Mesurer l’activité durant la crise sanitaire

Didier BlanchetJean-Luc Tavernier (2020), Mesurer l’activité durant la crise sanitaire, Revue de l’OFCE, (166), pages 23 à 44 https://doi.org/10.3917/reof.166.0023

 

Mots clés : Crise sanitaire, Diagnostic conjoncturel, Comptes nationaux

 

Au sein de cette étude, on aborde la crise sanitaire de la COVID-19 au cours des derniers mois à date de décembre 2020. Les acteurs du suivi économique conjoncturel ont du mettre en places des adaptations au cours de cette crise.

Les évaluations de l’ampleur du choc se sont accumulées et affinées au fil des semaines, chaque organisme y contribuant selon ses tropismes et ses avantages comparatifs, chacun tirant parti des travaux des autres et les nourrissant en retour.

Dans cet article, les chercheurs on essayer d’établir et de mettre en avant dans cette article, un premier bilan de cette période compliquée. Pour ce faire, il se pose principalement trois questions en terme d’instruments de mesure, l’objet même de cette mesure, et la comparabilité internationale des chiffres.

 

Développement:

Tout d’abord on nous parle du contexte actuel particulier lié à la pandémie de la COVID-19 et comment l’INSEE arrive a suivre l’activité économique.

En temps normal, l’INSEE alimente le diagnostic sur l’économie française de trois manières :

  1. Son département de la conjoncture produit tous les trois mois une Note ou un point de conjoncture avec des premières estimations de l’évolution de l’économie française sur le trimestre qui s’achève ou vient de s’achever, et des prévisions courant sur le trimestre ou les deux trimestres suivants.
  2. Les comptes trimestriels publient ensuite leurs estimations de l’évolution effective de l’économie sur le trimestre écoulé : la première estimation est publiée un mois après la fin du trimestre, elle consiste en une fiche de PIB présentant l’évolution de ce dernier et de ses principales composantes.
  3. Enfin, l’estimation complète des comptes nationaux est fournie par les comptes annuels mais bien plus tardivement, parce que s’appuyant principalement sur des données comptables d’entreprises dont les remontées ne sont que très progressives et qui nécessitent un important travail d’analyse et de mise en cohérence.

Mais la pandémie actuelle est venue bousculée ce dispositif traditionnel. En effet, en ce qui concerne les comptes annuels, le risque était que le passage en télétravail ne permette pas de les boucler en temps et en heure : tel n’a pas été le cas, ils ont été normalement publiés fin mai. D’un point de vue trimestriels les comptes du 1er trimestre 2020 qui étaient attendus pour la fin avril étaient en revanche directement concernés par la crise, son déclenchement ayant affecté les deux dernières semaines de ce premier trimestre : il fallait se préparer à rendre compte de cet impact. Suite à ça, l’INSEE a décidé de ne pas rentrer dans cet exercice de 2020.

Comme nous avons pu le voir dans une étude (Mesurer l’impact de la crise Covid-19) du même journal, l’INSEE, comme la Banque de France, ainsi que d’autres organismes gérant des statistiques, ont dû adapter leurs modalités de travail.

Il est important de noter que la situation actuelle est très différente de celle qu’on avait connue lors de la crise de 2008-2009, où la qualité des estimations et des prévisions avait déjà été fortement mise à mal. C’est pourquoi les services statistiques ministériels n’ont pas été en reste. Ainsi, la Dares, service statistique du ministère en charge du travail, a lancé la publication hebdomadaire d’un tableau de bord permettant de suivre en temps réel la progression des demandes d’activité partielle.

La complémentarité entre les sources statistiques traditionnelles et les nouvelles sources de données mobilisées depuis le début de la crise sanitaire avancent ensemble sur ce sujet sensible. Mais cette complémentarité des différents outils n’était pas acquise d’entrée de jeu, en tirer parti découle d’un processus progressif de preuve par l’exemple et de mise en confiance des détenteurs de ces données. De ce point de vue, cette crise très inédite aura effectivement constitué un contexte propice aux avancées.

 

Résultats:

Dans cette étude, en même temps que de suivre les décès de façon hebdomadaire pandas la pandémie, il restait quand même important de mesurer les conséquences économiques de cette crise sanitaire et leur traduction en points de PIB.

En résultats, les chiffres sont finalement bien installés dans le débat public, avec moins de contestation qu’on ne pouvait le craindre. La raison vraisemblable est que, pour le coup, on est dans un cas de figure où la mission du PIB est la moins susceptible d’être mal comprise. Derrière son chiffre, il y a les revenus de la population, les risques de tomber au chômage ou de ne pas trouver d’emploi, les baisses de chiffres d’affaires et les risques de défaillance d’entreprises, les conséquences de tout cela pour les finances publiques.

Paradoxalement, la crise est ainsi venue fournir un lot d’arguments pour le courant de défense du PIB ou de la comptabilité nationale en général. Et en réalité, le principe de mesurer l’activité du secteur public par les coûts de production ne vaut que pour l’activité en valeur.

 

Conclusion:

En conclusion, face à une telle crise, ce n’est pas de moins de comptabilité nationale qu’on a besoin : ce qui s’est passé et ce qui nous attend rendent encore plus nécessaire qu’à l’ordinaire un suivi de la situation économique des différents agents, pour apprécier lesquels et à quelle hauteur ont besoin d’être soutenus. De plus, en temps normal la comparabilité des chiffres n’est pas aussi affirmée que ce qu’on serait en droit d’attendre. Le contexte de crise a encore plus accentué ce problème.

 

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Mesurer l’impact de la crise Covid-19

Vincent BignonOlivier Garnier (2020), Mesurer l’impact de la crise Covid-19, Revue de l’OFCE, (166), pages 45 à 57 https://doi.org/10.3917/reof.166.0045

 

Mots clés : Nowcasting, Conjoncture, Enquête, Crédit, Epargne

 

Dans cet article on trouve le détail afin de comprendre comment le système d’information statistique de la Banque de France a été adapté et mobilisé pour éclairer sur les conséquences économiques de la crise, en prenant l’exemple de deux productions majeures de la Banque de France : l’estimation du niveau de l’activité économique française à partir de l’Enquête Mensuelle de Conjoncture et la position financière nette des ménages et des entreprises.

 

Développement:

Dans cet article, on nous parle du contexte actuel particulier lié à la pandémie de la COVID-19 et de la Banque de France qui a due adapté son système d’information. Les restrictions administratives ont eu un impact variable selon les secteurs.

L’article met en évidence l’évolution estimer des pertes d’activité et de PIB au cours de l’année 2020 par le biais d’enquêtes. On début la fréquences des enquêtes était mensuelle et elle est devenue par la suite hebdomadaire, auprès des banques commerciales des principaux comptes financiers des ménages et des entreprises.

La récolte de données a permis de constater très rapidement une envolée simultanée de l’endettement et de trésorerie des entreprises et également une forte hausse de l’épargne bancaire des ménages.

Après avoir proposé, dans un premier temps de parler des enquêtes pour estimer les pertes d’activité et le PIB, on nous parle ensuite du suivi rapproché de la situation financière des ménages et des sociétés non financières.

