Le rôle de la congruence entre les influenceurs, les produits et les consommateurs

Belanche, D., Casaló, L. V., Flavián, M., & Ibáñez-Sánchez, S. (2021). Understanding influencer marketing: The role of congruence between influencers, products and consumers. Journal of Business Research, 132, 186-195. 

Mots clés : Congruence, intentions des consommateurs, influenceur, innovation, Instagram, transfert de connaissances

 

Introduction

Les réseaux sociaux deviennent des outils de plus en plus indispensables dans la vie des consommateurs et Instagram est l’une des applications les plus téléchargées, avec plus d’un milliard d’utilisateurs actifs (Statista, 2019). C’est pourquoi de nombreuses marques investissent sur la plateforme afin de profiter des forts taux d’engagement et d’atteindre un large public (Hsu & Lin, 2020 ; Socialbakers, 2018). Bien que tous les secteurs soient concernés, le secteur de la mode et les influenceurs de ce domaine semblent particulièrement en tirer profit. (Hashoff, 2017 ; Sanz-Blas et al., 2019 ; Klear, 2018).

Les influenceurs sont devenus des sources d’information de plus en plus fiables pour leurs abonnés, offrant un sentiment de proximité, renforçant ainsi l’engagement de l’audience (Sokolova & Kefi, 2019). Cependant, des limites existent, notamment lorsque le choix de l’influenceur est mal adapté au produit (Fashionista, 2019) ou lorsque l’influenceur est peu éthique, avec l’achat de faux abonnés ou en manipulant les taux d’engagement (Mediakix, 2019).

Face à ces enjeux, il est essentiel de comprendre les facteurs clés du succès d’une campagne de marketing d’influence (Casaló, Flavián, & Ibáñez-Sánchez, 2020). En s’appuyant sur la théorie de l’équilibre (Heider, 1946), la théorie de la dissonance cognitive (Festinger, 1957) et la théorie de la congruence (Osgood & Tannenbaum, 1955), les auteurs vont s’interroger sur l’impact de la congruence entre l’influenceur, le produit et le consommateur dans l’efficacité du marketing d’influence. 

 

Développement

La proximité des influenceurs avec les abonnés renforce leur crédibilité et impacte l’intention d’achat ainsi que l’engagement de ceux-ci (Lou & Yuan, 2019 ; Chmait et al., 2020). C’est ainsi que l’efficacité des campagnes repose sur l’adéquation entre l’influenceur et son audience, influençant la perception et les décisions d’achat (Casaló et al., 2020; Kim & Kim, 2020).

Différentes théories psychologiques expliquent comment les consommateurs ajustent leurs croyances et comportements afin de maintenir la cohérence dans leurs attitudes. 

  • Théorie de la dissonance cognitive (Festinger, 1957) : Lorsque les individus ont des croyances ou des comportements contradictoires, ils ressentent un inconfort psychologique. Pour réduire cet inconfort, ils vont ajuster leurs attitudes afin de retrouver un équilibre.
  • Théorie de l’équilibre (Heider, 1946) : Les personnes recherchent un équilibre psychologique. Si une congruence existe entre une personne et un influenceur par exemple, et que cet influenceur apprécie un produit, la personne sera plus encline à apprécier ce produit pour maintenir un certain équilibre.
  • Théorie de la congruence (Osgood & Tannenbaum, 1955) : Orientée vers la communication et la persuasion, cette théorie indique que les individus ont tendance à privilégier des éléments qui sont cognitivement cohérents. Ainsi, à la suite d’un message exprimé, le public peut adapter son attitude pour être le plus cohérent possible avec ce message.

À la suite de ces théories, trois hypothèses ont été émises : 

  • H1 : Une plus grande (moins grande) congruence entre l’influenceur et le produit entraîne une plus grande (moins grande) congruence entre le consommateur et le produit chez les abonnés de l’influenceur.
  • H2 : La congruence entre le consommateur et le produit a une influence positive sur les attitudes des consommateurs envers le produit.
  • H3 : Les attitudes envers le produit ont des influences positives sur les intentions des consommateurs d’acheter et de recommander le produit.

Pour répondre à ces interrogations, une expérience en ligne a été réalisée en impliquant l’influenceur mode et beauté Zoe Sugg (@zoesugg), reconnu sur Instagram. Un échantillon de 396 followers femmes, dont 71% sont âgés entre 18 et 34 ans, et ayant une forte congruence avec Zoe en termes d’âge, de nationalité, de niveau d’étude etc. a été choisi. Ils ont été invités à évaluer la congruence entre l’influenceur, la tenue qu’elle porte et leur attitude envers le produit. L’évaluation a été réalisée à l’aide de l’échelle de Likert à sept points, allant de 1 = “pas du tout d’accord” à 7 = “tout à fait d’accord”. Puis des questions sur leurs comportements sur Instagram, sur les autres réseaux sociaux, sur les comportements d’achat en ligne, entre autres, ont été posées. 

Les résultats ont montré qu’effectivement, 

  • Il y a un effet indirect de la congruence consommateur-produit sur les intentions comportementales d’achat et de recommandation. Cela confirme l’hypothèse que lorsque la congruence consommateur-influenceur est élevée, il y aura aussi une forte congruence consommateur-produit, et vice-versa (H1). 
  • La congruence consommateur-produit influence positivement les attitudes des consommateurs envers le produit.
  • Il y a un effet indirect de la congruence consommateur-produit sur les intentions d’achat et de recommandation via l’attitude.

Cette étude peut aider les professionnels du marketing à collaborer avec des influenceurs ayant une forte congruence de style et de valeurs avec la marque et le produit promu. Idéalement, l’influenceur devrait intégrer un produit naturellement dans ses publications (Casaló et al., 2020).

Cependant, les résultats de cette étude sont limités étant donné que l’échantillon provient uniquement d’un seul pays et d’une seule influenceuse. Des études plus poussées pourraient être menées sur d’autres plateformes et avec un échantillon plus large.

 

Conclusion : 

En résumé, cette recherche expérimentale, menée auprès de 396 abonnés, démontre que lorsque l’alignement entre l’influenceur et le consommateur est fort et stable, la perception du produit suit la même dynamique : une forte adéquation influenceur-produit renforce l’association consommateur-produit, tandis qu’une faible correspondance l’affaiblit. Cet alignement a un impact direct sur l’attitude des consommateurs envers le produit sponsorisé, ainsi que leurs intentions d’achat et de recommandation. 

L’étude approuve donc un modèle reliant la perception (alignement) à l’évaluation (attitude) et aux intentions comportementales (achat et recommandation). 

 

Intégration dans ma revue de littérature

Cet article contribue à ma recherche car il explore l’importance de la congruence entre les influenceurs, les produits et les consommateurs. Il met en lumière comment cette cohérence influence l’efficacité du marketing d’influence, en particulier en termes de perception des consommateurs. 

