Étude spéciale. Impact du choc de demande lié à la pandémie de la Covid-19 en avril 2020 sur l’activité économique mondiale

Magali DauvinPaul MallietRaul Sampognaro (2020), Étude spéciale. Impact du choc de demande lié à la pandémie de la Covid-19 en avril 2020 sur l’activité économique mondiale, Revue de l’OFCE, (166), pages 161 à 193 https://doi.org/10.3917/reof.166.0161

 

Mots clés : Pandémie COVID-19, Base WIOD, Choc de demande, Chaînes de valeur mondiales

 

Depuis la mi-mars 2020, de nombreux pays ont mis en place des mesures de confinement incitant les populations à limiter les interactions physiques afin d’enrayer la crise sanitaire due à la pandémie de la Covid-19. Ces dernières se sont traduites par une baisse de la demande qui s’est ensuite diffusée à l’ensemble de l’économie à travers le tissu productif.

Dans cette étude, nous étudions la transmission des mesures de confinement en vigueur en avril 2020 à l’économie mondiale en mobilisant les tableaux entrées-sorties issus de la World Input-Output Database (WIOD) publiés en 2016.

 

Développement:

Dans cet article, on parle des différentes mesures de confinement se sont répercutées sur l’activité économique et se sont traduites par une forte chute de la demande – consommation et investissement – qui s’est ensuite diffusée à l’ensemble du tissu productif domestique mais également étranger.

Les chercheurs cherchent à analyser l’impact de choc sur l’économie mondiale en partant des tableaux entrées-sorties issus de la World Input-Output Database (WIOD).

Après avoir proposé, dans un premier de parler des mesures de confinement à la baisse de la demande, dans un second temps, et on parlera de la baisse de la demande intérieure à un choc de la demande mondiale.

Le choc économique engendré par la réponse sanitaire à l’épidémie de la Covid-19 est inédit. La fermeture des commerces non essentiels et le confinement de la population provoquent des modifications massives de la demande des ménages et des entreprises et génèrent en même temps des contraintes dans l’appareil productif.

Les fortes restrictions imposées auraient généré une chute des ventes de biens industriels.

Il y a eu une réel baisse mondiale de la consommation et de l’investissement en points de PIB par pays. Celle-ci dépend du choc lié aux mesures de confinement propres à chaque pays (première ligne du tableau), du contenu en importations de la demande finale et de la part de marché du pays sur les marchés de biens finals.

La base de données WIOD permet d’avoir une représentation de l’interaction des emplois et des ressources de 44 pays, détaillée en 56 produits.

Hypothèses:

  • La structure de la demande finale est fixe
  •  Les prix des biens et des facteurs sont rigides et que les branches utilisent une proportion fixe de leur production en consommations intermédiaires

 

Résultats:

La base sur laquelle porte l’analyse/l’étude est composée de 44 pays et 56 secteurs réduits à 12 zones et 17 secteurs. L’hétérogénéité observée entre les pays, tant dans la date de mise en place que dans le contenu des mesures prises, nous amène à prendre pour référence le mois d’avril puisqu’à l’exception de la Chine il englobe la majeure partie des périodes de confinement.

Selon l’évaluation des chercheurs, les mesures de confinement et de distanciation sociale mises en place à leur niveau du mois d’avril conduiraient à une baisse de 19 % de la valeur ajoutée mondiale.

Ils observent ainsi une baisse des dépenses privées effectuées dans chacun des pays, qui se diffuse ensuite à l’ensemble du tissu productif national et mondial à travers la demande en consommations intermédiaires que les branches adressent au reste de l’économie mondiale et à travers la demande de biens étrangers finaux.

Ces résultats illustrent l’hétérogénéité des impacts du confinement mondial sur les différentes économies du globe, en fonction de leur exposition au commerce international ; ce qui conduit à avoir des pays pour lesquels l’impact sur l’activité est plus fort que le choc de demande initial tandis que pour d’autres c’est l’inverse.

 

Conclusion:

La dépendance vis-à-vis de l’étranger, à travers les exportations nettes (tourisme compris), constitue une fragilité supplémentaire face à une crise de cette ampleur. Les pays les plus impactés par les mesures de confinement prises en avril sont les pays européens. En premier lieu ceux où le confinement a été le plus strict, en particulier la France, l’Espagne et l’Italie mais également ceux pour lesquels la contribution extérieure à la baisse de l’activité est plus importante, malgré des politiques de confinement moins sévères, l’Allemagne étant particulièrement affectée par ce canal.

L’Allemagne, la Chine, le Japon et le reste du monde se distinguent par une contribution du commerce extérieure au PIB négative tandis que les autres des pays européens bénéficieraient d’une amélioration de leur balance commerciale en diffusant une partie du choc de demande national à leurs partenaires commerciaux.

En revanche, la France, l’Italie, l’Espagne et le Royaume-Uni sont quant à eux relativement moins soumis au reste du monde puisque la contribution à la baisse de leur VA est de l’ordre de 15 %, soit près de 5 points. Cela tient à leur position davantage en aval dans les chaînes de production mondiales.

En définitive, les pays les plus impactés par les mesures de confinement prises en avril sont les pays européens où le confinement a été le plus strict.

 

Références:

  • Leontief W. W., 1941, The structure of American Economy, 1919-1929, Cambridge, MA, Harvard University Press.
  • Hambÿe C., 2012, « Analyse entrées-sorties, Modèles, Multiplicateurs, Linkages », Bureau fédéral du Plan Working Paper, 12-12.
  • Gerschel E., Martinez A. et I. Méjean, 2020, « Propagation des chocs dans les chaînes de valeur internationales : le cas du coronavirus », Note IPP, n° 53, Institut des Politiques Publiques.
  • Timmer M. P., Dietzenbacher E., Los B., Stehrer R. et G. J. de Vries, 2015, « An illustrated user guide to the world input-output database : The case of global automotive production », Review of International Economics, vol. 23, n° 3, pp. 575-605.

 

Le marketing dans l’assurance : le tournant du digital

Pierre-Alain de Malleray (2017), Le marketing dans l’assurance : le tournant du digital, Revue d’économie financière, (N° 126), pages 145 à 168 https://doi.org/10.3917/ecofi.126.0145

 

Mots clés : Marketing, Assurance, Digital

 

L’industrie de l’assurance se caractérisait jusqu’ici par un marketing offensif, de masse, tourné quasi exclusivement vers la construction d’une image de marque. Cette image était destinée à inspirer confiance dans la marque et les produits, et à alimenter des réseaux de distribution traditionnels (agences ou réseaux salariés). Ce modèle est aujourd’hui remis en cause par la digitalisation croissante des canaux de distribution des assureurs. Cette dernière rend plus difficile la différenciation des offres, donc la construction de l’image de marque. Par ailleurs, elle ouvre un champ des possibles extrêmement vaste concernant le ciblage commercial, rendant obsolète le marketing de masse. Au total, elle constitue une opportunité majeure pour les acteurs qui sauront comprendre les codes du digital, tant dans la distribution des offres que dans le service rendu au client. Elle constitue tout autant une menace pour les autres.

 

Développement:

Dans cet article, sont décrit les changements à l’œuvre dans le marketing de l’assurance liés à la digitalisation du secteur. Le marketing doit être entendu, selon la définition proposée par l’American Marketing Association, comme l’activité consistant à « planifier et mettre en œuvre l’élaboration, la tarification, la communication et la distribution d’une idée, d’un produit ou d’un service en vue d’un échange mutuellement satisfaisant pour les organisations comme pour les individus ».

Le champ analysé ici est celui de l’assurance des particuliers et des professionnels, l’assurance d’entreprise étant exclue car elle implique des modalités de marketing et de distribution très différentes. Les principales lignes d’affaires considérées sont l’assurance automobile, habitation, vie et santé, qui représentent la grande majorité du marché.

Après avoir proposé, dans un premier d’aborder la marketing traditionnel, dans un second temps, et on parlera également de la digitalisation.

Toute stratégie marketing dans le secteur de l’assurance doit tenir compte de certaines caractéristiques essentielles du produit, qui ne le rendent semblable à aucun autre. L’assurance n’est pas un produit qui fait rêver, en effet, les marketeurs d’assurance n’arriveront pas à projeter le consommateur dans un univers où l’adhésion au produit est forte. L’assurance est uniquement perçue comme une obligation et il faut avouer que c’est un domaine très compliqué à comprendre et où beaucoup de personnes on l’impression de se faire avoir.

