Panorama de l’industrie française de l’assurance

José Bardaji (2017), Panorama de l’industrie française de l’assurance, Revue d’économie financière, (N° 126), pages 19 à 40 https://doi.org/10.3917/ecofi.126.0019

 

Mots clés : Industrie, Panorama, Industrie française, Assurance

 

L’assurance en France collecte plus de 200 Md€ de cotisations chaque année et dispose d’un portefeuille de placements de près de 2 300Md€, soit 103% du PIB. Ces différentes statistiques reflètent le poids économique et social particulièrement élevé de cette industrie, tant elle accompagne tous les Français, particuliers ou entreprises, à tous les stades de la vie ou de leur développement. En effet, l’assurance protège les Français et leurs biens (voiture, habitation, etc.) contre des risques de toutes natures. Elle protège aussi l’activité et les biens des entreprises, de plus en plus des conséquences d’une attaque informatique. En raison du succès de l’assurance vie, elle finance massivement l’économie, notamment, les entreprises (59 %), mais aussi les États (33 %) ; ces investissements prennent la forme d’obligations (71 %), mais aussi d’actions (17 %). Enfin, l’assurance française s’internationalise lentement avec un chiffre d’affaires réalisé à l’étranger en légère hausse, tout comme celui réalisé par des assureurs étrangers en France, signe d’une certaine maturité du marché français de l’assurance.

 

 

Développement:

Dans cet article, nous allons parler de l’assurance sous différents aspects (industrie, au service de la protection, mais également de l’épargne et du financement de l’économie, l’assurance française dans le monde et dans notre quotidien).

L’assurance française représente ainsi 209 Md€ de cotisations perçues , dont près de deux tiers au titre de l’assurance vie, et du tiers restant au titre de l’assurance non-vie qui regroupe les assurances de biens et de responsabilité et les assurances de dommages corporels (maladie et prévoyance). Cette séparation entre assurance vie et non-vie est usuelle, mais pas forcément partagée par l’ensemble des acteurs de la profession, ni par l’ensemble des pays. Parfois on préfère distinguer les assurances de personnes (vie et dommages corporels) des assurances de dommages.

Les assurances de biens et de responsabilité ont collecté un peu plus de 53 Md€ de cotisations en 2016, dont près des deux-tiers portent sur des assurances de particuliers (automobile, habitation, etc.) et le tiers restant sur des assurances de professionnels (biens professionnels, responsabilité civile générale, construction…).

  • L’assurance automobile:

C’est la branche non-vie la plus importante. Avec un peu plus de 20 Md€ de cotisations en 2016, elle représente près de 40 % des cotisations totales en assurances dommages. Le montant des cotisations évolue régulièrement (18 Md€ en 2007). La prime moyenne globale d’une assurance voiture s’établit à 400 euros HT (en France, un total de 52 millions de véhicules étaient assurés en 2016). Les sociétés avec intermédiaires, qui correspondent souvent aux sociétés d’assurance anonymes, sont les plus implantées sur ce marché avec une part de marché de 41,4 %, devant les mutuelles sans intermédiaires (34,0 %). La bancassurance arrive en 3e position (12,9 %), mais connaît une nette progression depuis plusieurs années. L’assurance automobile reste un produit d’appel. À l’avenir, l’assurance automobile reste sujette à des mutations d’envergure. Les dispositifs d’aide à la conduite et, demain, la voiture autonome laissent attendre une baisse sensible de la sinistralité et, en corollaire, des cotisations. Pour la principale branche de l’assurance dommages, cette évolution invite la profession à accompagner la mutation de l’industrie automobile de demain.

  • L’assurance habitation:

On parle de multirisque habitation, elle garanti garantit l’assuré contre des événements qui pourraient l’affecter comme l’incendie, le vol, le dégât des eaux, les tempêtes et les catastrophes naturelles, ainsi que la responsabilité du chef de famille contre les dommages qui pourraient être causés à autrui. C’est la deuxième branche non-vie la plus importante par le poids qu’elle représente en termes de cotisations, après l’automobile. Avec près de 10 Md€ en 2016, elle représente environ 20 % des cotisations totales en assurances de biens et de responsabilité. En 2015, on dénombrait en France 39,7 millions de contrats d’assurance habitation. Contrairement à l’assurance automobile, cette assurance n’est pas toujours obligatoire. Elle l’est uniquement pour les locataires et les propriétaires, si le logement est situé dans une copropriété. Dans une moindre mesure qu’en automobile, l’assurance habitation est aussi un produit d’appel pour les sociétés d’assurance.

  • L’assurance dommages aux bien professionnels:

Elle vise à protéger les biens des entreprises comme l’assurance contre l’incendie et l’assurance « pertes d’exploitation » qui s’applique lorsqu’il y a une interruption d’activité liée à une catastrophe naturelle (tempête, inondation, etc.). Les assurances de dommages aux biens des professionnels recouvrent différentes assurances : les multirisques pour les artisans, les commerçants et les professions de services, les assurances de risques industriels, les dommages aux biens agricoles et autres dommages aux biens professionnels. Avec un chiffre d’affaires de 7,6 Md€, l’activité de cette branche est particulièrement le reflet de l’environnement économique. Ainsi, depuis la grande récession de 2008-2009, le dynamisme de ce marché est faible et la capacité des entreprises à étendre le champ de leurs garanties est limitée du fait d’une activité économique atone.

  • L’assurance de protection sociale: 

C’est un complément des régimes obligatoires dans le financement de compléments de retraite, le remboursement de frais de soins, le versement d’indemnités en cas d’arrêt de travail, d’invalidité ou de dépendance et le paiement d’un capital ou d’une rente en cas de décès. Une partie de ces contrats est spécifiquement destinée à se constituer un revenu de remplacement au moment de la survenance du risque. Les prestations sociales s’établissent à près de 700 Md€. Ce montant comprend les prestations versées au titre de la vieillesse-survie (45 %), de la santé (35 %), de la maternité-famille (8 %), de l’emploi (6 %) et des autres risques (6 %). Les organismes d’assurance ont collecté 66 Md€ et versé 46 Md€ de prestations au titre des risques sociaux ce qui représente l’équivalent de 7 % des prestations sociales. En santé, les dépenses (consommation de soins et de biens médicaux) s’élèvent à 194,6 Md€ en 2015.

 

Les assurances d’épargne sont basées sur l’espérance de vie de l’assuré. Le contrat prévoit, en échange de cotisations, le versement d’un capital ou d’une rente soit si l’assuré est en vie à une date donnée (contrat en cas de vie), soit s’il décède (contrat en cas de décès). L’épargne constituée peut indifféremment être utilisée en vue d’un projet immobilier, pour préparer la retraite, transmettre à son conjoint ou à ses héritiers un capital. Pour toutes ces raisons, on évoque souvent la dimension « couteau suisse » de l’assurance vie.

  • L’assurance vie

Elle est principalement composée de deux types de supports, en euros et en unités de compte. Les premiers offrent une liquidité à tout instant et la garantie en capital. Les seconds offrent une espérance de rendement supérieur au prix d’une absence de garantie du capital. En raison de son succès, l’assurance vie occupe une place première dans le patrimoine des Français. À la fin de 2016, ce patrimoine est estimé à près de 12 000 Md€, soit 5,4 fois la richesse nationale. Il est composé de 60 % d’actifs non financiers (immobilier, terrains bâtis, or, objets de valeur, etc.) et de 40 % d’actifs financiers. Dans ce total, la part de l’assurance s’élève à 16 %. Au sein de l’épargne financière, l’assurance vie maintient sa première place en 2016.