En l’intégrant dans ma revue de littérature, je pourrais appuyer l’idée que l’alignement entre l’influenceuse et la marque joue un rôle essentiel dans la manière dont les consommateurs perçoivent la marque Cédric Grolet.

 

Références bibliographiques

  • Casaló, L.V., Flavián, C., & Ibáñez-Sánchez, S. (2020). Influencers on Instagram: Antecedents and consequences of opinion leadership. Journal of Business Research, 117, 510-519.
  • Chmait, N., Westerbeek, H., Eime, R., Robertson, S., Sellitto, C., & Reid, M. (2020). Tennis influencers: The player effect on social media engagement and demand for tournament attendance. Telematics & Informatics, 50, 101381.
  • Fashionista (2019). Wake up, sheeple: brands are losing money off of fake influencer followers.
  • Festinger, L. (1957). A theory of cognitive dissonance. Stanford University Press, Stanford, CA.
  • Heider, F. (1946). Attitudes and cognitive organization. The Journal of Psychology, 21(1), 107-112.
  • Hsu, C.L., & Lin, J.C.C. (2020). Antecedents and gains of user participation in social media in Taiwan. Technology in Society, 61, 101243.
  • Lou, C., & Yuan, S. (2019). Influencer marketing: How message value and credibility affect consumer trust of branded content on social media. Journal of Interactive Advertising, 19(1), 58-73.·     
  • Osgood, C.E., & Tannenbaum, P.H. (1955). The principle of congruity in the prediction of attitude change. Psychological Review, 62(1), 42-55.
  • Socialbakers. (2018). Instagram engagement: everything you need to know.
  • Sokolova, K., & Kefi, H. (2019). Instagram and YouTube bloggers promote it, why should I buy? How credibility and parasocial interaction influence purchase intentions. Journal of Retailing and Consumer Services, 53.
  • Statista (2019). Number of monthly active Instagram users from January 2013 to June 2018.

 

FICHE 3 – Les agents virtuels intelligents : Quels atouts pour la relation client ?

Viot, C., & Bressolles, G. (2012). Les agents virtuels intelligents : Quels atouts pour la relation client ? Décisions Marketing, 65, 45-56.

https://research-ebsco-com.devinci.idm.oclc.org/c/ry7y5r/viewer/pdf/7gby75blav?modal=download

Mots clés
Agent virtuel intelligent (AVI), relation client, marketing relationnel, présence sociale, qualité de service, multicanal, coûts opérationnels.

Synthèse

Introduction
Cet article traite de l’intégration des agents virtuels intelligents (AVI) dans la relation client. Un AVI est un programme informatique capable d’interagir avec les utilisateurs en langage naturel sur des plateformes numériques. Ces agents sont utilisés pour assister les clients dans leurs recherches, répondre aux questions fréquentes et faciliter la navigation sur les sites marchands. L’objectif est de comprendre comment les AVI peuvent améliorer l’expérience client, humaniser les interactions en ligne et optimiser les coûts des services clients.

Développement

  • Performance des AVI – Bilan critique :
    • Points forts :
      • Interaction en temps réel avec les clients via des dialogues en langage naturel.
      • Disponibilité continue (24/7) sans fatigue ni variation d’humeur.
      • Gestion simultanée de milliers de conversations (jusqu’à 4 500 interactions à la fois).
    • Limites actuelles :
      • Réponses parfois approximatives ou incomplètes.
      • Apparence et ton de voix encore peu engageants.
  • Apports des AVI dans la relation client :
    • Influence sur les consommateurs :
      • Augmentation de la confiance et de la satisfaction client.
      • Réduction du taux d’abandon de panier et augmentation du temps de navigation.
    • Humanisation de l’expérience en ligne :
      • Sensation de présence sociale qui améliore la relation avec la marque.
      • Renforcement de la fidélité grâce à des interactions personnalisées.
    • Qualité de service et réduction des coûts :
      • Diminution des délais de réponse.
      • Réduction significative des coûts de gestion des demandes clients.
    • Intégration multicanal :
      • Les AVI s’insèrent dans des dispositifs multicanaux, servant souvent de premier point de contact avant un conseiller humain.
      • Allégement des appels téléphoniques et des emails grâce à l’automatisation des réponses simples.

Méthodologie et résultats

  • Analyse de quatre cas d’entreprises (SFR, Fnac, Finaref, Discounteo) :
    • Missions variées : aide à la navigation, assistance avant-vente, service après-vente, et fidélisation.
    • Résultats obtenus :
      • Réduction de 27 % des coûts de service client (Fnac).
      • Baisse de plus de 3 000 emails mensuels (Voyages-sncf).
      • Amélioration du taux de conversion et hausse du panier moyen (Discounteo).

Conclusion
Les AVI sont des outils efficaces pour améliorer la relation client tout en réduisant les coûts opérationnels. Ils apportent une dimension humaine aux interactions en ligne et facilitent la navigation des utilisateurs. Bien qu’ils ne remplacent pas totalement les conseillers humains, ils jouent un rôle clé en traitant les demandes simples et en laissant les agents se concentrer sur les problématiques plus complexes. Malgré des progrès technologiques, leur intelligence reste à améliorer.

Intégration dans la revue de la littérature
Cet article est pertinent pour mon mémoire car les AVI pourraient être utilisés pour améliorer le parcours client, réduire les coûts de gestion des réclamations et offrir une assistance instantanée lors des démarches des clients. Leur capacité à humaniser les interactions en ligne serait un atout pour renforcer la fidélité des clients.

Bibliographie citée

  • Diesbach, B. B., Chandon, J. L., & Galan, J. P. (2007). Effets de la présence et de la congruence d’un agent virtuel incarné sur le pouvoir de rétention du site web.
  • Holzwarth, M., Janiszewski, C., & Neumann, M. (2006). The influence of avatars on online consumer shopping behavior. Journal of Marketing, 70, 19-36.
  • Parasuraman, A., Zeithaml, V., & Berry, L. (1988). SERVQUAL: A multiple-item scale for measuring consumer perceptions of service quality. Journal of Retailing, 64(1), 12-40.

FICHE 2 – Gestion de la relation client et internet : Les impératifs stratégiques pour la mise en place d’un projet e-GRC par les PME

Bellaaj, M. (2014). Gestion de la relation client et internet : Les impératifs stratégiques pour la mise en place d’un projet e-GRC par les PME. Revue Française de Gestion, 238, 119-137.

https://research-ebsco-com.devinci.idm.oclc.org/c/ry7y5r/viewer/pdf/43j4dkwuib

Mots clés
Gestion de la relation client (GRC), gestion électronique de la relation client (e-GRC), PME, stratégie multicanale, performance marketing, cohérence stratégique, intégration technologique, mobilisation des ressources, implication du dirigeant.