Là où les enseignes de luxe, d’habillement ou de sport invitent le consommateur à se projeter dans un univers désirable où il est en pleine forme, élégant et entouré d’objets de valeur, les assureurs n’ont d’autre choix que d’inviter leurs clients à envisager le pire, à savoir : l’accident, la maladie, la dépendance, la mort, les obsèques ou la succession.

L’acte d’achat d’assurance est étroitement associé à des moments de vie. Le consommateur recherche rarement un produit d’assurance pendant son temps libre pour améliorer ou optimiser sa couverture contre tel ou tel risque. Il s’intéresse à l’assurance le plus souvent parce qu’un événement particulier l’y a conduit : un déménagement, l’achat d’une voiture, un changement de travail, l’entrée dans la vie active, une naissance, un divorce, le passage à la retraite, etc.

Au niveau mondial, les assureurs suscitent moins de confiance de la part des consommateurs que les banques.

Pour la réalisation de leurs annonces, les acteurs ont déployé l’ensemble des techniques traditionnelles bien connues des publicitaires afin de créer, selon le terme consacré, de la « rémanence » : des slogans, des jingles, des mascottes, etc. Le but du message est souvent le suivant: les idées sont simples et renvoient toutes aux mêmes thématiques : le prix, la tranquillité d’esprit, le service client ou l’absence de but lucratif de l’assurance (pour les assureurs mutualistes).

La stratégie de l’irruption du digital dans l’assurance est difficile à quantifier et est progressivement remise en cause par la digitalisation des canaux de distribution. La part des ventes en ligne d’assurance ne peut donc être estimée que par sondage auprès de clients ou de compagnies. Ces derniers indiquent une proportion qui varie beaucoup en fonction des études, mais qui peut être estimée autour de 10 % à 15 % dans la plupart des pays industrialisés, dont la France.

La vente d’assurance aux particuliers est une transaction complexe, qui mêle plusieurs phases de recherche d’information, de demande d’avis, de conseil, de réalisation de la transaction et d’après-vente. Si la part des ventes effectuées en ligne, bien qu’incertaine, est aujourd’hui (en 2017) minoritaire (sauf au Royaume-Uni), les consommateurs ont déjà basculé majoritairement sur Internet pour la phase avant-vente de recherche d’information.

Une chose est sûre : les ventes en ligne sont en croissance. En effet, la croissance des canaux digitaux ressort de toutes les études citées précédemment. Elle peut aussi se déduire de l’examen des données concernant les requêtes sur les moteurs de recherche, en particulier Google qui détient une part de marché ultradominante en France. Il est intéressant de se pencher sur les ressorts de cette croissance. Plus généralement, l’assurance ne peut rester durablement à l’écart d’une tendance de fond qui voit la publicité digitale progressivement supplanter la publicité off line. À cet égard, 2017 représente une année historique, puisque c’est la première fois que les analystes s’attendent à ce que les dépenses marketing digitales dépassent, aux États-Unis, celles du média jusqu’ici roi : la télévision.

Cette montée en puissance des canaux digitaux a pour conséquence de placer le critère du prix au cœur du marketing et du produit. Les comparateurs qui, dans certains pays comme au Royaume-Uni, sont un mode dominant d’entrée en relation avec le client ne font qu’accentuer ce phénomène. Les offres d’assurance sont, en fonction des garanties demandées, classées par prix croissant, ce qui en fait l’élément déterminant.

Le big data a permis dans de nombreux domaines de révolutionner le marketing en rendant le ciblage commercial plus efficace, et ce grâce aux cookies. Comme pour les produits de grande consommation, les technologies du display du retargeting ou des algorithmes de recommandation permettent aux assureurs d’améliorer leurs taux de conversion. Cela est d’autant plus important en assurance que l’acte d’achat est, on l’a vu, centré sur des moments de vie qu’il s’agit de détecter.

 

Résultats:

L’étude de 2013 fondée sur des sondages auprès de consommateurs pour des produits standards (auto, habitation) réalisée par Finaccord en France, en Allemagne, en Italie, en Espagne, en Pologne et au Royaume-Uni a montré que :

  • les canaux en ligne, qu’il s’agisse des sites d’assureurs ou de comparateurs, représentaient une moyenne de 42 % des ventes en 2012 ;
  • ce dernier chiffre était de 36 % en 2008 ;
  • le Royaume-Uni détenait le record de la part de transactions en ligne (69 %) ;
  • la France détenait la part la plus faible (25 %) ;
  • la part des ventes en ligne a progressé significativement dans chacun des six pays étudiés entre 2008 et 2012.

Ces analyses ne convergent pas sur l’évaluation de la part du e-commerce dans l’assurance, du fait principalement des biais méthodologiques dans la définition de ce que recouvre la notion d’e-commerce.

 

Conclusion:

Avec le temps, la vente de produit en ligne ne fait que d’augmenter grâce aux différents canaux de digitalisation. On a pu voir dans cette article que la montée en puissance des canaux digitaux a également pour conséquence de placer le critère du prix au cœur du marketing et du produit.

 

Références:

  • Accenture (2016), « Coming to Terms with Insurance Aggregators: Global Lessons for Carriers ».
  • Bain & Company (2014), Customer Loyalty in P&C Insurance: US Edition.
  • Bain & Company (2016), Customer Behavior and Loyalty in P&C Insurance: Global Edition.
  • CapGemini et Efma (2016), World Insurance Report.
  • Clickstream/Netview Nielsen (2014), étude, janvier-mars.
  • EY (Ernst & Young) (2011), Bringing Profitability Back from the Brink of Extinction: a Report on the UK Retail Motor Market.
  • EY (2014), Global Consumer Insurance Survey.
  • Finaccord (2013), Aggregation Metrics: Consumer Approaches to Insurance Comparison Sites in Europe, février.
  • McKinsey (2014), Global Insurance Industry Insights, an In-Depth Perspective.
  • Morgan Stanley et BCG (Boston Consulting Group) (2014), « Insurance and Technology, Evolution and Revolution in a Digital World », Blue Paper, septembre.
  • Swiss Re (2014), « Digital Distribution in Insurance: a Quiet Revolution », Sigma, n° 2/2014.
  • The Content Strategist (2017), février.

 

Introduction. Entre valeurs et performances : les défis de la finance mutualiste

Michel Roux (2019), Introduction. Entre valeurs et performances : les défis de la finance mutualiste, Revue d’économie financière, (N° 134), pages 11 à 20 https://doi.org/10.3917/ecofi.134.0011

 

Mots clés : Valeurs, Performances, Finance mutualiste

 

Les entreprises du secteur financier mutualiste ont été créées au cours de la deuxième moitié du 19ème siècle pour permettre à leurs adhérents d’avoir accès à des services financiers de banque et d’assurance. La philosophie présidant à leur création était de faire primer le service rendu à leurs membres sur la rentabilité financière. En ce début de 21ème siècle, le secteur financier mutualiste compte de nombreux acteurs majeurs du système financier. Ce numéro présente un état des lieux de cette finance mutualiste, aborde les grands défis auxquels elle est confrontée et interroge sa fidélité aux valeurs proclamées.

 

Développement:

Ce numéro est divisé en quatre parties. La première présente la genèse de ce secteur et les valeurs qu’il incarne. Une seconde partie est consacrée aux différents acteurs dans la banque et l’assurance et à leurs rôles. La troisième partie analyse la gouvernance de ces acteurs, les conflits possibles entre la nécessaire efficience et le respect des valeurs. Enfin, une dernière partie trace les enjeux du futur auxquels fait face la finance mutualiste, la course à la taille, les difficultés réglementaires, la digitalisation.

La Chronique d’histoire financière traite des relations entre monnaie et protectionnisme aux Etats-Unis après la guerre de Sécession et un article « divers » analyse le rôle des eurodollars et du shadow banking dans le cadre du statut international du dollar et des mutations du système financier.

Nous allons parler ici, de l’entre valeurs et performances : les défis de la finance mutualiste.

Alors que la planète politico-économique connaît une nouvelle forme de barbarie où les rapports de force reprennent clairement le pas sur les équilibres patiemment forgés par quelques instances, notre avenir se joue face à de nouveaux acteurs (GAFA, Google, Apple, Facebook et Amazon) peu enclins à rendre compte à la société.

