeur, le fait de voir l’objet émetteur de cette odeur rend la chose beaucoup plus facile. Le consommateur est alors capable de se faire une image claire du produit, cela lui rappelle d’autres expériences passées et peut lui donner envie d’acheter le produit. Les publicitaires vont dans ce sens et jouent alors sur les deux tableaux de l’olfactif et du visuel, pour rentrer dans l’imaginaire des consommateurs et être encore plus persuasifs. L’une des limites de cette recherche réside dans l’étude 4 où la capacité des individus à s’imaginer un produit a été évaluée à partir d’odeurs réelles. Ainsi de futures recherches pourraient chercher à l’analyser à partir de l’imagination même de l’odeur, en mesurant la réponse des consommateurs à la publicité alimentaire.

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The effects of thin and heavy media images on overweight and underweight consumers : social comparison processes and behavioral implications

Smeesters D., Mussweiler T., Mandel N. (2010), The effects of thin and heavy media images on overweight and underweight consumers : social comparison processes and behavioral implications, Journal of Consumer Research 36, (6), 930–949.

Cette étude vise à analyser l’influence de la publicité, exposant des mannequins maigres et gros, sur l’estime de soi des consommateurs. Pour ce faire elle prend en compte l’indice de masse corporelle (IMC) de chacun, et s’appuie sur la théorie de comparaison sociale énoncée par Festinger (1954). De plus, l’obésité concerne une part significative et croissante des consommateurs qui sont encore plus vulnérables à l’idéal féminin trop maigre imposé par la publicité. Cette étude cherche donc à prouver que ce n’est pas la taille même du mannequin mais la différence de taille entre le mannequin et le consommateur qui affecte ce-dernier.

ETUDE 1 : Les participantes doivent d’abord répondre à plusieurs questions sur des publicités présentant des mannequins de tailles différentes. Elles ont ensuite à comparer deux photos, afin d’évaluer leur degré de similarité ressenti avec le mannequin. Enfin, elles doivent se décrire en vingt phrases, afin d’analyser le jugement qu’elles se font d’elles-mêmes.
Face au standard de comparaison imposé par la publicité, les individus se positionnent différemment selon leur IMC et ont donc un jugement plus ou moins positif sur eux-mêmes. Les résultats ont en effet montré en tout logique que les participantes avec un IMC élevé se sentent similaires aux mannequins à plus forte corpulence, et ne se reconnaissent pas face aux mannequins fins. Etant donné que « l’idéal » véhiculé par la société est d’être fin, elles s’évaluent négativement face à ces deux types de mannequins, voulant ressembler au plus maigre des deux, et leur estime d’elles-mêmes en est donc diminuée. C’est l’inverse complet pour les participantes ayant un IMC faible, qui ne sont donc pas affectées par ces deux types de mannequins.

ETUDE 2 : La procédure est similaire à la première avec deux éléments en plus : on mesure l’estime de soi des participantes avant et après l’exposition à la publicité, et on analyse le mécanisme de comparaison qu’elles utilisent.
Les mêmes résultats que ceux trouvés précédemment sont confirmés. L’étude permet également d’affirmer que ces sentiments de similitude ne sont pas dus à des différences chroniques d’estime de soi entre les participantes, mais plutôt à un processus de comparaison sociale et d’auto-évaluation, qui s’enclenche inconsciemment et automatiquement lorsqu’elles sont confrontées à la publicité et ses mannequins.
Il est intéressant de noter que, lorsque les participantes n’étaient exposées à aucune publicité, leur estime d’elles-mêmes ne changeait pas quel que soit leur IMC. La publicité a donc un réel effet de persuasion sur le consommateur, jusqu’à dans sa propre personnalité. Elle ne s’arrête pas à la simple évaluation du produit et à l’intention d’achat.

ETUDE 3 : Cette étude a pour objectif d’analyser les impacts de la publicité sur le comportement des consommateurs, tels que l’envie de manger plus, causant des hausses de poids, ou au contraire la volonté de commencer un régime ou faire plus de sport, causant des baisses de poids.
La méthode est donc la même que pour l’étude 1, avec une étape en plus : trois assiettes de cookies sont présentées aux participantes, qu’elles doivent goûter et noter. Parallèlement elles doivent répondre à deux questions concernant leurs intentions de régime et de sport.
Les résultats montrent que les participantes avec un IMC faible ont tendance à vouloir moins manger ou faire plus de sport lorsqu’elles sont confrontées à un mannequin de forte corpulence. Elles ne veulent en effet pas lui ressembler, selon les auteurs, puisque cette corpulence n’est pas reconnue socialement comme « l’idéal » de beauté. C’est le même cas pour les participantes avec un IMC élevé lorsqu’elles sont face à un mannequin fin, qui est considéré socialement comme l’idéal à atteindre, et auquel les participantes veulent alors ressembler.