Dans cette article, les enquêtes ont été réalisées par la Banque de France qui est st à la fois productrice et utilisatrice de statistiques. Ces enquêtes sont utilisées pour effectuer chaque mois une prévision du Produit Intérieur Brut (PIB) trimestriel de la France et pour le tableau de bord des tendances économiques régionales.

Durant la période de la COVID-19, leurs outils statistiques ont été fortement mobilisés afin d’éclairer rapidement à la fois les décisions de politique monétaire et le public.

La crise de la COVID-19 est plutôt une crise récente inédite non seulement par son caractère exogène à l’économie mais également parce qu’elle a fortement modifié les relations économiques entre agents. Les prévisions du PIB ont alors étés perturbés  et donc il a été impossible de les calculées avec les méthodes habituelles initiales, telles que les méthodes d’économétriques. En effet, l’impact inédit et brutal du confinement en mars 2020 sur l’activité économique a remis en cause les régularités statistiques.

 

Le recueil et la publication des statistiques monétaires et financières a été également adaptée à la nouvelle situation créée par le Covid-19. Le choc induit par la crise sanitaire et le confinement a conduit la Banque de France à établir un suivi à fréquence plus élevée des principaux postes des comptes financiers des entreprises et des ménages.

 

Résultats:

Une fois les questionnaires collectés, les réponses à la question sur la perte d’activité ont été agrégées au niveau sectoriel en pondérant la réponse de chaque firme par ses effectifs, permettant ainsi de construire un tableau de bord sectoriel.

Il montre à la fois la forte remontée de l’activité entre avril et fin septembre et la persistance d’une forte hétérogénéité entre les secteurs.

S’agissant des ménages, les données sur les dépôts et les crédits ont permis très vite de mettre en évidence la forte hausse de leur épargne bancaire (numéraire + dépôts – crédits). Au niveau de l’ensemble de la France métropolitaine, les dépôts par ménage ont augmenté en moyenne de 3 532 euros (+6,8 %) sur cette même période de mars à août 2020. Cette moyenne recouvre néanmoins des disparités régionales, avec des taux de variation allant de +5,4 % pour le Centre-Val de Loire à +8,9 % pour l’Île-de-France. Il convient aussi de souligner que ces montants moyens par ménage peuvent recouvrir d’importantes disparités au sein de la population de chaque région.

 

Comme dans le cas des entreprises, il serait utile de compléter ce suivi macro-financier de l’épargne des ménages par des analyses en temps réel à un niveau plus microéconomique, afin de mettre en évidence les disparités d’évolutions entre ménages. Le Conseil d’analyse économique vient ainsi de mener une étude à partir de données bancaires individuelles

 

Conclusion:

Dans cet étude, on nous montre d’un part que la situation sanitaire a eu des effets sectoriels très différenciés, du fait de l’interruption de l’activité dans certains secteurs, du passage en télétravail massif et de l’augmentation de la demande pour certains biens comme l’alimentation tandis que la consommation d’autres biens a fortement baissé. D’autre part la situation sanitaire a créé simultanément des chocs d’offre et demande, et modifié les flux de recettes et de dépenses des agents économiques. Leur situation en matière de trésorerie et d’endettement en a été modifiée, parfois fortement. D’un côté, une partie des ménages empêchés de consommer ont accumulé de l’épargne « forcée ». De l’autre, les entreprises ont recouru à l’endettement pour faire face aux risques pesant sur leur trésorerie. Les données collectées par la Banque de France sur les dépôts et les crédits ont donc été de première importance.

Pour répondre à ces questions inédites, les enquêtes et productions statistiques « traditionnelles » se sont finalement révélées les sources les plus utiles et les plus fiables, grâce à la forte réactivité des informateurs et des agents en charge de la collecte et du traitement.

 

Références:

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Le management des normes, un nouvel avantage concurrentiel pour les banques. Cas d’une banque régionale

Joëlle Randriamiarana (2016), Le management des normes, un nouvel avantage concurrentiel pour les banques. Cas d’une banque régionale, Management & Avenir, (N° 90), pages 61 à 85 https://doi.org/10.3917/mav.090.0061

 

Mots clés : Management, Concurrentiel, Banques

 

Dans cet article, on nous présente les différents dispositifs qui ont été mis en place par une banque mutualiste pour le pilotage de la liquidité dans le cadres des normes Bâle III qui est une réforme mise en place afin de renforcer le système financier à la suite de la crise financière de 2007. Il faut savoir que les réglementations s’adaptent aux différentes crises et les établissements bancaires, à leur tour, doivent faire face aux nouvelles règles et normes édictées et s’organiser en conséquence.

Selon les chercheurs, le métier bancaire est complexe du fait de la multitude de créanciers qui sont des déposants de toute sorte. La banque a de ce fait une gouvernance particulière, qui n’est pas limitée aux cercles clos des conseils d’administration et de surveillance, mais ouverte aux organismes de tutelle. Ainsi, depuis la fin des années 1980, la gouvernance des établissements est étroitement liée aux régulations mises en place dans le cadre des accords de Bâle.

L’article met donc en avant l’étude de cas construite à partir d’une recherche-accompagnement auprès des différents établissement bancaires, en examiner l’impact des changements de règlementations de la réforme de la Bâle.

Tout ceci afin d’essayer de répondre à cette question : Comment les banques peuvent-elles faire du management des normes une nouvelle source d’avantages concurrentiels ?

 

Développement:

Après avoir proposé, dans un premier temps des apports et limite de cette réforme qu’est la Bâle III, dans un second temps, on nous expose la méthodologie de recherche, et enfin on ouvre la discussion sur les résultats et les développements possibles.

Afin de traiter la problématique exposée, nous nous sommes intéressés au cas d’un établissement de type mutualiste qui est dans le processus de mise en place de la réglementation Bâle III depuis janvier 2013.

 

  • Bâle III

Les établissements bancaires et mutualistes sont actuellement soumis à des contraintes dans la mise en place de Bâle III, qui impose des exigences aussi bien qualitatives que quantitatives dans les reporting.

Les objectifs de cette norme sont notamment d’assurer la résilience et la viabilité du secteur bancaire, en complément de la protection des dépôts des clients et la stabilité du système financier. Pour les exigences qualitatives, depuis 2008, on compte plus d’une quinzaine de recommandations publié dans « les Principes de saine gestion et de surveillance du risque de liquidité ». En ce qui concerne les exigences quantitatives, qui se traduisent par le respect des ratios réglementaires. À chaque réglementation du comité de Bâle, de Bâle I à Bâle III, ces exigences qualitatives, quantitatives et de reporting ont évolué, nécessitant une gestion différente.

L’une des propositions de la tétranormalisation est de constater que les normes, quel que soit leur domaine d’application, ont des conséquences paradoxales. D’un côté, elles créent de la sécurité et réduisent l’incertitude, de l’autre, elles peuvent être sources de perturbations dans les organisations.

 

  • Méthodologie

La recherche-accompagnement qui a été la méthodologie retenue par les chercheurs de cette étude, nécessite des observations longitudinales de terrain, avec une présence partielle, d’une part, et une situation d’interactivité avec les acteurs, d’autre part, remplissant ainsi les principaux critères de l’étude.