 

L’assurance joue un rôle primordial dans le financement de l’économie. À la fin de 2016, les placements des sociétés d’assurance représentent ainsi 2 350 Md€, soit un peu plus d’une année de richesse créée en France. En raison du poids de l’assurance vie, les sociétés d’assurance vie et mixtes détiennent 91 % des placements totaux. Ces placements ont bien progressés. Cette progression provient principalement de la collecte nette en assurance vie conjuguée au rendement des actifs en portefeuille. Les placements auprès des entreprises représentent ainsi en 2016 1 384 Md€, soit 59 % des investissements totaux des sociétés d’assurances.

Le marché de l’assurance en France est le cinquième au monde, derrière les marchés américain, japonais, chinois et britannique et il offre des perspectives de développement pour les entreprises étrangères. Cette stabilité peut témoigner de la maturité du marché français. Les perspectives de croissance y sont mesurées et incertaines, car le marché est concurrentiel et présente une réglementation complexe et une fiscalité mouvante.

L’activité des entreprises étrangères en France présente deux caractéristiques. Ce sont essentiellement des assureurs européens qui officient via des filiales. Plus de 90 % des primes des entreprises étrangères réalisées sur le marché français sont le fait d’entreprises allemandes, italiennes, britanniques et suisses. Le développement des assureurs français à l’étranger est don très fort.

 

 

Résultats:

La profession de l’assurance, à l’image du secteur financier dans son ensemble, fait face à plusieurs défis dont trois sont particulièrement d’actualité :

  1. le premier est économique avec cet environnement de taux durablement bas qui met à mal le modèle de l’assurance vie et non-vie. L’expérience japonaise, qui évolue dans cet environnement depuis plusieurs années déjà, est là pour témoigner aussi bien de la difficulté que de la capacité de notre industrie à s’y adapter ;
  2. le deuxième est réglementaire avec l’avalanche de textes nationaux, régionaux et internationaux, notamment au lendemain de la grande récession de 2008-2009. Ces textes ambitionnent tous de protéger la profession et le consommateur, mais parfois ils pâtissent d’une coordination minimale entre les autorités et d’une prudence excessive, au risque de pénaliser le level playing field et le financement de l’économie respectivement ;
  3. le troisième est technologique avec la révolution numérique qui apporte déjà des transformations majeures à tous les niveaux : la vente, le marketing, la conception des produits, la tarification, la souscription et la gestion des sinistres. Cette destruction créatrice n’est pas en soi nouvelle. La rapidité avec laquelle elle se diffuse l’est davantage. Elle oblige à repenser notre activité et ouvre des perspectives des plus réjouissantes.

 

 

Conclusion:

Le panorama dressé dans cet article affirme la place de l’assurance dans le quotidien des Français, particuliers ou professionnels, parfois de manière discrète quand il s’agit de financer l’économie. Pour notre habitation, elle intervient en amont pour constituer une épargne à l’aide d’une assurance vie, en amont encore pour compléter le financement qui nécessite une assurance emprunteur permettant de solliciter un prêt bancaire, pendant la construction en assurant la maîtrise d’œuvre et d’ouvrage, en aval enfin pour s’assurer des dégâts causés par les intempéries, les éventuels vols et autres sinistres de la vie quotidienne.

 

 

Références:

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  • FFA (Fédération française de l’assurance) (2017), « Les assurances de personnes et de biens et de responsabilité », Données clés 2016.
  • INSEE (2014), Les comptes nationaux passent en base 2010, L’économie française, édition 2014.
  • NOVETHIC (2016), Les chiffres 2015 de l’investissement responsable en France, mai.
  • SWISS RE (2016), « L’assurance dans le monde en 2015 : une croissance continue cachant des disparités régionales », Sigma, n° 3.

 

L’impact d’un changement organisationnel sur les salariés et les clients

Sabine ReydetLaurence Carsana (2020), L’impact d’un changement organisationnel sur les salariés et les clients, Revue française de gestion, (N° 288), pages 61 à 82 https://www-cairn-info.devinci.idm.oclc.org/revue-francaise-de-gestion-2020-3-page-61.htm?contenu=article

https://www-cairn-info.devinci.idm.oclc.org/revue-francaise-de-gestion-2020-3-page-61.htm?contenu=article

 

Mots clés : Changement organisationnel, Salariés, Clients, Milieu bancaire

 

Aujourd’hui en France, comme partout en Europe, l’environnement bancaire français est en pleine mutation. Dans la zone euro, le nombre de points de vente est passé de 176 000 à 156 000 entre 2011 et 2015, soit une baisse de plus de 11 %. Un phénomène que l’on retrouve dans l’ensemble des pays, sauf en France, où la diminution n’est que de 2,2 % sur cette même période. Cela risque de ne pas durer, car les tendances comportementales sont sans appel : les clients fréquentent de moins en moins les agences bancaires et réalisent une bonne partie des opérations courantes via les outils digitaux.

Dans cet article, on étudie un changement organisationnel bancaire avec un double apport. Le premier réside dans l’approche longitudinale du processus de diffusion. Le second concerne la mesure de ses impacts sur les salariés (tensions de rôles) et les clients (qualité de la relation).

 

Développement:

Dans cette étude, les chercheurs étudient les chaînes de contrôle des banques européennes et en nous interrogeant tout particulièrement sur le rôle joué par les actionnaires ultimes lorsque ceux-ci possèdent davantage de droits de contrôle que de droits pécuniaires.

Après avoir proposé, dans un premier temps de parler du changement organisationnel ainsi que des tensions du rôle, dans un second temps, on aborde l’étude qualitative, ensuite on nous parle des conséquences du changement en externe, puis pour finir, on aborde les contributions, limites et voies de recherche.

Au vue de nouveau concurrent et que le développement des banques en ligne s’accélère, une question centrale se pose pour les banques traditionnels : Faut-il fermer des agences pour pérenniser le modèle économique ou faut-il repenser son rôle dans l’organisation commerciale ? Certaines ont fait le choix de fermer, d’autres repensent leur modèle organisationnel.

Les chercheurs essaient de comprendre l’émergence éventuelle de tensions de rôles chez les collaborateurs et font le lien avec la littérature sur les tensions de rôles, qui peuvent s’exprimer sous forme de conflits de rôles, d’ambiguïtés de rôles et de surcharge de travail. Le premier intérêt de cette recherche est d’identifier les tensions de rôles émergentes durant les différentes phases de diffusion du changement et les moyens pour les réduire. Le second intérêt de cette recherche sera de prolonger l’exploration des conséquences d’un changement organisationnel en externe. Cette recherche mesurera l’impact d’un tel changement sur la confiance perçue du client, sa satisfaction ou encore son comportement comme le suggère la littérature en marketing relationnel (Morgan et Hunt, 1994).

Dans cette article les chercheurs tentent de répondre à la problématique suivante: comment diffuser et faire accepter un changement organisationnel en interne (en réduisant notamment les tensions de rôles émergentes) et mesurer l’impact de ce changement sur la relation client ?

La banque de détail en France est un secteur « de plus en plus complexe et imprévisible… et en proie à des mutations fréquentes » (Errotabehere, 2018, p. 45). Globalement, les réflexions menées au sein des principales banques de détail se focalisent sur deux volets.

  1. Le premier concerne l’évolution du métier de conseiller.
  2. Le second volet concerne la place à donner aux outils digitaux. Ils sont omniprésents et obligent les banques à revoir leurs services et la manière de les proposer aux clients.