Un monde marqué par de multiples causes d’instabilité qui se traduisent par des changements de repères et de paradigmes. Les résistances aux changements sont nombreuses et nous sommes qu’aux premières étapes de ce que les psychosociologues appellent la courbe du changement où individus et institutions connaissent successivement des états de déni, de pertes de repères, d’impatience en attendant, parfois, la colère avant d’admettre leur utilité.

La question alors posée est: Comment souscrire aux attentes d’une révolution culturelle de la sphère financière vers une finance plus responsable?

La recherche perpétuelle de croissance et de l’accumulation des profits, longtemps considérées comme suffisantes pour donner une signification à la production, n’est plus une fin viable à long terme. Nous assistons, probablement, à la fin du mythe de la croissance éternelle dans un monde où les conséquences sociales de la transition numérique et climatique sont incertaines : nous allons devoir apprendre à élargir notre conception du progrès.

L’économie ne peut fonctionner harmonieusement dans l’instabilité financière. Elle ne peut pas non plus fonctionner sans la finance. Les péripéties de la crise qui a débuté en 2008 avec la faillite de Lehman Brothers, suivie par celle des dettes souveraines en Europe, en passant par les circuits opaques de l’évasion fiscale, ont souligné les risques.

En France, les institutions coopératives et mutualistes sont un indéniable succès économique : elles représentent près de 60 % des dépôts bancaires, assurent un véhicule sur deux, près d’une habitation sur deux, une complémentaire santé sur deux.

Alors que le modèle mutualiste est parfois remis en cause par certains, il est toujours aussi moderne et fait la preuve de son utilité dans notre société. La proximité, la solidarité, la non-obsession du profit et la démocratie sont les fondements philosophiques des mutuelles.

Les chercheurs soulignent la place occupée par le mutualisme en Europe et rappellent que les entreprises qui le constituent sont nées pour apporter des solutions de confiance, de solidarité et de large répartition du progrès à la masse des personnes impactées par les révolutions industrielles successives depuis plus d’un siècle et demi.

Le mutualisme est pourtant une forme d’organisation particulièrement adaptée à la société du xxie siècle. Face à la fragmentation sociale, à la finance de court terme et aux monopoles dominants, il oppose un modèle démocratique, fondé sur la responsabilité collective, la priorité au client-sociétaire et l’utilité sociale de long terme.

La caractérisation des attentes des clients des banques coopératives montre leur caractère multiforme où différents types de performances sont attendues : financières, commerciales, territoriales et communautaires.

De plus, la digitalisation des mutuelles apparaît comme un vecteur de renforcement dans la recherche d’une meilleure interaction sociétale avec leur partie prenante.

 

Résultats:

Sans pouvoir prétendre à être seul l’avenir de nos économies de marché, la finance mutualiste pourrait être le vecteur majeur d’une finance durable au service de l’économie réelle.

 

Conclusion:

Dans le cadre d’une interview, Pascal Demurger considère que dans le contexte actuel d’incertitudes, le modèle mutualiste a des choses à dire. Au fil des années, il a démontré sa capacité à faire primer l’intérêt collectif sur le bénéfice individuel, à privilégier la performance de long terme plutôt que le profit immédiat. Bien sûr, le statut ne suffit pas à produire de la vertu, mais les acteurs mutualistes disposent de véritables atouts pour être demain aux avant-postes des entreprises qui se démarqueront par leur capacité de concilier performance et contribution positive au mieux commun.

 

 

Les stratégies d’internationalisation en assurances

Nicolas DesombreDenis DuverneAmélie de Montchalin (2017), Les stratégies d’internationalisation en assurances, Revue d’économie financière, (N° 126), pages 51 à 64 https://doi.org/10.3917/ecofi.126.0051

 

Mots clés : Stratégies, Internationalisation, Assurances

 

Les grandes compagnies d’assurance sont confrontées à une multitude de défis qui appellent à une transformation profonde de leurs organisations, leurs ambitions et leurs modes de fonctionnement. Alors que les grands assureurs européens ont été dès le début des années 1980 les pionniers de la dynamique d’internationalisation à travers de nombreuses acquisitions transfrontalières au niveau mondial, l’évolution de leur environnement les contraint à s’interroger sur leur « raison d’être » à l’international. Les stratégies d’internationalisation depuis trente ans sont restées guidées par l’expansion géographique plus que par une convergence entre les produits vendus, réduisant ainsi les économies d’échelle potentielles. La régulation financière et les conditions de marchés, ainsi que les ruptures technologiques, poussent aujourd’hui les compagnies d’assurance à se recentrer sur des marchés stables et offrent de la visibilité économique et politique. Les exigences de rentabilité et de cohérence stratégique sont actuellement fortes et appellent à l’optimisation de la présence internationale plutôt qu’à son expansion foisonnante.

 

Développement:

Suite à la sortie de la crise de 2008, es assureurs doivent transformer leur offre de produits d’assurance vie et d’épargne prévoyance car leur capacité à fournir conjointement liquidité, sécurité et rendement a été fortement réduite dans un environnement de taux d’intérêt à long terme nuls ou négatifs. Dans le même temps, un certain nombre d’assureurs vie cherchent à se séparer de leurs portefeuilles.

Dans cet article, nous allons parler de l’internationalisation dans le secteur des assurances.

Après avoir proposé, dans un premier temps les grandes tendances d’internationalisation du secteur de l’assurance, dans un second temps, on aborde la quête de croissance profitable et durable, ensuite pour finir, on abordera les facteurs de succès à l’internationalisation des assureurs.

  1. Le premier défi est celui créé par l’environnement économique et financier, avec des marchés actions volatils, à la performance faible en moyenne depuis la sortie poussive de la crise de 2008, et surtout des taux d’intérêt nominaux à long terme historiquement bas.
  2. Le second défi est celui de la révolution numérique : big datablockchain et digitalisation. L’assurance moderne a été longtemps dépendante de données historiques, statistiques et agrégées et a désormais accès en temps réel à des données, comportementales et personnalisées, qui lui permettent de définir des nouveaux produits d’assurance et services.
  3. Le troisième défi est celui de l’évolution des comportements et des objectifs des clients et des collaborateurs face à l’assurance. Traditionnellement, les assurés demandaient à leur assureur la garantie d’une protection financière face à des chocs ou des événements tels que prévus dans le contrat initial scellant leur relation mutuelle.
  4. le quatrième défi est celui de la complexité grandissante de la réglementation assurantielle, nationale et internationale. Sur le volet financier, la mise en œuvre du nouveau cadre Solvabilité II, en janvier 2016, en Europe crée un cadre unifié de gestion économique des grands groupes d’assurance, notamment grâce à l’établissement de modèles internes.

L’internationalisation de l’assurance s’est réalisée à travers la création d’acteurs globaux « multidomestiques » plutôt que par la vente de produits d’assurances « uniformes » au niveau mondial.

La digitalisation de l’économie et les nouvelles habitudes d’achat des clients (« en ligne » plutôt que par des agents ou des courtiers), ainsi que les encouragements réglementaires européens à faire émerger un marché unique des services financiers pourraient modifier la tendance.

Dans les trente dernières années, l’internationalisation du secteur de l’assurance a été progressive, avec quelques exemples de croissance organique « green field » dans les pays émergents notamment, mais surtout tirée par des acquisitions majeures et/ou des accords de bancassurance de long terme dans les pays développés. L’internationalisation n’a donc pas été linéaire et structurelle, mais au contraire relativement opportuniste au gré notamment du rythme des ouvertures réglementaires aux investisseurs étrangers ou de cessions d’activités d’assurance par des groupes domestiques.

Entre 2000 et 2015, la part du chiffre d’affaires généré dans leur pays d’origine par les assureurs dits « systémiques » (les neuf plus grands assureurs internationaux) est passée en moyenne de 57 % à 48 %. Pendant cette période, les plus grands assureurs tels que AXA, Allianz, Generali et Aviva ont généré la majeure partie de leur croissance à l’international, leur permettant un développement plus rapide que leurs concurrents purement locaux. Progressivement, pour ces acteurs, les stratégies d’internationalisation se sont portées au-delà de leur région d’origine.