Pour recontextualiser un peu les choses, l’étude s’est déroulée en deux phases (une phase d’observation et une autre d’échanges sous forme d’entretiens) et a eu lieu sur une période de dix-neuf mois, plus précisément de juin 2014 à décembre 2015. Son objectif était de comprendre comment la réglementation Bâle III a été mise en place au sein de l’établissement mutualiste sur lequel l’étude s’appuie.

 

  • Discussions et développements

L’étude menée dans cette article a permis de souligner l’importance de la gestion des contraintes normatives dans le cadre de la mise en place de la réglementation Bâle III. Cependant l’étude présente certaines limites liées à la période d’observation. Celle-ci correspond à l’entrée en vigueur du premier ratio, trop prématurée pour analyser l’arbitrage qui aurait pu être fait par l’établissement sur les différents ratios à respecter.

 

Résultats:

Les résultats soulignent le caractère contraignant de la réglementation au sein de l’établissement bancaire mutualiste, d’autant plus que le respect des ratios représente de véritables enjeux stratégiques, laissant peu de place à l’arbitrage. En nous basant sur l’analyse des facteurs clés de succès d’une gestion efficiente des normes, tels que présentés par la théorie de la tétra normalisation, nous observons une véritable implication de la direction dans l’orchestration de la réglementation qui a nécessité la mise en place d’une ingénierie normative adaptée.

Les résultats issus de cette recherche montrent bien que de nombreux changements sont observés essentiellement au niveau de l’organisation, guidés par l’obligation de piloter la liquidité à court terme.

Les résultats soulignent en outre le renforcement des travaux collaboratifs entre financiers et commerciaux, les dispositifs préconisés par la théorie de la tétranormalisation se retrouvent dans les mesures prises par l’établissement étudié.

 

Conclusion:

Dans cet étude, on nous montre la réglementation est considérée comme contraignante par les parties prenantes en interne, et que l’entreprise sur laquelle l’étude est basée a cependant su anticiper les changements en mettant en place une gestion qui, à de nombreux égards, est en accord avec les préconisations de la théorie de la tétranormalisation qui sera décrite ultérieurement.

On note également qu’une la crise de 2007 a montré qu’une gestion stricte de la liquidité est plus que jamais indispensable.

 

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La filière équine, une filière agricole qui se diversifie pour résister à la crise

Carole BottonJohanna Edelbloude (2020), La filière équine, une filière agricole qui se diversifie pour résister à la crise, Économie rurale, (N°374), pages 9 à 15 https://doi.org/10.4000/economierurale.8186  https://www.cairn.info/revue-economie-rurale-2020-4-page-9.htm

 

Mots clés : Equine, Agricole, Resister, Crise

 

Dans cet article, on nous parle de la façon dont la filière équine dans le secteur agricole a réussi à se diversifier afin de résisté à la crise due à la pandémie de la COVID-19. Pour information, la filière équine englobe un vaste panel d’activités professionnelles et de loisirs en lien avec le cheval.

Depuis quelques années, ce secteur traverse une crise en plus de celle de la pandémie survenu en 2020, au cours de laquelle de nombreux professionnels d’établissements équestres, des éleveurs, des cavaliers professionnels, des entraîneurs et les hippodromes ont dû suspendre leur activité. La perte de dynamisme enregistrée par les organisations du secteur équin est donc plus que jamais bouleversée par de très forts enjeux économiques.

 

Développement:

Après avoir proposé, dans un premier temps de parler du contexte, dans un second temps, on nous expose l’état des lieux et puis pour finir on nous parle de la problématique ici présentée. Le but est d’analyser la “recompositions socio-professionnelles d’un secteur en crise : la filière équine”.

La filière équine est plutôt puissante économiquement puisqu’elle génère plus de 60 000 emplois directs et 11 milliards de chiffre d’affaires que ce soit sur les activités d’élevage, de courses hippiques, des centres équestres ou bien d’artisanat. Cependant, au cours de ces dernières années le bilan est plutôt mitigé.

Selon les chercheurs, malgré son importance économique et sociale, la filière équine ne constitue pas un champ de recherche à part entière au sein des sciences humaines et sociales, au contraire d’autres filières animales ou agricoles, vitivinicole par exemple.

La crise soulève la question des stratégies de pérennisation et de développement des structures équines, servies notamment par la bipolarisation entre, d’une part, un processus de démocratisation qui implique une diversification de ses activités et, d’autre part, des velléités élitistes d’excellence qui impliquent une spécialisation.

Bien étudiée par les sciences dites dures telles que la biologie, la filière équine est peu visible dans le domaine des sciences humaines et sociales, comme démontré précédemment. Parmi elles, certaines disciplines telles que la science politique, le droit et la gestion y trouveraient sans difficulté matière à réflexion. En effet, cette filière représentative dans plusieurs secteurs possède de terrains riches et diversifiés. Cette filière génère également des transactions économiques colossales, en volumes comme en montants.

 

Résultats:

Suite à l’élaboration d’une étude statistique des chercheurs sur l’élevage équin pour mettre en lumière les spécificités propres à chaque territoire et à chaque race, les résultats obtenus révèlent l’atomisation et la diversité des exploitations avec équins au sein du secteur agricole, les auteurs proposent d’établir une typologie de ces exploitations en fonction des variables enregistrées par le recensement agricole.

 

Conclusion:

Dans cet étude, on nous montre que la filière équine est source d’opportunités de recherches d’autant plus stimulantes qu’elles sont diversifiées et soutenues par les institutions. Ainsi, la majorité des travaux présentés par les chercheurs s’inscrivent dans des projets plus larges financés par l’IFCE ou le Fonds Eperon. À ce jour, la forte dimension émotionnelle dans les conduites de projets peut s’appréhender comme une contrainte. Ainsi, la plupart des chercheurs travaillant sur la filière ont eux-mêmes des affinités avec leur objet de recherche, le cheval. La formation d’équipes de recherches transverses et plus ouvertes aux non-initiés est non seulement envisageable mais souhaitable, notamment pour éviter que le rapport à l’objet soit source de biais dans la conduite des recherches.

 

Références:

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Quelles leçons avons-nous apprises de la crise financière ?

Erkki Liikanen (2013),Quelles leçons avons-nous apprises de la crise financière?, Revue d’économie financière, (N° 112), pages 111 à 124 https://doi.org/10.3917/ecofi.112.0111

 

Mots clés : Politique monétaire, Leçons, Crise financière, Mondiale

 

Dans cet article, on nous parle de la politique monétaire ainsi que de la stabilité financière dans le but de faire de la prévention concernant les crises qui s’enchaînent, dans notre société. Le but est d’essayer de comprendre les impacts d’une crise afin de pouvoir contrôler les excès de crédit et d’endettement important dans le futur.

L’article met en avant que des réformes ont été mises en place depuis la crise de 2008 mais que celles-ci doivent être en lien avec la politique monétaire.