Les processus de changement organisationnel relèvent de différentes approches dans l’entreprise. Chaque approche présente des informations nécessaires pour appréhender les situations complexes traversées par les organisations. Selon les chercheurs, l’approche temporelle tient compte de l’histoire de l’organisation, l’approche contingente intègre les contraintes environnementales comme une concurrence forte et/ou les développements technologiques. L’approche interprétativiste aide à donner un sens commun au changement, tout en prenant en compte les intérêts de chaque acteur (approche politique). Enfin, l’approche de la planification aide à séquencer le changement pour mieux le diffuser.

Le changement se propage selon différentes phases. Ces différentes phases doivent permettre l’installation du changement et son acceptation en interne, notamment par les collaborateurs. Dans la phase de lancement, une personne, voire un petit groupe de travail à l’initiative du changement, présente aux collègues le projet, et montre qu’il est nécessaire et constructif.

Dans le domaine bancaire, l’obtention d’une relation client optimale nécessite aussi d’avoir un management à l’écoute des collaborateurs. Dans un contexte de changement organisationnel et en présence de tensions de rôles, cette relation client optimale peut être plus difficile à obtenir même si le nouveau modèle organisationnel étudié valorise l’expertise du collaborateur et devrait proposer une véritable valeur ajoutée au client.

Plusieurs hypothèses sont soulignées par les chercheurs :

  • Hypothèse 1. Le changement organisationnel aura un effet positif sur la dimension de crédibilité du conseiller.
  • Hypothèse 2. La crédibilité du conseiller et la satisfaction sont deux médiateurs de la relation entre le changement organisationnel et le bouche-à-oreille.
  • Hypothèse 3. La crédibilité du conseiller ainsi que la satisfaction sont deux médiateurs de la relation entre le changement organisationnel et l’intention de comportement.

 

 

Résultats:

La banque étudiée a mis en place un changement majeur. Elle a choisi de réagir face à des évolutions contextuelles majeures que sont l’accentuation de la pression concurrentielle (apparition de nouveaux concurrents) et le développement des outils digitaux (consommateurs plus connectés). Nous sommes dans le cas d’un changement de niveau managérial (nouvelle relation commerciale) et opératoire (intégration forte des outils digitaux dans la proposition commerciale).

On observe qu’un effet indirect positif du changement organisationnel sur l’intention de comportement via la crédibilité et la satisfaction existe qui indique que la nouvelle organisation commerciale permet aux clients de trouver leurs conseillers plus experts, ils sont satisfaits de la relation client, ce qui leur donne envie de revenir plus souvent en agence.

Les résultats des études menées mettent en avant d’une part, la nécessité d’un travail institutionnel pour finaliser le changement. D’autre part, la modification des rôles des conseillers entraîne une meilleure satisfaction, crédibilité perçue et intention de visite en agence des clients..

 

 

Conclusion:

Cette recherche avait pour objectif d’étudier le processus de diffusion d’un changement organisationnel au niveau managérial et opératoire, proposé par une grande banque mutualiste française. Les apports de ce travail résident avant tout dans le double regard sur le ressenti de salariés (apparition des tensions de rôles) ET des clients (en termes de qualité de la relation) concernés par ce changement. L’approche longitudinale de cette étude présente un intérêt certain pour comprendre en profondeur l’émergence et la durée des différentes tensions de rôles. L’étude qualitative a montré l’importance d’un travail d’information et d’accompagnement de tous les acteurs pour mener le changement à son terme.

Bien que certaines tensions de rôles subsistent en interne, d’un point de vue externe, nos résultats montrent que les clients adhèrent au modèle organisationnel proposé.

 

Ouverture:

Il serait intéressant de voir si finalement, le changement organisationnel ne serait pas devenu la norme dans un secteur financier soumis à des bouleversements récurrents, tant technologiques, économiques qu’humains.

 

Références:

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Droits de contrôle versus droits pécuniaires, crise financière et vulnérabilité des banques européennes

Nadia Saghi-ZedekAmine Tarazi (2015), Droits de contrôle versus droits pécuniaires, crise financière et vulnérabilité des banques européennes, Revue économique, (Vol. 66), pages 527 à 535 https://doi.org/10.3917/reco.663.0527

Mots clés : Droits, contrôle, pécuniaires, crise financière, banques

 

Durant la crise financière de 2007-2008, plusieurs banques ont connu des performances désastreuses et suite à ça, certaines ont fait faillite et d’autres ont nécessité une intervention des États pour les recapitaliser ou pour les nationaliser.

Dans cet article, on étudie l’impact d’une divergence entre droits de contrôle et droits pécuniaires des actionnaires ultimes sur le risque de défaut des banques européennes.

 

Développement:

Dans cette étude, les chercheurs étudient les chaînes de contrôle des banques européennes et en nous interrogeant tout particulièrement sur le rôle joué par les actionnaires ultimes lorsque ceux-ci possèdent davantage de droits de contrôle que de droits pécuniaires.

Après avoir proposé, dans un premier temps d’exposer l’échantillon ainsi que le modèle, dans un second temps, on aborde les résultats empiriques.

L’échantillon comprend 750 banques commerciales européennes dont 109 sont des banques cotées de 2002 à 2010. Les chercheurs extraient des données comptables ainsi que des données sur la structure actionnariale. Ils ont alors constitué un modèle pour tester l’effet de la divergence entre droits de contrôle et droits pécuniaires d’un actionnaire ultime sur le risque de défaut des banques pendant les périodes de stabilité (2002-2006), de crise (2007-2008) et de convalescence (2009-2010). Dans ce modèle, la variable a expliquée qui mesure le risque de défaut des banques sont deux variables indicatrices qui sont égales à l’unité si l’observation est de 2007-2008 ou de 2009-2010 respectivement, et zéro autrement. Ils ont alors mesuré le risque de défaut des banques par des indicateurs basés sur des données comptables et sur des données de marché. ainsi que mesurer le risque de défaut par la distance à la faillite de la banque (DD) calculée à partir des modèles d’autres chercheurs (Black et Scholes [1973] et Merton [1977]). A noter que des valeurs faibles de toutes ces mesures indiquent un risque de défaut élevé.

Tout d’abord, les chercheurs examinent l’effet de la divergence entre droits de contrôle et droits pécuniaires d’un actionnaire ultime sur le risque de défaut des banques pendant les périodes de stabilité, de crise et de convalescence. Ensuite, ils examinent l’influence de certains facteurs sur la relation entre cette divergence et le risque de défaut des banques.

 

Résultats:

Les résultats montrent que, bien que cette divergence soit associée en temps normal à un risque de défaut plus élevé, c’est-à-dire que la divergence entre droits de contrôle et droits pécuniaires d’un actionnaire ultime augmente le risque de défaut des banques en temps normal. Elle a, a contrario, contribué à la résilience des banques pendant la crise financière de 2007-2008. Une analyse plus approfondie montre qu’un tel effet est accentué lorsque la banque est contrôlée par un actionnariat de type familial ou lorsque la banque est située dans un pays à faible protection des actionnaires.

Les études antérieures montrent que l’enracinement de l’actionnariat de contrôle s’accentue lorsqu’il est de type familial ou lorsqu’il contrôle une banque située dans un pays à faible protection des actionnaires minoritaire.

Dans cette étude, les résultats montrent également que l’effet de la divergence entre droits de contrôle et droits pécuniaires sur le risque de défaut est accentué lorsque l’actionnaire ultime est une famille ou lorsque la banque est située dans un pays à faible protection des actionnaires et ce quelle que soit la période considérée.

 

Conclusion:

L’objectif de cet article est d’étudier l’effet de la divergence entre les droits de contrôle et les droits pécuniaires d’un actionnaire ultime sur le risque de défaut des banques en temps normal et en période de crise. Globalement, les résultats montrent que, bien que la divergence entre droits de contrôle et droits pécuniaires d’un actionnaire ultime soit associée à un risque de défaut plus élevé des banques pendant les périodes de stabilité et de convalescence, une telle divergence a au contraire contribué à une meilleure résilience pendant la crise financière de 2007-2008.