Les grands assureurs mondiaux ont dans leur ensemble relativement bien résisté aux chocs financiers induits par la crise de 2008. Après l’éclatement de la bulle financière en 2008-2009 et l’atonie de la croissance économique dans les pays matures qui continue d’en découler, les plus grands assureurs ont été tentés de poursuivre leur quête de croissance à l’international dans les pays émergents. Mais la crise de 2008 a fragilisé des stratégies reposant trop sur l’optimisation du capital au-delà de pures stratégies industrielles.

L’assurance a ainsi un potentiel de développement extrêmement dépendant de la maturité économique et financière du pays en général. Les stratégies d’internationalisation des grands assureurs occidentaux vers les marchés où l’assurance est aujourd’hui peu présente sont ainsi à voir comme un pari sur l’avenir économique du pays, une plus forte industrialisation et urbanisation accroissant les besoins en assurance dommages, et une plus grande capacité d’épargne, rendant possible une plus forte croissance de l’assurance vie, de l’assurance santé et des produits d’épargne prévoyance.

L’internationalisation des assureurs a pu dans certains cas découler de celle de leurs clients – grandes entreprises industrielles ou de services cherchant à bénéficier de la même couverture de risques, pour leurs activités et leurs employés au-delà de leurs marchés initiaux.

  1. La capacité à entrer dans un pays étranger en tant qu’assureur originaire d’un autre pays est avant tout encadrée par les règles d’ouverture au capital étranger et par l’encadrement réservé aux investissements étrangers.
  2. Le deuxième niveau de régulation, après les règles d’installation, est celui lié aux codes des assurances et la facilité à obtenir une licence pour opérer et distribuer des produits d’assurance. Dans certains pays, cette licence est octroyée par grandes lignes de métiers (dommages, vie, santé), dans d’autres, une fois la ou les licences obtenues, l’autorisation est octroyée par région ou produit par produit (actuellement la plupart des pays africains ont une supervision où la licence est octroyée produit par produit, ce qui ralentit fortement la capacité d’innovation).
  3. Le troisième niveau est celui de la stabilité du droit et des régimes politiques. Dans de nombreux pays, moins que la régulation assurantielle elle-même, un facteur clé est la stabilité du droit (le pouvoir du juge pour régler des contentieux entre un assureur et ses assurés), l’évolution de la jurisprudence (essentielle pour la responsabilité civile, le respect des activités privées (face à un partenaire d’affaire local et face à l’État lui-même) et l’égalité de traitement des acteurs étrangers face aux acteurs locaux.
  4. Le dernier niveau réglementaire est celui des régulations adjacentes et qui permettent à l’assureur de se développer, d’innover et de distribuer ses produits, tout en maintenant un niveau de pratique commerciale adaptée à ses pratiques et ses normes internes.

 

Conclusion:

L’internationalisation n’est plus une fin en soi pour de nombreux grands assureurs, elle reste pour beaucoup d’entre eux indispensable à leur positionnement concurrentiel pour maintenir une taille critique et des économies d’échelle face à la pression réglementaire et la transformation radicale du secteur poussée par la digitalisation.

Les plus grands groupes internationaux ont pratiquement tous annoncé des politiques de « recentrage » stratégique sur un nombre plus limité de pays afin d’être plus à même de réinvestir leur capital uniquement sur les marchés qui peuvent apporter une contribution substantielle à une croissance profitable pérenne, dans la lignée des modèles opérationnels « multidomestiques » actuellement prépondérants.

Dans ce contexte global compétitif, les assureurs internationalisés vont donc devoir continuer à innover, pour atteindre un nombre plus grand de clients, et mieux protéger des risques nouveaux ou des biens actuellement non assurés dans un certain nombre de pays émergents – facteurs structurels de nature à entretenir encore longtemps la dynamique de croissance et d’internationalisation du secteur de l’assurance.

Panorama de l’industrie française de l’assurance

José Bardaji (2017), Panorama de l’industrie française de l’assurance, Revue d’économie financière, (N° 126), pages 19 à 40 https://doi.org/10.3917/ecofi.126.0019

 

Mots clés : Industrie, Panorama, Industrie française, Assurance

 

L’assurance en France collecte plus de 200 Md€ de cotisations chaque année et dispose d’un portefeuille de placements de près de 2 300Md€, soit 103% du PIB. Ces différentes statistiques reflètent le poids économique et social particulièrement élevé de cette industrie, tant elle accompagne tous les Français, particuliers ou entreprises, à tous les stades de la vie ou de leur développement. En effet, l’assurance protège les Français et leurs biens (voiture, habitation, etc.) contre des risques de toutes natures. Elle protège aussi l’activité et les biens des entreprises, de plus en plus des conséquences d’une attaque informatique. En raison du succès de l’assurance vie, elle finance massivement l’économie, notamment, les entreprises (59 %), mais aussi les États (33 %) ; ces investissements prennent la forme d’obligations (71 %), mais aussi d’actions (17 %). Enfin, l’assurance française s’internationalise lentement avec un chiffre d’affaires réalisé à l’étranger en légère hausse, tout comme celui réalisé par des assureurs étrangers en France, signe d’une certaine maturité du marché français de l’assurance.

 

 

Développement:

Dans cet article, nous allons parler de l’assurance sous différents aspects (industrie, au service de la protection, mais également de l’épargne et du financement de l’économie, l’assurance française dans le monde et dans notre quotidien).

L’assurance française représente ainsi 209 Md€ de cotisations perçues , dont près de deux tiers au titre de l’assurance vie, et du tiers restant au titre de l’assurance non-vie qui regroupe les assurances de biens et de responsabilité et les assurances de dommages corporels (maladie et prévoyance). Cette séparation entre assurance vie et non-vie est usuelle, mais pas forcément partagée par l’ensemble des acteurs de la profession, ni par l’ensemble des pays. Parfois on préfère distinguer les assurances de personnes (vie et dommages corporels) des assurances de dommages.

Les assurances de biens et de responsabilité ont collecté un peu plus de 53 Md€ de cotisations en 2016, dont près des deux-tiers portent sur des assurances de particuliers (automobile, habitation, etc.) et le tiers restant sur des assurances de professionnels (biens professionnels, responsabilité civile générale, construction…).

  • L’assurance automobile:

C’est la branche non-vie la plus importante. Avec un peu plus de 20 Md€ de cotisations en 2016, elle représente près de 40 % des cotisations totales en assurances dommages. Le montant des cotisations évolue régulièrement (18 Md€ en 2007). La prime moyenne globale d’une assurance voiture s’établit à 400 euros HT (en France, un total de 52 millions de véhicules étaient assurés en 2016). Les sociétés avec intermédiaires, qui correspondent souvent aux sociétés d’assurance anonymes, sont les plus implantées sur ce marché avec une part de marché de 41,4 %, devant les mutuelles sans intermédiaires (34,0 %). La bancassurance arrive en 3e position (12,9 %), mais connaît une nette progression depuis plusieurs années. L’assurance automobile reste un produit d’appel. À l’avenir, l’assurance automobile reste sujette à des mutations d’envergure. Les dispositifs d’aide à la conduite et, demain, la voiture autonome laissent attendre une baisse sensible de la sinistralité et, en corollaire, des cotisations. Pour la principale branche de l’assurance dommages, cette évolution invite la profession à accompagner la mutation de l’industrie automobile de demain.

  • L’assurance habitation:

On parle de multirisque habitation, elle garanti garantit l’assuré contre des événements qui pourraient l’affecter comme l’incendie, le vol, le dégât des eaux, les tempêtes et les catastrophes naturelles, ainsi que la responsabilité du chef de famille contre les dommages qui pourraient être causés à autrui. C’est la deuxième branche non-vie la plus importante par le poids qu’elle représente en termes de cotisations, après l’automobile. Avec près de 10 Md€ en 2016, elle représente environ 20 % des cotisations totales en assurances de biens et de responsabilité. En 2015, on dénombrait en France 39,7 millions de contrats d’assurance habitation. Contrairement à l’assurance automobile, cette assurance n’est pas toujours obligatoire. Elle l’est uniquement pour les locataires et les propriétaires, si le logement est situé dans une copropriété. Dans une moindre mesure qu’en automobile, l’assurance habitation est aussi un produit d’appel pour les sociétés d’assurance.