Synthèse

Introduction :
L’article analyse les facteurs stratégiques nécessaires à la mise en place réussie d’un projet d’e-GRC dans les PME. Il identifie quatre antécédents principaux (implication du dirigeant, cohérence stratégique, mobilisation des ressources, intégration technologique) et examine leur impact sur la performance des entreprises.

Développement :

  • Antécédents de la mise en place de la e-GRC :
    • Implication du dirigeant : Vision stratégique, allocation des ressources et gestion du changement.
    • Cohérence stratégique : Alignement entre la stratégie internet et les objectifs globaux de l’entreprise.
    • Mobilisation des ressources : Coordination des ressources humaines, financières et technologiques.
    • Intégration technologique : Connexion front-office (site web) et back-office (système d’information).
  • Impact sur la performance :
    • Amélioration de l’acquisition, de la fidélisation et de la rentabilité client.
    • Renforcement de la performance en contexte de forte concurrence.

Méthodologie et résultats :

  • Échantillon : 83 PME tunisiennes avec un projet e-GRC.
  • Analyse : Modélisation par équations structurelles (PLS).
  • Résultats :
    • La cohérence stratégique a l’impact le plus fort sur la mise en place de l’e-GRC.
    • L’implication du dirigeant et la mobilisation des ressources sont des facteurs déterminants.
    • L’intégration technologique favorise la centralisation des données clients et améliore la relation client.

Conclusion
La réussite d’un projet e-GRC repose sur la cohérence stratégique, l’implication du dirigeant, la mobilisation des ressources et l’intégration technologique. Leur combinaison permet d’améliorer significativement la performance des PME grâce à une meilleure gestion de la relation client.

Intégration dans la revue de la littérature
Cet article est pertinent pour mon mémoire sur l’optimisation de l’IA dans le CRM automobile. Les éléments clés comme la cohérence stratégique et l’intégration technologique sont essentiels dans les campagnes CRM optimisées l’IA. L’implication du dirigeant et la mobilisation des ressources sont aussi des leviers majeurs pour optimiser le ciblage et l’engagement client.

Bibliographie citée

  • Harrigan, P., Ramsey, E., & Ibbotson, P. (2009). Investigating the e-CRM activities of Irish SMEs. Journal of Small Business and Enterprise Development, 16(3), 443-465.
  • Raymond, L., & Bergeron, F. (2008). Enabling the business strategy of SMEs through e-business capabilities. Industrial Management & Data, 108(5), 577-595.
  • Payne, A., & Frow, P. (2005). A strategic framework for customer relationship management. Journal of Marketing, 69(1), 67-176.
  • Reinartz, W., Krafft, M., & Hoyer, W. (2004). The customer relationship management process: Its measurement and impact on performance. Journal of Marketing Research, 41(3), 293-305.

FICHE 1 – Gestion de la Relation Client et performance des PME

Ambroise, L., & Prim-Allaz, I. (2015). Gestion de la Relation Client et performance des PME. Décisions Marketing, 77, 13-30.

https://research-ebsco-com.devinci.idm.oclc.org/c/ry7y5r/viewer/pdf/nwxphsbniv

Mots clés:

Gestion de la Relation Client (GRC), PME, performance, stratégie de marché, orientation relationnelle.

Synthèse :

Introduction :

Cet article analyse la manière dont les petites et moyennes entreprises (PME) intègrent la Gestion de la Relation Client (GRC) dans leur stratégie et mesure l’impact de cette intégration sur leur performance. À travers une enquête réalisée auprès de 439 dirigeants de PME, les auteurs identifient les différentes stratégies relationnelles adoptées et leur influence sur les résultats financiers des entreprises.

Développement :

Lien entre la GRC et la performance des PME :

– Cinq profils de PME sont identifiés selon leur approche de la GRC : des entreprises sans stratégie relationnelle spécifique aux entreprises focalisées sur la satisfaction client.

– Les PME avec une vision stratégique à long terme mettent en place des pratiques de GRC plus élaborées, favorisant la fidélisation et la satisfaction des clients.

– Les retombées sur la performance financière ne sont observables qu’à moyen terme, avec des effets contrastés selon les groupes de PME.

Stratégie et mise en œuvre de la GRC :

– L’adoption de la GRC implique des changements organisationnels, notamment en termes de collecte de données clients et d’utilisation d’outils dédiés.

– Bien que l’investissement dans des outils de GRC soit coûteux, leur usage permet de mieux segmenter la clientèle et de personnaliser l’offre.

– Les PME disposant de programmes de fidélité, d’outils de suivi des contacts clients et d’enquêtes de satisfaction constatent une amélioration progressive de leur rentabilité.

Méthodologie et résultats :

L’étude repose sur des analyses statistiques (ACP et CHA) pour classer les PME selon leur stratégie relationnelle.

Les PME avec une approche relationnelle focalisée sur des clients prioritaires affichent les meilleures performances en termes de croissance et de rentabilité.

La mise en place des outils de GRC a un effet négatif à court terme sur la rentabilité, mais cet effet s’estompe et devient positif après cinq ans d’utilisation.

Conclusion:

La GRC, lorsqu’elle est intégrée de manière stratégique, permet aux PME d’améliorer leur performance financière à moyen terme. L’étude montre que les entreprises qui ciblent leurs clients les plus rentables tout en mettant en place des outils adaptés bénéficient d’un avantage concurrentiel durable.

Intégration dans la revue de littérature:

Cet article est essentiel pour mon mémoire car il met en lumière les impacts concrets d’une stratégie de GRC sur la performance des PME. Bien que l’intelligence artificielle ne soit pas directement abordée, les résultats démontrent que la collecte et l’analyse des données clients sont des leviers de performance clés, que l’IA pourrait optimiser. Dans le contexte du secteur automobile, où je travaille, ces pratiques pourraient être appliquées pour renforcer la fidélisation client et améliorer le ciblage des campagnes CRM.

Bibliographie citée:

Kumar, V., & Reinartz, W.J. (2006). Customer Relationship Management: A Databased Approach. Wiley.

Morgan, R. M., & Hunt, S. D. (1994). The commitment–trust theory of relationship marketing. Journal of Marketing, 58(3), 20-38.

Payne, A., & Frow, P. (2005). A Strategic framework for customer relationship management. Journal of Marketing, 69(4), 167-176.

Peelen, E., Jallat, F., Stevens, E., & Volle, P. (2014). Gestion de la relation client. Pearson, 4e édition.