 

Références:

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Regard sur la recherche en économie du logement via le prisme du Journal of Housing Economics

Jérôme HubertRasha Daoud (2017), Regard sur la recherche en économie du logement via le prisme du Journal of Housing Economics, Revue d’Économie Régionale et Urbaine, pages 141 à 168 https://doi.org/10.3917/reru.171.0141

 

Mots clés : Bibliométrie, Contraintes de crédit, Méthode hédonique, Logement, Macro-économie, Journal of Housing Economics

 

L‘analyse économique des questions de logement a depuis longtemps attiré l’attention des économistes du monde entier. L’existence d’un nombre important de revues internationales spécialisées dans le domaine en atteste. Cependant, le logement est trop peu abordé dans les analyses macro-économiques, alors que la sphère immobilière représente un rouage important du fonctionnement économique d’un pays.

Dans cet article, on nous parle du secteur du logement qui a fait beaucoup parler de lui à la suite de la crise financière 2007-2009.

 

Développement:

Dans cet artcile, revue de la littérature a été effectuée sur une période de dix ans allant de 2003 à 2012, via le prisme du Journal of Housing Economics qui est la seule revue à s’être centrée exclusivement sur ce thème du logement.

Après avoir proposé, dans un premier temps d’exposer la méthodologie, dans un second temps, on évoquons l’analyse bibliométrique et pour finir on aborde l’analyse bibliographique.

Les chercheurs ont constitués trois bases de données, chacune contenant des informations spécifiques relatives à l’ensemble des 212 articles publiés par le Journal of Housing Economics (JHE)

  1. La première base est dédiée aux articles eux-mêmes et contient les données suivantes : titre de l’article, année de publication, auteur(s), mots-clés
  2. Dans la deuxième base de données, nous enregistrons le même type d’information pour les références « amont » (travaux qui ont été cités au sein des articles publiés dans le JHE sur la période 2003-2012.)
  3. Dans la troisième base de données, nous recommençons le même travail pour les références « aval » (travaux publiés dans des revues académiques qui ont répertorié dans leur bibliographie au moins l’un des 212 articles publiés dans le Jhe sur la période 2003-2012)

Avec ces bases de données, les chercheurs ont effectués des analyses statistiques pour l’identification d’un certain nombre d’auteurs, d’axes de recherche et d’articles majeurs ainsi que les connexions qui existent entre le Jhe et les autres revues académiques, qu’elles soient spécialisées en économie du logement ou dans d’autres domaines.

Deux méthodologies sont mises en place: Méthodologie des graphiques « force-directed » (identification des grands axes de recherche traités grace à une matrice de co-fréquence); méthode de constitution de la base des articles les plus influents (permet l’analyse plus en profondeur à travers une étude bibliographique).

Les auteurs sont presque tous Américains et se sont majoritairement basés sur des références relativement récentes, datant en moyenne de douze ans. La recherche en économie du logement se renouvelle donc de manière régulière. Les dix revues les plus utilisées ont comme domaines de prédilection l’économie géographique et urbaine, l’économie foncière et immobilière et l’économie en général.

  • L’analyse bibliographique porte notamment sur le prix, l’offre et la demande (soit pour être plus général, sur l’économie) du logement. Le prix d’équilibre d’un logement se construit à l’aide de caractéristiques environnementales et intrinsèques (nombre de pièces, surface, présence d’une terrasse…) ainsi que les caractéristiques socio-économiques des ménages.
  • L’offre end à partir de l’hypothèse que l’augmentation du prix des logements est principalement due à un manque de réponse de l’offre de logement occasionnée par une faible élasticité.
  • La demande des ménages dépend également des conditions d’achat de leur bien.

 

Conclusion:

On retient que le relevé des auteurs qui ont le plus publié ou été cités dans la revue nous amène à penser que la revue est principalement animée par la recherche anglo-saxonne. De plus, on comprend mieux la manière dont se situent les différentes revues reliées au JHE. Enfin, nous avons pu voir les grands travaux qui influencent la recherche actuelle ainsi que les dernières avancées théoriques et empiriques.

 

Ouverture:

L’hypothèse de constance des élasticités de l’offre et de la demande de crédit est une limite dans cette analyse, tant l’environnement économique et financier a évolué ces vingt dernières années.

 

Références:

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Les tensions sur le marché du crédit de trésorerie en France dans une perspective historique

Kheira BenhamiMarie BessecGuillaume Gilquin (2017), Les tensions sur le marché du crédit de trésorerie en France dans une perspective historique, Économie et prévision, (N° 210), pages 95 à 111 https://doi.org/10.3917/ecop.210.0095

 

Mots clés : Rationnement du crédit, Modèle de déséquilibre, Financement des entreprises

 

Dans cet article, on analyse les tensions sur le marché du crédit de trésorerie des entreprises en France de 1994 à 2013. Le but est de distinguer ce qui relève d’une baisse de la demande de crédit liée au ralentissement de l’activité ou d’une restriction de l’offre bancaire due à la diminution des crédits octroyés.

Dans une situation où le volume de crédits aux entreprises diminue fortement et/ou durablement, la question suivante se pose : cette baisse relève-t-elle d’un recul de la demande de crédit liée au ralentissement de l’activité des entreprises ou d’une restriction de l’offre de financement par les banques ?

 

Développement:

Suite à l’intensification de la crise financière en 2009, un enjeu politique important fait l’objet d’une attention particulière dès lors qu’une baisse des crédits octroyés est constatée.

Après avoir proposé, dans un premier temps d’exposer la littérature économique sur le rationnement du crédit, dans un second temps, on nous parle du modèle de déséquilibre, des résultats d’estimation et pour finir on aborde la mise en perspective des résultats.

On parle de rationnement du crédit lorsque la demande de crédit se retrouve durablement supérieure à l’offre. Lorsque cette situation est très prononcée, elle peut générer un « credit crunch » ou effondrement du crédit, c’est-à-dire une baisse significative du niveau de crédit dans l’économie.

Lorsqu’une banque augmente son taux d’intérêt elle augmente sa marge unitaire, cette hausse se traduit également par une dégradation du profil de risque des nouveaux emprunteurs et donc de la qualité moyenne de son portefeuille de prêts. Mais une augmentation du taux d’intérêt pratiqué par une banque n’augmente pas toujours son profit.

Les banques ne sont pas en mesure d’évaluer précisément les risques des projets présentés par les demandeurs de crédit. Afin de maximiser leurs profits, elles vont préférer fixer une borne supérieure au taux d’intérêt et rationner quantitativement le crédit en ne répondant pas à la demande de certains emprunteurs, alors même que ces derniers seraient prêts à payer un taux d’intérêt supérieur et qu’une partie d’entre eux présente des projets risqués mais rentables.

Il apparaît que l’offre de crédit des banques augmente avec la marge bancaire, les encours de dépôts et livrets et diminue avec les créances douteuses et la volatilité des marchés financiers. La demande de crédit des entreprises est liée positivement à l’activité passée et aux stocks ; elle diminue avec le niveau de trésorerie des entreprises et les encours obligataires sur la période 2009-2013, preuve que le financement obligataire s’est substitué au crédit sur la période pour les entreprises.

la demande de crédit des entreprises est liée positivement à l’activité passée et aux stocks ; elle diminue avec le niveau de trésorerie des entreprises et les encours obligataires sur la période 2009-2013, preuve que le financement obligataire s’est substitué au crédit sur la période pour les entreprises.