  • L’assurance dommages aux bien professionnels:

Elle vise à protéger les biens des entreprises comme l’assurance contre l’incendie et l’assurance « pertes d’exploitation » qui s’applique lorsqu’il y a une interruption d’activité liée à une catastrophe naturelle (tempête, inondation, etc.). Les assurances de dommages aux biens des professionnels recouvrent différentes assurances : les multirisques pour les artisans, les commerçants et les professions de services, les assurances de risques industriels, les dommages aux biens agricoles et autres dommages aux biens professionnels. Avec un chiffre d’affaires de 7,6 Md€, l’activité de cette branche est particulièrement le reflet de l’environnement économique. Ainsi, depuis la grande récession de 2008-2009, le dynamisme de ce marché est faible et la capacité des entreprises à étendre le champ de leurs garanties est limitée du fait d’une activité économique atone.

  • L’assurance de protection sociale: 

C’est un complément des régimes obligatoires dans le financement de compléments de retraite, le remboursement de frais de soins, le versement d’indemnités en cas d’arrêt de travail, d’invalidité ou de dépendance et le paiement d’un capital ou d’une rente en cas de décès. Une partie de ces contrats est spécifiquement destinée à se constituer un revenu de remplacement au moment de la survenance du risque. Les prestations sociales s’établissent à près de 700 Md€. Ce montant comprend les prestations versées au titre de la vieillesse-survie (45 %), de la santé (35 %), de la maternité-famille (8 %), de l’emploi (6 %) et des autres risques (6 %). Les organismes d’assurance ont collecté 66 Md€ et versé 46 Md€ de prestations au titre des risques sociaux ce qui représente l’équivalent de 7 % des prestations sociales. En santé, les dépenses (consommation de soins et de biens médicaux) s’élèvent à 194,6 Md€ en 2015.

 

Les assurances d’épargne sont basées sur l’espérance de vie de l’assuré. Le contrat prévoit, en échange de cotisations, le versement d’un capital ou d’une rente soit si l’assuré est en vie à une date donnée (contrat en cas de vie), soit s’il décède (contrat en cas de décès). L’épargne constituée peut indifféremment être utilisée en vue d’un projet immobilier, pour préparer la retraite, transmettre à son conjoint ou à ses héritiers un capital. Pour toutes ces raisons, on évoque souvent la dimension « couteau suisse » de l’assurance vie.

  • L’assurance vie

Elle est principalement composée de deux types de supports, en euros et en unités de compte. Les premiers offrent une liquidité à tout instant et la garantie en capital. Les seconds offrent une espérance de rendement supérieur au prix d’une absence de garantie du capital. En raison de son succès, l’assurance vie occupe une place première dans le patrimoine des Français. À la fin de 2016, ce patrimoine est estimé à près de 12 000 Md€, soit 5,4 fois la richesse nationale. Il est composé de 60 % d’actifs non financiers (immobilier, terrains bâtis, or, objets de valeur, etc.) et de 40 % d’actifs financiers. Dans ce total, la part de l’assurance s’élève à 16 %. Au sein de l’épargne financière, l’assurance vie maintient sa première place en 2016.

 

L’assurance joue un rôle primordial dans le financement de l’économie. À la fin de 2016, les placements des sociétés d’assurance représentent ainsi 2 350 Md€, soit un peu plus d’une année de richesse créée en France. En raison du poids de l’assurance vie, les sociétés d’assurance vie et mixtes détiennent 91 % des placements totaux. Ces placements ont bien progressés. Cette progression provient principalement de la collecte nette en assurance vie conjuguée au rendement des actifs en portefeuille. Les placements auprès des entreprises représentent ainsi en 2016 1 384 Md€, soit 59 % des investissements totaux des sociétés d’assurances.

Le marché de l’assurance en France est le cinquième au monde, derrière les marchés américain, japonais, chinois et britannique et il offre des perspectives de développement pour les entreprises étrangères. Cette stabilité peut témoigner de la maturité du marché français. Les perspectives de croissance y sont mesurées et incertaines, car le marché est concurrentiel et présente une réglementation complexe et une fiscalité mouvante.

L’activité des entreprises étrangères en France présente deux caractéristiques. Ce sont essentiellement des assureurs européens qui officient via des filiales. Plus de 90 % des primes des entreprises étrangères réalisées sur le marché français sont le fait d’entreprises allemandes, italiennes, britanniques et suisses. Le développement des assureurs français à l’étranger est don très fort.

 

 

Résultats:

La profession de l’assurance, à l’image du secteur financier dans son ensemble, fait face à plusieurs défis dont trois sont particulièrement d’actualité :

  1. le premier est économique avec cet environnement de taux durablement bas qui met à mal le modèle de l’assurance vie et non-vie. L’expérience japonaise, qui évolue dans cet environnement depuis plusieurs années déjà, est là pour témoigner aussi bien de la difficulté que de la capacité de notre industrie à s’y adapter ;
  2. le deuxième est réglementaire avec l’avalanche de textes nationaux, régionaux et internationaux, notamment au lendemain de la grande récession de 2008-2009. Ces textes ambitionnent tous de protéger la profession et le consommateur, mais parfois ils pâtissent d’une coordination minimale entre les autorités et d’une prudence excessive, au risque de pénaliser le level playing field et le financement de l’économie respectivement ;
  3. le troisième est technologique avec la révolution numérique qui apporte déjà des transformations majeures à tous les niveaux : la vente, le marketing, la conception des produits, la tarification, la souscription et la gestion des sinistres. Cette destruction créatrice n’est pas en soi nouvelle. La rapidité avec laquelle elle se diffuse l’est davantage. Elle oblige à repenser notre activité et ouvre des perspectives des plus réjouissantes.

 

 

Conclusion:

Le panorama dressé dans cet article affirme la place de l’assurance dans le quotidien des Français, particuliers ou professionnels, parfois de manière discrète quand il s’agit de financer l’économie. Pour notre habitation, elle intervient en amont pour constituer une épargne à l’aide d’une assurance vie, en amont encore pour compléter le financement qui nécessite une assurance emprunteur permettant de solliciter un prêt bancaire, pendant la construction en assurant la maîtrise d’œuvre et d’ouvrage, en aval enfin pour s’assurer des dégâts causés par les intempéries, les éventuels vols et autres sinistres de la vie quotidienne.

 

 

Références:

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L’impact d’un changement organisationnel sur les salariés et les clients

Sabine ReydetLaurence Carsana (2020), L’impact d’un changement organisationnel sur les salariés et les clients, Revue française de gestion, (N° 288), pages 61 à 82 https://www-cairn-info.devinci.idm.oclc.org/revue-francaise-de-gestion-2020-3-page-61.htm?contenu=article

https://www-cairn-info.devinci.idm.oclc.org/revue-francaise-de-gestion-2020-3-page-61.htm?contenu=article

 

Mots clés : Changement organisationnel, Salariés, Clients, Milieu bancaire

 

Aujourd’hui en France, comme partout en Europe, l’environnement bancaire français est en pleine mutation. Dans la zone euro, le nombre de points de vente est passé de 176 000 à 156 000 entre 2011 et 2015, soit une baisse de plus de 11 %. Un phénomène que l’on retrouve dans l’ensemble des pays, sauf en France, où la diminution n’est que de 2,2 % sur cette même période. Cela risque de ne pas durer, car les tendances comportementales sont sans appel : les clients fréquentent de moins en moins les agences bancaires et réalisent une bonne partie des opérations courantes via les outils digitaux.

Dans cet article, on étudie un changement organisationnel bancaire avec un double apport. Le premier réside dans l’approche longitudinale du processus de diffusion. Le second concerne la mesure de ses impacts sur les salariés (tensions de rôles) et les clients (qualité de la relation).

 

Développement:

Dans cette étude, les chercheurs étudient les chaînes de contrôle des banques européennes et en nous interrogeant tout particulièrement sur le rôle joué par les actionnaires ultimes lorsque ceux-ci possèdent davantage de droits de contrôle que de droits pécuniaires.

Après avoir proposé, dans un premier temps de parler du changement organisationnel ainsi que des tensions du rôle, dans un second temps, on aborde l’étude qualitative, ensuite on nous parle des conséquences du changement en externe, puis pour finir, on aborde les contributions, limites et voies de recherche.