Les facteurs qui favorisent l’engagement des employés

Akter, H., Sentosa, I., Hizam, S. M., Ahmed, W., & Akter, A. (2021). Finding the Contextual Gap Towards Employee Engagement in Financial Sector: A Review Study. International Journal of Academic Research in Business and Social Sciences, 11(5), 737–758. https://doi.org/10.6007/IJARBSS/v11-i5/9847

Mots-clés : engagement des employés ; facteurs d’engagement ; performance 

L’article de Akter et al. (2021) propose une analyse approfondie de l’engagement des employés dans le secteur financier. Il met en évidence un manque de contextualisation dans les recherches existantes et cherche à combler cette lacune en examinant les déterminants et les effets de l’engagement des employés sur la performance des entreprises du secteur financier.

L’étude repose sur une revue systématique de la littérature réalisée entre 2009 et 2019, couvrant 91 études empiriques. Les auteurs soulignent que l’engagement des employés ne se limite pas à la motivation individuelle, mais qu’il est influencé par plusieurs facteurs, notamment les conditions de travail, les relations interpersonnelles et les politiques organisationnelles (Gruman & Saks, 2011).

L’analyse révèle six catégories de facteurs déterminants :

  • Facteurs psychologiques : des éléments comme la perception du soutien organisationnel ou la rupture du contrat psychologique influencent l’engagement au travail (Malik & Khalid, 2016).
  • Facteurs liés au poste : l’autonomie et les caractéristiques du travail sont des éléments clés qui stimulent l’engagement des employés (Rai et al., 2017).
  • Relations interpersonnelles : un bon climat social et des relations positives avec les supérieurs et les collègues améliorent l’implication des employés (Ghosh et al., 2016).
  • Facteurs environnementaux : des conditions de travail favorables, notamment en matière de santé et de sécurité, jouent un rôle essentiel (Banhwa et al., 2014).
  • Facteurs individuels : l’équilibre entre vie professionnelle et vie privée ainsi que la formation continue sont liés à un engagement accru (Nadeem et al., 2017).
  • Facteurs organisationnels : des pratiques de gestion des ressources humaines efficaces, comme la reconnaissance et le leadership transformationnel, renforcent l’implication des employés (Karatepe & Aga, 2016).

Les résultats montrent que l’engagement des employés a un impact positif à la fois sur leur performance individuelle et sur celle de l’organisation. Les employés engagés affichent une meilleure satisfaction au travail, un taux de rétention plus élevé et une productivité accrue (Dajani, 2015). Par ailleurs, des entreprises où l’engagement est fort bénéficient d’une meilleure satisfaction client et d’une image plus positive (Zameer et al., 2018).

L’article met également en évidence le rôle médiateur de l’engagement dans la relation entre les pratiques organisationnelles et la performance. Par exemple, les employés qui perçoivent un fort soutien organisationnel sont plus enclins à s’engager pleinement dans leur travail, ce qui entraîne des effets positifs sur leur performance et leur fidélité à l’entreprise (Chhetri, 2017a).

Les auteurs soulignent que la plupart des recherches antérieures privilégient une approche quantitative et suggèrent d’intégrer davantage d’études qualitatives pour mieux comprendre les mécanismes sous-jacents à l’engagement des employés. Ils recommandent aussi de développer de nouveaux outils de mesure adaptés au secteur financier, car les échelles existantes, comme l’UWES (Schaufeli et al., 2002), pourraient ne pas couvrir toutes les dimensions spécifiques à ce secteur.

En conclusion, cette étude met en lumière l’importance d’une approche contextualisée de l’engagement des employés dans le secteur financier. Elle insiste sur le rôle clé des facteurs organisationnels et relationnels et suggère que les entreprises devraient adapter leurs stratégies de gestion des talents pour renforcer l’implication et la rétention des employés.

Références 

  • Akter, H., Sentosa, I., Hizam, S. M., Ahmed, W., & Akter, A. (2021). Finding the Contextual Gap Towards Employee Engagement in Financial Sector: A Review Study. International Journal of Academic Research in Business and Social Sciences, 11(5), 737–758. https://doi.org/10.6007/IJARBSS/v11-i5/9847
  • Banhwa, J., Chinomona, R., & Pooe, R. I. D. (2014). The influence of quality of work life on employee job satisfaction, job commitment and tenure intention in SMEs. Mediterranean Journal of Social Sciences, 5(20), 543-552. https://doi.org/10.5901/mjss.2014.v5n20p543
  • Chhetri, N. (2017a). Employee engagement: A mediating role between organizational commitment and job satisfaction. Journal of Organizational Psychology, 17(2), 23-34.
  • Dajani, M. A. Z. (2015). The impact of employee engagement on job performance and organizational commitment in the Egyptian banking sector. Journal of Business and Management Sciences, 3(5), 138-147. https://doi.org/10.12691/jbms-3-5-1
  • Ghosh, P., Rai, A., & Sinha, A. (2016). The impact of transformational leadership on employee engagement: A study in the Indian context. Asian Journal of Business Ethics, 5(1-2), 49-66. https://doi.org/10.1007/s13520-016-0059-2
  • Gruman, J. A., & Saks, A. M. (2011). Performance management and employee engagement. Human Resource Management Review, 21(2), 123-136. https://doi.org/10.1016/j.hrmr.2010.09.004
  • Karatepe, O. M., & Aga, M. (2016). The effects of job resourcefulness and customer orientation on performance outcomes: A study in the hotel industry. Journal of Hospitality Marketing & Management, 25(3), 266-290. https://doi.org/10.1080/19368623.2015.1015509
  • Malik, M. S., & Khalid, N. (2016). Psychological contract breach, work engagement and turnover intention: Evidence from banking industry in Pakistan. Pakistan Journal of Commerce and Social Sciences, 10(3), 571-588.
  • Nadeem, S., Riaz, R., & Habib, M. D. (2017). Work-life balance and employee engagement: The role of workplace flexibility. Journal of Business and Economics, 9(2), 45-60.
  • Rai, A., Ghosh, P., Chauhan, R., & Singh, R. (2017). Influence of job characteristics on engagement: Does support at work act as a moderator? International Journal of Sociology and Social Policy, 37(1-2), 86-105. https://doi.org/10.1108/IJSSP-10-2015-0106
  • Schaufeli, W. B., Salanova, M., González-Romá, V., & Bakker, A. B. (2002). The measurement of engagement and burnout: A two sample confirmatory factor analytic approach. Journal of Happiness Studies, 3(1), 71-92. https://doi.org/10.1023/A:1015630930326
  • Zameer, H., Wang, Y., Yasmeen, H., & Ahmed, W. (2018). Corporate social responsibility influences, employee commitment and organizational performance: A study in the Pakistani banking sector. International Journal of Business and Management, 13(1), 1-14. https://doi.org/10.5539/ijbm.v13n1p1

Une application mobile pour encourager les déplacements à vélo

Bucchiarone, A., Bassanelli, S., Luca, M., Centellegher, S., Cipriano, P., Giovannini, L., Lepri, B., & Marconi, A. (2023). Play&Go Corporate: An end-to-end solution for facilitating urban cyclability. IEEE Transactions on Intelligent Transportation Systems, 24(12), 15830-15842. https://doi.org/10.1109/TITS.2023.3256133

Mots clés : Mobilité durable ; Cyclabilité urbaine ; Incitations comportementales ; Gamification ; Politiques de transport

L’article de Bucchiarone et al. (2023) présente une solution innovante pour encourager l’utilisation du vélo en milieu urbain, notamment dans le cadre des trajets domicile-travail. Ce projet, baptisé Play&Go Corporate, s’appuie sur une approche intégrée combinant des outils technologiques, des incitations comportementales et des infrastructures adaptées pour favoriser la cyclabilité.