 

Résultats:

Les résultats obtenus dans cette étude concordent partiellement avec les études et enquêtes disponibles sur la France.

S’il existe des enquêtes qualitatives dans ce domaine, menées notamment par la Banque de France, il est très difficile d’aborder cette question du point de vue quantitatif, le crédit octroyé étant la seule variable observable. Dans cette étude, les chercheurs visent donc à apporter un éclairage quantitatif à cette question en estimant sur les vingt dernières années, dans une approche macroéconomique, le niveau et les déterminants de la demande et de l’offre de crédit de trésorerie aux entreprises en France.

Les résultats issus d’un modèle macro-économétrique suggèrent que les tensions sur le marché du crédit se manifestent en sortie de récession (en 1994-1995 et en 2009-2010), pouvant alors freiner la reprise économique. Les chercheurs estiment alors une offre et une demande de crédit en supposant que le montant de crédit effectivement octroyé correspond à la plus petite des deux quantités offertes et demandées à tout instant.

La demande de crédit de trésorerie serait principalement influencée par l’activité des entreprises et leur niveau de trésorerie et, depuis 2009, par le recours aux émissions obligataires. L’évolution de l’offre dépendrait principalement des créances douteuses.

 

Conclusion:

L’aggravation brutale de la crise financière en septembre 2008 et la baisse du financement bancaire des entreprises a fait craindre une situation d’insuffisance de l’offre de crédit des banques et donc un éventuel épisode de rationnement du crédit aux entreprises en France. Dans cet article, on distinguer ce qui, dans la diminution des crédits octroyés, relève d’une simple baisse de la demande de crédit des entreprises liée au ralentissement de l’activité ou d’un rationnement de l’offre de crédit.

Il faut garder à l’esprit les fragilités du modèle des chercheurs tant au niveau de la robustesse des estimations que de l’interprétation des résultats.

 

Ouverture:

L’hypothèse de constance des élasticités de l’offre et de la demande de crédit est une limite dans cette analyse, tant l’environnement économique et financier a évolué ces vingt dernières années.

 

Références:

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Les comportements de détention de liquidités dans les sociétés non financières du G7 ont-ils évolué depuis la crise ?

Sylvain Broyer, Emmanuel Schneider et Cyril Verluise (2016), Les comportements de détention de liquidités dans les sociétés non financières du G7 ont-ils évolué depuis la crise ?, Revue d’économie industrielle, pages 97 à 123 https://doi.org/10.4000/rei.6340

 

Mots clés : Entreprises internationales, Cycles économiques internationaux, Crises financières, Finance d’entreprise

 

Dans cet article on parle principalement es des entreprises (telles que : Apple, Microsoft, Google, Verzion et Pfizer au USA) qui ont accumulé des niveaux de cash sans précédent depuis la crise financière 2007-2009.

Les chercheurs observent ici l’évolution de la détention de liquidités par les entreprises du G7 et réalisons un test économétrique afin d’identifier si la crise financière a amené un changement de régime dans la détention de liquidités.

 

Développement:

Dans cet article, on nous parle des évolutions de liquidités dans les sociétés non financières du G7 depuis crise financière ayant eu lieu en 2007-2009.

Après avoir proposé, dans un premier temps exposer les déterminants de la détention de liquidité, dans un second temps, on nous parle de la dynamique de détentions de liquidés par les entreprise du G7, et pour finir on aborde le régime de détention de liquidités et modèles de financement nationaux, avant de nous montrer le changement de régime et l’intermédiation financière.

L’accumulation de cash par les entreprises résulterait des difficultés d’accès au financement bancaire qu’elles ont subies lors de la crise financière ; difficultés qui avaient contraint certaines à vider leurs stocks et à stopper les lignes de production, d’autres à la faillite, participant à l’arrêt soudain du G7 et à la récession mondiale du quatrième trimestre 2008 au premier trimestre 2009.

Le cash holding est l’existence de coûts engendrés par la détention de liquidités. Ces coûts sont constitués d’un coût de « stockage » et d’un « coût d’opportunité ». La théorie de la demande de monnaie dans les entreprises remonte à Keynes (1936). Il propose deux motifs de détention de liquidités : le motif de transaction et le motif de précaution. Cela repose sur le fait que les liquidités évite un certain nombre de coûts liés aux transactions courantes (coûts de levée de fonds et coûts de vente d’actifs)

La théorie de la demande de monnaie par les firmes s’enrichit de deux autres motifs : le motif d’agence et le motif de taxation.

Pour évaluer l’existence d’un changement de régime de cash holding, la méthodologie la plus courante consiste à estimer une relation entre le ratio de liquidité et les différentes variables explicatives (flux de trésorerie, secteur, dépenses en capital, levier, market-to-book, R&D, dividendes, taille, cession nette d’actions, beta CAPM, part des revenus réalisés à l’étranger et taux d’imposition).

Un grand nombre de tests ont été mis en place par les chercheur et les indications délivrées par le score de Chow s’avèrent fiables et la série de z-tests nous permet de conclure. En France, au Canada, en Italie et en Allemagne les comportements de détention de liquidités n’ont pas changé. Au contraire, en Grande-Bretagne, aux États-Unis et au Japon, ces comportements ont fait l’objet d’un changement profond. Plus particulièrement, le poids accordé au motif de précaution occupe une place prédominante dans ce changement de régime.

La détresse financière rencontrée par les entreprises face au resserrement du crédit bancaire en 2007-2008 est couramment retenue comme étant la cause du changement de régime de cash holdings dans les SNF. Les enquêtes de conditions de crédit montrent également que le rationnement du crédit bancaire aux entreprises ne peut pas vraiment être imputé à la demande. En zone euro, les conditions de crédit n’ont pas été assouplies par les banques avant 2015, et ce de façon très modérée.

 

Résultats:

Les chercheurs ont développé une méthode de tests robuste à cette critique. En proposant un test économétrique de rupture temporelle afin d’identifier l’existence d’un changement de régime de détention de liquidités.

En analysant la somme des liquidités détenus par les SNF (sociétés non financières), les chercheurs ont observés que les volumes de liquidités détenus par les SNF des pays du G7 augmentent tendanciellement tout au long de la période 1990-2014

L’accumulation de cash résulterait des difficultés d’accès au financement bancaire que les entreprises ont subies lors de la crise financière et également une nette accélération pour la plupart des pays du G7 à partir de 2008.

Les résultats indiquent alors que la hausse des liquidités ne s’explique par le motif de précaution que dans les pays du G7 où la désintermédiation des financements externes a progressé depuis la crise (États-Unis, Grande-Bretagne, Japon).

De plus, en Europe continentale, les tests des chercheurs infirment l’hypothèse d’un changement de régime de détention du cash.

 

Conclusion:

Les études économétriques menées par les chercheurs leur permettent d’affirmer que les niveaux de liquidités détenus par les SNF du G7 atteignent effectivement des records historiques, en termes absolus comme relatifs, mais que cela ne suffit pas à conclure à un changement de comportement d’accumulation de cash.

Ce sont effectivement les économies les plus affectées par la contraction du crédit bancaire qui ont développé un nouveau régime de détention motivé par la précaution.

Pour se prononcer sur le caractère « anormal » des niveaux de liquidités, il était nécessaire de se situer dans un contexte national et de mener une analyse économétrique rigoureuse.

Les pays pour lesquels un changement de régime est avéré (Japon, États-Unis et Grande-Bretagne) requièrent une attention particulière. Leurs niveaux de cash historiquement hauts sont nourris à la fois par la modification des caractéristiques moyennes des entreprises et par un changement des comportements de détention entraîné par un renforcement du motif de précaution.