En conclusion, même si l’IMC ne constitue pas un outil de mesure de l’obésité parfait, et si toutes les participantes n’ont pas la même perception de l’obésité et de la maigreur, cette étude permet d’avancer dans l’analyse des impacts négatifs de la publicité sur les consommateurs. Afin d’aller plus loin, les auteurs prennent l’exemple de la campagne Dove pour la « vraie beauté », et remettent en cause leur efficacité en s’appuyant sur les résultats de leur recherche. Une autre question intéressante pouvant entraîner de futures recherches peut concerner les solutions à donner aux consommateurs pour améliorer leur bien-être et leur bonheur.

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The self-activation effect of advertisements : ads can affect whether and how consumers think about the self

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Cette étude a pour objectif d’analyser les différences de signification entre les produits médiatisés et ceux qui ne le sont pas, et les impacts sur le consommateur.
Selon les auteurs, les produits de beauté font partie des catégories de produits les plus médiatisées. Compte tenu de l’importance de l’apparence dans nos sociétés occidentales, la beauté est une grande source d’estime de soi chez les consommatrices. Ces différents produits permettent aux consommatrices, selon eux, d’atteindre ou tout du moins de se rapprocher le plus possible d’un « desired end-state », de leurs buts et aspirations en ce qui concerne l’attractivité physique.
Les auteurs affirment en effet que les produits de beauté suggèrent une image idéale, apparaissant comme un modèle pour les consommatrices. Ils observent que ces-dernières en sont inconsciemment affectées. Elles s’identifient en effet au personnage de la publicité, retranscrivent sur elles-mêmes le concept de beauté transmis par la publicité, et veulent reproduire celui-ci dans leur propre vie. Mais comme tout idéal, cette image n’est pas réaliste et peut alors créer de la frustration chez les consommatrices jusqu’à baisser leur estime d’elles-mêmes.

La publicité renvoie les consommateurs à eux-mêmes
Les participants sont divisés en plusieurs groupes en fonction du type de produit (fard à paupière ou déodorant) et si le produit est médiatisé ou non. Selon les groupes, les participants ont à leur disposition une image d’un des deux produits, dans un contexte publicitaire ou non. Ils ont ensuite un texte dans une langue qu’ils pensent n’être parlée qu’en Nouvelle-Guinée, mais qui en réalité n’existe pas. Ils doivent deviner la signification des quinze pronoms soulignés dans le texte. L’objectif est d’analyser le nombre de pronoms à la première personne qui sont donnés par les participants, et de voir ainsi si l’image les renvoie à eux-mêmes.
Le groupe ayant le fard à paupière mis en avant dans une publicité a traduit le plus de pronoms à la première personne. Les résultats montrent donc que les produits médiatisés ont plus d’impact sur les consommateurs, ces produits leur renvoient une certaine image d’eux-mêmes, contrairement aux produits non médiatisés auxquels les consommateurs ne s’identifient pas. Le type de produit importe aussi beaucoup, les produits de beauté ayant le plus d’impacts.

La publicité affecte l’estime de soi
Les participants sont à nouveau divisés en plusieurs groupes selon les mêmes critères, avec un produit en plus (des chaussures à talons). Chaque participant a sous les yeux l’image d’un produit publicitaire ou non, et doit répondre à plusieurs questions, conduisant à évaluer ce qu’il pense de lui-même (« êtes-vous satisfait de vous-même ? », « de votre apparence ? »…).
Les participants confrontés à la publicité du fard à paupière ou des chaussures à talons se sont moins bien évalués que ceux exposés à des produits sortis du contexte publicitaire ou au déodorant. Ainsi les consommateurs s’identifient non seulement aux publicités, mais se comparent même à celles-ci, ce qui les conduit à s’évaluer de manière beaucoup plus négative puisque l’image renvoyée est idéale, irréaliste. Une certaine frustration voire même un mal-être peut en découler.

Ainsi, la publicité met en évidence ce que l’on n’a pas, ce que l’on voudrait éventuellement avoir, mais qui n’est pas forcément possible. Cela est confirmé par le fait que face aux mêmes produits sortis de tout contexte publicitaire, l’individu s’évalue de manière positive et a une bonne estime de lui-même. La publicité peut donc être persuasive, au point de pousser le consommateur à s’auto-dénigrer.

En conclusion, la publicité impose en quelque sorte une manière de penser que les consommateurs intègrent inconsciemment au fur et à mesure, et à laquelle ils finissent par s’identifier. Cette étude nous amène à d’autres questions qui pourraient faire l’objet de futures recherches. Il s’agit en effet d’analyser l’impact que peut avoir l’auto-évaluation induite par la publicité sur l’efficacité de cette-dernière. Si la publicité suscite tant d’impact psychologique sur le consommateur, quelle en est la conséquence sur l’évaluation des produits en question ? Un paradoxe en découle : lorsque les consommateurs s’évaluent de manière négative face aux modèles attractifs de la publicité, l’efficacité même de la publicité peut en souffrir.

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