Au vue de nouveau concurrent et que le développement des banques en ligne s’accélère, une question centrale se pose pour les banques traditionnels : Faut-il fermer des agences pour pérenniser le modèle économique ou faut-il repenser son rôle dans l’organisation commerciale ? Certaines ont fait le choix de fermer, d’autres repensent leur modèle organisationnel.

Les chercheurs essaient de comprendre l’émergence éventuelle de tensions de rôles chez les collaborateurs et font le lien avec la littérature sur les tensions de rôles, qui peuvent s’exprimer sous forme de conflits de rôles, d’ambiguïtés de rôles et de surcharge de travail. Le premier intérêt de cette recherche est d’identifier les tensions de rôles émergentes durant les différentes phases de diffusion du changement et les moyens pour les réduire. Le second intérêt de cette recherche sera de prolonger l’exploration des conséquences d’un changement organisationnel en externe. Cette recherche mesurera l’impact d’un tel changement sur la confiance perçue du client, sa satisfaction ou encore son comportement comme le suggère la littérature en marketing relationnel (Morgan et Hunt, 1994).

Dans cette article les chercheurs tentent de répondre à la problématique suivante: comment diffuser et faire accepter un changement organisationnel en interne (en réduisant notamment les tensions de rôles émergentes) et mesurer l’impact de ce changement sur la relation client ?

La banque de détail en France est un secteur « de plus en plus complexe et imprévisible… et en proie à des mutations fréquentes » (Errotabehere, 2018, p. 45). Globalement, les réflexions menées au sein des principales banques de détail se focalisent sur deux volets.

  1. Le premier concerne l’évolution du métier de conseiller.
  2. Le second volet concerne la place à donner aux outils digitaux. Ils sont omniprésents et obligent les banques à revoir leurs services et la manière de les proposer aux clients.

Les processus de changement organisationnel relèvent de différentes approches dans l’entreprise. Chaque approche présente des informations nécessaires pour appréhender les situations complexes traversées par les organisations. Selon les chercheurs, l’approche temporelle tient compte de l’histoire de l’organisation, l’approche contingente intègre les contraintes environnementales comme une concurrence forte et/ou les développements technologiques. L’approche interprétativiste aide à donner un sens commun au changement, tout en prenant en compte les intérêts de chaque acteur (approche politique). Enfin, l’approche de la planification aide à séquencer le changement pour mieux le diffuser.

Le changement se propage selon différentes phases. Ces différentes phases doivent permettre l’installation du changement et son acceptation en interne, notamment par les collaborateurs. Dans la phase de lancement, une personne, voire un petit groupe de travail à l’initiative du changement, présente aux collègues le projet, et montre qu’il est nécessaire et constructif.

Dans le domaine bancaire, l’obtention d’une relation client optimale nécessite aussi d’avoir un management à l’écoute des collaborateurs. Dans un contexte de changement organisationnel et en présence de tensions de rôles, cette relation client optimale peut être plus difficile à obtenir même si le nouveau modèle organisationnel étudié valorise l’expertise du collaborateur et devrait proposer une véritable valeur ajoutée au client.

Plusieurs hypothèses sont soulignées par les chercheurs :

  • Hypothèse 1. Le changement organisationnel aura un effet positif sur la dimension de crédibilité du conseiller.
  • Hypothèse 2. La crédibilité du conseiller et la satisfaction sont deux médiateurs de la relation entre le changement organisationnel et le bouche-à-oreille.
  • Hypothèse 3. La crédibilité du conseiller ainsi que la satisfaction sont deux médiateurs de la relation entre le changement organisationnel et l’intention de comportement.

 

 

Résultats:

La banque étudiée a mis en place un changement majeur. Elle a choisi de réagir face à des évolutions contextuelles majeures que sont l’accentuation de la pression concurrentielle (apparition de nouveaux concurrents) et le développement des outils digitaux (consommateurs plus connectés). Nous sommes dans le cas d’un changement de niveau managérial (nouvelle relation commerciale) et opératoire (intégration forte des outils digitaux dans la proposition commerciale).

On observe qu’un effet indirect positif du changement organisationnel sur l’intention de comportement via la crédibilité et la satisfaction existe qui indique que la nouvelle organisation commerciale permet aux clients de trouver leurs conseillers plus experts, ils sont satisfaits de la relation client, ce qui leur donne envie de revenir plus souvent en agence.

Les résultats des études menées mettent en avant d’une part, la nécessité d’un travail institutionnel pour finaliser le changement. D’autre part, la modification des rôles des conseillers entraîne une meilleure satisfaction, crédibilité perçue et intention de visite en agence des clients..

 

 

Conclusion:

Cette recherche avait pour objectif d’étudier le processus de diffusion d’un changement organisationnel au niveau managérial et opératoire, proposé par une grande banque mutualiste française. Les apports de ce travail résident avant tout dans le double regard sur le ressenti de salariés (apparition des tensions de rôles) ET des clients (en termes de qualité de la relation) concernés par ce changement. L’approche longitudinale de cette étude présente un intérêt certain pour comprendre en profondeur l’émergence et la durée des différentes tensions de rôles. L’étude qualitative a montré l’importance d’un travail d’information et d’accompagnement de tous les acteurs pour mener le changement à son terme.

Bien que certaines tensions de rôles subsistent en interne, d’un point de vue externe, nos résultats montrent que les clients adhèrent au modèle organisationnel proposé.

 

Ouverture:

Il serait intéressant de voir si finalement, le changement organisationnel ne serait pas devenu la norme dans un secteur financier soumis à des bouleversements récurrents, tant technologiques, économiques qu’humains.

 

Références:

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Droits de contrôle versus droits pécuniaires, crise financière et vulnérabilité des banques européennes

Nadia Saghi-ZedekAmine Tarazi (2015), Droits de contrôle versus droits pécuniaires, crise financière et vulnérabilité des banques européennes, Revue économique, (Vol. 66), pages 527 à 535 https://doi.org/10.3917/reco.663.0527

Mots clés : Droits, contrôle, pécuniaires, crise financière, banques

 

Durant la crise financière de 2007-2008, plusieurs banques ont connu des performances désastreuses et suite à ça, certaines ont fait faillite et d’autres ont nécessité une intervention des États pour les recapitaliser ou pour les nationaliser.

Dans cet article, on étudie l’impact d’une divergence entre droits de contrôle et droits pécuniaires des actionnaires ultimes sur le risque de défaut des banques européennes.

 

Développement:

Dans cette étude, les chercheurs étudient les chaînes de contrôle des banques européennes et en nous interrogeant tout particulièrement sur le rôle joué par les actionnaires ultimes lorsque ceux-ci possèdent davantage de droits de contrôle que de droits pécuniaires.

Après avoir proposé, dans un premier temps d’exposer l’échantillon ainsi que le modèle, dans un second temps, on aborde les résultats empiriques.

L’échantillon comprend 750 banques commerciales européennes dont 109 sont des banques cotées de 2002 à 2010. Les chercheurs extraient des données comptables ainsi que des données sur la structure actionnariale. Ils ont alors constitué un modèle pour tester l’effet de la divergence entre droits de contrôle et droits pécuniaires d’un actionnaire ultime sur le risque de défaut des banques pendant les périodes de stabilité (2002-2006), de crise (2007-2008) et de convalescence (2009-2010). Dans ce modèle, la variable a expliquée qui mesure le risque de défaut des banques sont deux variables indicatrices qui sont égales à l’unité si l’observation est de 2007-2008 ou de 2009-2010 respectivement, et zéro autrement. Ils ont alors mesuré le risque de défaut des banques par des indicateurs basés sur des données comptables et sur des données de marché. ainsi que mesurer le risque de défaut par la distance à la faillite de la banque (DD) calculée à partir des modèles d’autres chercheurs (Black et Scholes [1973] et Merton [1977]). A noter que des valeurs faibles de toutes ces mesures indiquent un risque de défaut élevé.

Tout d’abord, les chercheurs examinent l’effet de la divergence entre droits de contrôle et droits pécuniaires d’un actionnaire ultime sur le risque de défaut des banques pendant les périodes de stabilité, de crise et de convalescence. Ensuite, ils examinent l’influence de certains facteurs sur la relation entre cette divergence et le risque de défaut des banques.