 

 

Références:

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Introduction. Industrie, finance, innovation et gouvernance dans la crise : vers un changement structurel ?

Véronique Dutraive (2016), Introduction. Industrie, finance, innovation et gouvernance dans la crise : vers un changement structurel ?, Revue d’économie industrielle, pages 13 à 32  https://doi.org/10.3917/reof.166.0059

 

Mots clés : Industrie, Finance, Innovation, Crise

 

Dans cet article on parle principalement des liens entre la finance et l’industrie. Il fait suite à un premier numéro spécial de la Revue d’économie industrielle paru en 2011 sur le même thème (Dutraive, 2011) et partage l’ambition similaire de faire dialoguer des travaux sur les domaines souvent séparés que sont l’économie industrielle et l’économie financière et monétaire.

Les chercheurs abordent la question des liens entre la finance et l’industrie en s’intéressant au changement structurel amorcé avant la crise dans ces deux domaines et qui interroge les ressorts de la croissance en ce nouveau contexte.

 

Développement:

Dans cet article, on nous parle de la crise financière ayant eu lieu en 2007-2009. Un des faits marquants consécutifs de cette crise a été le retour à des politiques économiques actives.

  • Du côté de la finance, les autorités monétaires sont largement intervenues pour soutenir la plupart des banques mises en difficulté par la crise, pour contrevenir à la contraction du crédit, notamment par une politique de taux bas, puis en soutien aux États mis en difficulté par un accroissement de leur endettement.
  • De leur côté les entreprises ont réagi à la contraction du crédit en adaptant notamment leurs comportements de détention de liquidités.
  • Du côté de l’industrie, on assiste à un renouveau  de la politique industrielle, amorcé déjà depuis le début des années 2000 mais accéléré considérablement suite aux dégâts engendrés par la crise en ce domaine.

Pour remettre un peu les choses dans leurs contextes, les chercheurs nous parlent ici précisément des changements structurel, institutionnel, de développement, de croissance, d’innovation, des marchés financiers et de leurs croissance, et enfin des relations entre la finance et l’industrie.

Le renouveau de l’intérêt pour la politique industrielle provient de la « Nouvelle Économie du Développement » – comme elle provient sur le plan pratique des différentiels de performances économiques entre les anciennes puissances industrielles et les pays émergents industrialisés, au profit de ces derniers. Cette économie s’inscrit plus largement dans l’analyse économique institutionnelle qui comprenant soit des travaux standards du point de vue des outils ou conceptions utilisés – travaux empiriques et économétriques –, soit des approches plus socio-économiques mais qui ont cependant en commun de mettre les institutions au cœur de l’analyse du développement et de la croissance de long terme. Ces travaux ont conduit à mettre en avant le rôle des institutions dans les processus de croissance et de développement.

Les nouveaux économistes du développement font désormais référence à la théorisation du changement structurel comme cadre pour repenser la question du développement. Selon les chercheurs, l’analyse du changement structurel se différencie de l’approche de la croissance équilibrée.

Depuis la crise de 2007, une unanimité s’est dessinée en faveur de politiques plus proactives et stratégiques. Ce retour de la politique industrielle se retrouve dans les discours des leaders politiques, quelles que soient leurs orientations politiques, et dans les pays en développement comme dans les pays développés. Un grand nombre de chercheur considèrent que la politique de la concurrence seule ne peut promouvoir la croissance et que l’État stratège doit être réhabilité.

Un ensemble d’évolutions techniques, institutionnelles et dans la régulation ont conduit en effet les acteurs financiers à prendre plus de risques : les nouvelles technologies centralisent l’information et la traitent de manière automatique. Ces facteurs ont développé des incitations à prendre des risques ayant convergé dans la crise financière qui a débuté en 2007.

Une manière d’appréhender les relations entre la finance et l’industrie est de considérer l’économie comme un réseau dans lequel d’une part les firmes sont reliées entre elles par des relations de production, des relations commerciales (elles se fournissent et se vendent des biens intermédiaires) et des relations de crédit commerciales.

Le marché du crédit lui-même peut être vu comme un réseau entre les banques sur le marché interbancaire, et entre les institutions financières et les firmes ou les consommateurs. Cette organisation en réseau peut expliquer les phénomènes de diffusion des faillites en cas de défaut de paiement : les firmes peuvent mettre d’autres firmes en difficulté par leur défaut de paiement ; les banques, elles-mêmes affectées par ces défauts de paiement, réagissent en réduisant leurs prêts à d’autres firmes, les mettant à leur tour en difficulté et augmentant leur taux.

 

Résultats:

Evolution des deux approches (financière et industrielles) :

  1. D’une part les deux approches peuvent constituer le cadre conceptuel d’une même politique, les théories libérales et néolibérales développant des arguments et des conceptions distinctes de la politique de la concurrence, les politiques de soutien à l’innovation trouvant un cadre analytique à la fois dans les analyses des défaillances de marché, les théories économiques évolutionnistes et l’économie géographique.
  2. D’autre part, les théories elles-mêmes ont évoluées pour répondre aux nouveaux contextes dont elles cherchent à rendre compte.

La période actuelle peut se caractériser aussi bien dans les politiques que dans les théories par un plus grand éclectisme et pragmatisme que dans les périodes passées.

 

Conclusion:

La crise financière de 2007-2009 a bien montré à quel point ces deux « secteurs de l’économie » (la finance et l’industrie) sont interdépendants et qu’un regard croisé voire interdisciplinaire s’avère nécessaire pour analyser cette interdépendance.

Le secteur financier développé au-delà du seuil de ses effets bénéfiques théoriques pour la croissance et en partie aux dépens du secteur non financier, étant donné que la croissance elle-même repose désormais davantage sur des instruments financiers – plus profitables –que sur les processus traditionnels de production et d’échange.

 

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Politiques monétaires : banques centrales au bord de la crise financière

Jean-Luc Gaffard (2007), Politiques monétaires : banques centrales au bord de la crise financière, Revue de l’OFCE, (N° 103), pages 151 à 168 https://doi.org/10.3917/reof.103.0151

 

Mots clés : Politiques monétaires, banques centrales, crise financières

 

Dans cet article on parle principalement des politiques monétaires et d’une potentielle crise financière au sein des banques centrales. On évoque les turbulences bancaires et financière qui ont sérieusement remis en cause les schémas que les banques centrales.

 

Développement:

Dans cet article, on nous du comportement des différentes banques centrales, fac à une potentiel crise financière. En effet, les turbulences bancaires et financière qui ont sérieusement remis en cause les schémas que les banques centrales. La BCE elle de se côté, semblait pourtant bien décidée à procéder à un nouveau tour de vis. semblait pourtant bien décidée à procéder à un nouveau tour de vis. Elle a dû renoncer à la hausse des taux qu’elle avait implicitement annoncée pour septembre.

Dans des banques centrales en Angleterre par exemple, il y avait eu une forte hausse du taux de base durant la phase de resserrement monétaire. L’inflation avait en effet bien décéléré. La crainte d’une crise bancaire constitue un autre facteur de risque qui rend improbable une hausse des taux directeurs dans un avenir proche. Enfin, le risque d’une baisse des prix de l’immobilier rendra aussi les autorités monétaires prudentes.

Le contexte monétaire a été marqué pendant plusieurs mois. Les effets de base qui ont contribué à la baisse du taux d’inflation depuis septembre 2006 vont disparaître. Dans le même temps, le cours du pétrole a battu de nouveaux records et les prix des matières premières ont continuer de grimper. Les chercheurs ont analyser à cette période, que le prix du pétrole commençait a augmenter ainsi que les matières premières hors énergie.

