Référence : Sullivan, C., & Smithson, J. (2007). Perspectives of homeworkers and their partners on working flexibility and gender equity. International Journal of Human Resource Management, 18, 3, 448-461.
Idée / dominante : Le travail à domicile a des effets différents sur l’équité entre les genres selon les différentes perceptions des rôles familiaux et professionnels au sein des couples, et la flexibilité est perçue différemment selon ces mêmes perceptions et le genre.
Résumé :
Cet article compare les différentes expériences de travailleurs à domicile en matière de flexibilité, et cherche à déterminer comment ces derniers vivent l’interaction entre travail et famille au regard de leurs attentes relatives aux genres (« contrats de genre ») et à celles de leurs partenaires. Le travail à domicile est souvent considéré comme une source de flexibilité. Cependant, cette flexibilité est vécue différemment selon les sexes (les femmes y verraient plutôt l’opportunité de concilier les exigences familiales et professionnelles, tandis que les hommes auraient plus tendance à s’en servir pour plus travailler), et selon les modes de pensée préexistants dans les couples. Le travail à domicile pourrait alors renforcer la traditionnelle division des rôles familiaux et professionnels selon les genres au lieu de contribuer à une certaine équité. En effet, ce ne serait que dans le cas où le « contrat implicite » au sein d’un couple est égalitaire que le travail à domicile pourrait entraîner la construction d’un modèle égalitaire entre les sexes concernant la répartition des rôles au sein des familles.
Notes d’intérêt pour la recherche en cours (hypothèses, concepts, modèles, contextes) :
– Théorie du « contrat de genre » (contrat implicite déterminant les rôles et devoirs de chacun dans un couple).
– Hypothèse 2 : La flexibilité peut exacerber le surtravail (ainsi accroissant la domination du travail sur la famille) ou au contraire entraîner la baisse des heures travaillées suite à l’augmentation de la productivité et du temps gagné sur les trajets.
– Hypothèse 4 : La flexibilité peut être vécue différemment selon les télétravailleurs, et ainsi avoir des impacts différents sur la conciliation travail-famille (différences entre les genres notamment). Selon le « contrat de genre » préexistant, le télétravail peut mener à un modèle de carrière et de travail plus équitable dans le cas d’un contrat égalitaire, ou à une exacerbation de l’iniquité entre les genres en matière de responsabilités professionnelles et familiales.