Les auteurs expliquent que l’adoption du vélo en ville est freinée par plusieurs obstacles, notamment des infrastructures inadaptées, une perception du risque routier élevée et un manque d’équipements facilitant son usage au sein des entreprises (Pucher & Buehler, 2012). De plus, même si certaines entreprises mettent en place des politiques de mobilité durable, elles se heurtent souvent à des difficultés pour modifier les habitudes de leurs employés (Gössling, 2020).

Afin de comprendre comment lever ces freins, l’étude repose sur l’analyse de données recueillies via une application mobile, des entretiens qualitatifs et des observations auprès d’entreprises pilotes. L’application Play&Go Corporate permet aux employés d’enregistrer leurs trajets à vélo, de recevoir des récompenses en points échangeables et d’accéder à des recommandations pour optimiser leurs itinéraires. Ce dispositif intègre des stratégies de nudging et de gamification, des techniques ayant déjà montré leur efficacité pour encourager des comportements plus durables (Thaler & Sunstein, 2008).

L’étude met en évidence trois leviers essentiels favorisant l’adoption du vélo en entreprise :

  1. Les incitations comportementales, avec des récompenses et des classements entre collègues qui renforcent la motivation (Baptista et al., 2019).
  2. L’amélioration des infrastructures, incluant des parkings sécurisés, des vestiaires et des douches, qui lèvent certains freins logistiques (Fishman, 2016).
  3. L’accompagnement et la sensibilisation, via des campagnes de communication et des formations sur la sécurité routière (Daley & Rissel, 2011).

Toutefois, l’étude souligne aussi certaines limites. Le programme séduit principalement les employés déjà sensibilisés aux mobilités actives, tandis que les personnes peu familières avec le vélo restent plus difficiles à convaincre (Handy et al., 2014). De plus, les incitations financières, bien qu’efficaces à court terme, peuvent perdre leur effet une fois retirées, ce qui pose la question de la pérennité de l’initiative (Möser & Bamberg, 2008).

En conclusion, les auteurs insistent sur l’importance d’une approche combinée associant infrastructures adaptées, incitations personnalisées et accompagnement progressif pour maximiser l’impact de ces initiatives. Ils recommandent une mise en place progressive de ces mesures en tenant compte des contraintes spécifiques de chaque entreprise et de ses employés (Piatkowski & Marshall, 2015).

 

Références :

  • Baptista, P., Melo, S., & Rolim, C. (2019). Energy, environmental and mobility impacts of car-sharing systems. Environmental Research Letters, 14(8), 084033. https://doi.org/10.1088/1748-9326/ab31a1
  • Daley, M., & Rissel, C. (2011). Perspectives and images of cycling as a barrier or facilitator of cycling. Transport Policy, 18(1), 211-216. https://doi.org/10.1016/j.tranpol.2010.08.004
  • Fishman, E. (2016). Bikeshare: A review of recent literature. Transport Reviews, 36(1), 92-113. https://doi.org/10.1080/01441647.2015.1033036
  • Gössling, S. (2020). Integrating e-scooters in urban transportation: Problems, policies, and the prospect of system change. Transportation Research Part D: Transport and Environment, 79, 102230. https://doi.org/10.1016/j.trd.2020.102230
  • Handy, S., van Wee, B., & Kroesen, M. (2014). Promoting cycling for transport: Research needs and challenges. Transport Reviews, 34(1), 4-24. https://doi.org/10.1080/01441647.2013.860204
  • Möser, G., & Bamberg, S. (2008). The effectiveness of soft transport policy measures: A critical assessment and meta-analysis of empirical evidence. Journal of Environmental Psychology, 28(1), 10-26. https://doi.org/10.1016/j.jenvp.2007.09.001
  • Piatkowski, D. P., & Marshall, W. E. (2015). Not all prospective bicyclists are created equal: The role of attitudes, socio-demographics, and the built environment in bicycle commuting. Travel Behaviour and Society, 2(1), 1-9. https://doi.org/10.1016/j.tbs.2014.07.001
  • Pucher, J., & Buehler, R. (2012). City cycling. MIT Press.
  • Thaler, R. H., & Sunstein, C. R. (2008). Nudge: Improving decisions about health, wealth, and happiness. Yale University Press.

Le job crafting comme vecteur d’engagement des collaborateurs

Pekaar, K. A., & Demerouti, E. (2023). Crafting for sustainability: A daily diary study and self-training intervention on proactive employee engagement in sustainability. European Journal of Work and Organizational Psychology, 32(6), 839-857. https://doi.org/10.1080/1359432X.2023.2255318

 

Mots clés : Job crafting ; durabilité ; comportements responsables ; engagements des employés

 

L’étude menée par Pekaar et Demerouti (2023) explore comment les employés peuvent adopter des comportements plus durables dans leur travail en modifiant de manière proactive leurs tâches et leur environnement professionnel. Ce concept, appelé job crafting, permet aux employés d’adapter leur travail en fonction de leurs ressources et objectifs afin de mieux intégrer des pratiques durables. L’étude repose sur la théorie du comportement planifié (Ajzen, 1991) et sur la théorie des demandes et ressources au travail (Demerouti et al., 2001), et vise à comprendre comment les individus peuvent surmonter les obstacles qui freinent leur engagement envers la durabilité.

La théorie du comportement planifié (Ajzen, 1991) explique que les actions des individus sont influencées par trois éléments principaux : l’attitude envers un comportement donné, les normes sociales perçues et le contrôle comportemental perçu. Selon cette théorie, plus une personne a une attitude positive envers un comportement, perçoit un soutien social pour l’adopter et se sent capable de le mettre en œuvre, plus elle sera susceptible de le réaliser effectivement. Cette approche est souvent utilisée pour comprendre les écarts entre intention et action, notamment dans le domaine de la durabilité au travail.