Dans un contexte toujours marqué par l’insertion croissante des pays à bas salaires dans le commerce mondial, la mondialisation continuerait d’apporter une contribution à la désinflation. Le phénomène serait accru dans la zone euro du fait de l’appréciation de l’euro.

Selon les chercheurs, la phase de resserrement monétaire qui s’est poursuivie en 2007 et la hausse de l’euro font que les conditions monétaires au sein de la zone euro n’auront jamais été aussi restrictives depuis le lancement de la monnaie unique européenne.

La conduite de la politique monétaire s’est singulièrement compliquée au Royaume-Uni en 2007. Le gouverneur de la Banque d’Angleterre avait dû faire face en mars à une situation inédite depuis la mise en place d’une cible d’inflation et la création d’un CPM indépendant en 1997. Suite à ça l’inflation a ensuite rapidement ralenti. Un risque monte cependant inexorablement depuis le milieu des années 1990 : celui d’une bulle immobilière et de son possible éclatement. Les prix de l’immobilier ont augmenté d’environ 250 % en douze ans et sont à des niveaux historiquement élevés. Mais un risque nouveau s’est ajouté cet été : celui d’une crise bancaire.

Aux USA malgré la crise immobilière depuis le début de 2006 et le ralentissement de la croissance, la consommation des ménages restait ferme et l’inflation, sensiblement supérieure à 2 %.

Au Japon, malgré sa récente appréciation, la monnaie nippone enregistrait en août une baisse de 13 % en taux de change effectif depuis début 2005.

 

Résultats:

Les conditions monétaires resteraient restrictives d’ici la fin 2008, surtout pour leur composante externe. Le taux de change effectif réel s’apprécierait jusqu’à la mi-2008 et baisserait ensuite. La baisse des taux d’intérêt réels contribuerait à assouplir les conditions monétaires sur l’ensemble de la période.

Pour les USA au vue des hypothèses de croissance et d’inflation des chercheurs, le taux d’intérêt issu d’une règle de Taylor et qui permettrait de ramener l’inflation vers sa cible de 2 % et le PIB, vers son niveau potentiel, devrait baisser de 2 points jusqu’au début de 2008 puis se stabiliser.

 

Conclusion:

Dès que la confiance sera revenue sur les marchés financiers et que les primes de risque se seront dégonflées, la baisse du taux directeur devrait se transmettre directement aux marchés monétaires et assouplir l’accès aux crédits par les banques.

 

 

 

La crise financière : enseignements et perspectives

Olivier Klein (2015), La crise financière : enseignements et perspectives, Revue d’économie financière, (N° 117), pages 59 à 110 https://doi.org/10.3917/ecofi.117.0277

 

Mots clés : Crise financière, enseignements, perspectives

 

Dans cet article on parle des crises financières en générale, en prenant en compte la crise financière de 2007 comme exemple. Les causes de la crise financière majeure de 2007 sont identiques à celles de la quasi-totalité des crises survenues. Peut-être que ce serra la même choses avec les crises à venir après cette date là. C’est pourquoi nous analysons cet article.

On nous dit que cette crise a pour spécificité d’avoir été considérablement aggravée par un élément nouveau, une titrisation débridée. Il en est de même avec la crise financière et sanitaire que nous vivons actuellement depuis mars 2020, lié à la pandémie de la COVID.

 

Développement:

Dans cet article, on nous parle du contexte de crise financière, phénomène qui a tout à la fois facilité la montée de l’endettement et intensifié considérablement la crise de liquidité. Macro économiquement, il s’agit d’une crise de surproduction et de surendettement causée par une mondialisation mal régulée.

Après avoir parlé des causes de la crises financière de 2007-2009, on nous expose l’analyse de la crise dans la zone euro et enfin pour finir avec les enseignements et perspectives retenues avec cette “expérience”.

La dernière crise financière, dont les conséquences sont encore présentes aujourd’hui de par la croissance nulle ou ralentie que connaissent les différentes zones du monde, a été d’une violence inégalée depuis la Seconde Guerre mondiale. Pour en tirer quelques enseignements, et pour se demander si cette crise de 2007-2009 a été résolue, cet article revient montre les causes de la grande crise financière et économique de 2007-2009.

Au début des années 2000, l’offre mondiale de biens et de services s’est ainsi retrouvée supérieure à la demande, avec pour corollaire une épargne mondiale très forte et supérieure à l’investissement. De plus, les salaires réels des pays développés augmentaient très peu, voire stagnaient, car la compétition mondiale salariale sur les branches d’activités données et sur les gammes de produits concernées ne permettait pas des augmentations de pouvoir d’achat régulières. Cette stagnation a conduit à nouveau à une inflation très basse et à des taux d’intérêt très bas.

Avec le retour à la croissance à partir de 2004, les emprunteurs comme les prêteurs sont donc entrés dans une phase euphorique oubliant les règles de prudence traditionnelles, tant au niveau de l’endettement, qui a dépassé les moyennes historiques, qu’au niveau des primes de risque, qui se sont dangereusement abaissées, comme dans toute bulle de crédit.

La crise de 2007-2009 est bien une répétition de l’histoire, aggravée par un élément nouveau qu’est la titrisation. On a connu une crise immobilière peu banale aux États-Unis, en Angleterre et en Espagne notamment.

Ajoutons encore qu’une crise majeure de liquidité a vu le jour, entremêlée à la crise de l’immobilier et à la crise du crédit et de l’endettement. En 2008, en effet, survenait une crise de liquidité d’une violence inouïe. Face à l’incertitude fondamentale quant à qui détenait quoi et au contenu même des titrisations, le marché interbancaire notamment s’est totalement figé. Les banques centrales sont donc intervenus et ont donc sauvées la mise.

On pourrait penser que la crise de la zone euro est la conséquence de la crise financière mondiale précédente mais dans cet article les chercheurs ne sont pas de cet avis. Mais des arguments sont juste, par exemple l’endettement public est monté à partir de la crise de 2008-2009. Néanmoins cet accroissement des dépenses est venu s’ajouter dans certains cas à des dérives des finances publiques largement antérieures.

Sans mobilité de la main-d’œuvre, sans coordination des politiques économiques, sans transferts budgétaires et sans possibilité de dévaluation de la monnaie, le seul mode d’ajustement restant, en cas de choc asymétrique entre les pays de la zone, pour un pays en difficulté est de rechercher le moins-disant social, le moins-disant économique et le moins-disant réglementaire.

Dans cet article on en vient au cause de la crise de 2007-2009 en Europe. En effet, selon les chercheurs, la première erreur est d’avoir laissé entrer dans la zone des pays qui n’étaient ni conjoncturellement, ni structurellement convergents soit parce qu’ils avaient « arrangé » leurs statistiques et qu’on ne le savait pas, soit parce qu’ils l’avaient fait et qu’on le savait. La seconde erreur est de n’avoir pas compris qu’une zone monétaire conduisait très probablement à une polarisation industrielle.

 

Résultats:

Le désendettement des acteurs économiques, privés ou publics, prend également du temps. La conséquence en est un niveau de croissance très bas pour une durée significative, avec des taux de chômage en corrélation. Les questions portent donc sur la patience des populations quant à ces phénomènes durables.

 

Conclusion:

Une zone monétaire conduit naturellement à une polarisation industrielle, comme nous l’avons évoqué antérieurement. Si l’on ne veut pas finalement que des régions entières de la zone euro dépendent durablement des transferts des autres, il est vraisemblable qu’au-delà même des politiques structurelles à mener nationalement, une véritable politique industrielle moderne, c’est-à-dire de nature incitative, soit nécessaire au niveau supranational, pour que des pôles de compétitivité puissent se former et être entretenus dans toutes les grandes régions de la zone. Ces pôles permettraient à tous les pays de bénéficier d’industries et de services compétitifs et exportables, et assureraient une attractivité minimale des différents territoires.