 

Développement:

Après avoir proposé, dans un premier temps de parler de politique monétaire et de stabilité financière, dans un second temps, on nous expose les différentes propositions et réformes qui ont été mises en place, et puis pour finir on nous parle de l’influence de la structure bancaire sur la politique monétaire.

Dans les années 1990, plus précisément en 1993 le projet de l’Union économique et monétaire a vu le jour. Tout allait plutôt bien jusqu’à l’apparition de “crise financière”. En effet, c’est n’est qu’à l’apparition de la crise que la fragilité de ces dispositions a été révélée. Ce n’est donc qu’après la crise qu’une réévaluation des politiques économiques a débuté et que la réglementation financière a été renforcée. D’après les chercheurs, un système financier stable est une condition nécessaire à la réussite de la politique monétaire et la stabilité des prix crée à son tour les meilleures conditions préalables à la stabilité financière. Mais ce n’est pas la seule leçon à tirer de cette crise. En effet, il faut également connaître l’importance de l’indépendance de la politique monétaire et également la politique budgétaire, par laquelle il a fallu rendre l’accès au crédit moins facile pour éviter les surendettements. Cependant, l’impact de cette restriction du crédit sur l’activité économique a réduit les pressions inflationnistes et, dans certains cas elle a créé un risque réel de déflation. Suite à cette crise, l’expérience retenue est l’idée qu’il vaut mieux empêcher les excès financiers lorsqu’ils apparaissent plutôt que de s’en préoccuper seulement lorsqu’ils ont entraîné une récession.

Suite à ça, un certain nombre de propositions et de réformes ont été mises en place, et ce, dans le but d’éviter que ce genre de crise ne se reproduise. Voici les propositions et réformes:

  • un renforcement de la réglementation prudentielle en matière de solvabilité et de liquidité ;
  • une amélioration de la base institutionnelle pour la surveillance et la gestion des situations de crise ;
  • l’introduction d’instruments macroprudentiels pour prévenir les risques systémiques dans le système bancaire et les marchés financiers ;
  • une réglementation de la structure du secteur bancaire.

Les propositions de réformes structurelles de ce dernier item visent à séparer les activités liées aux valeurs mobilières et aux produits dérivés les plus risqués des activités de dépôt des banques. L’objectif principal de ces propositions est de limiter la portée des garanties publiques afin qu’elles n’entraînent aucune prise de risque supplémentaire. On note que la réforme structurelle proposée n’est pas un remède miracle, mais qu’elle doit être envisagée comme une partie du programme complet de réformes réglementaires incluant de meilleures règles en matière de solvabilité et de liquidité.

 

Résultats:

Voici les recommandations faite pour tirer leçon de la crise de 2008, afin d’éviter des impacts et enjeux économiques trop importants:

  • séparer les activités de négociation pour compte propre sur valeurs mobilières et produits dérivés d’une certaine importance des banques de dépôt
  • séparer les activités risquées des banques de dépôt si les plans de redressement et de résolution spécifiques aux banques l’exigent
  • mettre au point des instruments spécifiques au renflouement interne pour améliorer la capacité d’absorption des pertes des banques
  • vérification de fonds propres pour les actifs détenus à des fins de négociation et de prêts immobiliers
  • organes de direction et de gestion des banques doivent être renforcés ; la fonction de gestion des risques au sein des banques doit être renforcée et plus indépendante ; les rémunérations des dirigeants doivent être limitées afin de ne pas donner de fausses incitations ; la déclaration des risques doit être améliorée et des réels pouvoirs de sanction doivent être accordés aux autorités de surveillance

 

Conclusion:

Dans cet étude, on nous montre tout d’abord que la stabilité financière est très importante dans la politique monétaire et que l’aspect le plus important de la politique de stabilité est la prévention des crises.

On note également qu’une réforme structurelle du système bancaire serait bénéfique à la stabilité financière. En effet, si on sépare les opérations les plus risquées sur les valeurs mobilières et les produits dérivés des banques de dépôt, on empêchera la contagion entre la prise de risque spéculatif et la protection des dépôts.

Enfin, la réforme structurelle du secteur bancaire vient en complément et non en remplacement des autres améliorations réglementaires. Ce qui fait que les liens entre ces instruments et la politique monétaire sont si étroits que les banques centrales doivent s’impliquer au maximum dans leur mise au point et leur utilisation.

 

Références:

  • Fraga A., Goldfajn I. et Minella A. (2003), « Inflation Targeting in Emerging Market Economies », National Bureau of Economic Research, Macroeconomics Annual.
  • Mishkin F. S. (2007), « Housing and the Monetary Transmission Mechanism », in Housing, Housing Finance and Monetary Policy, Federal Reserve Bank of Kansas City (Actes du Symposium de Jackson Hole, 2007).
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La crise s’est-elle accompagnée d’un sous-investissement dans l’immobilier résidentiel dans les pays de la zone euro ?

Jean-Charles BricongnePeter Pontuch  (2017), La crise s’est-elle accompagnée d’un sous-investissement dans l’immobilier résidentiel dans les pays de la zone euro ?, Revue Economique, (Vol. 68), pages 129 à 157 https://doi.org/10.3917/reco.hs02.0129

 

Mots clés : Sous-investissement, Crise, Immobilier

Dans cette article, les chercheurs veulent évaluer un potentiel sous-investissement de l’immobilier quatre pays européens que sont; l’Allemagne, la France, l’Italie et le Pays-Bas, du à la crise de 2008. En effet, de nombreux marchés immobiliers ont vu les prix baisser après avoir atteint des niveaux de prix sur revenus élevés, avec des mouvements contrastés de l’investissement résidentiel. L’Espagne et le Royaume-Uni seront également analysés, mais de façon partielle.

 

Développement:

Dans le marché de l’immobilier il y a beaucoup d’évolution de qui avec leurs déterminants sont en général bien appréhendés et ont fait l’objet de nombreuses études, d’où l’intérêt de celle-ci avec des hausses importantes de prix dans le secteur de l’immobilier résidentiel depuis les années 1990 et une baisse considérable entre 2008 et 2009.

Selon une précédente étude, l’investissement immobilier présente aussi un enjeu important dans la mesure où le cycle des prix immobiliers et le cycle économique sont étroitement liés, via de nombreux canaux de transmission.

A l’exception de l’Allemagne, un grand nombre de pays européen ont fait face à des ajustement important et impactant dans l’immobilier pendant la crise.

Plusieurs méthodes ont mis en place afin de comprendre l’existence d’un potentiel sous-investissement.

Une première méthode statistique consiste à calculer les écarts entre les valeurs courantes des séries et leurs tendances obtenues en appliquant un filtre Hodrick-Prescott (HP). Les chercheurs confirment que les cycles immobiliers sont en général plus longs que pour les autres cycles macroéconomiques, avec des durées d’une vingtaine d’années.

La seconde méthode s’inspire d’un autre chercheur Corder et Roberts (2008), proposant  un modèle de Q de Tobin immobilier pour l’investissement résidentiel au Royaume-Uni. Le Q de Tobin immobilier exprime la valeur de marché du capital relativement à son coût de remplacement, mesurant ainsi la profitabilité de l’investissement.