Le modèle des demandes et ressources au travail (Demerouti et al., 2001) est une autre approche essentielle pour analyser l’engagement des employés. Ce modèle suggère que chaque travail comprend des demandes (aspects du travail nécessitant un effort physique ou mental, comme la charge de travail ou les responsabilités) et des ressources (facteurs facilitant la réalisation des tâches, comme l’autonomie, le soutien des collègues ou les possibilités d’apprentissage). Un bon équilibre entre demandes et ressources est crucial pour le bien-être et la performance des employés. Lorsqu’ils disposent de ressources suffisantes, ils peuvent s’engager de manière proactive, par exemple en adaptant leur poste pour mieux intégrer des comportements durables (job crafting).

Les initiatives mises en place par les entreprises pour encourager la durabilité ne suffisent pas toujours à motiver les employés (Davis & Challenger, 2015). Plusieurs facteurs peuvent expliquer cette situation, comme le manque de reconnaissance, la surcharge de travail ou une faible autonomie perçue dans l’adoption de comportements durables (Unsworth & McNeill, 2017). L’article s’intéresse donc à la manière dont les individus peuvent prendre en main leur engagement environnemental en ajustant leur manière de travailler.

Deux études empiriques ont été menées pour analyser ces comportements. La première étude, basée sur un journal de bord quotidien, a suivi 68 employés pendant cinq jours afin d’observer leurs intentions et comportements liés à la durabilité. Les résultats montrent que les attitudes positives envers la durabilité et la perception d’un certain contrôle sur leurs actions encouragent l’adoption de comportements plus durables (Swaim et al., 2016). Toutefois, les auteurs constatent un écart entre intention et action : les employés expriment des intentions durables mais ne les appliquent pas toujours, notamment en raison de contraintes organisationnelles et de priorités conflictuelles (Ajzen, 2015).

La deuxième étude repose sur une intervention d’auto-formation au job crafting, où les participants étaient invités à fixer des objectifs quotidiens liés à la durabilité et à adapter leur travail pour mieux les atteindre. Les résultats indiquent que cette intervention a renforcé les intentions durables des participants, mais sans nécessairement aboutir à une augmentation significative des actions concrètes. Cependant, les employés ayant suivi l’intervention ont davantage réorganisé leurs tâches pour mieux intégrer la durabilité dans leur travail.

Trois stratégies principales de job crafting sont identifiées comme favorisant la durabilité : la recherche de ressources, la prise de nouveaux défis et l’optimisation des exigences professionnelles (Petrou et al., 2012 ; Demerouti & Peeters, 2018). Parmi celles-ci, seule l’optimisation des exigences professionnelles semble réduire l’écart entre intention et action, suggérant que les employés qui parviennent à rendre leur travail plus efficace sont plus enclins à intégrer des comportements durables (Merriman et al., 2016 ; Rupp et al., 2018).

En conclusion, Pekaar et Demerouti (2023) soulignent que l’implication des employés dans la durabilité passe par une transformation active de leur environnement professionnel. Si les entreprises souhaitent renforcer l’adoption de comportements durables, elles doivent encourager des stratégies de job crafting permettant aux salariés de concilier leurs missions professionnelles et leurs engagements écologiques.

Références

  • Ajzen, I. (1991). The theory of planned behavior. Organizational Behavior and Human Decision Processes, 50(2), 179-211. https://doi.org/10.1016/0749-5978(91)90020-T
  • Davis, M. C., & Challenger, R. (2015). Climate change engagement in the workplace: How organizations can motivate employees to act. Journal of Organizational Behavior, 36(3), 447-462. https://doi.org/10.1002/job.1993
  • Demerouti, E., Bakker, A. B., Nachreiner, F., & Schaufeli, W. B. (2001). The job demands-resources model of burnout. Journal of Applied Psychology, 86(3), 499-512. https://doi.org/10.1037/0021-9010.86.3.499
  • Demerouti, E., & Peeters, M. C. (2018). Transmission of reduction-oriented crafting among colleagues: A diary study. Work & Stress, 32(3), 250-271. https://doi.org/10.1080/02678373.2017.1367735
  • Merriman, K. K., Sen, S., Felo, A. J., & Litzky, B. E. (2016). Employees and sustainability: The role of incentives. Journal of Managerial Psychology, 31(4), 820-836. https://doi.org/10.1108/JMP-09-2014-0272
  • Pekaar, K. A., & Demerouti, E. (2023). Crafting for sustainability: A daily diary study and self-training intervention on proactive employee engagement in sustainability. European Journal of Work and Organizational Psychology, 32(6), 839-857. https://doi.org/10.1080/1359432X.2023.2255318
  • Petrou, P., Demerouti, E., Peeters, M. C., Schaufeli, W. B., & Hetland, J. (2012). Crafting a job on a daily basis: Contextual correlates and the link to work engagement. Journal of Organizational Behavior, 33(8), 1120-1141. https://doi.org/10.1002/job.1783
  • Rupp, D. E., Shao, R., Jones, K. S., & Liao, H. (2018). The psychology of corporate social responsibility and humanitarian work: A person-centric perspective. Industrial and Organizational Psychology, 11(1), 83-88. https://doi.org/10.1017/iop.2017.108
  • Swaim, J. A., Maloni, M. J., Napshin, S. A., & Henley, A. B. (2016). Influences on student intention and behavior toward environmental sustainability. Journal of Business Ethics, 138(1), 131-148. https://doi.org/10.1007/s10551-015-2613-0
  • Unsworth, K. L., & McNeill, I. M. (2017). Increasing pro-environmental behaviors by increasing self-concordance: Testing an intervention. Journal of Applied Psychology, 102(1), 88-100. https://doi.org/10.1037/apl0000165

 

Incentivizing commuter cycling by financial and non-financial rewards

Máca, V., Ščasný, M., Zvěřinová, I., Jakob, M., & Hrnčíř, J. (2020). Incentivizing commuter cycling by financial and non-financial rewards. International Journal of Environmental Research and Public Health, 17(17), 6033. https://doi.org/10.3390/ijerph17176033

 

Mots-clés : Mobilité durable, vélo, incitations financières, gamification, transport urbain, comportements de déplacement.

 

L’article de Máca et al. (2020) analyse l’efficacité des incitations financières et non financières pour encourager le vélo comme mode de transport domicile-travail. En s’appuyant sur une expérience randomisée, les auteurs évaluent comment ces incitations influencent la fréquence des trajets à vélo et explorent les obstacles à leur adoption.

