Référence (format APA)
Sainsaulieu, R. (2019). L’identité au travail : les effets culturels de l’organisation (4e éd.). Presses de Sciences Po. (Original publié en 1977)
Mots-clés
Identité au travail ; culture organisationnelle ; modèles identitaires ; retrait ; fusion ; négociation ; affinité ; sociologie des organisations
Synthèse
Sainsaulieu démontre que l’organisation de travail est un lieu central de construction de l’identité des individus. À travers une enquête combinant sociologie et psychologie, il identifie quatre modèles identitaires au travail : le retrait (désinvestissement), la fusion (identification au groupe), la négociation (affirmation individuelle dans les rapports de pouvoir) et l’affinité (liens électifs entre pairs). Ces modèles dépendent de l’accès au pouvoir et aux relations stratégiques dans l’organisation.
Développement
- Cadre théorique et méthodologie
Sainsaulieu s’inscrit dans la sociologie des organisations française. Il part du constat que l’identité ne se construit pas uniquement dans la sphère privée mais aussi dans les relations de travail. Sa méthodologie est qualitative : il se fait lui-même ouvrier d’usine pour éprouver la construction identitaire au travail, puis mobilise des entretiens et des observations.
- Les quatre modèles identitaires
Le modèle du retrait caractérise les individus qui désinvestissent le travail comme source d’identité. Le modèle fusionnel désigne ceux qui s’identifient totalement au collectif de travail. Le modèle de la négociation concerne les individus capables de s’affirmer dans les rapports de pouvoir. Le modèle affinitaire repose sur des liens électifs entre pairs partageant des valeurs communes. Ces modèles sont dynamiques et un même individu peut évoluer de l’un à l’autre en fonction des transformations de son environnement.
- Apports pour le mémoire
Les quatre modèles de Sainsaulieu offrent une grille d’analyse directement applicable à l’étude des collaborateurs en cabinet comptable. Face à la digitalisation, certains collaborateurs peuvent basculer dans le retrait (refus du changement), d’autres maintenir une posture fusionnelle (solidarité d’équipe), tandis que d’autres adoptent une posture de négociation (appropriation active des nouvelles missions). Cette grille sera croisée avec le cadre de Dubar lors de l’analyse empirique.
Conclusion
L’ouvrage de Sainsaulieu, complémentaire de celui de Dubar, enrichit l’analyse en montrant que les réactions identitaires des collaborateurs face au changement sont structurées par leur position dans l’organisation et leur accès au pouvoir. Il permet de dépasser une vision individuelle pour intégrer la dimension organisationnelle de la reconstruction identitaire.
Références bibliographiques
Sainsaulieu, R. (2019). L’identité au travail : les effets culturels de l’organisation (4e éd.). Presses de Sciences Po.