 

Résultats:

Les résultats montrent que, bien que cette divergence soit associée en temps normal à un risque de défaut plus élevé, c’est-à-dire que la divergence entre droits de contrôle et droits pécuniaires d’un actionnaire ultime augmente le risque de défaut des banques en temps normal. Elle a, a contrario, contribué à la résilience des banques pendant la crise financière de 2007-2008. Une analyse plus approfondie montre qu’un tel effet est accentué lorsque la banque est contrôlée par un actionnariat de type familial ou lorsque la banque est située dans un pays à faible protection des actionnaires.

Les études antérieures montrent que l’enracinement de l’actionnariat de contrôle s’accentue lorsqu’il est de type familial ou lorsqu’il contrôle une banque située dans un pays à faible protection des actionnaires minoritaire.

Dans cette étude, les résultats montrent également que l’effet de la divergence entre droits de contrôle et droits pécuniaires sur le risque de défaut est accentué lorsque l’actionnaire ultime est une famille ou lorsque la banque est située dans un pays à faible protection des actionnaires et ce quelle que soit la période considérée.

 

Conclusion:

L’objectif de cet article est d’étudier l’effet de la divergence entre les droits de contrôle et les droits pécuniaires d’un actionnaire ultime sur le risque de défaut des banques en temps normal et en période de crise. Globalement, les résultats montrent que, bien que la divergence entre droits de contrôle et droits pécuniaires d’un actionnaire ultime soit associée à un risque de défaut plus élevé des banques pendant les périodes de stabilité et de convalescence, une telle divergence a au contraire contribué à une meilleure résilience pendant la crise financière de 2007-2008.

 

Références:

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Regard sur la recherche en économie du logement via le prisme du Journal of Housing Economics

Jérôme HubertRasha Daoud (2017), Regard sur la recherche en économie du logement via le prisme du Journal of Housing Economics, Revue d’Économie Régionale et Urbaine, pages 141 à 168 https://doi.org/10.3917/reru.171.0141

 

Mots clés : Bibliométrie, Contraintes de crédit, Méthode hédonique, Logement, Macro-économie, Journal of Housing Economics

 

L‘analyse économique des questions de logement a depuis longtemps attiré l’attention des économistes du monde entier. L’existence d’un nombre important de revues internationales spécialisées dans le domaine en atteste. Cependant, le logement est trop peu abordé dans les analyses macro-économiques, alors que la sphère immobilière représente un rouage important du fonctionnement économique d’un pays.

Dans cet article, on nous parle du secteur du logement qui a fait beaucoup parler de lui à la suite de la crise financière 2007-2009.

 

Développement:

Dans cet artcile, revue de la littérature a été effectuée sur une période de dix ans allant de 2003 à 2012, via le prisme du Journal of Housing Economics qui est la seule revue à s’être centrée exclusivement sur ce thème du logement.

Après avoir proposé, dans un premier temps d’exposer la méthodologie, dans un second temps, on évoquons l’analyse bibliométrique et pour finir on aborde l’analyse bibliographique.

Les chercheurs ont constitués trois bases de données, chacune contenant des informations spécifiques relatives à l’ensemble des 212 articles publiés par le Journal of Housing Economics (JHE)

  1. La première base est dédiée aux articles eux-mêmes et contient les données suivantes : titre de l’article, année de publication, auteur(s), mots-clés
  2. Dans la deuxième base de données, nous enregistrons le même type d’information pour les références « amont » (travaux qui ont été cités au sein des articles publiés dans le JHE sur la période 2003-2012.)
  3. Dans la troisième base de données, nous recommençons le même travail pour les références « aval » (travaux publiés dans des revues académiques qui ont répertorié dans leur bibliographie au moins l’un des 212 articles publiés dans le Jhe sur la période 2003-2012)

Avec ces bases de données, les chercheurs ont effectués des analyses statistiques pour l’identification d’un certain nombre d’auteurs, d’axes de recherche et d’articles majeurs ainsi que les connexions qui existent entre le Jhe et les autres revues académiques, qu’elles soient spécialisées en économie du logement ou dans d’autres domaines.

Deux méthodologies sont mises en place: Méthodologie des graphiques « force-directed » (identification des grands axes de recherche traités grace à une matrice de co-fréquence); méthode de constitution de la base des articles les plus influents (permet l’analyse plus en profondeur à travers une étude bibliographique).

Les auteurs sont presque tous Américains et se sont majoritairement basés sur des références relativement récentes, datant en moyenne de douze ans. La recherche en économie du logement se renouvelle donc de manière régulière. Les dix revues les plus utilisées ont comme domaines de prédilection l’économie géographique et urbaine, l’économie foncière et immobilière et l’économie en général.

  • L’analyse bibliographique porte notamment sur le prix, l’offre et la demande (soit pour être plus général, sur l’économie) du logement. Le prix d’équilibre d’un logement se construit à l’aide de caractéristiques environnementales et intrinsèques (nombre de pièces, surface, présence d’une terrasse…) ainsi que les caractéristiques socio-économiques des ménages.
  • L’offre end à partir de l’hypothèse que l’augmentation du prix des logements est principalement due à un manque de réponse de l’offre de logement occasionnée par une faible élasticité.
  • La demande des ménages dépend également des conditions d’achat de leur bien.

 

Conclusion:

On retient que le relevé des auteurs qui ont le plus publié ou été cités dans la revue nous amène à penser que la revue est principalement animée par la recherche anglo-saxonne. De plus, on comprend mieux la manière dont se situent les différentes revues reliées au JHE. Enfin, nous avons pu voir les grands travaux qui influencent la recherche actuelle ainsi que les dernières avancées théoriques et empiriques.

 

Ouverture:

L’hypothèse de constance des élasticités de l’offre et de la demande de crédit est une limite dans cette analyse, tant l’environnement économique et financier a évolué ces vingt dernières années.

 

Références:

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Les tensions sur le marché du crédit de trésorerie en France dans une perspective historique

Kheira BenhamiMarie BessecGuillaume Gilquin (2017), Les tensions sur le marché du crédit de trésorerie en France dans une perspective historique, Économie et prévision, (N° 210), pages 95 à 111 https://doi.org/10.3917/ecop.210.0095

 

Mots clés : Rationnement du crédit, Modèle de déséquilibre, Financement des entreprises

 

Dans cet article, on analyse les tensions sur le marché du crédit de trésorerie des entreprises en France de 1994 à 2013. Le but est de distinguer ce qui relève d’une baisse de la demande de crédit liée au ralentissement de l’activité ou d’une restriction de l’offre bancaire due à la diminution des crédits octroyés.

Dans une situation où le volume de crédits aux entreprises diminue fortement et/ou durablement, la question suivante se pose : cette baisse relève-t-elle d’un recul de la demande de crédit liée au ralentissement de l’activité des entreprises ou d’une restriction de l’offre de financement par les banques ?

 

Développement:

Suite à l’intensification de la crise financière en 2009, un enjeu politique important fait l’objet d’une attention particulière dès lors qu’une baisse des crédits octroyés est constatée.

Après avoir proposé, dans un premier temps d’exposer la littérature économique sur le rationnement du crédit, dans un second temps, on nous parle du modèle de déséquilibre, des résultats d’estimation et pour finir on aborde la mise en perspective des résultats.

On parle de rationnement du crédit lorsque la demande de crédit se retrouve durablement supérieure à l’offre. Lorsque cette situation est très prononcée, elle peut générer un « credit crunch » ou effondrement du crédit, c’est-à-dire une baisse significative du niveau de crédit dans l’économie.

Lorsqu’une banque augmente son taux d’intérêt elle augmente sa marge unitaire, cette hausse se traduit également par une dégradation du profil de risque des nouveaux emprunteurs et donc de la qualité moyenne de son portefeuille de prêts. Mais une augmentation du taux d’intérêt pratiqué par une banque n’augmente pas toujours son profit.

Les banques ne sont pas en mesure d’évaluer précisément les risques des projets présentés par les demandeurs de crédit. Afin de maximiser leurs profits, elles vont préférer fixer une borne supérieure au taux d’intérêt et rationner quantitativement le crédit en ne répondant pas à la demande de certains emprunteurs, alors même que ces derniers seraient prêts à payer un taux d’intérêt supérieur et qu’une partie d’entre eux présente des projets risqués mais rentables.