 

 

Évaluation de la pandémie de Covid-19 sur l’économie mondiale

Département analyse et prévisionSous la direction d’ Éric HeyerXavier Timbeau (2020), Évaluation de la pandémie de Covid-19 sur l’économie mondiale, Revue de l’OFCE, (166), pages 59 à 110 https://doi.org/10.3917/reof.166.0059

 

Mots clés : Crise sanitaire, Mesure de confinement, Transmission internationale, Tableaux entrées-sorties, Emploi

 

Dans cet article on parle principalement de l’impact de la pandémie de la COVID. Suite à de nombreuses fermetures au vu de confinement, l’économie mondiale a subi un réel choc. Cet article nous montre un peu plus en détail l’impact sur la valeur ajoutée au niveau mondiale, qui diffère selon les secteurs les pays… L’Europe a réelmeent été touchée avec de fortes chutes de valeur ajoutée (soit 30 points).

En bref, cet article propose d’évaluer les conséquences de la crise dans les principales économies développées. Il s’appuie sur une analyse élaborée à partir des matrices input-output au niveau mondial pour évaluer l’incidence d’un mois de confinement sur le PIB et sur l’emploi des principales économies.

 

Développement:

Dans cet article, on nous parle du contexte actuel particulier lié à la pandémie de la COVID-19 et des conséquences qu’ont eu les mesures de confinement sur les économies principales.

Dans cette article, les enquêtes ont été réalisées par la Banque de France qui est st à la fois productrice et utilisatrice de statistiques. Ces enquêtes sont utilisées pour effectuer chaque mois une prévision du Produit Intérieur Brut (PIB) trimestriel de la France et pour le tableau de bord des tendances économiques régionales.

Des enquêtes conjoncturelles ont été menée sans grande satisfaction, avec un fort impact.

Les chiffres de croissance du PIB concrétisaient déjà, dans leur version provisoire, les effets économiques du confinement. La chute du PIB dépend position sectorielle de la valeur ajoutée et notamment du poids des services marchands, particulièrement touchés par le confinement. urostat souligne que des changements brusques dans la composition du PIB peuvent également affecter la qualité des estimations de déflateurs et de volume, car celles-ci sont réalisées à l’aide d’indices chaînés dont les pondérations reflètent la structure économique de l’année précédente.

Les chercheurs de l’Université de Oxford et de la Blavatnik School of Government ont construit un indicateur mesurant la rigueur des réponses gouvernementales. Cet indicateur tente de synthétiser les mesures de confinement adoptées dans 163 pays selon deux types de critères : d’une part la sévérité de la restriction pour chaque mesure répertoriée (fermeture des écoles, des entreprises, limitation des rassemblements, annulation d’événements publics, confinement à domicile, fermeture des transports publics, restriction aux voyages domestiques et internationaux) et d’autre part le caractère local ou généralisé de chaque mesure dans un pays. Au sein de l’ensemble des mesures répertoriées, certaines ont des effets directs sur l’activité, comme les fermetures, d’autres des effets plus diffus, comme par exemple la limitation des rassemblements ou les restrictions imposées aux activités événementielles.

Pour évaluer dans quelle mesure les politiques de confinement ont pu avoir un impact sur l’activité économique, les chercheurs se sont appuyés sur les indices de sévérité des fermetures (écoles et entreprises/commerces) calculés précédemment. Ces indicateurs, calculés en moyenne sur le premier trimestre, ont été rapprochés des taux de croissance du PIB sur la même période par le biais d’une corrélation.

Ici, on nous montre également que les mesures de confinement se sont bel et bien répercutées sur l’activité économique et se sont traduites par une chute de la demande – consommation et investissement – qui s’est ensuite diffusée à l’ensemble du tissu productif domestique mais également étranger.

De nombreux secteurs ont été perdants, mais certains un peu moins. En effet, dans le secteur de l’immobilier -8 % de valeur ajoutée, dans la production alimentaire de faibles baisses de la demande finale (agriculture -9% et agro-alimentaire -7%) –> des secteurs qui résistent plutôt bien. C’est la branche de l’administration publique, pour laquelle la demande est relativement insensible aux conditions conjoncturelles, qui résisterait le mieux (-3 % de valeur ajoutée).

Dans cette étude, les chercheurs ont évaluons l’incidence du choc d’activité sur la demande de travail pendant la période du confinement, avec la mise en place du télétravail et de l’activité partielle. Pendant cette période de confinement, il y a eu certainement des pertes potentielles d’emploi dans chacun des secteurs d’activité.

Le choc d’activité lié au confinement touche au premier chef les commerces et les secteurs directement frappés par les fermetures administratives, et donc un impact sur l’emploi. Plus il y a de demande de télétravail moins il y a eu de perte d’emploi.

 

Résultats:

Une fois les enquêtes de conjoncture de 2019 et 2020 réalisés, les chercheurs espéraient un redressement de l’indice de sentiment économique (USA, GB et zone UE). Les mauvaises nouvelles ont commencé à apparaître en mars avec la publication d’enquêtes témoignant d’un retournement de la perception des agents économiques. Ces enquêtes révélaient clairement la dégradation de la situation, mais celles-ci n’étaient pas suffisantes pour prendre la mesure de la chute d’activité.

Parallèlement, les données en temps réel fournissaient une vision instantanée des dynamiques en cours bien plus négative que les enquêtes. En France par exemple, la mobilisation des données sur la consommation d’électricité laissait attendre un recul de la production industrielle.

Concernant le PIB, parmi les pays industrialisés ayant publié leurs premiers comptes, les États-Unis et le Royaume-Uni paraissent moins affectés que les pays européens et, parmi les pays européens, la France, l’Italie et l’Espagne affichent les chutes du PIB les plus fortes.

Suite à l’analyse de la corrélation entre la croissance du PIB et l’indice de sévérité, on observe selon les chercheurs une corrélation négative, c’est-à-dire que plus l’indice de sévérité augmente, plus le PIB diminue. De plus, les chercheurs montrent que les mesures de confinement et de distanciation sociale mises en place à leur niveau du mois d’avril auraient un impact de -19 % sur la valeur ajoutée au niveau mondial avec la plus forte baisse sectorielle serait enregistrée par la branche de l’hébergement-restauration avec une diminution de 47 %

On nous montre également avec une analyse du choc de confinement qu’il y a eu une baisse de la consommation et de l’investissement mondiaux en points de PIB par pays.

 

 

Conclusion:

La chute brutale de l’activité et les conséquences sur le marché du travail ont conduit les gouvernements et les banques centrales à prendre des mesures de soutien afin d’amortir le choc de cette crise d’une ampleur et d’une nature inédites.

Face à une crise sanitaire sans précédent ayant nécessité des arrêts d’activité forcés pour freiner la propagation du coronavirus dans la population, les gouvernements ont mis en place des mesures urgentes de soutien afin d’éviter l’enclenchement d’une crise incontrôlée susceptible d’altérer durablement les économies (avec trois grands type de mesures: qui visent à maintenir le pouvoir d’achat des ménages malgré les arrêts d’activité ; prises à l’intention des entreprises et qui visent à préserver l’outil de production ; spécifiques au secteur de la santé).

Les mesures prises par les gouvernements ont principalement visé à maintenir l’emploi afin de permettre aux entreprises de reprendre leur activité dès la sortie du confinement et ce faisant ont soutenu le revenu des ménages.