 

L’étude repose sur une expérience contrôlée dans laquelle les participants, sélectionnés parmi les nouveaux utilisateurs de l’application, ont été répartis aléatoirement en cinq groupes distincts. Un premier groupe, servant de groupe témoin, n’a reçu aucune incitation particulière, tandis que les quatre autres ont bénéficié de différents types de motivations. Les incitations testées incluent l’utilisation de mécanismes ludiques tels que des classements, des défis et des récompenses virtuelles (Zuckerman & Gal-Oz, 2014), une rémunération fixe par kilomètre parcouru, une récompense dégressive dont le montant diminuait progressivement avec la distance parcourue, ainsi qu’une combinaison de gamification et d’incitations financières (Máca et al., 2020)​

 

Les auteurs utilisent l’application Cyclers, qui permet de suivre les trajets à vélo des participants. Ces derniers sont répartis en cinq groupes, recevant différents types d’incitations :

  • Un groupe témoin (aucune incitation)
  • Un groupe recevant une gamification (défis et récompenses virtuelles)
  • Un groupe bénéficiant d’une récompense financière fixe par kilomètre parcouru
  • Un groupe avec une récompense financière dégressive
  • Un dernier groupe combinant gamification et récompense financière

Les résultats montrent que les incitations financières ont eu un impact plus significatif que la gamification seule. Les participants recevant une récompense monétaire ont augmenté leur fréquence de trajets à vélo, particulièrement ceux bénéficiant d’un paiement fixe par kilomètre. À l’inverse, les récompenses dégressives ont eu un effet moindre, et la gamification seule ne semble pas avoir encouragé une adoption durable du vélo (Zuckerman & Gal-Oz, 2014)​.

Cependant, les effets de ces incitations restent limités dans le temps, et l’étude souligne que leur efficacité à long terme n’a pas été démontrée. D’autres recherches, comme celle menée aux Pays-Bas sur l’usage du vélo électrique, ont montré que les incitations financières pouvaient avoir un effet persistant après plusieurs mois (de Kruijf et al., 2018).

Par ailleurs, d’autres travaux ont étudié l’efficacité des applications mobiles sur les changements de comportement. Une méta-analyse menée par Zhao et al. (2020) sur 23 études a révélé que 17 d’entre elles ont observé un impact significatif des interventions via applications sur l’adoption de comportements ciblés. De même, Yang et al. (2021) identifient plusieurs leviers comportementaux utilisés dans les applications de promotion de l’activité physique, comme le soutien social, les rappels personnalisés, la fixation d’objectifs individuels et le feedback sur les performances. Ces mécanismes sont également présents dans les applications de mobilité et pourraient jouer un rôle important dans la promotion du vélo domicile-travail.

L’étude identifie plusieurs éléments influençant l’usage du vélo :

  • Les obstacles : la météo, la nécessité de transporter des objets, l’organisation des tâches quotidiennes et le risque perçu d’accident sont des freins importants (Thigpen et al., 2015)​.
  • Les facteurs incitatifs : des infrastructures adaptées, des douches et vestiaires en entreprise, ainsi que des aides financières à l’achat de vélos pourraient favoriser son adoption (Handy, van Wee, & Kroesen, 2014),

De nombreuses recherches confirment que les récompenses financières peuvent influencer durablement les comportements. Mantzari et al. (2021) montrent que les incitations monétaires sont efficaces pour encourager des pratiques plus saines, bien que leur effet tende à diminuer avec le temps. Ces incitations prennent plusieurs formes, allant des paiements directs aux bons d’achat ou aux loteries, cette dernière modalité étant parfois plus motivante pour certains utilisateurs. Par ailleurs, les politiques fiscales favorisant le vélo restent peu évaluées scientifiquement, à l’exception de l’étude menée par de Kruijf et al. (2018) aux Pays-Bas, qui a démontré que les subventions pour l’achat de vélos électriques avaient un effet significatif sur leur adoption. Certains pays, comme la Belgique avec ses indemnités kilométriques pour les cyclistes ou les Pays-Bas et le Royaume-Uni avec leurs exonérations fiscales, ont déjà mis en place de telles mesures, mais leur impact réel reste encore à approfondir.

L’étude souligne enfin l’intérêt des applications mobiles pour encourager le changement de comportement. Grâce à leur accessibilité et leur potentiel de personnalisation, elles peuvent constituer des outils efficaces pour promouvoir la mobilité active. Toutefois, leur impact dépend de nombreux facteurs, notamment la manière dont les incitations sont intégrées et la diversité des profils d’utilisateurs ciblés (Máca et al., 2020).

En conclusion, l’étude met en évidence que les incitations financières sont un levier efficace pour encourager le vélo dans les trajets quotidiens. Cependant, ces mesures doivent être accompagnées d’améliorations structurelles (pistes cyclables, parkings sécurisés, aménagements urbains) et d’un changement culturel favorisant la mobilité douce. Les auteurs recommandent une approche intégrée, combinant incitations économiques, amélioration des infrastructures et campagnes de sensibilisation pour maximiser les effets positifs de la transition vers le vélo

 

Références 

  • de Kruijf, J., Ettema, D., Kamphuis, C. B. M., Dijst, M., & de Vries, H. (2018). The effect of an incentive-based intervention on the probability of cycling in the short and long term: Findings from a randomized controlled trial. Transport Policy, 72, 129-137. https://doi.org/10.1016/j.tranpol.2018.09.013
  • Máca, V., Ščasný, M., Zvěřinová, I., Jakob, M., & Hrnčí̌r, J. (2020). Incentivizing commuter cycling by financial and non-financial rewards. International Journal of Environmental Research and Public Health, 17(17), 6033. https://doi.org/10.3390/ijerph17176033
  • Mantzari, E., Vogt, F., & Marteau, T. M. (2021). Financial incentives for increasing physical activity: A systematic review and meta-analysis. British Journal of Sports Medicine, 55(24), 1396-1404. https://doi.org/10.1136/bjsports-2020-103995
  • Yang, Q., Van Stee, S. K., & De Vries, H. (2021). The effectiveness of mobile applications in changing health-related behaviors: A meta-analysis of randomized controlled trials. Journal of Medical Internet Research, 23(1), e23411. https://doi.org/10.2196/23411
  • Zhao, Y., Ni, H., Xu, S., & Yang, J. (2020). The effectiveness of mobile applications on lifestyle interventions: A meta-analysis. PLOS ONE, 15(10), e0240223. https://doi.org/10.1371/journal.pone.0240223

RSE et performances : préférences des investisseurs et stratégies d’entreprise

Mackey, A., Mackey, T. B., & Barney, J. B. (2007). Corporate social responsibility and firm performance: Investor preferences and corporate strategies. Academy of Management Review, 32(3), 817–835.

Mots-clés : Responsabilité sociale des entreprises, performance financière, investisseurs, stratégie d’entreprise

L’article de Mackey, Mackey et Barney (2007) examine la relation entre la responsabilité sociale des entreprises (RSE) et leur performance financière. Ce débat oppose deux visions : certains considèrent que les entreprises doivent maximiser leurs profits sans se soucier des impacts RSE (Friedman, 1962), tandis que d’autres avancent que les entreprises ont un rôle plus large dans la société et doivent parfois privilégier des actions responsables, même si cela réduit leur rentabilité immédiate (Swanson, 1999 ; Whetten, Rands, & Godfrey, 2001).