Malgré une hausse des prix et du ratio prix sur revenus et de l’effort de 1997 jusqu’en 2007, l’investissement ne repart vraiment que vers 2003-2004 pour aboutir à un surinvestissement jusque vers 2007-2008, qui s’ajuste brutalement en 2008-2009, en liaison avec un durcissement très temporaire du crédit aux entreprises.

De l’analyse des cycles d’investissement résidentiel des pays étudiés en zone euro, il ressort des traits communs au moins en fin de période : surinvestissement qui a pu être relativement important jusque vers 2007-2008, suivi d’un ajustement à la baisse important et rapide vers 2008-2009, le rebond n’étant que limité et temporaire, l’Allemagne étant une exception notable.

 

Résultats:

Ce qui ressort de cette étude est que les pays étudiés ont effectivement été impactés par un sous-investissement au cours de cette période de crise, même si un léger rebond a pu apparaître en fin de période, à l’exception de l’Allemagne, qui suit un cycle particulier, caractérisé par un creux plus limité et un rebond plus précoce.

Il faut cependant noter que les analyses cette étude portent sur une période qui date des années 1990. Or, il n’est pas exclu que la période étudiée soit atypique sous certains aspects, notamment du fait de l’existence d’une période de crise d’ampleur exceptionnelle. Par ailleurs, les évolutions macroéconomiques peuvent occulter des disparités régionales au sein de chaque pays.

 

Conclusion:

Dans cette article différentes méthodes ont été utilisées afin de déterminer si la crise de 2008-2009 s’est accompagnée d’un sous-investissement dans l’immobilier résidentiel.

Pour reconstruire ensuite le Q de Tobin immobilier, la série de prix des terrains est sommée avec celle des coûts de construction, à un facteur multiplicatif près de façon à ce que, en fin de période, les terrains représentent environ un sixième des coûts .Les résultats ne sont donc toutefois pas très sensibles à cette hypothèse.

 

Références:

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L’impact de la crise financière sur la performance de la politique monétaire conventionnelle de la zone euro

Ewen GallicJean-Christophe PoutineauGauthier Vermandel (2017), L’impact de la crise financière sur la performance de la politique monétaire conventionnelle de la zone euro, Revue Economique, (Vol. 68), pages 63 à 86 https://doi.org/10.3917/reco.hs02.0063

 

Mots clés : Impact, Crise financière, Politique monétaire

Dans cette article, les chercheurs veulent évaluer dans quelle mesure la crise financière de 2007 a affecté la mise en œuvre d’une politique monétaire conventionnelle dans la zone euro. Ils observent que la crise a véritablement réduit la performance de la politique conventionnelle après la détérioration de l’arbitrage entre la variance de l’inflation et celle de l’activité.

Au sein de cette étude, les chercheurs mettent en valeur le modèle qu’ils ont créé concernant le taux d’intérêt. Suite à ça, ils se rendent compte que de nouveaux instruments de mesures sont nécessaires afin de remplacer la pratique de la politique monétaire.

Dans cet article on revient sur le cadre conventionnel qui prévalait avant la crise et d’apprécier dans quelles conditions cet environnement économique et la politique monétaire qu’il préconisait ont été affectés à la suite de la transmission de la crise financière.

 

Développement:

Le plan proposer dans cet article est dans un premier temps, de comprendre le “monde d’hier” c’est à dire plus précisément  les résultats/conclusions de l’analyse conventionnelle et ensuite observer les méthodes mises en places par les chercheurs (démarche économétrique), ainsi que les résultats obtenus (l’évolution de l’efficacité de la conduite de la politique monétaire).

La pratique conventionnelle de la politique monétaire a été remplacée par des mesures plus adaptées à un environnement financier dégradé. Lors de cette période de crise, les décisions ont différé d’une banque à l’autre pour tenir compte des spécificités de l’environnement financier et selon les chercheurs, elles s’articulent donc en trois catégories : 1) les mesures d’assouplissement quantitatif permettant de remplacer les dysfonctionnements du canal du taux d’intérêt en augmentant la liquidité des banques afin de les conduire à octroyer des crédits ; 2) les mesures d’orientation des anticipations des taux futurs consistant à s’engager sur la trajectoire future de leur taux directeur pour orienter les anticipations du marché et rapprocher les taux d’intérêt à moyen et long termes de ce taux de court terme ; 3) les mesures d’assouplissement du crédit afin de contourner le blocage du canal du crédit en conduisant la banque centrale à financer directement l’économie par l’achat de titres.

L’objectif de cette étude est de reprendre la grille de lecture offerte par le modèle de synthèse de la nouvelle économie keynésienne (NEK) qui prévalait avant la crise pour évaluer cette baisse de performance de la politique monétaire conventionnelle au sein de la zone euro. Cela a permis aux chercheurs de comparer une règle monétaire simple et la minimisation d’une fonction de perte représentante les préférences de la société.

Les chercheurs s’intéressent donc précisément aux conséquences de la crise financière de 2007 sur l’arbitrage entre la variance de l’activité et la variance de l’inflation.

Afin d’évaluer l’impact de la crise sur les performances de politique monétaire, les chercheurs passent par deux étapes :

  1. Estimation de la courbe de Taylor qui représente la combinaison optimale de la variance de l’activité et de la variance de l’inflation
  2. Evaluation trimestrielle de l’efficacité de la politique monétaire

 

Résultats:

Dans cet étude, on nous montre que la règle de taux d’intérêt optimale réagit plus fortement à la fois à l’évolution des prix et également à l’évolution de l’activité.

De ces analyses il en ressort que la courbe de Taylor s’avère plus favorable à l’activité après la crise financière que durant la période de grande modération.

Les valeurs de taux d’intérêt simulées par notre modèle montrent que la BCE aurait dû fixer des taux d’intérêt inférieurs à ceux observés, qui plus est négatifs en fin de période. De nouveaux instruments non conventionnels s’avèrent de fait nécessaires afin de suppléer à une pratique de la politique monétaire qui était centrée prioritairement sur la stabilité des prix, dans un environnement macroéconomique calme.

 

Conclusion:

Dans cette article la comparaison des performances obtenues par deux différentes règles de politique monétaire (une règle de politique monétaire optimale et de celles obtenues à partir de l’estimation d’une règle simple) permet de voir l’évolution de l’efficience de la politique monétaire conventionnelle.

Au vu des courbes de Taylor, la période qui suit la crise financière de 2007 présente des caractéristiques spécifiques. Mais la crise financière se traduit aussi par une détérioration notable des performances de la politique monétaire. Parallèlement, cette évolution va à l’encontre de l’amélioration de l’efficacité de la politique monétaire notée au cours de la période 2002-2008.

 

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Dix ans après le début de la crise financière mondiale

Pierre Morin (2017), Dix ans après le début de la crise financière mondiale, Revue Economique, pages 9 à 28 https://doi.org/10.3917/reco.hs02.0009

 

Mots clés : Banque, Crise, Finance, Mondiale

Dans cette article, on parle de la crise financière mondiale ayant eu lieu en 2008. Selon la scientifique Agnès Bénassy-Quéré (2009), il y a trois manières différentes d’expliquer la crise, selon qu’on insiste sur les incitations perverses dans le secteur financier, sur les déséquilibres macroéconomiques mondiaux ou sur une complexité systémique mal comprise et sous-évaluée.