Il apparaît que l’offre de crédit des banques augmente avec la marge bancaire, les encours de dépôts et livrets et diminue avec les créances douteuses et la volatilité des marchés financiers. La demande de crédit des entreprises est liée positivement à l’activité passée et aux stocks ; elle diminue avec le niveau de trésorerie des entreprises et les encours obligataires sur la période 2009-2013, preuve que le financement obligataire s’est substitué au crédit sur la période pour les entreprises.

la demande de crédit des entreprises est liée positivement à l’activité passée et aux stocks ; elle diminue avec le niveau de trésorerie des entreprises et les encours obligataires sur la période 2009-2013, preuve que le financement obligataire s’est substitué au crédit sur la période pour les entreprises.

 

Résultats:

Les résultats obtenus dans cette étude concordent partiellement avec les études et enquêtes disponibles sur la France.

S’il existe des enquêtes qualitatives dans ce domaine, menées notamment par la Banque de France, il est très difficile d’aborder cette question du point de vue quantitatif, le crédit octroyé étant la seule variable observable. Dans cette étude, les chercheurs visent donc à apporter un éclairage quantitatif à cette question en estimant sur les vingt dernières années, dans une approche macroéconomique, le niveau et les déterminants de la demande et de l’offre de crédit de trésorerie aux entreprises en France.

Les résultats issus d’un modèle macro-économétrique suggèrent que les tensions sur le marché du crédit se manifestent en sortie de récession (en 1994-1995 et en 2009-2010), pouvant alors freiner la reprise économique. Les chercheurs estiment alors une offre et une demande de crédit en supposant que le montant de crédit effectivement octroyé correspond à la plus petite des deux quantités offertes et demandées à tout instant.

La demande de crédit de trésorerie serait principalement influencée par l’activité des entreprises et leur niveau de trésorerie et, depuis 2009, par le recours aux émissions obligataires. L’évolution de l’offre dépendrait principalement des créances douteuses.

 

Conclusion:

L’aggravation brutale de la crise financière en septembre 2008 et la baisse du financement bancaire des entreprises a fait craindre une situation d’insuffisance de l’offre de crédit des banques et donc un éventuel épisode de rationnement du crédit aux entreprises en France. Dans cet article, on distinguer ce qui, dans la diminution des crédits octroyés, relève d’une simple baisse de la demande de crédit des entreprises liée au ralentissement de l’activité ou d’un rationnement de l’offre de crédit.

Il faut garder à l’esprit les fragilités du modèle des chercheurs tant au niveau de la robustesse des estimations que de l’interprétation des résultats.

 

Ouverture:

L’hypothèse de constance des élasticités de l’offre et de la demande de crédit est une limite dans cette analyse, tant l’environnement économique et financier a évolué ces vingt dernières années.

 

Références:

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Les comportements de détention de liquidités dans les sociétés non financières du G7 ont-ils évolué depuis la crise ?

Sylvain Broyer, Emmanuel Schneider et Cyril Verluise (2016), Les comportements de détention de liquidités dans les sociétés non financières du G7 ont-ils évolué depuis la crise ?, Revue d’économie industrielle, pages 97 à 123 https://doi.org/10.4000/rei.6340

 

Mots clés : Entreprises internationales, Cycles économiques internationaux, Crises financières, Finance d’entreprise

 

Dans cet article on parle principalement es des entreprises (telles que : Apple, Microsoft, Google, Verzion et Pfizer au USA) qui ont accumulé des niveaux de cash sans précédent depuis la crise financière 2007-2009.

Les chercheurs observent ici l’évolution de la détention de liquidités par les entreprises du G7 et réalisons un test économétrique afin d’identifier si la crise financière a amené un changement de régime dans la détention de liquidités.

 

Développement:

Dans cet article, on nous parle des évolutions de liquidités dans les sociétés non financières du G7 depuis crise financière ayant eu lieu en 2007-2009.

Après avoir proposé, dans un premier temps exposer les déterminants de la détention de liquidité, dans un second temps, on nous parle de la dynamique de détentions de liquidés par les entreprise du G7, et pour finir on aborde le régime de détention de liquidités et modèles de financement nationaux, avant de nous montrer le changement de régime et l’intermédiation financière.

L’accumulation de cash par les entreprises résulterait des difficultés d’accès au financement bancaire qu’elles ont subies lors de la crise financière ; difficultés qui avaient contraint certaines à vider leurs stocks et à stopper les lignes de production, d’autres à la faillite, participant à l’arrêt soudain du G7 et à la récession mondiale du quatrième trimestre 2008 au premier trimestre 2009.

Le cash holding est l’existence de coûts engendrés par la détention de liquidités. Ces coûts sont constitués d’un coût de « stockage » et d’un « coût d’opportunité ». La théorie de la demande de monnaie dans les entreprises remonte à Keynes (1936). Il propose deux motifs de détention de liquidités : le motif de transaction et le motif de précaution. Cela repose sur le fait que les liquidités évite un certain nombre de coûts liés aux transactions courantes (coûts de levée de fonds et coûts de vente d’actifs)

La théorie de la demande de monnaie par les firmes s’enrichit de deux autres motifs : le motif d’agence et le motif de taxation.

Pour évaluer l’existence d’un changement de régime de cash holding, la méthodologie la plus courante consiste à estimer une relation entre le ratio de liquidité et les différentes variables explicatives (flux de trésorerie, secteur, dépenses en capital, levier, market-to-book, R&D, dividendes, taille, cession nette d’actions, beta CAPM, part des revenus réalisés à l’étranger et taux d’imposition).

Un grand nombre de tests ont été mis en place par les chercheur et les indications délivrées par le score de Chow s’avèrent fiables et la série de z-tests nous permet de conclure. En France, au Canada, en Italie et en Allemagne les comportements de détention de liquidités n’ont pas changé. Au contraire, en Grande-Bretagne, aux États-Unis et au Japon, ces comportements ont fait l’objet d’un changement profond. Plus particulièrement, le poids accordé au motif de précaution occupe une place prédominante dans ce changement de régime.

La détresse financière rencontrée par les entreprises face au resserrement du crédit bancaire en 2007-2008 est couramment retenue comme étant la cause du changement de régime de cash holdings dans les SNF. Les enquêtes de conditions de crédit montrent également que le rationnement du crédit bancaire aux entreprises ne peut pas vraiment être imputé à la demande. En zone euro, les conditions de crédit n’ont pas été assouplies par les banques avant 2015, et ce de façon très modérée.

 

Résultats:

Les chercheurs ont développé une méthode de tests robuste à cette critique. En proposant un test économétrique de rupture temporelle afin d’identifier l’existence d’un changement de régime de détention de liquidités.

En analysant la somme des liquidités détenus par les SNF (sociétés non financières), les chercheurs ont observés que les volumes de liquidités détenus par les SNF des pays du G7 augmentent tendanciellement tout au long de la période 1990-2014

L’accumulation de cash résulterait des difficultés d’accès au financement bancaire que les entreprises ont subies lors de la crise financière et également une nette accélération pour la plupart des pays du G7 à partir de 2008.

Les résultats indiquent alors que la hausse des liquidités ne s’explique par le motif de précaution que dans les pays du G7 où la désintermédiation des financements externes a progressé depuis la crise (États-Unis, Grande-Bretagne, Japon).

De plus, en Europe continentale, les tests des chercheurs infirment l’hypothèse d’un changement de régime de détention du cash.

 

Conclusion:

Les études économétriques menées par les chercheurs leur permettent d’affirmer que les niveaux de liquidités détenus par les SNF du G7 atteignent effectivement des records historiques, en termes absolus comme relatifs, mais que cela ne suffit pas à conclure à un changement de comportement d’accumulation de cash.

Ce sont effectivement les économies les plus affectées par la contraction du crédit bancaire qui ont développé un nouveau régime de détention motivé par la précaution.

Pour se prononcer sur le caractère « anormal » des niveaux de liquidités, il était nécessaire de se situer dans un contexte national et de mener une analyse économétrique rigoureuse.

Les pays pour lesquels un changement de régime est avéré (Japon, États-Unis et Grande-Bretagne) requièrent une attention particulière. Leurs niveaux de cash historiquement hauts sont nourris à la fois par la modification des caractéristiques moyennes des entreprises et par un changement des comportements de détention entraîné par un renforcement du motif de précaution.

 

 

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