Les auteurs proposent un modèle théorique où la RSE est perçue comme un produit : certaines entreprises l’adoptent pour attirer des investisseurs soucieux d’éthique, tandis que d’autres l’évitent si elles estiment que cela pourrait nuire à leur rentabilité (Margolis & Walsh, 2003). Traditionnellement, la performance des entreprises est mesurée à travers des indicateurs comptables ou boursiers (Orlitzky & al., 2003). Dans ce modèle, la valeur d’une entreprise dépend de l’offre et la demande d’investissements socialement responsables. Si les investisseurs privilégient massivement les entreprises engagées dans la RSE, leur valeur boursière peut augmenter, même si la RSE ne génère pas directement de bénéfices (Orlitzky & al., 2003).

Cependant, l’impact de la RSE sur la performance financière varie selon le marché. Lorsque la demande pour les entreprises responsables est supérieure à l’offre, celles qui adoptent la RSE peuvent voir leur valorisation boursière croître. À l’inverse, si trop d’entreprises adoptent ces pratiques et que la demande est insuffisante, leur valeur peut diminuer (Godfrey, 2004 ; McWilliams & Siegel, 2001). Cela explique pourquoi certaines entreprises hésitent à s’engager dans la RSE, craignant un retour sur investissement incertain.

L’étude met aussi en avant le rôle des investisseurs. Certains d’entre eux acceptent des rendements plus faibles en échange d’un engagement social aligné avec leurs valeurs (Social Investment Forum, 2005). C’est notamment le cas des fonds d’investissement socialement responsables, qui privilégient des entreprises éthiques même si leur rentabilité est parfois moindre (Geczy, Stambaugh, & Levin, 2003).

Les implications de cette étude sont multiples. Premièrement, les entreprises doivent évaluer l’intérêt des investisseurs avant d’adopter des pratiques RSE. Deuxièmement, la performance financière d’une entreprise dépend des fluctuations de l’offre et de la demande en matière d’investissement responsable. Enfin, les auteurs remettent en question l’idée que la RSE est toujours bénéfique ou nuisible : son impact dépend largement du contexte de marché et des attentes des investisseurs.

En conclusion, Mackey, Mackey et Barney (2007) proposent une approche nuancée de l’effet de la RSE sur la performance des entreprises. Leur modèle démontre que la valeur d’une entreprise ne repose pas uniquement sur ses flux de trésorerie futurs, mais aussi sur les préférences des investisseurs. Ainsi, sous certaines conditions de marché, adopter la RSE peut être un levier de valorisation, alors que dans d’autres situations, cela peut être un frein. Les auteurs invitent donc à considérer la RSE comme un élément d’investissement stratégique, et pas seulement éthique, dont l’impact varie en fonction des dynamiques du marché.

Références :

  • Friedman, M. (1962). Capitalism and freedom. University of Chicago Press.
  • Swanson, D. L. (1999). Toward an integrative theory for business and society: A research strategy for corporate social performance. Academy of Management Review, 24(3), 506–521.
  • Whetten, D. A., Rands, G., & Godfrey, P. C. (2001). What are the responsibilities of business to society? In A. Pettigrew, H. Thomas, & R. Whittington (Eds.), Handbook of strategy and management (pp. 373–410). Sage.
  • Margolis, J. D., & Walsh, J. P. (2003). Misery loves companies: Rethinking social initiatives by business. Administrative Science Quarterly, 48(2), 268–305.
  • Orlitzky, M., Schmidt, F. L., & Rynes, S. L. (2003). Corporate social and financial performance: A meta-analysis. Organization Studies, 24(3), 403–441.
  • Godfrey, P. C. (2004). The relationship between corporate philanthropy and shareholder wealth: A risk management perspective. Academy of Management Review, 30(4), 777–798.
  • McWilliams, A., & Siegel, D. (2001). Corporate social responsibility: A theory of the firm perspective. Academy of Management Review, 26(1), 117–127.
  • Social Investment Forum. (2005). 2005 Report on socially responsible investing trends in the United States. http://www.socialinvest.org/areas/research/trends/sri_trends_report_2005.pdf
  • Geczy, C. C., Stambaugh, R. F., & Levin, D. (2003). Investing in socially responsible mutual funds. Working paper, Wharton School, University of Pennsylvania.

L’Engagement des Consommateurs avec les Marques de Restaurants sur Instagram

F. Rasty, R. Filieri. Consumer engagement with restaurant brands on Instagram: the mediating role of consumer-related factors. International Journal of Contemporary Hospitality Management, 2024, 36 (7), ⟨10.1108/IJCHM-02-2023-0135⟩. ⟨hal-04608946v3⟩

 

– Résumé :
Cet article explore comment l’engagement des consommateurs avec les pages Instagram de restaurants influence des facteurs liés aux consommateurs (connaissance de la marque, plaisir perçu et interactions sociales) et des facteurs liés à la marque (e-WOM et réputation). L’objectif est d’analyser le rôle médiateur de ces facteurs dans le renforcement de l’image des restaurants.

 

– Résultats : 
Les interactions des consommateurs avec les pages Instagram des restaurants jouent un rôle essentiel dans le renforcement de la notoriété des marques. En aimant, partageant et commentant les publications, les utilisateurs s’informent davantage sur l’établissement et ses offres. Cette exposition répétée aux contenus publiés par la marque leur permet d’améliorer leur compréhension des services proposés et d’associer des valeurs spécifiques à l’identité du restaurant.

L’expérience utilisateur sur Instagram repose en grande partie sur le plaisir ressenti et les échanges sociaux. Plus un consommateur trouve du divertissement ou de l’intérêt en consultant le contenu d’un restaurant, plus il sera impliqué et disposé à partager son expérience avec son entourage. Ces interactions, qu’elles soient spontanées ou encouragées par des stratégies de communication, participent activement à l’engagement global des clients sur la plateforme.

Enfin, cet engagement numérique a un effet direct sur la diffusion du bouche-à-oreille électronique (e-WOM) et sur l’image de l’établissement. Lorsque les clients interagissent fréquemment avec une marque en ligne, cela renforce sa visibilité et sa réputation auprès d’un public plus large. L’étude met également en évidence le rôle intermédiaire de certains facteurs liés aux consommateurs, comme leur niveau de connaissance de la marque, leur satisfaction et leurs échanges avec d’autres utilisateurs, dans l’impact de l’engagement sur la perception globale du restaurant.

 

– Conclusion :

L’engagement des consommateurs sur Instagram est un levier puissant pour améliorer la réputation des restaurants et stimuler le bouche-à-oreille numérique. Les restaurateurs doivent capitaliser sur les interactions sociales et l’expérience de plaisir des utilisateurs pour renforcer leur image de marque et attirer de nouveaux clients.