Cette étude a pour objectif d’analyser l’évolution des différents impacts laissé par la crise financière d’une ampleur mondiale.

 

Développement:

Cette étude est axée sur l’analyse de la crise financière de 2008. Plusieurs point sont observés tels que le budget, la régulation bancaire, la croissance, les divergences, les risques de politique et de stabilité ainsi que les investissements, et dette.

  • Politiques actives

L’hypothèse d’un effondrement du système ne pouvait manquer d’être évoquée. Dès lors, les réponses ont dû mêler objectifs et contraintes de court comme de long terme.  Pour traiter ce type de crise, un réel travail institutionnel a été mis en place. Même si la crise de ses dettes publiques ne peut être considérée comme tout à fait éteinte, des écarts notables persistant entre taux d’intérêt acquittés par les dettes publiques, ces derniers sont stabilisés à de faibles niveaux, alors que des scénarios d’explosion de certains d’entre eux ont circulé.

  • Dix an de croissance faible et divergences

Au cours de ces dix dernières années, plusieurs études/analyse ont été mises en place afin d’essayer de comprendre la faible de croissance économique et les divergences. Les chercheurs ont donc analysés le: le taux de croissance du PIB ainsi que le productivité du travail, le taux de chômage, les soldes courants en part de PIB et également  les dettes publiques.

  • Interrogations

Les chercheurs de cette études se sont poser plusieurs questions :

    1. Des taux d’intérêt réels d’équilibre faible?
    2. Impact de la croissance d’inégalités?
    3. Responsabilité européenne?
    4. Gain de productivité faibles?
    5. Gain de productivités -> Arguments surestimés?
  • Risques de politique monétaire et stabilité financière

Aujourd’hui, il faudrait donc que les taux d’intérêt nominaux puissent devenir négatifs, à savoir qu’un tel objectif se heurte au fait que l’actif billets ne peut être associé à un taux d’intérêt négatif, et les auteurs exposent comment ils conçoivent le traitement de cet obstacle, introduisant un taux de change, prix des billets contre dépôts, fixé quotidiennement par la banque centrale en fonction de l’évolution du taux auquel elle rémunère les réserves excédentaires.

  • Investissement, politiques budgétaires, dette publique

La crise des dettes publiques européennes a suscité des propositions de mutualisation au moins partielle des dettes souveraines de la zone euro. Transposé au débat européen autour de l’éventuelle création d’obligations européennes, l’exemple américain montre que l’existence conjointe d’obligations municipales et fédérales peut être synonyme de stabilité financière pour l’Union, et ce, sans la mise en place d’un mécanisme de garantie du gouvernement fédéral et sans l’aide automatique d’une banque centrale.

 

Résultats:

Quelques années après la crise financière mondiale de 2008, le déploiement des politiques actives n’a pas pu créer de nouveau un contexte macroéconomique assez satisfaisant. En effet, seule une croissance faible a subsisté une légère croissance de la productivité. La perte de croissance est de l’ordre de 1,8 % par an, tant pour les États-Unis que le Japon et la zone euro.

De plus, avec de fortes dispersions, les taux de chômage sont en hausse, mais ils n’ont pas en général explosé et on note également que les déséquilibres des soldes courants perdurent.

Cependant, ces données ne peuvent proposer qu’une première approche dans la qualification des impacts dus la crise financière de 2008. Elles omettent la mention d’atouts plus ou moins liés à la qualité de leur économie, qui peuvent compter pour les États, tels la puissance, les réseaux d’influence, etc.

 

Conclusion:

Pour conclure, selon les chercheurs, l’effet des crises financières sur le niveau de la production de long terme est susceptible d’être durablement négatif, les estimations de cet effet étant comprises en général entre 1,5 % et 2,4 %. Mais un effet beaucoup plus marqué est estimé pour les crises financières profondes.

Toute crise teste la pertinence des concepts et des modèles des économistes. Il n’est pas possible de parler d’effondrement de l’économie réelle, dont les évolutions n’ont pas le caractère spectaculaire des krachs boursiers. Cette évolution a été obtenue au prix de politiques économiques extrêmement actives, qui ont transgressé leurs habitudes sur des points importants, sans que jamais d’impulsion durable de croissance, en particulier de croissance de l’investissement, n’apparaisse.

 

Ouverture:

Un grand nombre de chercheurs s’interroge en particulier sur l’invariance, dans les modèles, de la croissance potentielle aux chocs et aux politiques, la macroéconomie contemporaine présentant une forte similitude avec la physique newtonienne, où les oscillations d’un pendule, provoquées par une perturbation, s’amortissent jusqu’à ce qu’il s’immobilise sur le même équilibre.

 

Références:

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La crise de la Covid-19 changera-t-elle notre façon de faire de l’économie ?

Xavier Ragot (2020), La crise de la Covid-19 changera-t-elle notre façon de faire de l’économie ?, Revue de l’OFCE, pages 5 à 21 https://doi.org/10.3917/reof.166.0005

 

Mots clés : Pandémie, Politiques publiques, Comptes nationaux

Dans cette article, on parle de la pandémie de la covid-19 qui a provoqué une crise sanitaire et économique récemment. Suite à cette crise, l’économie a été fortement perturbée et il a fallu rapidement que les économiste adaptent les outils d’analyse et les prévision économiques. Dans ce contexte d’incertitude sur l’évolution de l’épidémie, il a fallu situé l’état de l’économie des ménages et des entreprises. Cette crise conduit à repenser les concepts-clés de l’analyse économique.

Cette recherche a pour objectif d’étudier en “temps réel” l’économie en cas de crise. Dans cette crise, on peut alors résumer l’analyse économique en trois parties qui sont: la mesure (recherche d’informations en effectuant par exemple des enquêtes), la mise en cohérence (comprendre globalement la situation), l’analyse et les prévisions (faire l’état de l’économie).

 

Développement:

Après avoir proposé, dans une première section, de comprendre le présent en période d’incertitudes, et dans la deuxième section, on nous présente les questions posées à l’analyse économique de l’OFCE (Observatoire français des conjonctures économiques).

 

  • Comprendre le présent en période d’incertitudes

Ici, les chercheurs mettent avant quatre incertitudes:

  1. Epidémique : on ne connait pas à cette date en 2020 l’ampleur et le niveau de contamination.
  2. Effets économiques de la stratégie de confinement : confinement qui a provoqué l’arrêt d’un grand nombre d’entreprise et donc un profond ralentissement de l’activité dans certains secteur, conduisant au chômage.
  3. Effet des autres politiques économiques : activités partielles, indemnisations, plan de relance…
  4. Comportement des ménagers et des entreprises dans un tel environnement : il est donc difficile de déterminer la demande des consommateurs et donc de l’activité économique.

