Author(s) : Marc FILSER
Introduction :
On peut présenter le marketing sensoriel comme étant un ensemble de variables d’actions contrôlées par le producteur et/ou le distributeur dans le but est de créer une atmosphère multi sensorielle spécifique au tour du produit ou du service, soit à travers les caractéristiques du produit lui-même, soit à travers la communication en sa faveur, soit à travers l’environnement du produit au point de vente.
Il y a à pain dix années, le marketing sensoriel est devenu très populaire, au point de susciter les interrogations des managers sur la recherche de nouveaux supports, et ainsi instaurer une différenciation pour faire face à une standardisation qui s’est installée au fil du temps.
L’objectif de cet article est d’éclairer la recherche de cadre intégrateur, qui permet de disposer d’un modèle général de l’influence des variables de stimulation sensorielle sur le consommateur, et d’un cadre global servant de support à la formulation de la stratégie de positionnement du produit ou service.
Hypothèses soulevées :
-la capacité du marketing sensoriel à renouveler les axes de différenciations du produit ou du service, dans son environnement concurrentiel en termes d’attributs tangibles, ainsi que sa contribution à l’enrichissement de la communication publicitaire
-en plus de l’image et prix de l’enseigne, la déclinaison de dimensions visuelles olfactives, tactiles et sonores du produit peut participer à l’enrichissement du potentiel de stimulation du prospect par le produit ou services.
– l’émergence d’un important champ de recherche autour de l’influence des caractéristiques affectives du consommateur sur son comportement encouragerait l’exploration des mécanismes d’influence du processus de décision d’achat par les caractéristiques de l’atmosphère de la transaction, soit au stade de la communication, soit au stade de la fréquentation du point de vente (Mail, 2001 ; Divard et Urien, 2001).
Les résultats :
Les stimuli du message publicitaire vont déclencher simultanément chez le récepteur du message des réponses cognitives et affectives, qui activeront différentes «route» de persuasion en fonction des caractéristiques psychologiques du récepteur, pouvant ou non mener à une modification de l’intention d’achat. D’ailleurs, la simple évocation sémantique des caractéristiques sensorielles constitue, en elle-même, un mécanisme d’activation de réponses effectives qui peuvent renforcer le pouvoir de persuasion du message publicitaire (Nelson et Hitchon, 1999).
Afin de choisir les produits qu’il achète, un individu qui fréquente un point de vente va enchainer une succession de processus de décision élémentaires.
Cependant différents travaux qui ont adopté une démarche expérimentale et qui ont portés sur des comportements observés en magasin avec et sans exposition aux stimuli sensoriel, ont mis en évidence l’absence d’influence significative des stimuli sensoriel sur les achats effectués, bien que les comportements en magasin sont significativement influencés Par contre les recherches menées n’ont pas pris en compte les effets à long termes de la manipulation des variables sensorielles sur l’attitude.
En effet la valeur qu’associée le client à une expérience vécu dans un point de vente est de nature à influencer durablement sa perception de l’enseigne et peut-être même des marques de produits qu’il a achetés pendant «l’expérience de magasinage»
Conclusion :
Cette étude a mis en évidence l’influence des stimuli sensoriels sur les états affectifs du consommateur.
Si la tendance de l’appropriation et l’exploration de la surface de vente est évidente, l’influence sur le comportement d’achat du consommateur n’est pas établie, cependant il est profitable d’exploiter le potentiel d’enrichissement de la stimulation sensoriel notamment sur internet.
Enfin l’adaptation de la valorisation du produit et de la communication
publicitaire par la présentation en magasin reste un thème majeur qui exige une très forte collaboration entre la recherche académique et la réalisation des études de marché par les entreprises.
Références bibliographiques:
Bonnin G0. (2000), l’expérience de magasinage. Conceptualisation et exploration des rôles du comportement physique et de l’aménagement de l’espace, thèse de sciences de gestion, Université de bourgogne.
Divrad R et Urien B. (2001), le consommateur vit dans un monde en couleur, recherche et application en marketing, 16, 1, 3-34.
Maille V. (2001), l’influence des stimuli olfactifs sur le comportement du consommateur : un état des recherches, recherche applications en marketing, 16, 2, 51-75.
Nelson M.R. et Hitchon J.C. (1999), Loud Tasters, Colored Fragrances, and scented sounds: How and When to mix the senses in persuasive Communications, journalism and mass communications quarterly, Vol. 76, 2 (summer), 354-372.