 

  • Questions pour l’analyse économique qui viennent interroger la mesure de l’activité économique.Les chercheurs de cette études se sont poser plusieurs questions :
    1. Quel sens donner à l’évolution des prix des services quand la notion même de qualité ne peut être mesurée ? (Valeur)
    2. Comment la crise est-elle socialement partagée ? (Inégalités)
    3. De quelle façon l’économie est-elle financée ? (Finance)
    4. Qu’est-ce qu’un choc d’offre et un choc de demande et quelles sont leurs implications sectorielles ? (Economie)
  1. Valeur : étudier les comptes d’agents et le marché de travail a permis de rendre compte de la dynamique du sous-emploi en évitant de s’exprimer sur les questions difficiles de l’indice des prix pertinents.
  2. Inégalités : L’OFCE a essayé de mesurer ces effets par des évaluations ex ante en utilisant l’enquête Budget des familles et en simulant les effets de la crise selon les estimations.
  3. Finance : Les entreprises ont absorbé le choc par un accroissement de l’endettement, qui a cependant permis à ces dernières de constituer des réserves de trésorerie. Face à un choc comme la crise de la Covid-19, l’intégration d’éléments financiers de bilan est nécessaire afin d’identifier les fragilités financières susceptibles de déstabiliser la dynamique économique.
  4. Economie : La crise de la Covid-19 conduit à remettre en cause une simple distinction entre offre et demande. En particulier, la fermeture administrative de certains secteurs constitue à la fois des chocs d’offre et de demande dans des proportions qu’il faut estimer.

 

Résultats:

Dans cet étude, on nous montre que dix analyses ont été réalisées concernant la consommation des ménages, l’investissement des entreprises, le nombre de télétravailleurs, l’impact de la fermeture des écoles, le tourisme, entre autres.

Ces analyses ont consisté, à estimer l’effet des mesures annoncées (confinement, télétravail) sur les composantes essentielles de la demande (consommation et investissement) et de l’offre (télétravail et activité partielle).

L’estimation de la chute de PIB mensuel par mois de confinement a été de 20 points de PIB mensuel, soit 60 milliards d’euros par mois. Cette estimation, d’une ampleur immense, était proche mais différente de celle de l’INSEE qui prévoyait une chute de la consommation des ménages à 35 points de pourcentage alors que l’OFCE l’estimait à 26 par mois de confinement, avec de grandes incertitudes.

Au 16 octobre 2020, l’INSEE évalue la chute de la consommation à 32 % au mois d’avril 2020 par rapport au mois de février 2020. Dans un tel environnement, la précision de ces estimations (après seulement deux semaines de confinement) apparaît remarquable.

De ces analyses il en ressort que l’utilisation de cadres comptables cohérents, comme les interdépendances sectorielles dans le Tableau d’Entrée-Sortie, ou la circulation du revenu au sein du Tableau Économique d’Ensemble sont des outils essentiels, qui obligent à une cohérence logique et qui orientent l’analyse économique.

 

Conclusion:

En date de cette étude (2 trimestre 2020) il était prématuré de savoir si cette crise changera l’analyse économique. Pour information, cela n’a pas été le cas de la crise de 2008. La période dans laquelle l’article a été écrit est plutôt celle de l’identification des zones d’ombre nouvelles dans la compréhension du fonctionnement de nos économies.

Il faut donc reconnaître que les quatre questions principales posées dans ce texte n’épuisent pas le champ de toutes les interrogations qui naissent de la crise de la Covid-19. Ces dernières vont de la mesure économique elle-même à la compréhension de nouveau mécanisme.

 

Ouverture:

Selon les chercheurs, on pourrait ajouter à cette étude la question de la mesure du chômage en période de crise sanitaire, qui remet en cause les définitions traditionnelles, comme celle du BIT (Bureau international du travail), du fait de l’indisponibilité à court terme des travailleurs. On pourrait également ajouter les effets des politiques monétaires non-conventionnelles sur l’octroi de crédit et sur la dynamique de la consommation et de l’investissement. Toutes ces interrogations sont légitimes et pourront donner lieu à de nombreux travaux au sein de la science économique.

 

Références:

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  • Bignon Vincent et Olivier Garnier, 2020, « Mesurer l’impact de la crise Covid : l’expérience de la Banque de France », Revue de l’OFCE, n° 168, novembre.
  • Blanchet Didier et Jean-Luc Tavernier, 2020, « Mesurer l’activité durant la crise sanitaire : premiers éléments de bilan », Revue de l’OFCE, n° 168, novembre.
  • Dauvin Magali, Paul Malliet et Raul Sampognaro, 2020, « Impact du choc de demande lié à la pandémie de la Covid-19 en avril 2020 sur l’activité économique », Revue de l’OFCE, n° 168, novembre.
  • Dauvin Magali, Bruno Ducoudré, Éric Heyer, Pierre Madec, Mathieu Plane, Raul Sampognaro et Xavier Timbeau, 2020, « Évaluation au 26 juin 2020 de l’impact économique de la pandémie de COVID-19 et des mesures du confinement et du déconfinement en France », OFCE Policy brief, n° 75, 26 juin.
  • Ducoudré Bruno et Pierre Madec, 2020, « Évaluation au 6 mai 2020 de l’impact économique de la pandémie de COVID-19 et des mesures de confinement sur le marché du travail en France », OFCE Policy brief, n° 67, 6 mai.
  • Département analyse et prévision de l’OFCE, 2020a, « Évaluation au 30 mars 2020 de l’impact économique de la pandémie de COVID-19 et des mesures de confinement en France », OFCE Policy brief, n° 65, 30 mars.
  • Département analyse et prévision de l’OFCE, 2020b, « Évaluation au 20 avril 2020 de l’impact économique de la pandémie de COVID-19 et des mesures de confinement en France : comptes d’agents et de branches », OFCE Policy brief, n° 66, 20 avril.
  • Département analyse et prévision de l’OFCE, sous la direction d’Éric Heyer et de Xavier Timbeau, 2020c, « Évaluation de l’impact économique de la pandémie de COVID-19 et des mesures de confinement sur l’économie mondiale en avril 2020 », OFCE Policy brief, n° 69, 5 juin.
  • Ghosh A., 1958, « Input-Output Approach to an Allocation System », Economica, vol. 25, n° 97, pp. 58-64.
  • Guerini Mattia, Lionel Nesta, Xavier Ragot et Stefano Schiavo, 2020, « Dynamique des défaillances d’entreprises en France et crise de la Covid-19 », OFCE Policy brief, n° 73, 19 juin.
  • Guerrieri Veronica, Guido Lorenzoni, Ludwig Straub et Iván Werning, 2020, « Macroeconomic Implications of COVID-19: Can Negative Supply Shocks Cause Demand Shortages? », NBER Working paper, n° 26918.
  • Insee, 2020, « Mesure et prévision en temps de crise : une comparaison avec la période 2008-2009 », Point de conjoncture, 9 avril.
  • Jusot Florence, Pierre Madec, Jean-Philippe Bertocchio, Bruno Ducoudré, Mathieu Plane, Raul Sampognaro, Xavier Timbeau, Bruno Ventelou et Jérôme Wittwer, 2020, « Les ‘vulnérables’ à la COVID-19 : essai de quantification », OFCE Policy brief, n° 74, 26 juin.
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La pertinence de l’information comptable en juste valeur dans le contexte de la crise financière : le cas de l’industrie bancaire européenne

Badreddine Hamdi, Tarek Mejri (2017), La pertinence de l’information comptable en juste valeur dans le contexte de la crise financière : le cas de l’industrie bancaire européenne. Comptabilité Contrôle Audit, (Tome 23), pages 29 à 62 https://doi.org/10.3917/cca.233.0029

 

Mots clés : Juste valeur, Pertinence, Fiabilité, Crise financière, Instruments financiers

Dans cette article, on parle de la pertinence de la juste valeur. La juste valeur est capable d’offrir une information pertinente sur les instruments financiers en visant à aider les investisseurs à faire leurs propres prévisions et à confirmer ou corriger leurs estimations antérieures. Mais attention, celle-ci représente des avantages comme des inconvénients.

Cette recherche a pour objectif d’étudier le contenu informationnel des données comptables en juste valeur, durant la crise financière de 2008. L’étude a été menée auprès des principales banques européennes (soit un échantillon d’une centaine de banques), et ce, de 2005 à 2012.

Les 102 banques incluses dans l’échantillon sont localisées dans 14 pays de l’Union Européenne et dans deux pays membres de l’association européenne de libre-échange (EFTA) : la Norvège et la Suisse, les autres pays sont les suivant : Allemagne, Autriche, Belgique, Danemark, Espagne, France, Grande Bretagne, Grèce, Irlande, Italie, Pays-Bas, Pologne, Portugal et Suède.

 

Développement:

Après avoir proposé, dans une première section, un cadre d’analyse théorique sur la pertinence de l’information financière et sur la juste valeur dans le secteur bancaire, dans la deuxième section, on nous présente la méthodologie adoptée pour tester les hypothèses émises par les chercheurs. Enfin, dans la troisième section, ce sont les discutons les différents résultats de l’analyse statistique qui nous sont exposés.

 

  • Cadre théorique :

Dans cette section on nous parle de l’utilité informationnelle des données comptables. Jusqu’ici de nombreux travaux d’étude se sont axés sur l’utilité des chiffres comptables. Il s’agissait plus précisément d’évaluer la part prise par les données comptables dans le processus prévisionnel des investisseurs sur le marché.  On nous parle également de la pertinence de la juste valeur. Les chercheurs se sont alors posé la question suivante:

Quelle utilité décisionnelle ces informations additionnelles en juste valeur ont-elles pour les investisseurs?

Ils ont alors émis plusieurs hypothèses :

H1 – Les justes valeurs des instruments financiers publiées dans les annexes aux comptes des banques, en application des normes IAS 32 et IFRS 7, ont un contenu informationnel supplémentaire par rapport aux coûts historiques de ces instruments.

H1a – Les justes valeurs des instruments financiers publiées dans les annexes aux comptes, en application des normes IAS 32 et IFRS 7, sont moins pertinentes pour les banques en moins bonne santé financière.

H1b – Les justes valeurs des instruments financiers publiées dans les annexes aux comptes, en application des normes IAS 32 et IFRS 7, sont moins pertinentes pour les banques domiciliées dans des pays où la protection des investisseurs est faible.

H2 – La juste valeur des instruments financiers est significativement moins pertinente pendant la période d’instabilité financière.

 

  • Méthodologie de recherche

Les chercheurs ont mis en place une étude empirique. Dans un premier temps ils ont donc établis un échantillon d’une centaine de banques commerciales européennes, ensuite ils ont sélectionné la période allant de 2005 à 2012, soit 8 ans. Le choix des banques a été fait par la nature des actifs et passifs des banques qui sont essentiellement des instruments financiers. Pour construire leur échantillon, ils ont utilisé les critères de sélection suivants:

  1. Dans une première étape, identifier l’ensemble des groupes bancaires cotés en Europe et qui préparent leurs comptes en application des normes IFRS, sur la période étudiée.
  2. Ensuite, ils ont éliminé des banques qui ne rentrent pas dans la catégorie des banques commerciales, des banques coopératives, des caisses d’épargnes, des holdings bancaires et des autres institutions de crédit.
  3. Après ça, une sélection a été faite uniquement sur les banques pour lesquelles les rapports annuels et les différentes informations nécessaires sont disponibles.
  4. Et enfin, ils ont procéder à l’élimination des banques dont la date de clôture des comptes n’intervient pas le 31 décembre

 

  • Résultats et discussion

Le premier résultat significatif est la moyenne de la variable MBV qui mesure la différence entre la valeur de marché et la valeur comptable des capitaux propres.

Plus globalement, sur un échantillon exact de 102 banques commerciales européennes, les résultats montrent que les informations en juste valeur sont plus pertinentes lorsqu’elles sont fournies par des banques domiciliées dans des pays à forte protection des investisseurs. notre étude se distingue des travaux antérieurs par l’analyse des incidences de la crise financière sur le contenu informatif des données comptables établies selon les normes IFRS Cette analyse permet de mieux comprendre comment les investisseurs perçoivent l’information en juste valeur lorsque les conditions du marché changent.

 

Résultats:

Dans cet étude, les résultats nous montrent que les justes valeurs des prêts et créances bancaire sont un contenu informationnel plutôt pertinent pour les investisseurs. Ils conduisent alors à montrer que les banques qui souffre de situations financières peuvent alors être tentées de gérer leurs chiffres comptables elles-mêmes et, par conséquent, les justes valeurs de leurs instruments financiers sont moins pertinentes. De plus, les chercheurs nous montrent que le contenu informatif des chiffres comptables établis selon les normes internationales IFRS (International financial reporting standards) est de loin plus élevé dans les pays à haute protection des investisseurs. D’après l’étude, on en déduit alors l’hypothèse que durant la période d’instabilité financière, la juste valeur est significativement moins pertinente.

 

Conclusion:

L’ étude conclut à la pertinence de la juste valeur des prêts et créances bancaires, le contenu informatif de la juste valeur des autres actifs et passifs financiers s’avère mitigé. Ce résultat pourrait s’expliquer par le manque de cohérence et de fiabilité inhérent, par exemple, dans l’utilisation de modèles d’évaluation développés par les banques afin d’estimer la juste valeur de certains instruments financiers. Depuis quelques années, des problèmes de subjectivité et d’incertitude sur la fiabilité de la juste valeur font l’objet d’un vaste débat entre les différents acteurs. Il faut savoir que ce débat s’est particulièrement intensifié depuis le déclenchement de la crise financière de 2008.

 

Ouverture:

Afin d’affiner et élargir l’analyse des chercheurs dans cette étude, il serait donc important de compléter cette recherche par l’étude de la façon dont se reflètent, dans les cours boursiers, les estimations de la juste valeur de niveau 3 comparativement aux estimations de niveau 1 et 2. Dans cette optique, certains travaux récents contribuent à mettre en évidence le fait que la décision de divulguer des informations sur la hiérarchie des justes valeurs a amélioré sensiblement la précision des prévisions de bénéfices des analystes financiers (Magnan et al. 2015).

 

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